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La Trinité
"Tous ceux en tout cas qui ont la moindre parcelle de sagesse,
quand ils sont sur le point d’entreprendre une affaire, grande ou petite,
invoquent toujours une divinité, n’est-ce pas ? Or nous, qui nous
apprêtons à discourir sur l’univers d’une certaine manière,
selon qu’il fut engendré ou encore pour dire qu’il n’est pas engendré,
nous devons, à moins d’être tout à fait égarés,
appeler à l’aide dieux et déesses et les prier de faire
que tout ce que nous dirons soit avant tout conforme à leur pensée,
et par conséquent satisfaisant pour nous."
Le Timée, Platon
Je définirai la Trinité pour commencer par une tri-unité,
c'est-à-dire une unité composée de trois termes formant
une nouvelle unité : un ternaire.
Le ternaire est un cycle achevé qui comporte trois temps. Il est
symbolisé par le nombre Trois qui contient Un + Deux et par le
triangle qui contient trois droites chacune composée de points.
Si j'utilise ces symboles c'est parce qu'ils nous permettent de saisir
ce que l'homme par définition ne peut comprendre en totalité.
Ils sont les outils les plus puissants que l'esprit humain possède
pour s'approcher des plus profonds mystères. Chacun de ses outils
a son modèle analogique propre qu'il ne faut pas adapter à
un autre outils.
Ici je prends le triangle qui est la première figure géométrique
que l'on puisse dessiner en dehors du cercle qui lui compose toute figure
puisque je l'assimile au point. Par analogie, j'en déduis que le
ternaire est le premier cycle achevé de la manifestation divine.
Pour me figurer Dieu, j'utilise alors l'unité mathématique
ou le point en géométrie. J'en déduis que l'Un compose
tous les nombres, que le point compose toute figure. Par analogie, Dieu
est l'Un, le principe Premier Originel contenant toute chose en puissance.
Mais cette analogie est insuffisante à nous montrer que Un est
tout avant même son extériorisation. Pour saisir cela, je
compare la notion du temps et de l'éternité.
Le temps est composé d'instants se succédant alors que l'éternité
contient tous les instants. Mais là aussi apparaît une limite
qui est l'impossibilité de nous figurer quelque chose hors du temps.
Voilà le problème : nous devons penser l'indéfinissable
par rapport à ce qui peut nous être connu. Dieu, est par
rapport à sa manifestation ce que le temps est à l'éternité.
Tout est là. C'est la modalité de son extériorisation
qui changera par rapport à des étapes ontologiques.
La première manifestation de Dieu est le Verbe.
Comment passe-t-on du Un au Deux ? En ajoutant Un.
Comment passe-t-on du point à la droite ? En superposant une infinité
de points.
Cela n'est pas d'une très grande aide pour comprendre comment le
Père devient le Fils. Je préfère le penser comme
le passage du Même, de l'Immuable à l'Autre, au Mouvement.
Tout est Un, il contient toute chose, il est l'infini au repos, c'est
par opposition que le repos devient mouvement, que l'Un devient Deux.
Le Verbe, symbolisé par le Deux, est la puissance infinie de vie
en action dont tout va découler.
Mais le deuxième terme du Ternaire divin est opposition au Un,
il est un cycle ouvert nécessitant un réceptacle fixe pour
s'actualiser.
Ce réceptacle est le Saint-Esprit qui concilie le feu des opposés.
Pourquoi j'utilise le terme de feu ? Parce que je pense qu'il symbolise
parfaitement la puissance à l'état pur qui était
Une au départ et qui s'est confronté à elle-même
pour permettre à la vie d'être. Il est important de souligner
que l'Immuabilité de l'Un n'est pas un état passif mais
au contraire l'état actif par excellence.
Quand deux termes s'opposent, une unité intermédiaire
se crée. Cette unité intermédiaire est le Ternaire
divin achevé par le Saint-Esprit. Je pense qu'il contient en lui
le passage en acte de la Création en puissance car il est le réceptacle
qui concentre en lui deux puissances infinies opposées : celle
du Père et du Fils qui donnent un état équilibré
apte à structurer un nouveau cycle distinct du Premier Ternaire.
La Kabbale figure très bien cela : Iod - Hé - Vav - Hé
: le tétragramme divin est représenté par un ternaire
s'ouvrant sur un autre plan figuré par le second Hé. Ce
plan tire son origine de la puissance de Vie Universelle, du Verbe qui
a vu sa puissance focalisée par le Saint-Esprit.
S.A
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