1) LE COSTUME GREC


A) Généralités

La Grèce antique peut être située, dans le temps, entre 850 et 31 avant J.C ( date qui correspond à la bataille d'Actium après laquelle le monde grec devient province romaine; la conquête romaine commence au IIIème siècle av. J.C.).

En Grèce, comme chez les autres peuples de l'antiquité, le costume repose sur le principe du drapé. Les vêtements sont composés à partir d'une pièce de tissu non cousue, enroulée autour du corps et fixée ou non par une FIBULE (broche).Cette pièce d'étoffe est rectangulaire, de dimensions variables. A partir de cette base aux multiples possibilités, les grecs se sont dotés d'un habillement diversifié. Suivant la manière dont on se drapait le corps, on faisait soit des tuniques soit des manteaux


B) Les étoffes

La première étoffe utilisée est la laine, soit dans des teintes allant du blanc à l'écru ou dans des teintes foncées allant du brun au noir. La laine sert plutôt à la fabrication des manteaux (himation, khlaine, chlamyde) et de la tunique féminine: le péplos.

Ensuite viendra le lin, très apprécié pour sa finesse, sa transparence et sa légèreté et utilisé essentiellement pour les tuniques féminines et masculines.

Puis par l'intermédiaire des conquêtes d'Alexandre le Grand, de nouveaux tissus sont introduits, venus d'Asie: cotonnades, soieries aux tissages multicolores... Des tissus réservés surtout aux classes aisées. Cela aura également pour conséquences l'introduction d'un plus grand nombres de couleurs: or, safran, écarlate, pourpre, vert, bleu, noir.


C) Le costume masculin

Le vêtement primitif du costume masculin , L'EXOMIDE, était un rectangle de laine épaisse et grossière, de petites dimensions. La nuit elle sert de couverture. Le jour elle se drape autour du corps de différentes façons pouvant donner soit une tunique soit un manteau court. Pour la tunique le tissu est agrafé sur l'épaule gauche, laissant libre et nue la droite, ainsi que le haut du torse, serré à la taille par une ceinture.

L'EXOMIDE( exô: en-dehors, ômos: épaule) est portée par les travailleurs, les hommes du peuple et les guerriers.

De ce vêtement vont en découler deux autres:

-Le KHITON (khitouch : étoffe de lin), c'est la tunique, vêtement principal des hommes et des femmes de la Grèce antique. Plus grand que l'exomide, 1m de haut sur 1m 80 de large, l'étoffe est pliée en deux dans le sens de la hauteur, ses bords sont réunis par une couture latérale, formant ainsi une sorte de fourreau. Une fois enfilé, il s'ajuste de deux façons différentes: Attaché par une fibule sur l'épaule droite, il ressemble ainsi à l'exomide . Cette manière ne se pratique plus que chez les esclaves ou les gens du peuple. Suspendu au deux épaules par deux fibules. Une ceinture serrée à la taille permet de raccourcir la longueur du vêtement en faisant bouffer le tissu ( ce bouffant s'appelait kolpos). On rajoutait souvent une deuxième ceinture au-dessus. Dans la vie de tous les jours le khiton se porte dans une forme courte. Un khiton long existe, réservé aux personnes de haut rang lors de cérémonies, ou encore aux musiciens, conducteurs de chars.

L'HIMATION: Manteau civil: vaste rectangle de laine épaisse, 2m par 3m. Diversement drapé autour du corps, il se maintient sans attaches fixes. Il peut se porter par dessus le khiton, ou seul à la mode spartiate, pour montrer qu'on a la volonté de mener une vie simple.


D) Le costume féminin

L'habit primitif était le PEPLOS, grand rectangle d'étoffe drapé en laine épaisse, 2m20 par 2m60, qui couvrait le corps jusqu'aux pieds et fixé sur les deux épaules par deux fibules. la partie supérieure comporte un rabat qui couvre le torse devant et se remonte sur la tête derrière pour servir de voile. Les femmes portent la plupart du temps une ceinture qui permet de faire bouffer le tissu (ce bouffant se dit toujours kolpos).

Le péplos sera peu à peu remplacé par le KHITON féminin, qui se distingue de celui des hommes par deux séries de petites fibules de chaque côté de l'encolure, descendant jusqu'au coude, formant ainsi un effet de manche. Le khiton possède un plissé serré façonné dans la hauteur du tissu, possible grâce à la finesse de tissage du lin. Le bouffant descend quelque fois très bas.

Par dessus cette tunique les femmes peuvent porter l'HIMATION ( drapé en sens inverse, l'extrémité retombant devant et non dans le dos) ou encore le pharos: manteau court ou sorte de grande écharpe.


E) Les chapeaux

La principale forme de chaussure est la sandale.




3) LE COSTUME ROMAIN

La période de l'antiquité romaine peut être située entre -509, proclamation de la république de Rome et 487 ( Vème siècle ap. J.C.).

On peut distinguer deux sortes de vêtements:


A) Le costume masculin

Les vêtements dans lesquels on entre comprennent d'une part un pagne de lin noué à la taille, et d'autre part, une tunique de lin, cousue ( correspond au khiton des grecs). Cette tunique est une chemise de lin ou de laine faite de deux pans cousus, que l'on passait par la tête, elle était serrée à la taille par une ceinture. On pouvait parfois lui ajouter un capuchon.

Les vêtements dans lesquels on s'enveloppe comprennent essentiellement la TOGE, qui est une lourde pièce de tissu d'une longueur de six mètres environ, de forme arrondie, qu'on enroule autour du corps. Il était difficile de s'en draper tout seul, sans l'aide de son épouse ou d'un esclave.

Au deuxième siècle les romains des classes populaires abandonnèrent l'usage de la grande toge, dont les dimensions gênantes ne correspondaient plus aux besoins pratiques de la vie commune. On lui préféra d'autres variétés de vêtements de dessus, plus faciles à porter comme le " PALLIUM ", imité de l'himation grec, ou la courte " SAIE " gauloise, petit manteau carré à capuchon, flottant sur les épaules et attaché devant par une agrafe.


B) Le costume féminin

Plusieurs vêtements étaient communs aux hommes et aux femmes.

Ce qui était spécifiquement féminin était le soutient-gorge, le "MAMILLARE " qui s'ajoutait au pagne. La "SUBUCULA", tunique de laine portée directement sur le corps et la " STOLA ", longue robe munie de manches et allongée par une traîne plissée, correspondent à la tunique et à la toge masculine. La stola était maintenue par une ceinture large et plate sur les hanches, et, par une autre ceinture sous les seins.

Les élégantes romaines pouvaient porter également une courte tunique faite de soieries luxueuses ornées de franges d'or. Elles recouvraient souvent cette tunique avecla "PALLA" , grande pièce de tissu carrée ou rectangulaire, pliée en long et retenue sur chaque épaule par une fibule ( ou avec le " sapparum ", court vêtement de dessus en toile à mi-manches).

Souvent, ce qui distinguait l'habillement de l'homme de celui de la femme c'était les tissus. Plutôt que le lin et les lainages, les femmes préféraient, pour leur souplesse et leur légèreté, les cotonnades venues de l'Inde et surtout la soie. Les teinturiers les teignaient en bleu, en jaune ou en rouge clair ou sombre.