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Sources généalogiques


MAJ Page le 05/06/04


Entre Saint-André et Saint-Denis

Agée de 15 ans et couturière comme sa mère, Marie Adèle PROCRIS épouse à Saint-André le 24 novembre 1877 le dénommé SAMORI (n°4), sans aucun prénom. Ce SAMORI est né en Afrique vers 1839 de parents inconnus. Il arrive à La Réunion comme engagé sans doute vers 1856-1857, peu avant la fin de l'immigration d'africains en 1859 dénoncée comme traite d'esclaves (l'immigration d'indiens continuera par contre jusqu'en 1882). Il est inscrit à la matricule générale sous le n°77.415 (les matricules étant disparues, il est impossible de connaître la date d'arrivée précise, le pays d'origine et le bateau). Il a longtemps été considéré par ses descendants comme l'un des nombreux fils de SAMORI, conquérant guinéen qui s'est bâti un empire contre les colons français. Cependant étant son cadet de seulement 9 ans, il ne pouvait être son fils, mais au mieux son cousin, plus simplement un membre de sa tribu, voire même du clan ennemi. Il pouvait d'ailleurs donner n'importe quel nom aux autorités coloniales, sans vérification possible dans une confusion linguistique, d'autant plus que le fameux SAMORI était encore inconnu des français. Cette tradition orale permettrait toutefois de situer l'origine des SAMORI sur la côte occidentale d'Afrique, alors que la majorité des engagés (et antérieurement des esclaves) importés à La Réunion provenait de Madagascar, des Comores et de la côte orientale d'Afrique (Mozambique, Zanzibar...). Or, d'après les statistiques générales de l'immigration entre 1848 et 1882 (CAOM FMM/SG/REU//454), plus de 1300 ouest-africains arrivèrent de Quilliane en 1856. Cette arrivée était exceptionnelle, un tiers de l'immigration afro-réunionnaise de cette année là, alors que les autres années entre 1854 et 1859, les ouest-africains étaient assez rares.

En 1877, SAMORI est qualifié de domestique, mais plus tard il se dira toujours cultivateur. Il est âgé de 38 ans, soit 23 ans de différence avec son épouse. Outre le mariage civil, il se marie aussi religieusement, et pour cette raison, est baptisé le même jour 24 novembre, adoptant le prénom de Pierre, qu'il remplacera par la suite par Maurice. Il a trois enfants : l'aîné Julien (baptisé Pierre) le 12 décembre 1878, le cadet Jules (baptisé Augustin) le 6 juillet 1881, et le dernier Joseph Hyppolite le 8 juillet 1889, décédé une semaine plus tard. Il vit avec ses beaux-parents PROCRIS dans une maison au lieu dit La Ravine Creuse à Saint-André, chez la veuve FORGET en 1881, chez Léon RESSEGUY en 1889. 

Mariages de Saint-André, 1877 (Ex-Section Outre-Mer des Archives nationales / AD La Réunion)
Acte n°35 : Samori & Marie Adèle Proscris 
L'an mil huit cent soixante dix sept, le vingt quatre novembre à dix heures du matin, par devant nous Joseph Brunet, conseiller municipal de la commune de Saint André île de la Réunion, remplissant en l'absence du maire les fonctions d'officier de l'état civil de ladite commune, ont publiquement comparu en l'hôtel de la mairie le sieur Samori, domestique domicilié de cette commune, né en Afrique de parents inconnus, âgé de trente huit ans, inscrit à la matricule générale sous le n°77415, autorisé par monsieur le gouverneur de cette colonie conformément à une disposition du senate consulte du vingt juillet mil huit cent soixante sept et suivant arrêté du cinq de ce mois, d'une part, et la demoiselle Marie Adèle Proscris, couturière domiciliée de cette commune, née à Salazie le vingt sept mai mil huit cent soixante deux, fille mineure du sieur Bénédicte Proscris et de la dame Eugénie Taulie, tous deux cultivateurs domiciliés de cette commune, ici présents et consentant d'autre part. Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites en notre hôtel les dimanches neuf et seize septembre dernier, aucune opposition ne nous ayant été signifiée, et faisant droit à leur réquisition, avons donné lecture d'un certificat du commissaire d'immigration et tenant lui d'acte de naissance du futur, de l'acte de naissance de la future, de l'arrêté et des publications le 12 9bre relatés, lesquels demeurent annexés au présent après avoir été paraphés par nous et après avoir aussi donné lecture du chapitre VI du titre V du livre 1er du Code Civil et relatifs aux droits et aux devoirs respectifs des époux, et les dits futurs époux interpellés conformément aux dispositions de la loi du dix juillet mil huit cent cinquante, nous ayant déclaré qu'il n'a pas été fait de contrat de mariage entre eux, nous leur avons demandé s'ils voulaient se prendre pour mari et pour femme, et chacun d'eux ayant répondu séparément et affirmativement, prononçons et déclarons au nom de la loi que le sieur Samori et la demoiselle Marie Adèle Proscris sont unis par le mariage. De quoi, avons dressé acte en présence des sieurs Thumy Martino âgé de trente sept ans, Alexandre Murin âgé de trente cinq ans, Bocca âgé de trente cinq ans, et Lansulsié âgé de vingt cinq ans, tous quatre habitants domiciliés de cette commune, et les sieurs Martino et Murin ont signé le présent acte avec nous, en présence des époux, des père et mère de l'épouse, et des deux autres témoins qui n'on su le faire de ce interpellé, lecture faite.

Naissances de Saint-André, 1878 (CAOM REU/SAINTANDRE/44)
Acte n°171 : Julien Samori
L’an mil huit cent soixante dix huit, le seize décembre à neuf heures du matin, par devant nous Denis Suivant premier adjoint au maire de la commune de Saint André de la Réunion, et remplissant en l’absence du maire les fonctions d’officier de l’état civil de la dite commune, a comparu le sieur Samori, âgé de trente neuf ans, cultivateur domicilié de cette commune, inscrit à la matricule générale sous le n°77415, lequel nous présenté un enfant du sexe masculin né le douze de ce mois à huit heures du matin âgée de seize ans, son épouse, couturière, et auquel enfant il dit lui donner le prénom de Julien. Les dites déclaration et présentation faites en présence du sieur Armen âgé de quarante ans et Virin âgé de soixante ans, tous deux cultivateurs domiciliés de cette commune. Et avons signé le présent acte en présence du déclarant et des témoins qui n’ont su le faire de ce interpellé, lecture faite. 
Mention marginale : marié le douze novembre mil neuf cent dix sept à Diégo Suarez avec Salomon Marthe Augustine.

En 1887, Fanny PROCRIS, qui est couturière, donne naissance (acte introuvé) à une fille naturelle prénommée comme ses grands-parents, Eugénie Bénédicte, mais qui meurt à l'âge de dix ans dans sa maison près de la gare le 11 novembre 1897. 

De son mariage (introuvé) avec la couturière Ernestine BONIVAL, de seulement deux ans sa cadette, Joseph (Benedict) PROCRIS a aux moins deux enfants : Marie Joséphine le 3 août 1888, et Jean Pierre le 26 septembre 1891. Il exerce la profession de cultivateur et vit dans une maison au bourg de Saint-André chez la dame LE VAILLANT D'HAUTOUR. 

Le 4 septembre 1891, âgé de 81 ans, Bénédict PROCRIS s'éteint en sa maison à la Ravine Creuse. Au cours du 20e siècle, il a une descendance patronymique, toujours à Saint-André, puis à Bras-Panon.

Décès de Saint André, 1891 (CAOM REU/SAINTANDRE/57)
Acte n°203 : Procris Benedict 
L'an mil huit cent quatre vingt onze, le cinq septembre à neuf heures du matin, par devant nous Pierre Louis Aristide Loupy, maire et officier de l'Etat Civil de la commune de Saint André de la Réunion. Ont comparu les sieurs Boca âgé de quarante huit ans, et Tacoula âgé de cinquante ans, tous deux cultivateurs domiciliés de cette commune. Lesquels nous ont déclaré que le jourd'hui à sept heures du soir, le sieur Procris Bénédicte, né en Afrique de parents inconnus, âgé de soixante cinq ans, marié à la dame Eugénie Vouly, tous deux cultivateurs, domicilié de cette commune, est décédé en sa maison au lieu-dit la Ravine Creuse ainsi que nous nous en sommes assurés. Et on a signé le présent acte en présence des déclarants qui n'ont su le faire de ce interpellé, lecture faite.

 

Famille PROCRIS, PROSCRIS Date Lieu Nombre
Naissances INSEE 1891-1915   0
1916-1940 Saint-André 7
1941-1965 Saint-André et Bras-Panon 5
1966-1990   0
Annuaire Télécom 2001   0

Suite semble t'il au décès de Bénédict PROCRIS, la famille SAMORI s'installe à Saint-Denis, route nationale dans les années 1890. Le 15 avril 1899, âgé de 20 ans, Julien s'engage volontairement pour trois années dans l'armée. Il est affecté deux ans à Madagascar. Il est de retour à Saint-Denis en avril 1902, mais il repart pour Tamatave en tant que civil en octobre suivant. Son frère Jules se marie le 20 octobre 1906 à Saint-André à Lucia SERTIER. Il continue de vivre à Saint-Denis, où naît sa fille Adelise Mauritia l'année suivante (seule naissance SAMORI entre 1891 et 1915 à La Réunion), et où ses parents sont toujours vivants en 1917. De nos jours, plus aucun SAMORI ne vit à La Réunion.

Registres de matricules de La Réunion, 1899 (CAOM 12 RM 29)

  Matricule n°107 : SAMORI Julien
Né le 12 décembre 1878 à Saint-André (La Réunion).
Résidant à Saint-Denis, route nationale.
Fils de SAMORI et de Marie Adèle PROCRIS.
Engagé volontaire pour 3 ans le 15 avril 1899. 

Campagnes :
A La Réunion du 15 avril 1899 au 16 juillet 1900.
A Madagascar du 17 juillet 1900 au 7 avril 1902.
A La Réunion du 8 au 14 avril 1902.
Renvoyé dans ses foyers le 15 avril 1902.
Se retire à Saint-Denis, route nationale n°312.
28 octobre 1902 à Tamatave (Madagascar).
Rengagé le 14 mai 1914, caporal au 3e malgache.