CELINE GARCIA Y PREND GOUT |
07/09/1993 |
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L'an dernier, Céline Garcia avouait une certaine aversion
pour la compétition. Après Arungen, le ton a changé. La doloise va désormais mettre
les bouchées doubles pour continuer sa carrière internationale. Après son titre de championne de France cadette, Céline Garcia déclarait l'an dernier qu'elle avait une sainte horreur de la compétition. Elle ne se voyait pas rester très longtemps dans la l'aviron. Un an a passé et c'est une Céline différente qui nous revient des championnats du Monde. Manifestement, son année a été riche en émotions et elle semble vouloir tout faire pour prolonger ce nouveau plaisir. Pourtant, tout n'a pas été rose cette année, elle est la première à le dire. "J'en ai vraiment bavé pour arriver à être performante dans le sport et dans les études." De blessures en opérations, elle a passé son temps à tenter de rattraper celui qui était perdu. Et c'est sur sa seule classe et son acquis foncier qu'elle a forcé la porte de la sélection pour les Mondiaux juniors. Billet pour la Norvège en poche, elle a intègré l'équipe de France pour une préparation intensive d'un mois. "C'est surtout cela qui donne envie de recommencer, car on a vécu un mois dans une excellente ambiance, même si la priorité était donnée au travail." Entraînement, musculation, récuperation ... Tout était fait selon un programme solidement établi avec quelqu'un surveillant en permanence les stagiaires. Un menu qui pourrait dégouter plus d'une rameuse. Mais pas Céline. Elle en est sortie confortée dans son désir d'aller le plus loin possible. |
Elle n'a d'ailleurs jamais discuté le choix du staff français d'intégrer les deux
meilleures juniors dans le même bateau pour optimiser les chances de médailles. "Ce
sont les entraîneurs qui décident et il n'y a pas à revenir la dessus."
Le problème des départs
En Norvëge, l'objectif était de parvenir en finale, au moins. "On a débuté par
une victoire en éliminatoires. C'était une surprise pour nous et pour les autres. On
était en retard à mi-course mais on a remonté tous les bateaux sur la fin." En
demi-finale, l'objectif était de prendre l'une des trois premières places qualificatives
pour l'ultime rendez-vous. "Au 500 mètres on avait 5 secondes de retard, mais on a
bien lancé le bateau sur la fin pour prendre la deuxième place." Troisième sur
l'ensemble des deux courses, la France semblait bien partie pour décrocher une médaille.
"C'est vrai on avait un peu de pression sur les épaules mais je ne voyais pas les
choses comme cela dans la mesure où j'estimais qu'on avait rempli le contrat en
étant en finale." Durant la course, le problème va encore être le départ.
"On a tout donné et on avait l'impression d'avoir fait on bon départ. Le problème,
c'est que les autres étaient encore mieux. On a ensuite accèléré mais on est venu
mourir au pied du podium. Ce fut une énorme déception."
La rentrée à Nancy
Aujourd hui encore, la déception est présente, même si la satisfaction d'avoir
participé à la finale commence à reprendre le dessus. A tel point que Céline veut
connaître de nouvelles joies en aviron. "Ca a été un peu dur de passer du solo au
double mais je suis prête à recommencer l'expérience, surtout si c'est avec Laurence
Barbery, avec qui je m'entend bien." Cela ne pourra pas se faire avant un an car
Céline est encore juniors en cette saison 93/94. "Cette année, j'ai deux objectifs
: passer mon bac et obtenir une médaille aux championnats du Monde." Pour optimiser
ses chances, elle va effectuer cette année sa rentrée au centre de haut niveau de Nancy.
"Avec des horaires aménagés, je vais pouvoir enfin concilier études et
entraînement." Quand on voit avec quelle réussite la France vient de s'illustrer
aux championnats du Monde seniors, on ne peut qu'être confiant pour la suite de la
carrière de Céline.
Rémy BOUQUET