2. LES INDICATEURS BIOLOGIQUES


En pratique, il a donc été démontré qu'un organisme, évoluant dans des eaux polluées, est sujet à un syndrome de stress qu'il est possible d'identifier et de quantifier à l'aide d'analyses biologiques de coût relativement faible.
Certains effets biologiques ne peuvent être directement rattachés à la toxicité d'un produit chimique bien précis ; ces effets peuvent résulter, soit de la présence d'un seul type de molécule encore méconnu dans le milieu, soit de la conjonction de plusieurs xénobiotiques, qui induit dans tous les cas un état de stress général chez les organismes vivants sans qu'il soit réellement possible de déterminer la part exacte de responsabilité des substances en jeu. La caractérisation de ces effets non spécifiques par des méthodes appropriées permet une évaluation globale de la santé du milieu.
Néanmoins, les symptômes les plus recherchés sont ceux que l'on peut lier à la toxicité d'un contaminant chimique particulier ; ces effets spécifiques renseignent directement sur la nature des xénobiotiques avec lesquels les êtres vivants ont été en contact et, par suite, sur l'état de dégradation de l'environnement marin dont ils sont responsables.
Les métaux enfin, représentent une catégorie de molécules particulière. Certains sont purement toxiques pour les êtres vivants ; d'autres, essentiels à l'organisation et à l'entretien des fonctions biologiques, génèrent des effets toxiques sur l'organisme, passé un certain seuil de concentration. Dans les deux cas, leur accumulation à l'intérieur d'un organisme est susceptible de déclencher une réaction de défense, laquelle servira de biomarqueur pour ce type de contamination. Nous verrons que le dosage des concentrations en métaux chez les êtres vivants, lequel s'apparente plus aux techniques d'analyses chimiques conventionnelles utilisées dans la surveillance de l'environnement, demeure une étape indispensable dans une étude en écotoxicologie.