L’illusion Comique

Corneille - 1635

ACTE V, scène 5


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Introduction

      Durant le XVIIème siècle, deux mouvements cohabitaient : le baroque et le classicisme. Le Baroque est moins strict du point vue de l’écriture par rapport au classicisme ; le non respect des trois unités, de la bienséance et bien d’autres. L’acte cinq de l’Illusion comique apporte un effet de rupture avec le comique des actes un, deux et trois. En effet, durant les deux derniers actes, le registre tragique est dominant et le spectateur et Pridamant sont trompés par l’illusion. Comment Alcandre parvient-il à dissiper les réticences de Pridamant quant à la réussite professionnelle de Clindor ? Tout d’abord Alcandre tient un discours élogieux du théâtre, ensuite ce discours a une véritable visée argumentative et didactique.


Lecture

Annonce des axes

Etude

I - ELOGE DU THEÂTRE

1 - Honneur et grandeur du théâtre

- Lexique appréciatif
- Allusion à des personnages antiques

2 - Divertissement universel

- Champ lexical du divertissement
- Parallélisme (vers 1787)

3 - Métier respectable

- comparatif de supériorité
- le théâtre est regardé par des grands hommes

Transition : Pendant l’éloge du théâtre, Alcandre ne perd pas de vue son objectif : convaincre Pridamant et de la réussite liée au théâtre.


II - DENOUMENT A VISEE DIDACTIQUE

1 - Volonté de convaincre Pridamant

- Impératif
- Accumulation

2 - Evolution de la vision du théâtre

- passé/ présent
- déictique temporel renseignent Pridamant sur une évolution du théâtre, qui est à présent un véritable art reconnu partout.

3 - changement d’avis de Pridamant

- adverbe d’intensité
- déictique futurs = réconciliation entre Pridamant et Cindor


Conclusion

      Le but d’Alcandre est finalement atteint Pridament a pu, grâce à l'éloge d’Alcandre du théâtre mené en réalité dans toute l’œuvre, reconnaître le métier d’acteur de son fils. Une réconciliation entre eux est possible. Le théâtre œuvre ainsi pour la paix des générations.


Autre analyse :

Situation de la pièce dans l’action :

Les dernières scènes présentent les trois protagonistes et la mort de Clindor. Pridamant croit son fils mort mais il est vite soulagé par la vision des acteurs partageant la recette. Corneille, par la voix d’Alcandre, se livre à un éloge du théâtre par ailleurs assez méprisé au XVIIème siècle.


Il y a plusieurs destinataires à travers le discours d’Alcandre qui justifie et met en avant les qualités du théâtre. Le mage s’adresse à Pridamant, son interlocuteur direct qui se plaint du destin de son fils. Alcandre emploie des impératifs et des présents à valeur jussive. Pridamant représente l’autorité bourgeoise et morale qui juge le théâtre mais aussi l’autorité paternelle inquiète pour son fils. Alcandre met en évidence le décalage de génération entre la vision du père (« votre temps ») et celle du fils (« aujourd’hui »).
Le théatre est idolâtré non seulement par Paris mais aussi par les provinces. Il touche « nos princes, les grands et le peuple ».

Puis le ton change et il s’adresse peu à peu aux protecteurs du théâtre (Richelieu au vers 1789, Louis XIII au vers 1793). Il se dessine un Corneille politique que l’on retrouvera dans le Cid et Cinna. Le théâtre prend une autre fonction que le divertissement. Le dramaturge se doit de célébrer la monarchie de droit divin qui le protège. Ainsi, le vers 1793 a une fonction de louange destinée au roi. Le champ lexical des héros qui s’est vidé d’ironie et de comique a pris une valeur d’éloge courtisane, il flatte le roi.
Alcandre met en avant l’importance pour le dramaturge d’avoir des mécènes qui aiment et protègent le théâtre. Cette attention place le théâtre au rang de grand art.
Aux vers 1785 et 1786, les mots « entretien, divertissement le plus doux, souhait, délices, plaisir, douceur » montrent que les qualités du théâtre sont mises en avant par les bons esprits.

La valeur de divertissement du théâtre ne peut être remise en cause car les grands et les gouvernements lui apportent de l’attention.
Selon Alcandre, le théâtre est un poème : les expressions hyperboliques « et tous ceux qu’Apollon voit d’un meilleur regard, les plus rares », les mots « s’émerveillent, doctes travaux, leurs veilles… » mettent en avant cette idée.
Le travail poétique, qu’est le théâtre, est élevé au rang le plus noble et le plus haut.
Le « fief » renvoie aux châteaux du Moyen Age, difficilement accessibles. Alcandre s’adresse au père, aux protecteurs, aux spectateurs pour en changer les mentalités. Il insiste sur les effets obtenus par le théâtre dans les premiers hémistiches des vers : « dont les rentes sont bonnes, un métier si doux, plus de biens et d’honneur… »
La fin de la tragédie arrive par la découverte des comédiens partageant la recette : cet hommage à l’argent qui est montré est une réalité sociale.

Alcandre construit l’équivalence entre pouvoir du mage et pouvoir du dramaturge. La reconnaissance du théâtre se fait par la tirade de Pridamant (l’opposition avant/après montre le changement des mentalités vis à vis du théâtre) évoquant l’allégresse que provoque la comédie.

Cette scène est un plaidoyer élogieux en faveur du théâtre.




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