Résumé de l'ouvrage éclairant d'Albert Poisson :
Théories et Symboles des Alchimistes, Editions Traditionnelles,
1991.
Résumé du Chapitre II :
Unité de la Matière, les trois Principes, les Quatre Eléments
La matière est une, mais elle peut prendre diverses formes et
sous ces formes nouvelles se combiner à elle-même et produire
de nouveaux corps en nombre indéfini. Cette matière première
était encore appelée semence, chaos, substance universelle.
Il y eût une production de Matière première que rien
n'a précédé. La Matière première s'est
divisée en éléments qui en s'entremêlant ont
composé les mixtes, c'est-à-dire les corps composés.
La matière est indestructible comme il est écrit dans le
Poimandrès : "Rien ne meurt dans le monde, toutes choses passent
et changent."
La Matière première ne contient aucun corps en action et
les représente tous en puissance. Elle est appelée Hylée
par les Grecs dénotant par le même mot l'eau et la matière.
Ce fut le feu qui joua le rôle de mâle par rapport à
la matière première femelle, ainsi prirent naissance tous
les corps qui composent l'univers.
La matière se différenciait d'abord en Soufre et en Mercure,
et ces deux principes s'unissant en diverses proportions formaient tous
les corps. Le Sel est l'élément intermédiaire permettant
l'union du Soufre et du Mercure.
Le Soufre, le Mercure et le Sel peuvent être utilisés abstraitement
en désignant un ensemble de propriétés mais il ne
faut pas oublier qu'ils dérivent de la Matière première.
Les alchimistes admettent quatre éléments théoriques
: la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu qui représentent chacun une
modalité précise : solide, liquide, gazeux et gazeux très
subtil. Les Eléments représentaient non seulement des états
physiques, mais aussi par extension des qualités.
La Terre et l'Eau sont deux éléments visibles qui contiennent
respectivement le Feu et l'Air. La Terre correspondant au Soufre et l'Eau
correspondant au Mercure.
La Quintessence correspond au Sel.
"L'on peut nommer les parties les plus solides Terre, les plus humides
Eau, les plus déliés et spirituelles Air, la chaleur naturelle
Feu de la nature ; et les autres occultes et essentielles s'appellent
fort à propos des natures célestes et astrales ou Quintessence."
Résumé du Chapitre III :
Les Sept Métaux, Cycles de formation
Parmi les métaux, l'on compte deux métaux parfaits : l'Or
et l'Argent qui sont inaltérables et cinq métaux imparfaits
: le Mercure, le Cuivre, le Fer, l'Etain et le Plomb. Ils dérivent
d'une même source : la Matière première. Ils sont
donc tous semblable dans leur essence, ils ne diffèrent que par
leur forme.
"Il n'y a qu'une seule matière première des métaux,
elle revêt différentes formes selon le degré de cuisson,
selon la force plus ou moins puissante d'un certain agent naturel."
Cette théorie est applicable aux métaux.
La matière une pour tout ce qui existe se différencie d'elle-même
par la forme, c'est-à-dire que les atomes identiques entre eux,
affectent en se groupant diverses formes géométriques et
de là vient la différenciation entre les corps.
Il s'ensuit que le Soufre et le Mercure, principes secondaires (la Matière
étant le principe premier) ne représentent qu'un ensemble
de qualités.
"Le Soufre n'est point une chose qui soit divisées du vif-argent,
ni séparée ; mais il est seulement cette chaleur et sécheresse
qui ne domine point à la froideur et humidité du Mercure,
lequel Soufre après digéré, domine les deux autres
qualités, c'est-à-dire froideur et moiteur et y imprime
ses vertus. Et par ces divers degrés de décoctions se font
les diversités des métaux."
Le Soufre, de nature chaude est actif, le Mercure, de nature froide est
passif. Les qualités des métaux dépendent du rapport
Soufre/Mercure. Le Sel est de moindre importance, il n'est que le lien
entre le Mercure et le Soufre.
Le Soufre est le Père (principe actif) des métaux, et le
Mercure est leur Mère (principe passif). Ces deux principes existent
séparés dans le sein de la terre. Le Soufre sous forme d'un
corps solide, fixe, onctueux, le Mercure sous forme de vapeur.
Attirés sans cesse l'un vers l'autre, les deux principes se combinent
en diverses proportions pour former métaux et minéraux.
Mais il y a d'autres circonstances qui modifient l'affinité des
deux principes : le degré de cuisson, la pureté, les accidents
divers.
Les métaux parcourent un cycle dès leur formation, les métaux
imparfaits naissent les premiers, nous avons donc :
le Fer se transforme en Cuivre qui en se perfectionnant se change en Plomb
qui devient Etain, Mercure, puis Argent et enfin Or.
Il est possible que cela marche dans les deux sens, les plus vieux métaux
se corrompant avec le temps. Tous les jours des métaux naissent
alors que d'autres connaissent la corruption.
"La nature a pour but et s'efforce sans cesse d'atteindre la perfection,
l'Or. Mais par suite d'accidents qui entravent sa marche, naissent les
variétés métalliques."
Les influences planétaires ont un rôle déterminant
dans la genèse des métaux. Les sept métaux sont consacrés
aux sept planètes. "L'Or naturel, l'Argent et chacun des métaux
comme des autres substances, sont engendrés de la terre sous l'influence
des divinités célestes et de leurs effluves."
Chaque métal doit sa naissance à la planète dont
il porte le nom, les six autres planètes unies chacune à
deux constellations zodiacales lui donnent diverses qualités.
Résumé :
Métaux et minéraux, formés à la base, de la
Matière première sont composés de Soufre et de Mercure.
Le degré de cuisson, la pureté variable des composants,
divers accidents, les influences planétaires causent les différences
qui séparent les métaux les uns des autres.
Résumé du Chapitre IV :
Triple Adaptation de la théorie alchimique
"Ainsi est Trinité en unité, et unité en Trinité,
car là sont corps, esprit, âme. Là est aussi Soufre,
Mercure, Arsenic."
Le Grand-Oeuvre a par suite un triple but dans le monde matériel
: la transmutation des métaux pour les faire arriver à l'or,
à la perfection ; dans le microcosme, le perfectionnement de l'homme
moral ; dans le monde divin la contemplation de la Divinité dans
sa splendeur. L'homme est l'Athanor philosophique où s'accomplit
l'élaboration des vertus, "Car l'Oeuvre est avec vous et chez vous,
de sorte que le trouvant en vous-même, où il est continuellement,
vous l'avez aussi toujours, quelque part où vous soyez, sur terre
et sur mer."
Le Mercure étant passif représente la matière, le
Soufre est la force et le Sel est le mouvement.
Il y a donc une matière unique : le Mercure et une force unique
: le Soufre appelé Archée par Paracelse. L'Archée
est la Force toujours active qui en s'appliquant à la matière
la met en mouvement qui est assimilé au Feu qui est l'image la
plus parfaite de la matière actionnée par la Force.
Résumé :
La Matière, une dans son essence, se différencie d'elle-même
par la Forme, effet du Mouvement que lui communique la Force.
Tableaux récapitulatifs :
| Soufre |
Mâle |
Force |
Cause |
| Mercure |
Femelle |
Matière |
Sujet |
| Sel |
Enfant |
Mouvement |
Effet |
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