Marché de l'emploi,
un climat bien morose aujourd'hui en France…26 avril 2005
Le mensuel Capital, de mars 2005, dans un article intitulé l'ANPE dépassée par les événements, cite un chiffre qui ne peut qu'interpeller : 390 000 offres d'emploi restaient à ce moment non pourvues.
L'émission C dans l'air (Arte) a elle-même, ce même mois, consacré un thème sur cette question du traitement du chômage en France.
Mais que ce soit dans cette émission, ou dans cet article du magasine Capital, je n'y ai pas trouvé un inventaire complet des causes qui peuvent expliquer ce malaise sur notre hexagone. C'est pourquoi je tente, par cet article, de proposer cet inventaire en visant à son exhaustivité.
Partons donc de ce chiffre : 390 000 offres non pourvues aujourd'hui, en France.
1ère question que l'on pourrait se poser : pourquoi un tel chiffre ?
Réponses proposées par les média officielles :
La magasine Capital cite :
Il est tout de même curieux que l'on se s'interroge pas plus sur ces propositions d'emploi qui ne trouvent pas de candidats postulants !
Si une offre ne séduit pas, c'est qu'elle doit aussi pêcher par le manque de stimulation financière qu'elle propose, non ?!
Et le fait est : les secteurs en souffrance de main d'œuvre sont le bâtiment, la restauration. Mais quand on y découvre les conditions de travail et le salaire proposé en retour, il est quelque peu normal que cela n'attire pas les foules. Donc, et ce serait sans doute une piste de réflexion à étudier : un marché est toujours dirigé par l'équilibre offres / demandes. Si les demandes ne se manifestent pas, c'est qu'il faut sans doute rehausser les offres : proposer de meilleurs salaires, des conditions de travail révisées…
Si 390 000 offres restent non pourvues en France, c'est peut-être tout simplement parce que le travail associé n'est pas récompensé par un salaire motivant !!!
Et c'est là que la morosité française gagne les esprits. Car il est bien loin ce temps où on pouvait se dire : "plus tu feras des études longues, plus tu auras une vie aisée". Ce n'est plus vrai aujourd'hui !
Parce qu'un certain chef d'Etat à voulu que la jeunesse française soit la gloire du pays en atteignant des scores de 80 % de réussite au baccalauréat, ce diplôme, qui était le fleuron de la réussite dans les années 70, ne vaut quasiment plus rien aujourd'hui, sur le marché de l'emploi français. Car qu'on l'ait ou qu'on ne l'ait pas, le salaire proposé sera de toute façon le SMIC en France, pour débuter ! Déjà, ce ne peut plus être la motivation financière qui peut inciter les jeunes à poursuivre leurs études jusqu'à ce niveau… Reste donc l'idée de poursuivre jusqu'au bac, pour aller ensuite en études supérieures. Là, logiquement, avec un Bac + 2, on devrait quelque peu décoller au niveau de la rémunération…
Eh bien pas du tout ! Salaire horaire proposé à un Bac + 2 : 8 euros de l'heure brut, alors que le smic est à 7,61 euros brut.
2 ans d'études après le bac permet donc de se dire que l'on pourra gagner (si on est vernis, car bien souvent c'est aussi le Smic qui est proposé à ce niveau), 39 centimes d'euro de plus par heure travaillée, (soit 2,56 francs, pour ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec les euros…). Croyez vous vraiment que cela puisse constituer une rémunération motivante ?!? Bien sûr que non !!! Et c'est bien pour cela que la jeunesse française ne peut être que morose face aux propositions d'épanouissement professionnel qui se dessinent sous les offres d'emploi actuelles.
Dieu que cela va être difficile, dans les années qui viennent de stimuler nos enfants pour qu'ils s'accrochent dans leurs études. Car franchement, quand on voit les propositions de salaire qui caractérisent le marché de l'emploi français actuel, on ne saura bientôt plus quelle carotte agiter pour stimuler la jeunesse montante.
Si on ajoute à cela l'incapacité de nos dirigeants politiques à maintenir les entreprises sur notre territoire (du fait de la séduction des gains à se faire en optant pour la délocalisation), on peut tout à fait comprendre que suite aux wagons de licenciements économiques qui en résultent, les chiffres du chômage n'aillent qu'à la hausse…
Alors ? L'ANPE, dépassée aujourd'hui par les événements, est-elle totalement responsable de ce que l'on observe sur les caractéristique du chômage en France ? Non, car il faudrait rajouter à l'inventaire des causes citées par les médias officielles :
Conclusion de tout ce développement :
La France est actuellement très mal sur le plan économique. Elle n'a plus les moyens de stimuler sa jeunesse pour que celle-ci s'accroche à des objectifs motivants (retour sur la rémunération). Elle se laisse happer par la logique imposée par l'organisation mondiale du commerce qui interdit aux pays de mettre en place des protections pour sauvegarder l'emploi sur leur territoire (exemple du porc breton exporté par la France au Sénégal, produit qui tue alors les entreprises sénégalaises de la même filière par les prix pratiqués par notre pays, _ alors que cette filière économique est portée à bout de bras par l'Etat français !!!_).
Alors ?
Alors… INCOHERENCE, quand tu te révèles à nos yeux, on ne peut que baisser les bras devant toi !!!
B. Masgonty