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  Les méga tendances

  Des recherches sur les changements fondamentaux dans notre société, leur influence sur les styles de vie, les tendances de mode et le comportement vestimentaire des consommateurs dans les années à venir.
 
  Le monde autour de nous est en éternel mouvement. Il est devenu extrêmement complexe, imprévisible et tellement rapide. Chaque jour est un bombardement d'images, une avalanche de mots avec plus d'information que nous pouvons traiter. Si la vie aujourd'hui nous offre des défis énormes, elle présente aussi des dangers. Dans cette époque de malaise général, des nouvelles alarmantes sur des catastrophes sociales, politiques, économiques, ethniques et environnementales s’accumulent et nous inquiètent.

  Les faits
La violence croissante. La menace du terrorisme. Le racisme. La précarité professionnelle. La transformation des structures de travail. La fracture sociale. Le gouffre entre le Nord et le Sud. La mondialisation. Le manque de confiance dans les institutions. L'éclatement des modèles familiaux. L'incertitude affective. L'individualisation. La solitude. Les phénomènes de masse. La crise des valeurs. Le déclin des institutions religieuses. Les colères de la nature. La pollution. La qualité de notre nourriture. L'accélération des découvertes scientifique et l'évolution de la technologie.

  L'évolution de notre société influence notre comportement et fait que nous sommes différents aujourd'hui. Mais sommes-nous plus angoissés, plus heureux, optimistes, pessimistes ? Comment nos envies, nos désirs changent-ils ? Comment traduire l’impact des événements actuels en tendances de mode pour le futur ?
  Pour comprendre comment l’être humain perçoit les signes multiples autour de lui, comment il les interprète, et comment ils agissent sur lui, j’ai fait une recherche à partir des analyses des sentiments derrière les tendances de mode, des informations journalistiques et mes propres observations. Cette étude a permis d’identifier les grandes tendances comportementales. Des courants, qui détermineront nos pensées et nos attitudes des années à venir.
 

  Avec un pied dans un mode de confort et l’autre dans l’inquiétude, notre comportement est devenu très paradoxal. Nous sommes à la recherche d’un nouvel équilibre, d’un compromis entre extrêmes. Entre le chaud et le froid, le corps et l’esprit, le rêve et la réalité, la nature et la technologie, nous voulons tout avoir. Nous sommes capables de nous diriger dans 2 directions en même temps sans penser que ceci est illogique (schizophrénie culturelle).

  Le besoin de plaisir, de décomplexer, de vivre au jour le jour
.....et en même temps.....
être sérieux, responsable, prendre position.
  L'hédonisme
Le bonheur de l'enfance
Expérimentation et créativité
Le retour de la morale
 
  Le besoin de se protéger, se cacher, se fermer du monde extérieur
.....et en même temps.....
s'ouvrir aux autres, tout montrer.
  Le repli sur soi
A la recherche de l’autre
La transparence
 
  Le besoin de modernité, d’innovations, d’aller vers le futur
..... en même temps.....
garder nos traditions et notre histoire.
  La nouvelle technologie
Nos racines
L’authenticité
 
  Le besoin de sensations fortes et de dépasser ses limites
.....et en même temps.....
ralentir, prendre le temps, réfléchir.
  La soif de l’extrême
Ralentir
La simplicité
L’intelligence
 
  Le besoin de personnalisation, d'individualisme, le culte de soi
.....et en même temps.....
chercher de nouveaux repères dans la spiritualité.
  L’identité personnelle
Customisation
Cultiver la différence
La recherche mystique

 L'hédonisme
 
Faire du plaisir le principe ou le but de la vie pour panser le mal de vivre, pour oublier les soucis, le stress et les peurs. Pour se récompenser et se remonter le moral, des consommateurs surchargés se font plaisir avec des luxes abordables. Ils n’hésiteront pas à dépenser pour ces ‘remontes morales’, car si le luxe est petit, le risque financier aussi. La qualité demeure primordiale pour des services et des produits particuliers. Plus petits, mais meilleur, comme des spécialités culinaires, des mini-vacances de luxe, des petits accessoires de marques de grandes renommées.
Epuisé de courir après sa soif de vivre, l’homme a oublié son corps. Il ressent le besoin d'être materné dans un cocon calme, douillet et feutré. L'engouement pour les massages et les thalassos répond à cette boulimie hédoniste. Pris totalement en charge, débarrassé de toute responsabilité.

 Le bonheur de l'enfance
 
Après des années de rigueur, pour oublier les soucis, le stress et la peur, il y a un grand besoin de décomplexer. Las de travailler uniquement pour la fortune et le prestige, nous avons l’impression que la vie nous passe entre les doigts et d’avoir oublié nous procure véritablement du plaisir.
Nous avons envie de retrouver l’insouciance de notre jeunesse. De se souvenir des jours où tout était facile, des doux moments de bonheur. Nous voulons à nouveau regarder la vie avec les yeux d'un enfant. De prendre plaisir dans les choses simples, le cœur léger, gai, plein de vie. De laisser parler sa créativité et fantaisie, de suivre ses impulsions et partager des fous rires.
Cette nostalgie d'un temps plus heureux (les années '50 et '60) gagne peu à peu la communication et la création.
Faire rentrer le fun dans notre travail. Au lieu de faire les choses trop sérieusement, nous pouvons communiquer avec légèreté, enthousiasme et spontanéité. Pour être compétitif, et particulièrement dans le monde créatif, il faut être émotionnellement engagé. Un environnement heureux est donc aussi important qu’un gros chèque. L’humour et le fun déstressent et changent positivement les façons établis de penser et de gérer des problèmes.

 Expérimentation et créativité
 
Dans un monde de monotonie, les idées sont la grande idée. La créativité revient en force avec une envie de casser l’aspect trop lisse, trop parfait, généré par l’ère informatique. Il y a un besoin de se libérer des soucis matériels, de faire confiance à son intuition et son imagination. On découvre un goût fort pour la différence et l’originalité, une envie d’expérimenter, de faire quelque chose qui sort de l’ordinaire. L’improvisation est clef avec des idées excentriques et inhabituelles pour apporter un peu de fun dans notre vie et habillement.
L’alternative devient une valeur très prisée. Nous entrons dans une époque où nous réussissons par être différent de ses concurrents, pas par être mieux. Exploiter des idées sera monnaie courante dans le futur. Se focaliser sur la recherche créative, le design original, des concepts innovateurs qui apportent quelque chose de nouveau aux consommateurs, devenus très impatients et demandeurs.

 Le retour de la morale
 
Acheter éthique, parler éthique, placer éthique, gouverner éthique... Chacun doit prendre la mesure morale de ses actes vis-à-vis de soi et des autres, qu'ils vivent quelque part dans le monde d'aujourd'hui ou reçoivent en héritage le monde de demain.
Ce réveil des consciences est récent. Devant la réification du corps, chacun s'est alors rappelé avoir une âme. Le retour de l’éthique répond au besoin de fonder des valeurs universelles dans un monde de globalisation, d’expériences scientifiques inquiétantes, d’industrialisation accélérée et de choc des cultures. C'est le prix moral de la modernité.

La conscience des consommateurs accroît. Pour un meilleur monde, chacun doit apporter sa propre contribution : lutte contre la pollution, recyclage, récupération. La nouvelle génération de consommateurs responsables, extrêmement critique et vigilant n’hésite pas à faire pression sur le marché et les fournisseurs par des moyens politiques ou sociaux. Ils exigent des produits de qualité avec une plus-value éthique. La décence et l’honnêteté du fournisseur sont revendiqué. L’entreprise doit comprendre qu’elle ne vend pas uniquement ce qu’elle produit, mais aussi ce qu’elle est. Ainsi exige t’on d’elle un code de bonne conduite inspiré de la morale individuelle. L’entreprise doit étendre son territoire à des actions qui font d’elle un partenaire engagé et responsable : des devoirs envers ses clients et ses salariés, une implication et une responsabilisation à l’égard de l’environnement ou les populations des régions dans lesquelles elle est implantée, un engagement en faveur de causes humanitaires.

Ce besoin de vérité, de responsabilité et de conscience sociale se retrouve aussi dans l’évolution du volontarisme et des œuvres de charité. Il y a une envie de donner quelque chose en retour à la société.
En même temps, une nouvelle forme de militantisme apparaît. C’est oser reprendre la lutte après les « A quoi bon ? » de ces dernières années. On est petit, d’accord, mais ce n’est pas pour cela que l’on ne peut rien faire. Des mouvements, souvent de jeunes, qui prennent des positions plus agressives sur nombre de sujets politiques et qui veulent régir et faire passer le message.

 Le repli sur soi
 
Le monde extérieur violent, menaçant et imprévisible nous inquiète. Notre sécurité personnelle nous préoccupe. Pour nous protéger, nous construisons des murs autour de notre propriété et notre vie. Nous cherchons à nous entourer d’êtres semblables dans un idée de clans. La demande de styles de vie qui permettent d’exclure des expériences désagréables est la plus forte chez les riches. Avoir plus d’argent mène à des exigences de différenciation et de protection : acquisition d’endroit difficile d’accès, cours intérieurs privés, entrées discrètes, clubs privés, halls VIP dans les aéroports, des voyages super luxe, des cartes de crédits d’élite…… Le marché de la sécurité est en pleine expansion : armement privé, voitures blindées, chiens de garde… Les super riches sont aussi à la recherche d’activités et des voyages qui leurs permettent de combler leur ardent désir d’être seul : dans l’espace, sous l’eau, sur la mer.

Toujours dans la peur de l’autre, mais d’une façon moins extrême, c’est aussi l’explosion du cocooning. La maison devient notre refuge et havre de paix pour se ressourcer et restaurer notre équilibre. D’où l’enthousiasme pour toutes les activités liées à la maison : déco, cuisine, couture… Dans ce retour vers l’intérieur, nous cherchons la sécurité et l’intimité la plus proche : la famille. Avec les nouvelles technologies la maison devient aussi notre lieu de travail (télétravail) et de shopping (téléachat, VPC, Internet).

 A la recherche de l'autre
 
Différents, mais ensemble : les rencontres, source d’enrichissement inépuisable, sont partout recherchées. Au risque de s’enfermer dans l’anonymat dangereux d’un contact virtuel.
De nouveaux modes de groupes apparaissent. Ne plus basées sur une même classe, descendance ou idéologie, mais sur d’autres ressemblances comme des affinités sexuelles, de centres d’intérêts communs ou une mentalité partagée.
Voyager, partir à la rencontre des autres, devient une vraie passion. Cette soif d’autres cultures et l’envie de s’ouvrir aux autres, d’accepter leurs différences, montre un besoin grandissant de solidarité en réaction sur le côté impersonnel, la solitude de notre société actuelle. Les rencontres les plus banals et les plus inattendus sont souvent les plus belles.

 La transparence
 
Nous assistons à une poussée d'exhibitionnisme généralisé où l'intimité devient une affaire publique.
Un nouveau code de relations sociales transparaît avec d’un côté les voyeurs, qui ne se dissimulent plus et utilisent ouvertement les moyens modernes de communication pour satisfaire une curiosité hier jugée malsaine et proscrite. Une curiosité infinie pour ce que fait l'autre en cachette de nous. Il y a perte de soi dans l'autre : ‘l'autre m'intéresse parce qu'il est mon miroir’.
De l’autre côté des personnes anonymes, qui n’ont plus honte de montrer leurs moments les plus intimes et de se mettre à nu mentalement et physiquement. Ils jouissent du plaisir d'être vu sans voir. Pour eux, faire un geste ou prendre des décisions a peu de valeur si cela se passe à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils ont besoin du jugement et l’absolution du public pour valider et donner un sens à leur existence : ‘je suis pensé par les autres’.
Internet et la ‘Reality TV’ dopent cette tentation exhibitionniste : journaux intimes diffusés, l’intimité en ligne avec les webcams, Big Brother, Loft Story, etc..

On retrouve cette obsession moderne de la transparence, de tout montrer, dans tous les domaines. Comme dans l’architecture où la séparation entre le privé et le public est également en passe d’être bousculée, l’espace de l’intime en phase d’implosion. De nouveaux projets d’habitation jouent avec la transparence, où l’intérieur est ouvert au regard des autres. Des maisons translucides, qui mélangent honnêteté et modernisme avec voyeurisme.

Mais renoncer volontairement et gaiement au droit fondamental d’une vie privée, est un aspect très alarmant de ce phénomène et peut masquer au passage une vraie crise de l'imaginaire et de la création.

 La nouvelle technologie
 
Dans une société de consommation évoluée et souvent saturée, les entreprises sont condamnées à ouvrir le marché par des innovations réelles. Elles ne peuvent plus se contenter de suivre une demande, qui n’existe plus. Le marché actuel exige un marketing proactif, des initiatives convaincantes, des concepts véritablement attractifs et qualitativement supérieurs, pour des clients exigeants, matures, infidèles, rodés à l’exercice de la consommation et de la concurrence.
La nouvelle complexité de la vie demande des produits avec des avantages et des fonctions multiples. Moins de contraintes, plus de confort, plus de liberté, plus de légèreté. Des nouvelles idées pour gagner du temps. Des nouveaux produits avec des nouvelles techniques pour une génération jeune et pressée de nomades urbains. Comme les téléphones WAP pour surfer sur le net, faire son shopping, réserver des places et envoyer des mails…avec un même appareil de n’importe où, à n’importe quel moment.
Dans la technologie portable, les recherches explosent. Intelligents, bio actifs, voire interactifs, les nouveaux textiles nous enveloppent comme des secondes peaux pour notre plus grand bien-être. Des textiles d'hygiène, climatiques, voire à «effets spéciaux. Des cosméotextiles, grâce à des microcapsules fixées chimiquement sur les fibres, libèrent des parfums, des baumes... La maille antistress pour nous protéger des ondes électromagnétiques des téléphones portables, ordinateurs et autres portillons électroniques. Des vêtements qui allient mode et fonctionnalité, performance et esthétique. Des vêtements comme des cocons modulables et transformables, qui offrent en même temps confort, bien-être et protection contre les éléments les plus extrêmes. Pour l’instant encore au stade de la gadgétisation, la miniaturisation des nouvelles technologies à intégrer dans des vêtements : le manteau numérique, le portable intégré.

 Nos racines
 
Dans une époque d’accélération de découvertes scientifiques et d’une technologie avancée, sans cesse en développement, il peut paraître paradoxal d’avoir de plus en plus besoin de regarder en arrière, de fouiller dans nos racines culturelles, de comprendre notre héritage et notre passé, et d’y puiser une force élémentaire qui nous permettra d’avancer vers demain et de donner un sens à tous ces progrès et changements. Nous cherchons dans notre mémoire la sécurité des choses vécues et apprises, d’une époque où la vie n’était peut-être pas mieux, mais plus définie et moins instable et où le futur était davantage prévisible.
Durant des dizaines de milliers d’années, l’homme vivait au rythme de la nature et de ses manifestations. Aujourd’hui, nous avons besoin de retrouver ces origines. D’être plus proche de la nature, de se réconcilier avec notre corps. D’où l’engouement pour les cures d’eau. L’eau, purificatrice et soignante, favorise le retour sur soi-même et fait redécouvrir les rythmes naturels. L'eau permet de retrouver des sensations perdues car elle enveloppe, caresse, masse et aide à mieux éprouver les limites de son corps.

Le paysage naturel continue à être une source d’inspiration pour les créatifs. D’une façon plus importante, le réalisme environnemental dans la photographie sera utilisé pour ancrer des produits dans le cadre de désirabilité et intégrité des consommateurs.

 L'authenticité
 
La mondialisation nous fait prendre conscience de notre attachement aux habitudes et traditions locales. Notre identité de citoyen du monde est profondément enracinée dans notre propre culture et histoire.
Nous cherchons ces valeurs d’authenticité dans l’artisanat ou des séries industrielles plus petites, souvent avec des éléments faits à la main.
Nous avons besoin de ‘vrai’ : des ‘vrais’ produits faits par de ‘vraies’ personnes, des ‘vraies’ expériences. En réaction sur le superficiel et l’attitude consommatrices, nous renions les produits superflus et cherchons la sécurité de produits honnêtes et familiers, où le confort, le fonctionnel et le style s’harmonisent parfaitement. Des produits éternels, qui ont déjà fait leur preuve dans le passé : des basiques, des ‘versions originales’.

On retrouve ces mêmes sentiments dans le ‘vintage’, qui garde le vent en poupe. C’est l’envie de porter de vieux vêtements, ceux dont les stigmates du temps témoignent d’un certain attachement, des événements vécus ensemble, des émotions d’un temps passé. Des vêtements avec une histoire et une personnalité unique avec des détails de qualités, que seulement le temps et le fait de les porter peuvent donner. Où encore des vêtements faits main, beaucoup plus authentiques et uniques qu’un article produit en masse.

 La soif de l'extrême
 
Surprotéges, l'homme moderne a besoin de retrouver des sensations fortes. En réaction sur une ambiance d’inaction, nous avons une soif de vie phénoménale. Un besoin de dépasser les limites et les rêves. Une envie d’émotions à tout prix pour se sentir vivre. Nous sommes poussés vers des extrêmes dans une quête d'action et de stimulus. Nous voulons toujours plus. Plus vite, plus loin, plus fort…
Mais si les sports dangereux et les personnes qui flirtent avec le danger nous fascinent, nous voulons pour nous-mêmes l’excitation sans prendre de vrais risques. L’aventure sécurisante. Les sports de l’extrême, mais avec sécurité. La nourriture exotique, mais d’une hygiène irréprochable.

Plus général, on peut dire que le confort matériel a perdu beaucoup de sa valeur inhérente. Au 21ème siècle les biens durables nous ennuient. Avec des revenus confortables, mais peu de temps libre, nous voulons passer notre temps à acquérir des nouvelles expériences. L’industrie textile doit trouver des manières originales pour intégrer cette Economie de l’Expérience.

Désamorcée par la chute des interdits et la désacralisation du sexe, la pornographie, qui ne trouve plus de limites, s'emballe également dans une course folle aux sensations fortes. Mais derrière la façade banalisée et bon enfant de l’envol considérable de l’industrie du X, se cache une réalité plus sordide de violence extrême.

 Ralentir
 
Trop d’informations, trop de technologie, trop de consommation. Ce trop de choses qui accélèrent et compliquent notre vie et suscitent le désir d’aller à l’essentiel. Entre le stress de la réussite professionnelle et la pression de la vie sociale, nous avons l’impression de ne jamais nous arrêter. Le temps est devenu un bien précieux, une marchandise rare. Alors nous voulons réduire la quantité de temps sacrifiée au travail pour nous consacrer à d’autres occupations. Nous voulons améliorer notre qualité de vie, écouter notre voix intérieure et prendre le temps de vivre et de réfléchir pour retrouver l’harmonie et la paix intérieure. Faire une pause sans remettre en cause la société, car on y est très bien intégré. Ne plus subir la dictature du marketing où être esclave de la consommation.

Le concept du temps libre devient important. Comment utiliser notre temps, notre énergie sera notre choix dans le futur.
Les produits et services qui nous font gagner du temps ont le vent en poupe. Services rapides, produits pré-parés, information pré-sélectionnée. Ainsi que les regroupements de magasins et centres de services sous un même toit.

Avoir du succès est fatigant. Les personnes actives se demandent si la satisfaction de la réussite d’une carrière est vraiment si importante. Elles optent pour une vie plus qualitative et un rythme plus naturel. Changer du jour au lendemain radicalement sa vie professionnelle ou personnelle pour quelque chose qu’on ait toujours voulu faire, ne sera plus un constat d’échec, mais bien une preuve de maturité. On décroche, on recommence, mais sous ses propres conditions.

 La simplicité
 
Aujourd’hui, la simplicité fait sensation. Après des années d’accumulation et de consumérisme excessif, nous commençons à réaliser que la simplicité sera un meilleur antidote contre le stress et l’incertitude, que quantité de possessions. Le vrai luxe aujourd’hui sont l’espace, le temps et la sérénité. Nous ne pouvons pas faire grand chose à l’état général de notre planète, mais nous pouvons rendre notre vie moins chaotique, plus organisée. D’apprendre à vivre avec moins, de se débarrasser de l’inutile. D’acheter moins, mais acheter mieux et préférer la qualité sur la quantité. Nous avons envie de produits moins transformés, qui apportent réellement un plus et procurent des émotions et sensations de bien-être tout en étant d’un esthétisme discret, mais certain. C’est un minimalisme élitiste, facile à vivre pour les gens aisés, beaucoup moins pour les moins favorisés.

 L'intelligence
  Devenues accessibles à presque tous, les valeurs expressionnistes (luxe, richesse) perdent leur intérêt et leur importance. Aujourd’hui, on n’est plus apprécié par ce que l’on achète, mais par ce que l’on est. Ce sont le goût et la distinction qui comptent et donc des valeurs impressionnistes comme la créativité, l’intelligence, le bagage culturel et l’expérience.

 L'identité personnelle
 
Angoissés par notre société mouvementé, les phénomènes de masse, la précarité professionnelle, l'incertitude affective et l’uniformisation, nous cherchons à affirmer notre identité par tous les moyens. Dans un monde chaotique, nous sommes nous-mêmes notre dernier point de repères. Le monde social tourne de plus en plus vers l’individu et le culte de soi. L’individu devient le but et la norme de toute chose. L'essentiel est d'être soi, pleinement, sans tricher, même si cela paraît égoïste.

L’identité, c’est d’abord un phénomène éditorial. Ces dernières années le nombre de livres, d’articles, de dossiers de revues consacrés à l’identité a connu une véritable explosion : publications sur les conflits identitaires, l’identité masculine, l’identité au travail, les identités nationales ou religieuses, etc..

Poussé par cette irrésistible injonction à être soi, l'individu se rêve de plus en plus maître de sa vie. Le Développement Personnel (DP) offre les nouvelles clefs du bonheur. Avec comme maître mot l'affirmation de soi. La réussite de notre existence dépend moins d’éléments externes, mais surtout de notre propre responsabilité et nos actes. Pour mieux communiquer, être plus heureux et plus performant, pour devenir le meilleur, il suffit de développer son potentiel.
Dans la vie privée comme dans le travail, la recherche du développement personnel est devenue un leitmotiv. ‘Occupe-toi de toi-même, travaille sur toi, et surtout estime-toi si tu veux réussir ta vie personnelle et professionnelle, si tu veux t'épanouir et libérer tes compétences affectives et sociales, si tu veux être à la hauteur de ton destin.’ Il s'agit de prendre la mesure de ses responsabilités et de conduire son existence comme une entreprise précieuse.
Mais devenir le patron de sa petite entreprise Moi, c'est s'exposer à des vertiges angoissants. Les exigences du Développement Personnel sont parfois lourdes à porter. Ils mettent le psychisme de chacun à rude épreuve et peuvent provoquer des tensions émotionnelles importantes.

Dans ce culte de l'ego, il n'est plus question de n'exister qu'à travers l'autre. Chacun a le droit d'inventer sa vie privée. On se définit de moins en moins par sa situation matrimoniale, mais davantage par ce qu’on est, un individu à part entière, le conjoint devenant une option facultative. La vie en solo devient une nouvelle façon de vivre, une sorte d'adolescence prolongée. Etre célibataire c'est assouvir sa soif d'indépendance et de vouloir se développer soi-même avant de se construire à deux.

 Customisation
 
Tous ce qui viendra conforter notre ego et nous donnera l’impression d’être unique, sera plébiscité. Ce besoin fait prospérer les services personnalisés avec lesquels tout peut être réalisé sur mesure selon le propre goût et les exigences de chacun. C’est le marketing de niches dans sa forme le plus extrême avec une offre de produits et de services plus personnels au niveau du concept, création ou service, et qui répond à des besoins de groupes de cibles spécifiques, plus petits.
Pour l’habillement se sont des pièces crées individuellement, et harmonisées ensemble par le consommateur pour exprimer son caractère individuel et son humeur du moment. Au lieu d’acheter un totallook d’un designer ou marque, il cherchera des pièces à gauche et à droite, mélangeant les styles et les ambiances à sa façon à lui.

Le nouveau consommateur deviendra promateur (producteur + consommateur). Il participera à la réalisation des produits ou services. La création sera concrétisée en interaction. Pour les personnaliser, il finira les produits lui-même ou les composera à sa façon pas l’assemblage de différents éléments.

 Cultiver la différence
 
Aujourd’hui le succès vient de la différence. Les sociétés doivent prendre des risques, fuir tout ce qui médiocre, fade et trop sûr. La spécialisation sera la réaction à la diversification massive des dernières années, où tout le monde a essayé tout. Prendre des risques deviendra un ingrédient important aux développements de futurs produits. Car sans risques, rien ne se passe.

 La recherche mystique
 
L'époque est angoissante et les gens n'ont jamais eu autant besoin d'être rassurés. Dans une société de plus en plus individualiste et solitaire, la responsabilité et le devoir d'être soi nous pèsent parfois. Nous sommes dans une crise spirituelle. Nous avons besoin de nouveaux points de repères, car des valeurs établies, comme l’église, la politique, la famille et le voisinage, sont en grande partie tombées. Mais si les institutions religieuses traditionnelles ont subi un net déclin, le religieux, lui, a rebondi sous des formes nouvelles. À l’aube du IIIe millénaire, l’expérience collective du sacré et l’imagination religieuse empruntent des chemins inédits. L’incertitude donne la tentation de croire qu'on est déterminé et de chercher les réponses dans les nouvelles religions, le Tarot, l’astrologie, le numérologie, etc…. A eux de dire qui l'on est, et ce que l'on doit faire.

Le marché de l'astrologie est en plein boom, mais c'est moins la connaissance du futur qui importe, qu'une assurance sur le présent. L'astrologie est devenue un outil de recrutement, au même titre que le test psychologique ou la graphologie. L'astrologie financière fait rage pour les investissements en Bourse. Le succès de l'astrologie témoigne aussi d'un refus obstiné de l'homme de rompre les amarres qui le rattachent à l'Univers.

 

 
 
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