L'étude de la réponse biologique des organismes vivants aux polluants chimiques présents dans
l'environnement marin représente un nouvel outil qui n'est pas destiné à dupliquer ou remplacer la surveillance
chimique, mais qui doit être intégré dans les programmes de surveillance de l'environnement.
Complémentaires des analyses physico-chimiques, les indicateurs biologiques peuvent jouer le rôle
de systèmes d'alarme précoces d'une contamination dont les effets sont encore réversibles.
La liste d'indicateurs présentés ici n'est évidemment pas exhaustive. Quelques autres méthodes sont aujourd'hui
bien connues, généralement admises et prêtes pour une application sur le terrain. Elles mènent, par
exemple,
à (
Lafaurie et coll., 1992) :
- l'utilisation de biomarqueurs moléculaires tels que les altérations des acides nucléiques (ADN, ARN) par les xénobiotiques et les métaux ;
- l'étude des anomalies de la fécondation et l'embryotoxicité chez des groupes variés d'animaux (Echinodermes, Mollusques Bivalves, Poissons) ;
- la caractérisation de certaines anomalies chromosomiques ;
- la mesure de la distribution cellulaire et subcellulaire des polluants, par microanalyses ;
- la révélation de la réponse immunitaire des organismes aux contaminants chimiques.
Quelque soit le procédé envisagé, aucun n'est approprié à toutes les circonstances et il est nécessaire
d'établir un répertoire de méthodes qui peuvent répondre à des situations variées. Par ailleurs, un biomarqueur
ne peut être utilisé seul pour détecter ou prédire un risque de pollution ; plusieurs indicateurs sont au
contraire nécessaires pour évaluer l'impact biologique d'un mélange de contaminants, qui constitue la
situation la plus fréquemment rencontrée
in situ.
Dans l'état actuel de nos connaissances, il est certain que l'emploi des biomarqueurs dans la surveillance
de l'environnement est encore limité à certains types de pollutions bien précis. Mais si nous admettons qu'un
effet toxique est toujours lié à une expression biochimique, physiologique ou anatomique chez les êtres vivants, nous pouvons espérer
développer dans le futur d'autres indicateurs biologiques et élargir ainsi
le spectre des contaminations décelées.
REFERENCES
LAFAURIE M., NARBONNE J.-F., GALGANI F. (1992). Indicateurs biochimiques de contamination de l'environnement marin.
Anal. Mag., v. 20, n° 6 : 27-33.
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