Soutien aux revendications des prisonniers politiques bretons : deux militants cessent leur grève de la faim
Gaël ROBLIN, porte parole d’Emgann (gauche indépendantiste), détenu à la Santé (Paris) depuis début mai, vient mettre fin à la grève de la faim entamée le dimanche 1er octobre.
Reun LE DIGUERHER, membre du bureau national d’Emgann chargé des affaires sociales, vient de mettre hier (samedi 28 octobre), fin à la grève entamée le mardi 3 octobre dans une caravane installée devant l’hôte de ville de LANESTER (Mor-Bihan).
Ainsi, plus de 300 personnes ont pu y signer le texte exigeant le retour des prisonniers politiques bretons en Bretagne. Nous les en remercions.
La Coordination Anti-Répressive de Bretagne félicite ces deux camarades pour leur action courageuse qui a permis de poser publiquement la question du statut politique pour les militants bretons détenus.
Au cours du mois d’octobre qui se termine, plusieurs actions de soutien ont été menées avec succès.
Diverses personnalités sont intervenues pour faire part de leur préoccupations.
Ainsi six députés (Yvon ABIVEN, François CUILLANDRE, Jean-Noël KERDRAON, Alain GOURIOU, Jacqueline LAZARD, Gilbert LE BRIS ), du parti Socialiste Français élu en Bretagne (Finistère et Côtes d’Armor) sont intervenus auprès de la Ministre de la justice. Une démarche identique a été effectuée par Monsieur Louis LE PENSEC, sénateur P.S.F. du Finistère.
Monsieur Jean-Louis LATOUR, président du Conseil Culturel de Bretagne, s’est déclaré, dans un courrier adressé à la Garde des Sceaux, particulièrement inquiet de la dégradation de l’état de Santé de Monsieur Alain SOLE, en détention « provisoire » depuis maintenant treize mois : « Diabétique, Monsieur Solé ne bénéficie, en effet, pas du suivi alimentaire que nécessite sa maladie : sa vue a déjà sensiblement baissé et tout laisse craindre que ce manque de soins ait des conséquences irréversible sur sa santé. Une privation de liberté (…) pour une personne qui n'a toujours pas été jugée est une peine suffisamment lourde sans que vienne s'y ajouter la privation de son droit à la santé. »
A LANESTER, Joël GALLAIS, secrétaire de la section P.C.F. (250 adhérents) de cette ville, Emile GODIVIER, conseiller municipal P.C.F., et un haut responsable municipal se sont prononcés pour le retour des dix prisonniers politiques bretons en Bretagne.
Dans le Finistère, c’est la fédération départementale du parti régionaliste Union Démocratique Bretonne qui constate « que les méthodes judiciaro-policières employées ne font guère honneur à la démocratie : garde à vue abusives, interpellations à grand spectacle, conditions de détention inhumaines, contrôles d’identité arbitraires ».
La Coordination Anti-Répressive de Bretagne :
- rappelle les revendications des dix militants bretons détenus : reconnaissance du statut de prisonniers politique, retour et regroupement des prisonniers en Bretagne, libération immédiate des trois prisonniers malades (Alain SOLE, Pascal LAIZE, Gérard BERNARD) ;
- annonce de nouvelles actions en soutien à ces revendications : un militant rennais de la Coordination va commencer sous peu une grève de la faim, de même qu’un militant d’Emgann détenu dans l’Essonne.
- renouvelle sa demande urgente d’une entrevue avec la nouvelle ministre Française de la Justice.
Pour la Coordination Anti-Répressive de Bretagne,
le porte parole, Claude Le Duigou
le 29 octobre 2000.