Introduction :
Fadila Morsly
L'errance des signesReprésenter le réel est l'affaire des artistes. Quelle que soit la forme d'expression, c'est a eux que revient le privilège de trouver une belle correspondance entre les choses et les mots. Plus sensibles peut-être, sûrement plus doués que le commun des hommes, les créateurs peuvent répondre a l'appel du monde et de ses mystères. "Savoir, penser, rêver. Tout est là", selon l'expression de Victor Hugo entamant sa longue période d'exil. Quelque décennies plus tard Fadila Morsly fait entendre sa voix dans le concert de la représentation universelle.
Savoir, penser, rêver, tout est bien là, et Fadila Morsly en dispose à sa manière
La forme d'expression que cette artiste a choisi - si tant est que l'on puisse parler de choix - n'est pas celle du grand poète français. De la même façon, elle n'a pas débuté très tôt dans sa carrière artistique se distinguant du jeune Hugo qui, à seize ans, prêtait le serment d'égaler l'illustre Chateaubriand ou de n'être rien. Par contre, c'est un programme identique qui unit le poète français et notre artiste peintre : la connaissance, la réflexion et le songe.
C'est-a-dire que malgré les différences fondamentales, et peut-être à cause d'elles, chaque créateur a le devoir de se frayer un chemin dans le labyrinthe du monde en confectionnant un fil d'Ariane à sa mesure.