Henri-Georges CLOUZOT (1907-1977)

Filmographie

Page 07 : les réalisations de 1963 à 1968
L'enfer *
L'art de diriger (TV) * La prisonnière

Clouzot parolier
Clouzot : les projets inaboutis

Mise à jour : 6-8-00

 

Info - 30 décembre 1963 : mariage de Henri-Georges Clouzot avec Inès de Gonzalès-Bise.

 

1964 - L'enfer

Fiche technique : Scénario : HG.Clouzot, adapté par HG.Clouzot, José-André Lacour et Jean Ferry - Images : Claude Renoir, Armand Thirard, Andreas Winding - Cameramen : André Dumaître, Robert Florent - Assistant opérateur : Wiliam Lubtchansky - Son : Robert William-Sivel - Décors : Rino Mondellini - Montage : Madeleine Gug - Assistants réalisation : Bernard Paul et Christian de Challonge - Directeur de production : Georges Valon - Production associée : Claude Ganz - Musique : Gilbert Amy - Production : Orsay Films - Distribution : Columbia - Attaché de presse : Georges Cravenne

Avec : Romy Schneider (Odette), Serge Reggiani (Marcel), André Luguet (Duhamel), Dany Carrel (Marylou), Blanchette Brunoy (Clotilde), Jean-Claude Bercq (Martineau), Jean Gaven (Paul), Grégoire St-Rémy (Polo), Mario David (Julien), Catherine Allégret (Yvette), Maurice Taynac (M.Bordure), Barbara Somers (Mme Bordure), Germaine Delbat (Mme Rudemont), Hubert de Lapparent (M.Pimoiseau), Palau (Balandière), Daniel Sola (l'étudiant), Claude Brasseur, Georges Vitaly, Henri Virlojeux (Dr Arnoux).

Remarque : C'est à la fin de l'été 1963 que Clouzot termine un script de 1000 pages successivement intitulé Le fond de la nuit, La ronde, Inferno, puis L'enfer. Il demande au romancier belge José-André Lacour de faire un tri dans ce script imposant et de rendre le plus littéraire possible le descriptif des scènes. Clouzot lui affirme en effet que seul un script "écrit" peut donner naissance à des images frappantes. Cela donne effectivement des passages très "écrits" dans le scénario définitif. A cette époque, Clouzot a découvert l'art cinétique, Vasarely, il veut multiplier les effets, les recherches sur la lumière, la couleur, restituer par des distorsions chromatiques les pulsions passionnelles d'un esprit malade. Le son devant être également retravaillé, Clouzot s'intéresse au travail de Pierre Schaeffer et va jusqu'à Munich pour explorer les possibilités du premier synthétiseur, le Vocoder de Dudley.
Peu après le début du tournage, Serge Reggiani est transporté à l'hôpital. On annonce officiellement une pneumonie, mais il s'agit d'une dépression. Comme le lac au bord duquel on tourne va être vidé sous dix jpours par E.D.F., il faut remplacer très vite Reggiani et Jean-Louis Trintigannt est choisi. Il passe des essais. Mais Clouzot s'écroule, victime d'une crise cardiaque. Le tournage est stoppé définitivement.
De février à juin 1964, Clouzot réalise 80 bouts d'essai aux studios de Boulogne avec le chef-opérateur Andreas Winding. Une copie en est conservée aujourd'hui aux Archives du Film, propriété des assurances qui, à l'époque, ont déboursé 500 millions pour dédommager la production lorsque le tournage du film s'est brutalement interrompu.
Le tournage au Viaduc de Garabit a commencé le 6 juillet 1964 et était prévu jusqu'au 15 août.



Clouzot (à gauche) et Romy (à droite) sur le tournage de L'enfer.

 

 

 

TV - Novembre 1965-66 - L'art de diriger - Réalisation de 5 films pour la télévision consacrés à la musique :
Le requiem - de Verdi
La symphonie du nouveau monde - de Dvorak
La quatrième symphonie - de Schumann
La cinquième symphonie - de Beethoven
Le concerto en La majeur - de Mozart.
Musique dirigée par Herbert Von Karajan. 13 films étaient prévus au départ dans un projet général appelé "L'art de diriger".
Films projetés à l'Auditorium du Louvre en novembre 1995.

 

 

 

1967-68 - La prisonnière

Fiche technique : Scénario et dialogues : HG Clouzot - Images : Images : Andreas Winding - Décors : Jacques Saulnier - Musique : Weber, Mahler, Xenakis, Gilbert Amy - Montage : Noëlle Balenci - Son : William-Robert Sivel - Couleur - Directeur de production : Claude Hauser - Production : Films Corona ; Véra Films - 1h45

Avec : Elisabeth Wiener (Josée), Laurent Terzieff (Stan Hassler), Bernard Fresson (Gilbert), Dany Carel (Maguy), Daniel Rivière (Maurice), Dario Moreno (Salah), André Luguet, Charles Vanel, Me Floriot

 

 
Bernard Fresson

Laurent Terzieff, Elisabeth Wiener et HG Clouzot.

 

 

 Henri-Georges Clouzot est mort à Paris le mercredi 12 janvier 1977.
Il était âgé de 69 ans.

 

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Troisième partie :
Henri-Georges CLOUZOT, parolier
et les projets de films non réalisés

 

Henri-Georges Clouzot était également parolier (voir fiches techniques des films scénarisés : première partie de ce site consacré à Clouzot). Marie Dubas et Lys Gauty, notamment, ont interprété les chansons écrites par Clouzot. "Le jeu de massacre", interprété par Marianne Oswald, est également une création de Clouzot. On peut également parler de "Brouillard", mélodie de Maurice Yvain mise en paroles par Henri-Georges Clouzot et créée aux Concerts Colonne avant la Guerre. Maurice Yvain a, par ailleurs, écrit la musique du premier long métrage de Clouzot : L'assassin habite au 21.

 

Clouzot a écrit les lyrics de l'opérette "La belle histoire - ou : Si Peau d'Ane vous était conté", jouée pour la première fois en public le 26-4-1934. La musique était de Maurice Yvain et la mise en scène d'André Brûlé. Sur scène : Marcelle Denya, Thérèse Dorny, Morton, Devère, Dany Loris, René Dary.

 

 

Clouzot avait également réalisé un retour au théâtre en 1951. Louis Jouvet lui avait demandé d'écrire une adaptation théâtrale de "La puissance et la gloire" de Graham Greene. Une brouille survint entre les deux hommes, Louis Jouvet reprochant à Clouzot de l'avoir humilié publiquement.

Clouzot avait déjà écrit "La rescousse" (à l'occasion d'un séjour en sanatorium), pièce refusée par Michel Simon, et une autre pièce, "Le mur de l'Ouest" dont le manuscrit aurait été perdu par Louis Jouvet.

Pierre Fresnay a dirigé Daniel Gélin sur scène dans une petite pièce en un acte de Clouzot, présentée du 4-12-40 à la fin janvier 1941, intitulée "On prend les mêmes"

En 1942, Pierre Fresnay présente "Comédie en trois actes" au Théâtre de l'Athénée, pièce de Clouzot, jouée dans un décor de Touchagues et reprise ensuite à la Michodière fin 42. On y trouve Pierre Fresnay, Yvonne Printemps, Marguerite Deval, Jacques François, Janine Villars, Louis Salou (rôle d'abord répété par Victor Boucher qui tomba malade et mourut).

 

 

De nombreux scénarios ont téé travaillés par Clouzot pour des films qui n'ont finalement jamais été tournés, parmi lesquels un scénario travaillé fin 1943 avec Jean-Paul Sartre.

Un autre projet "La chanson qui tue", dans lequel des morts en série sèment la panique dans un music-hall.

Le projet "L'appel du mystère" est conservé par la Cinémathèque Française. Il avait été rédigé par Clouzot et Louis Chavance pour Pathé : il s'agit d'une charge contre les charlatans escroquant les croyants en la réincarnation de l'âme.

Un autre projet date de 1940, intitulé "Les gardiennes", d'après un roman d'Ernest Perrochon et relatant l'attitude des femmes françaises durant la guerre de 14-18. René Lefèvre a collaboré à cette histoire.

En 1943-44, deux projets avec Odette Joyeux : "La chatte" (d'après un scénario de Jean Anouilh) et "Plaisir d'amour", inspiré par "La guitare et le jazz-band" d'Henri Duvernois, histoire d'une jeune filel disgraciée, bossue, malade, exaltée, bafouée. Cette histoire avait déjà été portée à l'écran en 1923 par Gaston Roudès, et présentée au théâtre en septembre 1924. Dans l'adaptation cinématographique de Clouzot, c'est Micheline Presleet Georges Marchal qui avaient été pressentis mais ils ont refusé le projet estimé trop odieux.

Un autre projet, "Chambre obscur", qu'aucun producteur n'aurait voulu en raison de la noirceur intense de son propos. (1949).

On peut encore parler de "Le coup de lune" que Gainsbourg filmera en 1983 sous le titre d'"Equateur", et "Mort en fraude" de Jean Hougron (qui sera le premier film de Marcel Camus en 1957).

Simenon écrit "Strip-tease" en 1957 pour Clouzot et ce dernier écrit un scénario, le termine, choisit les interprètes de son film. Lorsqu'un film homonyme sort en 1963 (réalisé en 1962 par Jacques Poitrenaud), Clouzot laisse tomber son projet.

"L'état sauvage" est également un projet inabouti de Clouzot. Georges Conchon en réalisera uneadaptation en 1978.

En 1964, c'est "L'enfer" que tourne Clouzot avec Romy Schneider, Serge Reggiani. Mais Clouzot est victime d'une crise cardiaque au pied du viaduc de Garabit (Cantal). Le film sera abandonné.

En 1969, un projet est destiné à Dany Carel, Delphine Seyrig et Laurent Terzieff, l'histoire d'un frère et d'une soeur en relation amoureuse ambiguë jusqu'au jour où la soeur amène une tierce personne à la maison, une autre femme...

En 1972, l'adaptation d'un roman de Frédéric Dard, "Invitation au meurtre", que Claude Chabrol réalisera en 1976 sous le titre "Les magiciens".

En 1974, l'histoire d'une hôtesse d'un car faisant visiter Hambourg à des touristes...

En 1975, l'adaptation de "Manon Lescaut" avec la collaboration de Jean Anouilh, adaptation du seul Jean Anouilh, plus tard, pour Jean Delannoy (en 1978).

En 1975, projet dun film "Le juge assassiné" d'Aramon où Yves Montand devait êttre le juge Renaud. C'est Yves Boisset qui en fera "Le juge Fayard dit Le shérif" en 1977.

 

 

Biographie

 

Henri-Georges Clouzot - de François Chalais, Ed.Vautrain, 1950

Le procès Clouzot - de Francis Lacassin et Raymond Bellour, Ed.Losfeld, 1964

Henri-Georges Clouzot - de Philippe Pilard, Ed.Seghers, 1969

Henri-Georges Clouzot, cinéaste. - de José-Louis Bocquet, La Sirène, 1993, 164 p.

 

 

Arts n°552, 1956 - Entretien avec H.G.Clouzot , par André Parinaud

L'Ecran Français, n°152, 1948 - Clouzot, écrivain sur pellicule, par F.Timmory

Image et son n°64 - Esquisse d'un portrait de Clouzot, par Jacques Chevallier

Les Lettres Françaises, 5 décembre 1953 - Entretien avec H.G.Clouzot, par Georges Sadoul

Les Lettres Françaises, juillet 1960 - Clouzot sort de sa légende, par André Fontaine

Le Monde - 17 février 1994

La Revue du Cinéma n°449 - Mai 1989 - pp.54-60

 


Henri-Georges CLOUZOT,
réalisateur
Vite, la suite !

 Clouzot : Daniel Taillé :
La mémoire vivante de Clouzot

Clouzot : page 01 :
Les scénarios et participations techniques

 Clouzot : page 02 :
La terreur des Batignolles (1931)
L'assassin habite au 21 (1942)
Le corbeau (1943) : 1ère partie

Clouzot : page 03 :
Le corbeau (1943) : 2de partie

Clouzot : page 04 :
Quai des orfèvres (1947)
Manon (1948)
Retour à la vie (1949)
Miquette et sa mère (1949)

Clouzot : page 05 :
Le salaire de la peur (1952)
Les diaboliques (1954)

Clouzot : page 06 :
Le mystère Picasso (1955)
Les espions (1957)
La vérité (1960)

Clouzot : page 07 :
L'enfer (1964)
L'art de diriger (TV-65-66)
La prisonnière (67-68)
Clouzot parolier
Clouzot : les projets inaboutis

 

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