La réunification, et après ?

 

Des événements importants dans le syndicalisme étudiant se jouent en ce moment, qui pourraient avoir une incidence sur le développement des luttes dans les années à venir. Débarrassés d'une direction syndicale faillie, un certain nombre de sections locales de l'UNEF, avec d’autres, ont la possibilité de redresser le syndicat, pour en faire un outil réellement au service des étudiants.

Mais pour cela, il sera nécessaire d’éclaircir une ligne syndicale encore hésitante. Un congrès du renouveau est prévu qui sera l'occasion d'approfondir la question et de mettre au jour l'existence d'un courant syndical d’ampleur nationale.

 

 

1 – Une capitulation qui vient de loin.

On ne peut comprendre la situation actuelle sans replacer la crise de l'UNEF dans son cadre historique, C'est-à-dire après la chute du Mur et la remontée des luttes.

L’UNEF en crise prolongée

 

Depuis 1988, l'UNEF avait repris une orientation plus offensive que l'UNEF-ID, sur une base plus contestataire. Mais l'automne 1989 allait être le début de l'effondrement des pays de l'Est. Au sein de l'UNEF, un combat s'engage alors entre la droite du parti emmenée par Fiterman (aujourd'hui au PS) et le courant pro-Marchais. Le congrès de Toulouse de 1990 voit la défaite des Fitermaniens. Ces derniers se replient dans la lutte oppositionnelle, niais sans ligne syndicale claire, défendant seulement un discours sur "I'éthique "!

Dès cette période, un courant diffus de militants existe, se cherche et essaie de s'organier.

De leur côté, les marchaisiens dont la ligne syndicale était similaire à celle de la droite du Parti, se retrouvent maître des lieux. Les Collectifs Nationaux sont irrespirables, des services d'ordres sont à l'entrée des CN, quand, quelques fois, ils n'arborent pas la batte de base ball. C'est que le vent d'Est bouleverse tous les appareils. Fiterman pense le moment d'agir. Marchais veut se maintenir et a besoin d'un maximum de forces militantes de son côté. En 1991, le congrès de l'UNEF, tenu à Lyon, montre l'état des forces : 25% des délégués s'opposent à la direction. Mais sans ligne syndicale, ils sont manœuvrés par la LCR et les droitiers du PCF qui veulent négocier des places au BN. Le congrès se termine sans orientation véritable. Le discours syndical se limite au spontanéisme, aux luttes isolées. Pas d'analyse, pas de mots d'ordre. En janvier-février 1992, un mouvement étudiant s'organise autour de la revendication du " retrait de la réforme Jospin ". La direction de l'UNEF, les fitermaniens n'ont pas été à l'avant-garde dans le combat. Ils le suivent. 150 000 étudiants défilent en France.

En juin 1992, l'UNEF-Caen lance un appel pour l'abrogation des plans Jospin-Lang. Cinq AGE sont signataires. En novembre 1993, Caen diffuse une contribution pour le 76ème congrès. On assiste alors à la quasi-disparition des fitermaniens en recherche d'une réforme idéale pour l'université. Il y a alors 33% d'opposants. Le poids des opposants devient inquiétant pour le BN. En janvier 1994, l'UNEF-Nanterre est dissoute par le CN. Mais au cours de ce même CN, une motion demandant la suppression des lois anti-laïques et la nationalisation des écoles privées est adoptée. Cette situation étonnante montre bien comment l'UNEF est pétrie de contradictions. Lors de la gigantesque manif laïque du 16 janvier 1994, le BN n'y défend pas la motion, mais réclame simplement la défense du service public. Quelques jours avant les Européennes, une motion est proposée en CN pour exiger la rupture nette avec le traité de Maastricht : 12 % du CN ira dans ce sens.

Les opposants défendent de plus en plus des mots d'ordre clairs. Ceux qui n'ont pas de discours mobilisateurs, à partir d'une compréhension des tâches du moment, disparaissent peu à peu.

Au congrès de Toulouse de 1997 les jeux se font quasiment à 50/50. Seule l'absence de programme syndical et la division entre opposants à partir de préjugés idéologiques "<staliniens" contre "trotskistes") empêchent les jonctions.

La direction de l'UNEF voit, elle, des aspects positifs partout. La réforme Bayrou et sa semestrialisation sont défendues ; les schémas régionaux de l'enseignement supérieur, les stages en entreprises, les modules vides reposant sur le savoir-faire ou le savoir-être, tout trouve grâce aux yeux du BN. Comment mobiliser si la politique est bonne ?

   

D'un côté, la direction ne sait plus quoi dire pour appeler les étudiants au combat, de l'autre une opposition divisée, confuse et manquant d'ambitions explique la durée de la crise. Très peu au sein des opposants veulent conquérir le syndicat.

Il faudra attendre encore quelques années pour que leurs positions se modifient. C'est dans la lutte contre les projets Allègre que des rencontres naîtront, que des militants décideront de rester en contact. Le réseau de syndicats de lutte pouvait s'ébaucher.

 

Le discours du PCF de plus en plus fade sur l’enseignement

 

Presque tous les membres de l'UEC et du PCF étaient travaillés par le programme de plus en plus fade du PCF sur la question de l'école. Cela a contribué à affadir le discours syndical.

Le combat étudiant depuis 30 ans est structuré autour de thèmes récurrents : lutte contre l'autonome des universités, contre la régionalisation des diplômes et des formations, contre la dilution des connaissances par le regroupement des filières... Tous ces thèmes puisent leur origine dans la loi Faure de 1968. Cette loi tend à aligner l'université française sur les universités américaines, autonomes et concurrentielles. La loi Savary approfondit la loi de 1968. A l'heure actuelle, il faut savoir que l'enseignement supérieur est le secteur le plus déréglementé de tous le, niveaux d'études.

Or cette loi ne fut pas combattue par les députés PCF qui y trouvèrent des avancées (déjà !) avec notamment l'autonomie des facs. Aussi des votèrent " abstention. Cette loi, bien avant la gauche plurielle avec France Télécom, Air France ..., autorisait l'introduction de capitaux privés dans le service public de l'enseignement supérieur. Par ailleurs, abandonnant l'analyse marxiste, les dirigeants du PCF voyaient dans l'instauration des conseils de gestion une avancée démocratique. En fait, il s'agissait de rendre les syndicats complices de la politique du gouvernement en les intégrant dans l'État. La gauche syndicale doit clairement dénoncer les trois piliers des lois en vigueur que sont la pluridisciplinarité, l'autonomie et la participation (cogestion. Sans ces trois ruptures, les militants seront immanquablement liés aux lois actuelles.

Les stages en entreprise font l'objet d'un débat dans les mieux syndicaux. Ils furent longtemps assimilés à l'exploitation de la jeunesse car peu ou pas rémunérés, prenant la place de travailleurs. Mais Fiterman, numéro 2 du PCF écrivit dans l'Huma du 16 janvier 1980 que " dans leur principe, ces stages répondent à un besoin ". Giscard vendit la mèche en précisant que ces séquences en entreprise permettait de définir une part locale aux diplômes et don de dénationaliser leur contenu. En 1981-84, les ministres communistes soutinrent les plans de formation alternée. Il n'est pas étonnant que longtemps après, Karine Delpas ait eu une pensée Positive pour les Licences Professionnelles. Le PCF défend la professionnalisation, le rapprochement universités/ entreprises. Nous devons nous opposer à ces orientations, refuser la professionnalisation et les stages, l'influence du patronat sur les formations.

La question laïque structure la pensée de la gauche française. Mais nous sommes aujourd'hui très très loin des idées défendues par le mouvement laïque qui existait encore dans les années 60-70. En 1984, Herrnier intervient dans l'Huma du 21 mars et pourfend les mouvements laïques : " une laïcité vivante ne peut plus se définir par les combats d'avant-hier contre le cléricalisme". La direction du PCF optait pour le soutien implicite aux lois anti-laïques - (Fanoux 1950 ; Debré, 1959 ... ) en défendant le fait que les écoles privées prennent des traits de plus en plus publics ! C'est l'inverse qui est vrai, ce sont les écoles publiques qui singent les écoles privées. Ceci explique que la direction de l'UNEF ait combattu la demande d'abroger les lois antalgiques début janvier 1994, qui n'apparaissait pas justifiée-

La direction du PCF pencha de plus en plus vers l'abandon de principes concernant l'école. Nous devons renouer avec le passé laïque, défendre le principe " à l'école publique, fonds publics, à l'école privée fonds privés ". Nous devons également dire comme les anciens laïques que l'enseignement n'a Pas à être sous l'influences des patrons, et des curés : " ni . notable, ni maire, ni curé . " dans les instances du système éducatif ! Patrons hors des facs, hors des jurys d'examens !

Vers le renouveau de l’UNEF

Il revient aux forces non capitulardes de mener une tentative difficile de maintien de l'UNEF. Une division s'était déclarée sur l'opportunité ou non de rester dans l'UNEF. Certains ont choisi de construire immédiatement une Fédération Syndicale étudiante (FSE) qui regroupe l'ex-UNEF-Caen et UNEFDijon et le syndicat local SEUL de Montpellier. D'autres camarades ont choisi de créer des sections locales appelées Solidarités Étudiantes (SE) mais sans avoir au préalable défini une ligne syndicale. D'autres, enfin, continuent la lutte au sein de l'UNEF.

Conserver le sigle de l’UNEF ?

Doit-on conserver le nom d'UNEF considéré comme sali à tout jamais ? On doit compter sur une dizaine de sections locales qui veulent rester UNEF et qui ne semblent pas prêtes à changer leur nom. Si nous critiquons les directions syndicales, nous n'appelons pas pour autant à déserter les syndicats de masse. Ce n'est pas parce que la CGT dit des bêtises qu'il faut la quitter, de même pour la FSU. Pour quelles raisons ? Parce que notre tache est de convaincre la masse des étudiants et donc d'être à leur côté. Le travail est peut-être de longue haleine mais a l'avantage d'éviter de constituer des groupuscules, mais de capter la majorité des adhérents.

La Gauche Communiste pense que les ruptures totales entre une base et sa direction syndicale se produisent dans des cas très rares. On ne peut décréter ces ruptures, elles sont le fruit d'une lente prise de conscience. Soit on quitte l'organisation en disant " qui m'aime me suive " ou l'on prend le temps d'épouser la montée du mécontentement pour capter l'essentiel des forces militantes. Dans ce cadre, a était complètement logique d'aller au pseudo-congrès de l'UNEF à Orsay les 11 et 12 novembre pour repousser la direction dans ses derniers retranchements.

 

Bien plus, l'UNEF, nous le rappelons, a une véritable histoire de lutte dont les étudiants peuvent être fiers et qui a marqué l'histoire de France elle-même. Il faut disputer la légitimité historique aux dirigeants de l'UNEF-ID, qui resteraient les seuls, si les AGE de l'UNEF s'en débarrassaient, dépositaires des hauts faits d'armes qui justifient l'adhésion au syndicat.

L’appel d'Antony

Ne faisons donc pas du sigle un point de clivage artificiel avec les militants regroupés dans les Solidarités Étudiantes (SE) ou la FSE. Ce qui compte sera, dans les années qui viennent, le programme syndical. L'appel d'Antony adopté par les représentants de neuf AGE de 1,UNEF constitue une bonne base de départ. Nous l'approuvons dans sa totalité. Nous notons également une pointe d'originalité par rapport au passé du syndicat. Le terme "renouveau" est puisé dans l'histoire de l'UNEF elle-même, à une période où les militants de l'UEC impulsaient ce " renouveau ". Or, l'appel d'Antony condamne " une politique délibérée depuis- trente ans " et fait référence implicite aux lois de démantèlement de l'université française sur l'autonomie des facs : loi Faure (1968), Savary (1 984), Jospin (1 989), et leur application concrète. Le renouveau de l'UNEF se faisait sur la volonté affirmée de militants UEC et PCF de mettre en œuvre la loi Faure !

L'appel d'Antony est d'une qualité qui permet d'envisager l'apparition d'un syndicat nouveau dans ses formes et son fond.

Par ailleurs, de nombreux textes du réseau de syndicats de lutte circulent et sont à la gauche des textes de congrès de l'UNEF, ceux du SEUL, de l'UNEF-Caen, Paris IV

Nous soutenons la volonté de regrouper tous les militants qui veulent lutter contre la politique Allègre-Lang au service des patrons. Nous accueillons la proposition de la tenue d'un "congrès du renouveau" comme un élément très positif

Quelle forme syndicale ?

 

La dispersion des sections en FSE, SE e UNEF pose un problème. Soit les SE . et la FSE reviennent à l'UNEF et la question organisationnelle est réglée, soit ils rejettent le sigle UNEF et alors on en a pour des années. Dans ce dernier cas, il faudra passer par des structures intermédiaires de regroupement.

La forme syndicale ne doit pas bloquer le les convergences, Nous voyons bien que la querelle pourrait aussi passer par la reconnaissance ou non du droit de tendance. La Gauche Communiste défend le droit de tendance dans les organisations de masse. Mais nous avertissons les camarades qui prendraient cette position comme un principe sacré au-delà duquel il n'existe pas de démocratie. Dans le cas présent, avec une base militante restreinte, un état quasi groupusculaire de l'UNEF, le droit de tendance pourrait s'avérer contre-productif Les équipes militantes locales risqueraient de se diviser en autant de groupes politiques ou de " fortes tètes " intervenant dans le syndicat. Qui ignore que dans telle ou telle AGE, nous trouvons plusieurs groupes politiques (contenant généralement chacun très peu de militants) ? Le droit de tendance favoriserait les divisions et les ruptures. Au contraire, il faut renforcer la cohésion des militants par l'interpénétration des différentes sensibilités, par le resserrement des équipes. Nous sommes partisans du droit de tendance lorsqu'il existe suffisamment de militants qui peuvent départager ces tendances lors de votes. Mais ce n'est pas le cas dans les syndicats étudiants. Par contre, il faut avoir l'intelligence d'inclure les différentes sensibilités à chaque niveau de l'organisation pour que personne ne se sente lésé.

Ne pas créer un courant syndical confusionniste !

 

Dans le milieu universitaire des éclaircissements doivent avoir lieu. Prenons J'exemple des étudiants regroupés autour de l'appel " tous ensemble, réussir l'unification pour refonder le mouvement étudiant ". Ils rassemblent des syndicalistes des deux UNEF et de Sud-

Etudiants. Ce courant s'est inscrit dans le processus de réunification avec l'appel de la LCR.

Un de leurs textes se prononce à la fois le renforcement de l'autonomie des facs et " ... la nécessité d'une certaine autonomie des établissements... " (texte sur la question du budget, consultable sur leur site Internet " Tous ensemble "). Leurs analyses erronées de l'Europe les conduit à défendre "un service public d’éducation européen " et un de leurs textes déclare, sans rire, que " la construction européenne pourrait être un formidable tremplin pour le développement". Mais l'Union Européenne attaque tous les secteurs, tous les acquis, va privatiser La Poste, la SNCF, crée des organes très anti-démocratiques au-dessus des peuples. Il faut donc une très grosse dose d'illusions pour y croire encore. Il est prévu, par exemple, d'en finir avec les diplômes nationaux remplacés par des diplômes académiques liés au patronat local.

En fait, cette " gauche syndicale " ne défend aucun programme syndical. Il ne faut pas tomber dans leurs errements.

A l'heure actuelle, nous avons la crainte que des militants syndicaux se limitent à de l'action pour l'action et sombrent dans l'anarchisme. Nous ne pensons pas qu'un discours " dur " soit de nature à redresser le syndicalisme. Ni dur ni mou, le syndicat doit savoir défendre les étudiants sans être inféodés aux idées dominantes. Pour s'orienter, il faut une boussole qui doit être la défense ferme de revendications, de tactiques et d'une stratégie dans les luttes. Il y a aussi le risque de se contenter d'une analyse sociologique sur l'évolution du milieu étudiant qui masquerait la politique gouvernementale en lieu et place d'un véritable programme. Un syndicat se construit dans les luttes et seulement dans les luttes.

Elaborer un programme d’action

 

Nous défendons la nécessité d'un programme d'action faisant le lien entre la situation vécue par les étudiants et la politique du gouvernement. Ce programme d'action recenserait l'ensemble des revendications précises du moment qui permettrait de changer la situation et offrirait des perspectives de luttes. Il défendrait une série de principes sur la laïicité (déjà évoqués), sur la loi Faure, Savary, Jospin ... Mais défendre des mots d'ordre corrects ne suffit pas. Il faut aussi proposer des campagnes concrètes. C'est pour cela que l'UNEF pourrait proposer une initiative nationale pour étudier avec des non syndiqués et des sections syndicales amies, des associations étudiantes, comment lutter contre les plans Allègre-Jospin.

Loin d'apporter la confusion dans les esprits, le programme d'action éclaircirait les enjeux, chercherait à unifier les luttes par des initiatives adaptées à chaque période.

Participez à la recomposition syndicale !

Faites vous des alliés !

Le mouvement ouvrier français est aujourd'hui en pleine recomposition, même si cela ne va pas aussi vite que nous le souhaiterions. La gauche de l'UNEF doit cherche, des alliances au sein de la gauche de la CGT. C'est dans l'accumulation des "gauches" syndicales que l'on trouvera la solution à la fin de l'isolement et de l'écrasement par les gros appareils. Bien sûr, il ne s'agit pas de procéder à des alliances artificielles mais de se rapprocher de ceux qui pensent comme vous.

Le paysage syndical est en voie de bouleversement. La chute du Mur permet le reclassement politique de militants longtemps liés à la bureaucratie de l'Est. Certains font le choix de se lier complètement au PS comme seule solution à leur destin politique. C'est le cas de Hue. Dans la CGT cela se traduit par le discours sur " la fin du tout contestataire ", qui signifie, dans les faits, le ralliement à la problématique socialiste : comment améliorer le quotidien sans remettre en cause le capitalisme ? Dans la FSU, la question est aussi posée, de manière beaucoup plus confuse et un courant que l'on pourrait nommer de " lutte syndicale " le SNESUP est relativement bien représentant s'oppose à celui " moderniste  " initié par Vuaillat et consorts au sein de la tendance Unité et Action.

Bien évidemment, pour que la jonction se fasse, il faudra qu'une réelle volonté apparaisse dans la gauche de la CGT ou de la FSU. Mais les syndicalistes UNEF peuvent provoquer les rencontres.

3 – Les partis et groupes politiques face à la réunification

 

Bien évidemment, les grands partis n'ont pas de positions "officielles" sur la réunification des UNEF ; mais leur presse a laissé passer des points de vue qui ont été autorisé par leur comité de rédaction.

L'Humanité a diffusé plusieurs articles depuis plus de six mois sur le rapprochement des UNEF. Le journal défend très clairement la réunification. A la dernière fête de l'Huma, nous avons appris que la garde rapprochée de Hue faisait le maximum pour faire fusionner les UNEF.

La Gauche Socialiste, tendance du PS qui dirige actuellement l'UNEF-ID et la FIDL se félicite dans leur mensuel " Démocratie et Socialisme " n°76, de la réunification et voit dans cette perspective un moyen de mieux défendre les étudiants. L'article ne mentionne pas la Licence Professionnelle, U3M, et la seule préoccupation est de gagner des sièges au CNESER, au CROUS et au CNOUS.

La LCR défend la réunification en dehors de toute analyse concrète de la conscience des militants de base. La réunification est abordée sur le mode fétichiste. Cette organisation est incapable de discerner les lignes de rupture qui existent dans les syndicats étudiants sur la base la plus à gauche. Les autres organisations d'extrême gauche, à notre connaissance, ne se soucient guère des événements importants qui agitent l'UNEF.

Le Monde et Libération ont également donné leur appui à la réunification dans leurs éditions des 6 et 7 juin 2000. Leurs articles prennent le point de vue des BN sans quasiment évoquer les oppositions internes à l'UNEF

Pourtant, ce sont -plus de vingt sections syndicales, tous syndicats et groupes locaux confondus, qui sont en capacité de forger un outil au service des étudiants. Une nouvelle organisation implantée dans vingt villes de France, dotée d'un programme d'action conséquent, fiée aux gauches syndicales de la CGT, de la FSU, pourrait s'imposer si tous le souhaitent.

François Ferrette