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AS.CO.MEMO 

 

 

Maintenir à l'esprit des concitoyens et surtout des jeunes générations le souvenir des sacrifices

de la population mosellane de septembre 1939 à mai 1945 (art.3 des statuts)


  MEMOIRE    7 rue du Docteur Viville   57300 HAGONDANGE   03.87.72.08.65


 

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 Vient de paraître

 

 

Le retour de la Moselle à la France 1918-1919

 

Editions Alain Sutton par ASCOMEMO sous la direction de Ph.Wilmouth.

 

 

 Après la publication de la Moselle en guerr'e 1939-45 en 2004, l'ASCOMEMO (Association pour la Conservation de la Mémoire de la Moselle), s'intéresse ici à une autre période charnière.

Novembre 1918, après 48 ans d'annexion allemande et 4 années de guerre, la Moselle, terre frontière, redevient française.

Désiré par les francophones, ce retour nécessite une adaptation des germanophones à un milieu national qui leur est étranger. Après quelques mois d'allègresse tricolores s'installent morosité et désenchantement.

Loin des stéréotypes manichéens, l'ASCOMEMO a souhaité, grâce à une iconographie riche et variée, montrer toute la complexité de cette époque.

Au fil des pages, les images témoignent à la fois de cette rupture avec la culture allemande dans laquelle ont baigné deux générations,  de ces moments d'euphorie à l'entrée des troupes françaises et de ce retour parfois difficile dans une République centralisée.

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 V03.0

  Maj 01/01/08

 Mise à disposition fonds

documentaire

 Conférences,

expositions,

 publications diverses

 Sauvetage photos, documents et objets sur la Moselle 1918/45

 

 Conservation des anciennes caves de la Schutzpolizei de Moyeuvre

 

 

Quelques clichés de nos salles de présentation......

 

 

        L' Histoire du trimestre en page d'accueil

    L' Intervention de Jacques Grandebeuf à la Journée du Patrimoine organisée par le Conseil Général  à  Montigny-lès-Metz novembre 2007 vec l’aimable autorisation de l’auteur.

 

L’humiliation mosellane

 

On oubliera bientôt ce qu’a été l’humiliation mosellane, car sa révélation n’a jamais su gagner les hauteurs médiatiques où s’écrit l’Histoire avec un grand H.


Depuis la Libération, des milliers de souvenirs personnels, qui auraient pu s’envoler vers les plus lointaines bibliothèques, sont restés accrochés aux clochers des villes et des villages, comme de petits ballons dérisoires. Chaque disparition d’un témoin a ressemblé ainsi, depuis soixante ans, à l’éclatement discret de l’un de ces ballons. Des grappes de mémoires contrariées se sont évanouies, l’une après l’autre, pour retourner au grand silence de la terre, et l’on ne saura bientôt plus rien de ce qui s’est passé.


La Moselle est en effet un territoire de non-dit. Depuis 1919, tout Français venu d’ailleurs et qui cherche à savoir comment le département fonctionne au quotidien, ne remarque au début que des manies bizarres : les gens arrivent à l’heure aux rendez-vous... Ils ont une couverture sociale plus favorable, ils ne travaillent pas le Vendredi Saint... Et ils appellent “Français de l’intérieur” les Français qui viennent de l’extérieur...


Victime de ses idées préconçues, le nouveau venu ne peut, aujourd’hui encore, s’empêcher d’interpréter cet ensemble de singularités comme le signe d’une vieille posture à l’allemande. Il se dit que, si près de la frontière, il ne faut pas s’en étonner... Pourtant, dès qu’il commence à aimer ce morceau de Lorraine, c’est-à-dire à s’habituer aux gens qui l’entourent, à ses collègues de travail, à ses voisins de palier, aux commerçants du quartier, dès qu’il se fait, en somme, de nouveaux amis en découvrant le département, il apprend que cette soi-disant imprégnation allemande est très complexe, pour ne pas dire changeante.


Le Français de l’intérieur devine que les gens d’ici sont victimes, par grands-parents interposés, d’une période assez diabolique dont ils n’ont pas fait leur deuil. Trois générations plus tard, même si les plus jeunes en sont moins conscients, la guerre pèse encore et se rumine en silence. Alors que rien n’aurait dû les empêcher de raconter ce qu’ils ont vécu, les derniers témoins demeurent englués dans une posture défensive avec le sentiment d’avoir été floués. Ils se sentent entravés dans leur liberté de parole, à la façon des prisonniers qu’un juge a laissé partir avec un bracelet à la cheville. Il faut certes recadrer l’humiliation mosellane dans le panorama des malheurs de la guerre.

Nous ne parlons ici que des blessures intimes. Sans oublier pour autant qu’entre 1939 et 1945, l’Europe a pleuré des millions de morts, subi des pertes incommensurables et connues des centaines de régions traumatisées. Mais c’est ainsi, tout drame à grande échelle garde en son sein des douleurs privées. Il ne s’agit plus de chiffres globaux mais de minuscules rancœurs, tapies au fond des êtres. Dans tous les cantons de Moselle, dans chaque village, dans chaque famille, cette inhibition a détruit des équilibres complexes qui maintenaient jusqu’alors un consensus dans les mentalités.

L’annexion nazie a laissé en Moselle un désordre des amours-propres, totalement refoulé depuis. Des blocages se sont nichés dans la culture bousculée des Lorrains du nord, empêchant leurs interprétations divergentes de se rejoindre plus tard dans une mémoire commune. Quand un Mosellan questionne un autre Mosellan pour savoir où il se trouvait entre 1939 et 1945, le premier baisse la voix et le second fait semblant de ne pas avoir entendu.


Le Français venu de l’intérieur, s’il cherche à comprendre ce silence, devra d’abord prouver que son bagage culturel n’est pas encrassé par des clichés « cocoricoteurs » sur les “casques à pointe”, clichés que véhiculent encore, dans l’hexagone, des bataillons d’ignorants. Il lui faudra montrer qu’il n’a jamais eu d’idées bien arrêtées sur la question des frontières, vu qu’on ne lui en a jamais parlé à l’école. Des spécialistes ont certes pris la plume pour écrire des centaines d’ouvrages sur les combats, les stratégies, les victoires ou les défaites. Il existe une documentation énorme sur le terrain politique ou militaire, mais peu d’informations sur les civils. Alors qu’en Lorraine du nord, on a toujours été bien placé au triste palmarès des guerres. A Gravelotte tout comme à Bitche, à Queuleu comme à Morhange, pour peu que le touriste ait du cœur, il sent la compassion lui électriser les jambes, comme si, depuis le sol, l’esprit des lieux remontait jusqu’à lui.


La grande mémoire des bibliothèques en cache une autre, une petite mémoire intime dont les historiens ne savent pas trop comment parler. Ils s’en méfient car elle se niche au plus profond des cœurs et peut hélas varier avec le temps. Il est normal qu’un témoignage sans preuve soit, par définition, suspect à leurs yeux. La trace que les Mosellans conservent de leur passé verrouillé restant, comme on l’a vu, celle de milliers de petits destins ordinaires, on peut parler dans leur cas d’une souffrance au deuxième degré, la souffrance de ne pouvoir raconter sa souffrance. Les vieilles générations mosellanes sont resté tourmentées, depuis 1945, par le problème de leur image aux yeux du reste de la France. Un blocage que l’on pourrait, un peu rudement, résumer par la peur de devoir, chaque fois, prouver d’abord qu’on n’est pas un “Boche de l’Est”.Cette peur est hélas encore justifiée par la persistance d’un regard formaté sur “l’Alsace-Lorraine”, une expression fourre-tout qui a fait passer à la trappe jusqu’au nom du département. La moitié de la France l’ignore encore. Cet effacement du terme “Moselle”, né dans les cercles nationalistes parisiens après la défaite de 1870, a continué en 1919 dans les casernes des deux régions redevenues françaises où plusieurs générations de troufions désoeuvrés attendaient la quille en s’étonnant de l’accent de leur petite copine.. “Vous savez” disaient-ils en rigolant quand ils rentraient chez eux “ils sont tous un peu Boches, là-haut...” Un folklore de tourlourou s’est ainsi niché, dans le stock de plaisanteries dont on se servait habituellement au sein des familles, de Paris à Marseille, de Brest à Nice ou de Bordeaux à Lyon... et même à Nancy... pour agrémenter la conversation. Sa nuisance n’a cessé depuis de remonter régulièrement jusqu’aux frontières, par vaguelettes soi-disant innocentes, comme un ressac de cruauté gratuite. Les Boches de l’Est... On pouvait supposer que des clichés aussi imbéciles auraient entraîné des réactions violentes. Mais les Mosellans, nous le savons, n’ont pas le tempérament alsacien. Ils préfèrent se taire, ils encaissent. Alors, depuis cent cinquante ans pourrait-on dire, ils vivent avec cette image inexistante d’eux-mêmes, alors que leurs pointilleux voisins réagissent au quart de tour. Au grand théâtre de l’image, les Alsaciens occupent la première rangée des fauteuils et la Moselle un strapontin.


Le département s’en veut, sans méchanceté, d’avoir des voisins qui, la nature ayant horreur du vide, ont pris l’habitude de raconter son passé à sa place. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Ce n’est pas sa dimension réduite qui est en cause, ce n’est pas non plus la confiscation de son nom, mais seulement cette incroyable difficulté à détailler ses malheurs. Alors que les Alsaciens ont raconté les leurs depuis longtemps. Un exemple de cette récupération continuelle est le tout frais musée de Schirmeck où le particularisme mosellan se retrouve totalement délayé.

Et s’il existait une raison plus fondamentale à cette impuissance? Une complexité si profonde qu’elle ne sauterait pas aux yeux ? Il y en a une, en effet, dont les Français de l’intérieur n’ont pas conscience. Il s’agit de la séparation linguistique. Beaucoup de Français croient encore qu’on parle allemand très naturellement dans toute l’Alsace-Lorraine, comme ils disent... C’est déjà grossièrement faux. Et comme par hasard, c’est en Moselle que la  situation est la plus singulière. Une diagonale des langages sépare le département du nord-ouest au sud-est. On pourrait dire moitié-moitié. Elle daterait, dit-on, de l’arrivée de Clovis, au Vème siècle et c’est au nord que son langage a subsisté. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un dialecte allemand, mais d’une langue germanique, ce qui n’est pas la même chose. Mettez-vous à la place d’un jeune écolier de Bordeaux ou de Brest... il lui est déjà difficile de comprendre que les Francs de Clovis étaient des Alamans ! C’est comme si on lui disait que les Italiens sont des Espagnols. Alors, lui parler d’une coupure linguistique... Une bizarrerie de l’histoire en somme... C’est pourquoi, même en Moselle, on ne s’en vante jamais. Comme s’il était banal qu’à quelques kilomètres de Montigny, on puisse encore passer du parler roman au germanique en allant d’un village à l’autre, tout en se disant que les deux mentalités mitoyennes n’ont pas changé depuis 1500 ans. Pour ne pas dire le double, les spécialistes en discutent. Et cette réalité magnifique survit souvent aux deux bouts d’un chemin dont les fleurs, au printemps, seront toujours les mêmes.

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    Le 5 juillet 1947 a lieu la pose de la borne terminale à Bastogne alors que la borne originelle est installée le 16 septembre 1947. L’inauguration de la voie a lieu le 18 septembre à Fontainebleau.

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N°71

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