Namibie Mai 2000
Un groupe de folie ....

Prenez une destination de rêve pour la chasse qu'est la Namibie, ajoutez y une bande de lascars toujours prêts à rigoler et vous avez là un cocktail de base très prometteur pour passer de bons moments.
Nous voici donc à 5h30 du matin à l'aéroport de St Denis de la Réunion direction la Namibie via l'Afrique du Sud.
Stéphane dit Chacal qui assurera la vidéo et les photos. Marc dit Bougla armurier de profession qui part pour sa première chasse à l'arc. Valérie dit Warrior qui en est à sa deuxième chasse à l'arc en Afrique et moi même dit l'Africain qui assurera la coordination de l'ensemble et leur servira de guide là-bas.
L'équipe se prépare depuis des semaines, le moral est excellent, le matériel optimisé, nous sommes prêts à partir. Une première escale à Madagascar puis une plus longue à Johannesburg. Nous avons 7 h  d'attente en transit. Heureusement en Afrique, la viande n'est pas chère, la bière encore moins et avec un bon jeu de carte, les heures passent très vite. Dernier vol sans problème vers Windhoek (capitale de la Namibie) où là, nous devons affronter quelques tracasseries policières. Rien de bien grave, nous retrouvons donc mon ami Namibien, Danie à la sortie. Nous allons chasser sur sa ferme durant ces dix jours. Danie est chasseur pro et passionné de chasse à l'arc. Il connaît donc très bien nos besoins et sa ferme est très giboyeuse. Une heure et demie de route et de piste et nous arrivons à la ferme. Nous sommes un peu fatigués mais tellement contents d'être là, que nous devons nous forcer pour aller nous reposer. Le réveil est prévu à 7h, demain matin.
Durant cette première matinée, Danie nous fait faire un petit tour de la ferme de chasse. Il possède 6000 hectares où le gibier est nombreux et de qualité. Un très grand pourcentage de ses animaux sont médaillables. J'en profite pour apprécier les modifications qu'il a apporté aux affûts et pour étudier les traces très nombreuses. Pour les autres, c'est la découverte totale des plateaux de la Namibie. Ils croisent pour la première fois, les Oryx, les Springbuck, les Steenbuck qui fuient à la vue du 4*4. Après un tel premier contact, le moral est à son maximum et chacun trépigne d'impatience pour partir chasser.
Pour le premier jour, Marc part avec Danie vers le dernier affût au bout la ferme. Seule une saline attire les animaux et il a devant lui une immense plaine. Durant cette après midi, il aura presque tout vu, Red hartebeest, Blue Wildebeest, Oryx, Springbuck, Zebre passent et repassent devant l'affût mais aucun à portée de flèche.
Valérie et moi avons choisi un point d'eau , mais pour nous ce fut le calme plat.
Deux jours plus tard, une harde de sept Oryx arrivent à l'affût de Marc. C'est la première fois qu'il voit ces animaux d'aussi près. Un tir dans une harde est toujours délicat. Il le sait je lui ai appris. Les animaux bougent beaucoup, les corps sont près les uns des autres et le choix du tir demande pas mal d'expérience et de patience. Entre le froid qu'il faisait ce matin et l'émotion, il n'arrive pas à armer son arc. Il se calme, respire à fond et vise un jeune de trois quart arrière. La carbone propulsée par le MQ1 (70#) fuse et pénètre dans l'oryx un peu trop en arrière. Alors que la harde reste sur place, il fuit vers la plaine en courant. Danie est un peu inquiet du tir mais il voit très bien l'animal et les plumes oranges de Marc. Il suit aux jumelles la bête pendant environ 600m et la voit se coucher. Encore quelques minutes d'attente réglementaire et ils partent la récupérer. Ce soir c'est la fête. Valérie a tiré une perdrix à 20 m et Marc a tué son premier animal à arc. Comme si tout cela n'était pas assez, son Oryx est médaille d'argent NAPHA.
Deux jours plus tard, je suis au point d'eau avec Valérie et notre vidéoman favori. L'après midi est très calme, seuls des autruches, des oiseaux, viennent troubler la quiétude de l'endroit. Il est 17 h quand une harde de Springbuck arrive lentement. Il y a au moins une cinquantaine de femelles accompagnées de quelques jeunes. Ils ne viennent pas au point d'eau mais restent à environ 50 mètres de notre affût et broutent tranquillement. Enfin une femelle vient à la saline. Je fais signe à Valérie qu'elle peut tirer. Elle tire en position debout, arme son PSE (52#) et décoche sa carbone qui traverse totalement le Springbuck à 25m. Je vois parfaitement l'impact. C'est une flèche de foie et l'animal part en saignant abondamment. Il fait quelques mètres et s'arrête sur place. A la jumelle, je contrôle l'impact. Par expérience, je sais qu'il faut à peu près 50 mn pour qu'une telle flèche fasse son effet. Je regarde ma montre. Dans 30 minutes, il fera nuit. Ma décision est prise, je prépare la 7*64. Si dans 30 minutes, elle n'est pas tombée, je l'achève. Les minutes s'égrainent lentement. L'animal ne bouge absolument pas et la harde est toujours là en train de brouter. Nous assistons à un de ces fabuleux couchers de soleil que seule l'Afrique peut nous offrir. Voilà maintenant 9 ans que je voyage à travers l'Afrique et je crois que je ne pourrais jamais me lasser de ce spectacle. La nuit est là maintenant. Je contrôle la luminosité dans la lunette de la carabine. Je peux attendre encore un peu. Au bout de 40 minutes, il faut tirer, je ne veux pas prendre le risque de perdre l'animal. Les prédateurs sont nombreux dans cette zone et je ne voudrais pas qu'ils fassent fuir la harde, ce qui rendrait difficile la récupération de l'antilope. Je demande à Chacal s' il veut tirer. Je sais comment il tire, je ne me fais pas de soucis. Pas de problème à 60 m, il aligne la lunette au défaut de l'épaule et la 7*64 claque dans la nuit. La harde s'enfuit sous la déflagration mais notre animal ne fait que quelques mètres avant de s'écrouler. Le calme revient sur la brousse et nous partons récupérer l'animal. J'en profite pour regarder l'endroit où il se tenait. L'herbe est couverte de sang, il n'y en avait plus pour longtemps.
A nouveau, 2 jours plus tard, Marc tire un autre Oryx. Celui ci est beaucoup plus gros. Il fait dans les 220 kgs. Les cornes sont très belles aussi et c'est une deuxième médaille d'argent NAPHA. Imaginez sa joie, première chasse à l'arc, 2 flèches tirées, 2 Oryx médailles d'argent, que demander de plus …..
Nous sommes déjà au 18, avant dernier jour de chasse. Valérie et Moi descendons au point d'eau vers 13h. Cela fait un quart d'heure que nous sommes dans l'affût qu'un gros Warthog arrive à fond la caisse vers nous. Nous avons du mal à y croire, tellement c'est rapide. Il est maintenant à 18m de nous. C'est vraiment un beau mâle. Il commence à boire. Les Warthogs boivent beaucoup mais ne restent pas au point d'eau. Sa flèche traverse les deux poumons et s'enfonce jusqu'aux plumes. C'est fou ce qu'un 52# équipé de carbones ICS 400 et d'une thunderhead 100 grs peuvent faire. Le cochon pivote sur lui-même, détale à toute allure et disparaît dans les herbes. La traque va être assez difficile. A cet endroit, le sol est très dur et laisse peu d'empreintes et les herbes sont très hautes. J'attends les 20 minutes réglementaires et pars sur ses traces. Il y a peu de sang à l'impact et le sol a gardé peu de traces visibles. Je suis obligé de me contenter des marques dans les herbes. Je sais que ce ne sera pas facile de pister au sang. Avec la chaleur qu'il fait à cette heure, le sang sèche très vite sur l'animal et les traces vont disparaître. Heureusement, j'ai avec moi un très bon pisteur Namibien. Un bon chasseur pro pour vous conseiller et un bon pisteur pour retrouver vos animaux sont deux éléments fondamentaux d'une chasse en Afrique. Pétrus et Moi cherchons la piste. Au bout d'une heure et demie, nous retrouvons la flèche intacte à 150 m. Elle a fini par traverser l'animal car les plumes sont couvertes de sang. Encore un peu de pistage et nous retrouvons l'animal 50 m plus loin. Je suis surpris par la raideur du corps. En fait, il est mort très rapidement mais a réussi à faire 200 m. Valérie peut laisser éclater sa joie. Le retour au camp est très joyeux aussi. C'est le premier animal tué à l'arc par une femme sur la ferme de Danie. Nous allons arroser dignement cet événement. La nuit va s'écouler dans la joie accompagnée d'histoires de chasse que Danie nous conte et que je traduis à mes amis. Une nuit de chasse Africaine comme je les adore.
Notre séjour se termine, nous avons passé 9 jours superbes en Afrique, de chasse et d'amitié. Nous passerons notre dernier nuit à Johannesburg en Afrique du Sud dans un restaurant que j'adore. Imaginez un restaurant immense fait comme une hutte traditionnelle. Des vins de qualité et de la viande à volonté qui grille au centre de la hutte. Mes amis vont pouvoir déguster du crocodile, de la girafe, du springbuck, de la sable et bien sûr un bœuf fabuleux.
La chasse c'est aussi çà. Le partage de moments inoubliables dans des endroits fabuleux avec d'excellents amis.

Un retour des affuts