Les parents face à leurs tâches éducatives

 

Un rôle semé d'embûches, un risque de discréditation constant,

le tout surplombé d'un couperet qui s'appelle justice

 

Les articles de presse ne cessent de se faire l'écho de cette question : que ce soit pour le problème soulevé par l'absentéisme scolaire ou le problème soulevé par les programmes télévisés accessibles aux jeunes, la question de la responsabilité des parents revient toujours tôt ou tard dans les discours des uns et des autres…

Etre parent, est-ce donc plus compliqué que cela ne l'était il y a 40 ans ? Il faut croire que oui. Car une certaine révolution est passée par là : Mai 68 et toutes ces conséquences, telle que l'injonction paradoxale "il est interdit d'interdire". Dans cette mouvance, les théories psychologiques des années 70 préconisant l'écoute de l'enfant et l'abolition de l'autorité ont eu des effets qui sont entrés en résonance avec cette révolution soixante huitarde. D'une extrême qui avait prévalu jusqu'à cette date, (l'autoritarisme du père), la société est passée à une autre extrême : le principe du laisser-faire. (l'humanité est ainsi faite que ses individus ont toujours du mal à trouver un juste milieu entre deux positions opposées…)

Les droits de l'enfant sont ensuite apparus, environ deux siècles après la proclamation des droits de l'homme. Et devant ce maquis juridique où la notion de droits met maintenant dans l'ombre celle des devoirs, les parents d'aujourd'hui semblent devenus incompétents...

Etre parent est une tâche désormais difficile. Le recours à la claque qu'avaient nos aïeuls quand nous faisions un écart de conduite est désormais passible de poursuite judiciaire, déstabilisant un peu plus la position du parent qui se rend aujourd'hui fautif de ce type de comportement. Les enfants qui ont désormais des droits auparavant inexistants peuvent, s'ils le souhaitent, assigner leurs parents en justice pour leur réclamer une pension alimentaire, alors qu'aucun divorce n'a scindé le couple parental.

Devant ces nouveaux contextes, si un sentiment de désarroi finit par accaparer certains parents, ils ne doivent pas en éprouver de la culpabilité. Car le monde d'aujourd'hui est devenu un monde complexe, où tous les repères d'antan ont été renversés.

Si on admet l'idée qu'on a tendance à reproduire envers nos enfants l'exemple de comportement qu'avaient nos propres parents à notre égard, il nous faut désormais abandonner ce principe montré donc du doigt par la société. N'ayant alors plus de repères possibles, puisqu'on a coutume de dire qu'il n'y a pas d'école des parents, il est logique que certains parents choisissent de baisser finalement les bras, étant eux aussi traversés par de nouvelles aspirations que nos aïeuls n'imaginaient pas.

En effet, si auparavant, le but d'une vie était pour beaucoup de fonder une famille et d'élever des enfants du mieux possible, aujourd'hui, les parents ont certes fondé une famille, mais ne comptent plus s'oublier au bénéfice de leurs enfants : ils aspirent à pouvoir, tout en étant parents, vivre des activités qui leur soient personnelles, qui participent à leur épanouissement propre. Des notions qui n'existaient pas il y a seulement 40 ans en arrière… Alors ? Les parents d'aujourd'hui sont-ils plus égoïstes qu'auparavant ?

Depuis quelques années cependant, des groupes de paroles, regroupant plusieurs parents, se mettent en place dans les villes, à l'initiative de certains psychologues ou de certaines associations disposant de psychologues. Leur objectif : proposer un lieu d'écoute et d'échanges pour permettre à des parents en souffrance d'avoir, par le biais de la communication avec d'autres, des idées nouvelles pour être en mesure de mieux faire face à leurs rôles… Rôles qu'il n'est plus facile aujourd'hui de tenir, loin s'en faut !

 

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