Absentéisme scolaire : tollé contre le plan Sarkozy
Les parents d'élèves et les enseignants critiquent la méthode préconisée par le ministre de l'Intérieur.
Un article paru dans l'Est Républicain - Juillet 2002
(Un commentaire personnalisé suit la retranscription de cet article…)
"Projet inique et absurde" pour la FCPE, "solution dangereuses" pour la FSU : les principales organisations de parents d'élèves et d'enseignants, classées à gauche, ainsi que l'UNAPEL, qui regroupe les parents du privé, ont critiqué hier la méthode proposée pour réduire l'absentéisme scolaire.
L'aggravation des sanctions à l'égard des familles qui ne respectent pas l'obligation scolaire, proposée dans le plan élaboré par Nicolas Sarkozy, est une mesure "inefficace et démagogique" a estimé la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves) dans un communiqué intitulé "un projet inique et absurde".
La principale association de parents d'élèves de l'enseignement public, estime que l'institution scolaire a aussi une "responsabilité directe" dans le phénomène, "lorsqu'elle est dans l'incapacité de résoudre les difficultés du jeune qui peu à peu se décourage et perd pied".
"La volonté de lutter contre l'absentéisme scolaire, c'est bien, mais encore faut-il que cela soit mis en œuvre sur le terrain de manière ciblée et réfléchie pour ne pas faire plus de mal que de bien", a déclaré pour sa part Christian Janet, président de la PEEP, fédération des Parents d'Elèves de l'Enseignement Public.
La solution de l'internat
Mêmes critiques chez les parents de l'enseignement privé. Eric Raffin, président de l'UNAPEL, estime que "le fait de sanctionner les familles par les prestations familiales risque de créer une forme d'injustice, car ce sont des familles en situation économique fragile qui les perçoivent".
Chez les enseignants, la FSU estime que les annonces faites par Nicolas Sarkozy "bien loin de constituer une réponse efficace au problème de l'absentéisme, risquent au contraire de se révéler lourdes de dangers".
Le SNES, qui fait partie de la FSU, souligne que la "possibilité de suspendre les allocations familiales des parents qui couvriraient l'absentéisme de leurs enfants" est "rarement appliquée" car "l'absentéisme est, dans la plupart des cas, lié à des situations de misère matérielle et affective que des sanctions ne feraient qu'amplifier".
Le principal syndicat d'enseignants dans les collèges et lycées "rappelle" qu'il "porte la demande d'équipes de suivi de la grande difficulté scolaire (conseillers d'éducation, enseignants, assistantes sociales, psychologues, infirmières…) capables d'identifier les causes et de dialoguer avec les familles". Et met en avant la solution de l'internat scolaire pour rescolariser les jeunes en rupture.
Quant au syndicat des enseignants (UNSA), il se demande si M. Sarkozy "est devenu ministre de l'Education Nationale". "En cantonnant jusqu'à la caricature ses réponses au domaine répressif, le gouvernement méprise le sujet qu'il est censé traiter. (…) L'absentéisme n'est pas d'abord un problème d'ordre public, qu'il conviendrait de gonfler à seule fin de communication politicienne".
Commentaire :
Un adage dit "la critique est facile, mais l'art difficile".
Je suis toujours autant surpris de voir des gens critiquer d'autres personnes, sans proposer aucune solution alternative en retour ! Car cet article retranscrit n'en comporte aucune !!!
Que le constat soit de dire : "OK ! si un gamin qui fait preuve d'absentéisme scolaire, cela s'explique par :
et que si l'on coupe le versement des allocations familiales à ces familles, on ne fera qu'aggraver les problèmes qu'elles vivent au quotidien !"
Soit ! Mais quelle solution alternative peut-on alors envisager ?
L'idée qu'un adolescent puisse s'adonner à l'absentéisme scolaire laisse supposer qu'il n'est pas suivi sérieusement par ses parents sur ce plan. (Une hypothèse pour l'heure fondée, qui attend toujours la démonstration de son contraire). Donc, quelle solution envisager pour que ces parents se responsabilisent vis-à-vis de cette dérive affichée par leur jeune ? La question est posée, et ce n'est pas dans les réactions rapportées plus haut des divers syndicats et fédérations que j'ai pu déceler la moindre trace de réponse.
Doit-on laisser faire ? Puisque finalement, personne ne semble vouloir se risquer d'une part à dire à ces parents qu'ils ont un problème à résoudre et d'autre part de les mettre à demeure de trouver par eux-mêmes ou avec l'appui de professionnels compétents une solution à ce problème. Problème qui, rappelons-le, est à la source, et cela, personne ne peut le contester, de certains faits de délinquance observés par ailleurs…
Alors plutôt que de critiquer pour critiquer, il serait bon que les acteurs sociaux de tous bords apportent des solutions concrètes et applicables qui soient une alternative à une autre proposition concrète !!! Merci d'avance.
B.M.
Je ne peux que réagir vivement à vos commentaires. Vous dites que les partenaires sociaux ne proposent aucune solution alternative. Or, l'article indique bien que le Snes met en avant deux solutions : - la mise en place d'une équipe de suivi pluri-professionnelle destinée non seulement à améliorer le suivi des élèves, mais aussi à permettre un meilleur dialogue avec les parents. - la mise en place d'internats scolaires qui offriraient un meilleur encadrement des élèves concernés. Il faudrait ajouter que les classes-relais, qui accueillent nombre d'élèves en voie de déscolarisation, permettent d'améliorer, dans bien des cas, la situation de ces élèves. Sans doute y a-t-il d'autres solutions (travail en collaboration avec les CAF, par exemple, comme dans les Hauts-de-Seine). D'ailleurs, quelle(s) solution(s) préconisez-vous dans vos commentaires ? "La critique est facile..." Cordialement, Bruno M.
J'ai lu votre message avec attention, et j'ai pris la peine de relire l'article que j'ai mis en ligne. Effectivement, les solutions que vous avez pointées comme ayant été proposées par le Snes figurent dans l'article. Ceci dit, l'internat scolaire représente forcément un coût pour des parents qui ne disposent peut-être pas du budget pour mettre leur enfant à l'internat. Par ailleurs, il a été démontré depuis plusieurs années que si les parents ne s'intéressent pas à ce que font leurs enfants en classe, ces enfants finissent par décrocher. Car au départ, s'ils travaillent à l'école, ils le font pour recevoir des compliments de leurs parents. Mais si les parents ne manifestent aucun intérêt pour le travail scolaire de leurs enfants, il va de soi que ces enfants finissent par s'en désintéresser également. Est-ce alors un internat forcé qui pourrait renverser la vapeur ? De mon point de vue, non ! car la base relationnelle parents-enfants qui construit tout être humain serait totalement ignorée, éludée. Quelle efficacité pourrait-on alors attendre d'une telle solution ?
Ceci dit, et si vous le permettez, je pense que je modifierai la réflexion proposée à la fin de l'article pour intégrer votre observation (tout en précisant ma réaction à cette observation). Cordialement, BM
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