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D'après O. Wirth : Le mot Androgyne vient du grec anêr (génitif andros) signifiant "homme" et de gunê "femme". La chose double, l'Androgyne symbolisé par "Y" est un Rebis, un être double qui réunit en lui les principes opposés masculins et féminins. L'Androgyne possède en lui les vertus masculines : l'énergie, le courage,
l'audace, la forte affirmation de soi qui poussent à l'action et à la
création. Ces vertus opposées sont réunies en une nouvelle unité par un principe conciliateur, c'est le Sel qui permet l'équilibre. Chaque être humain possède en lui les qualités de tel ou tel principe, masculin ou féminin de manière intrinsèque. Afin de s'accomplir, d'atteindre une perfection toute relative, l'homme doit développer en lui les vertus latentes opposées qui lui donneront la clef de sa nature céleste. L'homme pour devenir Rebis doit cultiver en lui la raison guidée par le sentiment qui développera l'intuition. L'initiation sentimentale correspond à l'Echelle de Jacob, l'échelle qui permet à l'homme de relier le ciel et la terre. ................; Parvenues à un degré suffisant d'évolution, les âmes s'attirent mutuellement pour fusionner. Ces attractions se traduisent par des sympathies réciproques soumises à la loi des complémentaires, comme s'il s'agissait de constituer à deux une unité psychique plus parfaite. Le corps faisant obstacle à la fusion des âmes, celle-ci se distingue du mariage, institution sociale qui vise à fonder une famille. Lorsque la reproduction de l'espèce est en cause, les choses peuvent se passer selon la théorie de Louis Ménard, l'amour étant alors inspiré par l'entité qui désire s'incarner. Il en résulte une appétence rapprochant les corps en dépit parfois des âmes qui sont loin de se rechercher. Tout se passe comme alors dans le domaine de l'animalité où le mâle s'éloigne communément de la femelle dès qu'il l'a fécondée : l'instinct seul est en jeu, même quand l'abandon ne se produit pas, comme dans les espèces où le mâle pourvoit à la nourriture de sa compagne et de leur progéniture. Mais est-ce là ce que les hommes appellent l'amour ? Ce sentiment se développe assurément d'un sexe à l'autre en se combinant avec l'instinct de reproduction ; mais il se manifeste aussi avant l'éveil de cet instinct et après son extinction. Les enfants s'aiment entre eux ; ils aiment leurs parents ou d'autres grandes personnes ; ils aiment aussi des animaux ou des objets inanimés qui leur sont chers. Il y a en eux une puissance d'affection qui survit dans le vieillard aux sens définitivement apaisés. Et pourquoi aimons-nous sans que la sexualité nous y incite ? Tout simplement parce que l'âme est essentiellement aimante : ne pas aimer, c'est manquer d'âme. Les âmes se recherchent, et quand elles se sentent en affinité, elles s'attirent, l'une aspirant alors à se fondre dans l'autre. Résulte-t-il de ces fusions des unités parfaites ou des associations comparables aux étoiles dooubles des astronomes ? La question reste ouverte. Toujours est-il que l'amour pur d'âme à âme rapproche de l'unité suprême et opère la rédemtion des individus par groupes bisexués, telle que l'entend Guaita. De la fusion d'une âme masculine avec une âme féminine résulterait ainsi une entité androgynique angélique. Mais le principe qui anime ici-bas hommes et femmes est-il nécessairement sexué ? La physiologie terrestre se transporte-t-elle au ciel ? Y conserverait-elle sa raison d'être ? Il est sage en ces matières de savoir ignorer.
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