LE FILS DE ZEUS-AMMON

2 eme partie

ROI  DES  MACEDONIENS

Vers le
10 octobre 336, Alexandre III est officiellement acclamé par l'Assemblée en Armes, roi de Macédoine.
Décembre 336 : La mort de Philippe et la jeunesse du nouveau roi, absorbé par les problèmes intérieurs, avait fait naître de grands espoirs, pour que les barbares des marches s'agitent, les cités et les parties hostiles à la Macédoine s'activent. A Athènes, l'orateur démocrate Démosthène encourage et déclenche la défection de Thébes et de la Thessalie. Les aristocrates de Larisse et de Pharsale sont écartés par les éléments démocrates et le commandement de la cavalerie thessalienne est enlevé à Ménon, ami fidèle de la Macédoine.Le jeune roi confie l'administration du pays à Léonidas et avec les plus aguerris de ses soldats  marche sur la Thessalie. Sachant que les troupes thessaliennes occupent tous les défilés qui communiquent avec la Macédoine, il entre en Thessalie par la vallée de Tempé, au pied du Mont Olympe, où on l'attendait le moins. Et sans que la marche de l'armée fut décelée, traverse nuitamment le Penée près de son embouchure, contourne les massifs de l'Ossa par l'est. Puis entre le Mont Pelion et le Mont Ossa, il fait tracer par le génie une route sur ces pentes pour s'engager dans la plaine de Larisse dans le dos de ses adversaires. Ceux-ci surpris laissent Alexandre avancer sans avoir à combattre. Il laisse les démocrates thessaliens reprendre la route d'Athènes, tandis que les aristocrates se réinstallent triomphalement. La noblesse renouvelle avec lui les pactes passés avec Philippe ; il est nommé gouverneur et défenseur des Thessaliens, les tributs et les contingents lui seront fournis.
Puis il prend la direction de Thèbes où le parti démocrate a également pris le pouvoir et assiège la garnison macédonienne. A la tête de ses troupes, il arrive à Anthéla où se tient la session d'automne de la confédération sacrée de Delphes. Ceux présents renouvelèrent tous les pouvoirs à Alexandre, mais comme l'assemblée n'était pas complète, ni Thébes, ni Athènes n'avaient envoyé de délégués, il dit qu'il en convoquerait une autre immédiatement à Corinthe.
Il reprend sa route et passe sans opposition par le défilé des Thermopyles.
Arrivant près de Thébes, il apprend que les chefs démocrates avaient fuit la cité,
alors Alexandre s'arrête sa marche à Oncheste où
il reçoit les ambassades de Platée, de Thébes. Peu après, l'ambassadeur d'Athènes vint s'excuser au près du roi pour le retard avec lequel les Athéniens lui portaient leurs félicitations de son accession au trône.
Le gros de l'armée retournant en Macédoinne, il s'embarque pour Corinthe sur les trirèmes amenées par l'amiral Philoxéne. Ce dernier venait de purger les côtes macédonienne des pirates d'Etrurie.
Au congrès de Corinthe, il propose un décret stipulant que les villes grecques étaient libres et indépendantes qu'on ne s'y permettrait pas d'en changer le gouvernement(9). Il évoque dans son discours la mémoire de son père, sa volonté de continuer sa politique et de confirmer la " 
Koinè Eirènè ", la paix commune, entre les Grecs de l'Hellade(10) et de Ionie. Qu'il sollicite donc aujourd'hui, par cette même assemblée, les mêmes honneurs. Le conseil accepte le traité et lui décerne les titres de : " Tagos ", notable défenseur, des Grecs, " Hégémon " et de " Stratégos Autokratôr ", général au plein pouvoir, contre les Perses. On lui promet 200 000 fantassins et 15 000 cavaliers, que l'on recruterai au fur à mesure des besoins de la campagne.

Début 335, son retour à Pella est glorieux, toute la Grèce était rentrée dans l'ordre sans qu'il eût à combattre et on parle maintenant d'Alexandre III comme d'un roi digne de ce nom.
A Aigéai, lieu de la nécropole royale et centre religieux du royaume, Alexandre, accompagné de la Nation en Armes et des délégations des Etats alliés ou soumis, célèbre la cérémonie des funérailles sur la Toumba(11), la demeure d'éternité du défunt roi. Les frères Lyncestes et les autres " coupables " sont sacrifiés sur le mausolée. Des Jeux funèbres sont organisés à Dion au pied de l'Olympe.
Il reçut des nouvelles d'Hécatée, le chef de ses gardes, qu'il avait envoyé en Asie avec l'ordre de supprimer le général Attale, après avoir affirmé vouloir le faire arrêter : " ...
il lui planta sa lance dans le dos... ". Pour les raisons qu'il avait soutenu avec d'autre officiers la cause Amyntas, le beau-frère et cousin d'Alexandre, compétiteur à la souveraineté, mais également venger les humiliations subit par sa mère. Amyntas parvient à s'échapper et à se réfugier chez le roi des Perses. Parménion habilement échappe in extremis à la vindicte d'Olympias en ralliant au parti du jeune roi et laissant assassiner son gendre Attale plus compromis dans cette querelle successorale. De plus Alexandre, le roi, ne pouvait faire autrement que s'assurer son soutien, car le général Parménion est très populaire au sein de l'armée des vétérans, peu en enthousiaste pour l'aventure, et surtout qu'il est favorable à la guerre contre les Perses malgré des reculs répétés en Asie du corps expéditionnaire.
Il invite les maîtres penseurs et des Arts à venir s'installer à Pella ou à Mieza. Alexandre donna également l'ordre de construire un théâtre, un stade et un hippodrome à Pella pour embellir sa nouvelle capitale, mais aussi de poursuivre l'assainissement des marais du Lydius et la mise en culture des plaines, grâce à l'aide d'ouvriers issus des îles et des villes grecques d'Asie Mineur. De même il fait agrandir le port de Thermée et prolonger les routes.

LA  CAMPAGNE  DES  BALKANS

Il devait soumettre tous ces rois et roitelets qui s'étaient agités depuis la mort de son père et qui n'attendaient que son départ pour rallumer les hostilités. Leur révolte était purement locale, ses succès en Grèce ayant maintenu l'ensemble des peuples dans l'obéissance. Il se proposait donc de les emmener en Asie avec leurs
meilleurs chefs de guerre, après les avoir vaincus. Pendant l'exécution du plan, la régence sera laissé aux soins du vieux général Antipater.
Aussi
au printemps 335 commence la campagne de pacification et de soumission des révoltés, des tribus Thraces indépendantes.
Amphipolis est le point de rassem-blement du corps expéditionnaire. Langarus, roi des Agrianes avait respecté avec Alexandre les alliances qu'il avait eu avec Philippe : il se joint à la marche de l'armée et la renforce de quelque troupe. Alexandre traversât le pays Thrace ayant sur sa droite Phillipolis, et arrive au Mont Haimos [Grand Balkan]. Là un grand nombre de Thraces montagnards, le peuple des Krobizoï, lui barrent le défilé [probablement le col de Trajan, Bulgarie] qui permet franchir les Balkans et d'arriver en Thrace indépendante, lieu de la rébellion. Ils s'étaient préparés à empêcher l'avance de l'armée, des chariots étaient réunis sur la crête comme retranchement mais aussi dans le but de les laisser dévaler sur tout soldat qui gravirait les pentes :
c'est la première bataille de la campagne qui débute, la Bataille du " Col ". Cette force est balayée et mise en fuite. Un grand nombre de femmes et d'enfants, qui avaient accompagnés les guerriers, tombent ainsi aux mains des vainqueurs avec des bagages importants. Le butin est confié à Philotas et à Lysanius et amené vers le port d'Appolinia sur le Pont-Euxin [la Mer Noire] pour y être vendu.
Quant à Alexandre, après les avoir accompagnés jusqu'à Philippolis, où il réinstalle une garnison macédonienne qui y avait été chassé par les Thraces rebelles, il franchit le sommet et passe de l'autre côté de la montagne.
Syrmus,  roi des Triballes, avait eu vent depuis longtemps de l'expédition macé-donienne et avait envoyé une partie de la population se réfugier sur l'île de Peucé sur le fleuve nommé Ister [le Danube] avec une partie de la population. Les autres tribus Danubiennes s'y étaient eux aussi repliés devant l'avance d'Alexandre. Syrmus ne l'attendit pas et se réfugia également avec tout son entourage sur l'île. Les Triballes, en grande majorité, avait fui au bord du fleuve, sauf une partie qui était restée en arrière pour saisir le moment d'attaquer le Macédonien et le couper de ses bases arrières. Informé de leur mouvement, Alexandre fit demi-tour et marcha contre eux, il les trouva en train d'établir leur camp. Surpris au milieu de ces travaux, ils se mirent en ordre de bataille en avant du vallon boisé qui bordé la rivière Lyginus. Le jeune roi envoya les cavaliers et les troupes légères en escarmouche à la lisière de la forêt en espérant les attirer en terrain dégagé. Ceux-ci coururent sus aux psiloï pour en venir aux mains avec eux, voyant que leur nombre les rendait supérieur, ils se mirent à poursuivre, hors du vallon, un ennemi qui se dérobait. Son stratagème ayant réussi, Alexandre fait charger Philotas contre leur droite à la tête de la cavalerie légère, dans le secteur où justement ils s'étaient le plus avancés dans leur couse, contre l'aile gauche la cavalerie lourde et il conduit contre le centre la phalange avec les compagnons à cheval.
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