Une étude sur les ondes à Besançon
Un article paru dans l'Est Républicain
Le professeur Jean-François Viel mène une étude auprès de 220 Bisontins pour connaître leur exposition à toutes les radiofréquences, sur portable au four à micro-ondes.
BESANCON. Deux cent vingt Bisontins portent ou vont porter dans les semaines qui viennent un capteur permettant d'enregistrer les ondes auxquelles ils sont exposés au fil de la journée. C'est l'objet de l'étude menée par le professeur Jean-François Viel, épidémiologiste, pour le compte de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE). Le professeur bisontin assume la responsabilité scientifique de l'étude menée dans deux agglomérations : Lyon et Besançon.
Il ne s'agit pas de mesurer pour l'heure l'effet sur la santé des personnes, mais d'analyser l'exposition aux radiofréquences à laquelle un panel varié est soumis. "Grâce à un capteur tout à fait nouveau, il n'en existe que vingt au monde dont dix sont mobilisés pour cette étude, nous mesurons en continu toute la journée l'exposition aux sources très diverses que nous côtoyons tous : four à micro-ondes, téléphone mobile, hifi, et toutes les antennes radio, télé, téléphonie…" explique le professeur Viel. Le porteur du dosimètre doit noter scrupuleusement ses déplacements, sa localisation, les objets qu'il utilise…
En outre, deux terrains d'analyse ont été choisis, parce qu'ils présentent des contextes différents. L'agglomération lyonnaise très urbanisée, possède un métro, et est équipée de la technologie UMTS, qui multiplie les antennes de téléphone mobile. Ce n'est pas le cas de Besançon, où les tractations avec les opérateurs ont retardé le développement de cette technique. En outre, la périphérie de la capitale comtoise permet aussi de sélectionner des gens résidant à la campagne. Le panel est ici constitué pour partie par tirage au sort au sein du personnel municipal, et pour partie avec la MSA. Ce sont au besoin les conjoints ou les enfants qui ont équipés du dosimètre, afin de constituer un éventail représentatif de la population.
En toute indépendance
Jean-Louis Fousseret, le maire bisontin a demandé à être équipé lui-même d'un de ces enregistreurs ; il le testera demain. Aujourd'hui, il préside aux premiers travaux d'une commission sur ce sujet au sein de l'association des maires des grandes villes de France. "Nous devons la transparence à la population, mais aussi sa protection. Le développement des antennes-relais de téléphone mobile pose des questions, la nature de leurs ondes invisibles et indolores complique encore les choses ; nous avons besoin d'études scientifiques de qualité pour y voir plus clair."
En attendant les résultats de l'enquête menée par le professeur Viel, en principe en septembre, le maire s'est rapproché de la Crirem. Ce laboratoire a été fondé par Michèle Rivasi, sur le modèle de la Criirad, le laboratoire indépendant qu'elle avait lancé au lendemain de l'accident de Tchernobyl, pour assurer une information indépendante.
La Crirem se propose de la même façon, de servir de contre-pouvoir d'information face aux opérateurs de téléphonie mobile.
L'étude du professeur Viel est bien évidemment totalement indépendante de l'un comme de l'autre. Elle s'inscrit dans une démarche scientifique qui vise à mieux connaître la nature de l'exposition aux radiofréquences, la part des différentes sources d'émission, et la variation des expositions en fonction de l'environnement des personnes.
Sera-t-elle suivie d'une étude précisant l'impact sur la santé de la population ? "Pour l'instant l'AFSSE n'a pas émis d'appel d'offres en ce sens. Ce que l'on peut dire c'est que cette étude portant sur une meilleure connaissance de l'exposition des populations, rendra possible une étude épidémiologique."
Christophe DOLLET