b) Activité glutathion S-transférase (GST)

Les glutathion S-transférases représentent une famille d'enzymes multifonctionnelles essentiellement cytosoliques, impliquées dans des opérations diverses de transports et de biosynthèses intracellulaires (George, 1990). Mais la fonction des GST la plus étudiée en ce qui concerne la prévention de la pollution dans l'environnement demeure leur activité de catalyse des réactions de conjugaison entre un peptide, le glutathion, et des molécules réactives comportant des sites électrophiles, capables de réagir dangereusement avec des macromolécules comme les acides nucléiques (ARN, ADN). La catalyse de cette conjugaison du glutathion avec certains substrats représente une étape dans la formation de composés qui seront moins toxiques et plus hydrosolubles que les molécules de départ (Chatterjee & Bhattacharya, 1984).

La mesure de l'activité des GST consiste à fournir à l'enzyme un substrat (en général du chlorodinitrobenzène, qui réagit facilement avec de nombreuses formes de GST) et du glutathion. La réaction catalysée de conjugaison de ces deux produits entraîne la formation d'une molécule nouvelle, qui absorbe la lumière à 340 nm de longueur d'onde. Il est possible de quantifier cette absorption au moyen d'un spectrophotomètre et la valeur de densité optique mesurée est directement proportionnelle à la quantité de conjugué formée, elle-même liée à l'intensité de l'activité GST (Habig et coll., 1974). Une grande variété de composés chimiques induisent les GST, dont certains inducteurs des cytochromes P450 tels que les hydrocarbures polyaromatiques et les PCB. Dans l'état actuel de nos connaissances sur les poissons toutefois, toutes les isoenzymes de la famille des GST n'ont pas encore été individualisées (comme c'est le cas pour les cytochromes P450) et leur activité spécifique demeure mal connue. Leur utilisation comme bioindicateur de pollution caractéristique d'un type de polluant dans l'environnement reste encore à définir et se rapproche encore aujourd'hui plus de celle d'un indicateur non-spécifique, témoin de l'état de santé global des organismes qui peuplent les écosystèmes marins.


 REFERENCES

CHATTERJEE S., BHATTACHARYA S. (1984). Detoxication of industrial pollutants by the glutathione S-transferase system in the liver of Anabas testudineus (bloch). Toxicol. Lett., 22 : 87-198. [retour texte]

GEORGE G. S., BUCHANAN G. (1990). Isolation, properties and induction of plaice liver cytosolic glutathione S-transferases. Fish Physiol. & Biochem., v. 8, n° 6 : 437-449. [retour texte]

HABIG W. H., PABST M. J., JAKOBY W. B. (1974). Glutathione S-transferases. The first step in mercapturic acid formation. J. Biol. Chem., 249 : 7120-7130. [retour texte]