05-03-2000

Aranei-Orbis

Association du verbe Poaimer

Les quatre poèmes ayant obtenu un premier prix au concours de 1998


 


 
Collection Acrostiche LE VERBE POAIMER
Rescapés par les mots

Les vents leur avaient été bien contraires
Et au lieu d'avancer, ils faisaient marche arrière !
Voyant que la tempête allait les faire taire
Et qu'aucun paquebot ne ferait leur affaire
Rechignant à couler, n'apercevant nulle terre
Bénissant le navire, cette vielle galère
Ecopant et jurant chacun à sa manière
Profitant d'accalmies pour déclamer des vers
On entendit de loin, «un homme à la mer» !
Alors, dans le brouillard, une foule apparut,
Invisible jusqu'alors, mais déjà prévenue
Mères et leurs enfants arrivaient tout émus
Etalaient couvertures des hivers les plus drus,
Rassemblés sur la digue, ils chantaient sous les nues !
 

©Catherine Escarras

Concours Poèmourses 1998
Poémourses d'or,
Premier prix ex æquo du Verbe Poaimer

Le verbe Poaimer




Le verbe poaimer est le plus doux des verbes :
Encore faaut-il savoir le conjuguer !
Vivre au sein de ses champs pour mieux les irriguer
Et mettre chaque année leurs javelles en gerbes.

Retenir avant tout ce qu'ils ont de superbe :
Bleuets, coquelicots qu'ils savent prodiguer
En couleurs d'abondance, en rires à léguer,
Pour que d'autres amours dès demain soient en herbe.

Ô la belle saison promise par le vent
À tous ces blés blondis sous le soleil levant
Ivres à tout jamais de furtives caresses…

Mais aussi que de soins pour mûrir les épis !
Elle, les yeus baissés, Lui, dix doigts de promesses,
Renouant chaque fois leurs rêves assoupis.

©Louis Delorme

Concours Poèmourses 1998
Poémourses d'or,
Premier prix ex æquo du Verbe Poaimer


 
Collection Amourses Générales

Monsieur l'imprésario

J'aime la soprano
Qui est très belle
Et chante haut
Je souhaite la rencontrer
Au plus tôt
Tenez,
Ces fleurs sont pour elle.

Je déteste l'alto
Qui à ma convenance
N'a pas montré
En toute cerconstance
La prestance
Qu'il faut.

Ainsi,
Je propose un compromis
À la fin de ce mot
Car je ne voudrais pas
Devant ces deux divas
Faire un faux pas.

Je sais que le ténor dont vous m'avez parlé
Reste au niveau du sol
Et cela me désole.
Cependant,
Je dois conéder
Que son ré
A du bon.
Mais à la conclusion
Me basant
Sur ma seule intuition,
Je epux vous conseiller
D'en changer.
Pour rester
Dans cet ordre d'idée,
Je me souviens de votre basse,
Tout en cherchant sa voix
Avait perdu la foi
Et la face
Au milieu du gala.

Ma foi,
Permettez-moi,
À cet endroit,
De m'épancher :
Je doute.
Donc je crois.
J'ignore encore
Si je fais bonne route.
Je crois. Et donc je doute.

Mais revenons aux choses d'ici-bas.
Pour préciser notre futur contrat,
J'ai rêvé
D'une soprano à mi,
D'une alto à do ré,
D'un ténor sur son si,
D'une basse un peu la.

J'imagine votre embarras
Mais je vous dit :
À la prochaine fois.
J'espère que je suis
Toujours et en tout cas
Votre ami,
Rémi
Fasolla

©André Marty

Concours Poèmourses 1998
Poémourses d'or,
Premier prix ex æquo
de la ville de l'Haÿ-les-Roses


 
Je déteste le "je", mais il faut bien que :
Puisqu'il est dans le règlement, à moustaches,
J'imagine pour toutes mes rimes,
Des phrases commençant par "je" : sale tâche !

Je souhaite, tous les soirs, bonne nuit aux anges,
En espérant, qu'en leur téléphonant, point, je ne les dérange
J'aime ce moment, où la nuit, peu à peu descendant,
J'entre dans le silence, enfin, me retrouvant.

Je me souviens d'une photographie jaunie, image du passé,
Jardins enfouis, margelles, violettes aux parfums envolés,
Je souhaite poser sur ce souvenir d'antan, une gerbe de pensées,Je la vois, courant dans l'herbe, que son pas était léger.

J'ai rêvé, un soir, parce que j'étais lassée,
Oui, j'ai rêvé d'un monde de beauté,
Je doute, hélas, la force revenue, voyant plus clair,
Sous un éclairage plus cru, qu'il existe un jour, soleil amer !

Je proposeque l'on impose aux dirigeants du monde entier,
D'écrire, tous les mois, un poème avec les pieds,
J'ignore simon offre sera entendue,
Ils sont trop bien chaussés, seuls les poètes ont les pieds nus.

Je peux, non , je n'aime pas le "je peux",
Il est trop sûr de lui, trop orgueilleux,
Je dois, méfier du "je peux", si je veux
Devenir plus légère, juste un peu…

Je crois, car je suis en apprentissage,
Qu'il faut entendre du "j'espère" le message,
J'espère est plus humble, plus aérien, plus envolé,
Plus proche de nos éphémères destinées.

Je sais que je joue avec moi-même à cache-cache,
Qu'il est bien là, cet orgueil qui, l'horizon me cache,
Je dois, mais le pourrais-je, un jour m'en délester,
Et offrir aux étoiles, mes deux mains et mon cœur exposés.

Alors, s'épanouira fraîcheur, senteur, lumière : la FLEUR de l'âme,
Celle, qui, jamais, ne se fane.

©Dominique-Marie Gibaud

Concours Poèmourses 1998
Poémourses d'or,
Premier prix ex æquo
de la ville de l'Haÿ-les-Roses

Association du Verbe Poaimer


Aranei-Orbis - Art des mots - Arts visuels - Art de vivre - Terre natale - Index - Nouveautés - Généralités - Contacts
©Aranei-Orbis - 1998 - 2000 - Toute reproduction, adaptation, traduction réservées.