IV Qu'est-ce que Ruach Elohim qui reposait sur les Eaux. 

Genèse I.

Ruach Elohim est l'Esprit, le souffle saint, la respiration de Jeovah le saint ;
la Vapeur de la vertu de Dieu Omnipotent et sachant tout et une certaine Emanation ou émission de fécondité vitale du premier et souverain moteur, vivifique et puissante, provenant du gouffre profondissime de sa Divinité, où sont les Formes (Idoe) c'est-à-dire les Exemplaires, les Espèces, les Raisons séminatrices primordiales et radicales, les volontés opératoires, et les causes effectrices de toutes les chose qui, conçues et préexistantes ans l'intelligence de l'archétype et artisan suprême (Hhochmah la Sapience les produisant dans sa Bonté) doivent être ensuite produites et accomplies à l'avenir dans le Monde.

Toutes ces choses (Elohim créateur et formateur, m'ayant ordonné et commandé par son Verbe (Gn.I), qu'il a voulu douer d'existence dans ce Théâtre mondain, ont été produites et faites dans ce globe sublunaire et revêtues de Terre et d'Eau, Hylée ou matière première commune et universelle, par l'intervention du Ciel.

J'ajoute : Ruach Elohim est Morphé ou la Forme de toutes choses, interne, oussiadès, essentielle ; l'Ame universelle du Monde ; la Vertu substancielle subsistant per se, cause de toute créature de ce Monde qui doit subsister ; l'Essence (parce qu'il est incréé) vraiment Quinte ; et (pour me servir d'une expression très usitée) la Nature ipsissime et substantifique des choses.

C'est la puissance (Numen) de Dieu et la Divine Raison insérée dans tout le monde et ses parties, et auteur et artisan de toutes ces choses. C'est l'Esprit Un (par l'essence et le nombre) de Dieu ; c'est l'Ame une de cette université une, visible et corporelle ; âme catholique, mais cependant polypoikhilos, c'est-à-dire multiforme (Sapience VII, 22 ; Paul aux Ephès III, 10) et dont les divers rayons et étincelles furent enfermés dans le mâle de la première masse matérielle, et de là dispersés et dissipés ; et ces étincelles de l'Ame universelle et une, disjonctivement et séparativement innombrables, habitent maintenant dans les parties du Monde qui furent disjointes ensuite et séparées de la masse du corps et même de sa circonférence. 

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CCLXXIV Après l'industrie suit la Sapience

L'excellence de la rectification... Combien distorte et dépravée est la Nature humaine, les infirmités quotidiennes, hallucinations, ténèbres, erreurs, l'attestent suffisamment ; c'est pourquoi une rectification et émendation de la nature perverse doit être instituée pour chaque moment ; c'est de cette correction et rectification que laSapience est la fin. La source de tous les maux naît avec nous, par l'amour-propre ou philautia, par lequel chacun est naturellement ami de soi-même et se délecte dans ses opinions. Mais cette maladie (morbus) en laquelle tous se complaisent avec excès est vraiment la source de toutes les erreurs et de tous les délits dans la vie. Par conséquent la réformation de la nature et de l'amour-propre est complètement nécessaire si, admirateur de la Sapience, tu désires aspirer à la Lumière de la Sapience vraie.

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CCLXXXII Ne reprends point le dérisoire de peur qu'il te haïsse ; enseigne le Sapient et il t'aimera

Ne reprends point le dérisoire... Rappelle-toi ce que disent les Allemands : le Diable a mêlé tous les fous ensemble ; il faudrait avoir beaucoup de temps à perdre pour entreprendre de les instruire car tous les fous se croient sages. Evite-les. Prends garde de donner aux chiens ce qui est saint. Les Epicuriens et les athées deviennent plus furieux lorsqu'on les reprend ; au contraire, les pieux et dociles qui craignent Dieu profitent dans la Sapience et dans beaucoup d'autres dons excellents.

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CCCXXII Car la Sapience a ouvert la bouche des muets et a rendu disertes les langues des enfants.

La Sapience a ouvert la bouche... L'éloquence vraie est conjointe avec la Sapience ; et elle naît de la cognition infaillible des choses vraies. Car, où ces choses, tirées des trésors Spirituels, Naturels et Divins de la Sapience vraie, font défaut, la pénurie de ces choses, ou rend l'homme inhabile dans les notions ardues, ou porte l'ême à se répandre en vaine et folle causerie et vaniloquence, odieuse à Dieu, aux Anges, et aux hommes. La fausse éloquence est née de cette astuce serpentine, et a pour but de tromper les âmes des hommes par les attraits, les couleurs et les persuasions des paroles.

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CCCXXXVI Si tu dors, tu ne craindras point ; tu reposeras et ton sommeil sera suave.

"Ton sommeil sera suave."
Et, en dormant, dans le miroir de l'Ame virginale, c'est-à-dire purifiée par la lotion de la pénitence, des souillures des péchés, tu seras averti, enseigné, instruit, remplie de la Doctrine loetifère par des Visions Divines. L'âme tranquille est comme un banquet perpétuel, Proverb. XV, 15 et S. Augustin nous dit : Le riche en conscience dort plus sûrement sur la terre que dans la pourpre. Sur les visions hypnotiques ou les Révélations somniales ou les insomnies Divines et indicatrices des présages, contente-toi Laconiquement de ceci : L'Ame, complètement libre de tous les soins blâmables, sobre et saine dans un corps sain, Reine et Dominatrice de ses affections et de ses vices, en puissance d'elle-même et pénétrée Théosophiquement d'elle-même, peut à bon droit entreprendre de connaître et expliquer les secrets de tout l'Univers créé (parce qu'il est une particule de la faveur Divine du Créateur de l'Univers), d'être unie aux Esprits Bons ; de dénombrer les choses passées, de contempler les Nouvelles, de prévoir les futures, enfin de se représenter Divinement comme dans un miroir les mystères et l'auteur de toutes choses (par l'irradiation de lui-même).
SOMMAIRE : Notre Ame jointe à l'Esprit de la Sapience de Dieu, pénitentiellement lavée et purifiée, Théo-Sophiquement élevée par les ailes et sublimée par le feu de l'amour Divin dans l'Agiostérium, c'est-à-dire le Sanctuaire des bons Esprits ou des Anges de Dieu (ce qui peut avoir lieu pour l'homme tant veillant que dormant) comprend, en les recevant Kabbalistiquement, les choses Spirituelles, contemple les choses supercélestes, voit beaucoup de choses Physiques en et par les hyperphysiques (non seulement per se, mais encore par les sens et les choses sensibles intermédiantes) ; ses forces inférieures étant endormies et absorbées, c'est-à-dire étant en extase ou extériorisation (excessus) ou rapt en Dieu souverain, elle comprend les choses les plus élevées, c'est-à-dire Divines ; elle voit et appréhende ineffablement TOUTES CHOSES. L'exorde du Pymandre d'Hermès Trismégiste (qui était inspiré de l'Esprit Divin) peut être rapporté ici à cause de l'excellence de sa Doctrine : Comme je pensais à la Nature des choses, et que je dirigeais toute l'acuité de mon Esprit vers les choses supérieures, les sens du corps étant déjà endormis comme il advient à ceux qui, par excès de nourriture ou par fatigue, sont plongés dans le sommeil, subitement il me sembla apercevoir quelque chose d'immense par la magnitude du corps qui, m'appelant par mon nom, s'écria de la sorte : Que désires-tu, ô Mercure, apprendre et comprendre ? Je suis Pymander, Esprit de Divine Puissance ; vois ce que tu veux ; car je serai partout avec toi. Et moi je désire apprendre la nature des choses et connaître Dieu. Et Pymander répondit : Je t'apprendrai à me connaître et moi en toutes les choses que tu auras choisies. Ayant dit ceci, il changea de forme et me révéla subitement l'universalité des choses.
S. Cyprien, Epîtres, lib. IX, Epître 9 : Je me souviens, dit-il, de ce qui m'a été montré et que le Seigneur m'a trouvé digne de recevoir la révélation, et ces visions ne doivent pas être tenues pour ridicules et ineptes comme il advint pour joseph, dont les frères disaient : Voici notre songeur. Ce sont celles-ci vraiment. Et ce jugement des frères sur leur frère ? Il est assez scommatique ! Je ne suis pas étonné si mes frères mondains portent ce même jugement sur moi. Quoi qu'il en soit, il reste pourtant certain que ceux auxquels Dieu se révèle (soit médiatement, soit immédiatement ne doivent pas être tenus pour de vains songeurs. Cicéron dit : Il est en nous quelque chose qui présage et devine. Quoi donc ? L'Ame (mens) qui présage les biens et les maux. Il en est plusieurs exemples tant dans notre âge que dans l'antiquité, que je réserve pour un endroit plus commode ; pour lequel j'en réserve un grand nombre, avec ample déduction. J'ajouterai, pour parachever, ce passage du livre Epidorpidum de Jules-César Scaliger, sur la vérité des songes :

Qui nie les songes véritables, rêve lui-même en parlant ;
Car nous avons plus d'une fois observé et très fréquemment
Qu'il est bien rare de passer une nuit sans songer.

Très instruit de la vérité, je parle non pour ma propre cause, mais pour celle des Thomistes. O qui est plus heureux que celui libéré de tous soins !

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