Réactions de Anne B. suite aux pressions reçues par son employeur
Je vous avertis mes amis que, d'après mon employeur direct, les policiers des Renseignements Généraux sont arrivés à la conclusion que je constituais une menace terroriste pour qui m'approchait! A la suite de cette "révélation", j'ai été suspendue de toutes mes activités sans qu'il me soit possible d'être entendue. Ces méthodes discriminatoires qui m'atteignent dans mon honnêteté et qui me privent d'une grande partie de mes revenus, font partie de l'acharnement d'une classe d'hommes frileux, à l' échine souple, imbus de leurs fonctions et prompts à désigner comme coupables tous ceux qui les gênent.
Eh bien, Messieurs, ne cherchez plus ! Oui, je suis une militante bretonne.
Oui, je milite pour que le peuple breton puisse enfin s'exprimer librement.
Oui, je m'élèverai toujours contre ceux qui foulent aux pieds les libertés individuelles, au nom d'une justice qui, lorsqu'elle ne peut ou ne veut pas reconnaître les innocents, fabrique des coupables.
Si l'on ne peut plus s'associer, se réunir, écrire, afficher, chanter, danser affirmer sa différence, où est la fierté d'être Breton, Basque, Occitan, Catalan, Kanak, ou Corse... ?
J'en reviens à la sanction qui me touche.
Je suis abasourdie d'avoir été écartée sans autre forme de procès, presque à mots couverts, du Festival Interceltique, dont les organisateurs vouent pourtant, en public, une dévotion à la culture bretonne au point de faire de notre identité régionale un modèle d'émancipation, sans oublier quand même, l'intérêt commercial d'une telle démarche !
Tant qu'une telle conduite se perpétuera et qu'il n'y aura pas de communication franche avec ceux qui prétendent comprendre et promouvoir la culture bretonne, il y aura toujours comme moi des victimes de l'intolérance et de la mesquinerie petite-bourgeoises.
Honte à ces policiers, à ces décideurs politiciens et prétendus culturels, inconséquents et immatures.
Décidément, cette "République des Notables" qui nous jette en prison est trop étriquée.
Anne B.