Deux platines, un micro pour exhorter les gens à danser, et une table de mixage pour enchaîner les disques : en 1984, dans les discothèques, les disc-jockeys s'ennuient. Passer des morceaux de disco les uns après les autres pendant que le public danse sur la piste ne leur suffit plus.

Reprenant alors les techniques utilisées par les DJs* en Jamaïque depuis des années, s'inspirant des innovations du rap, quelques disc-jockeys commencent à mixer ensemble plusieurs disques différents, à passer certaines parties à l'envers, fédérant l'ensemble par une boîte à rythmes*.

Cette nouvelle génération de DJs, nourrie aux musiques noires et à Kraftwerk*, ne conçoit plus les morceaux comme une oeuvre figée, et s'arroge le droit de retravailler les disques.

C'est ainsi que s'amorce leur désacralisation de l'oeuvre enregistrée, et que s'ouvre la porte pour de nouvelles innovations. A ces prestations en direct, certains DJs excellent. Sélectionnant soigneusement leurs titres, connaissant parfaitement les morceaux, armés d'une grande habileté dans la manipulation des disques et des platines, ils impriment leur style aux clubs dans lesquels ils officient.

Le petit monde de la dance music se bouscule pour les écouter, et pour danser sur leurs enchaînements. Frankie Knuckles, DJ noir récemment arrivé de New-York, est l'un de ceux-là. Il imposera tellement sa marque à la nouvelle musique naissante qu'elle tirera son nom du tout-nouveau club de Chicago où il tient les platines : le Warehouse.

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Frankie Knucles

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