Aux origines de la
jeunesse Communiste
La jeunesse communiste est née en novembre 1920.
La première guerre mondiale, l'Union sacrée et la trahison des chefs socialistes, la victoire bolchevique de novembre 1917 sont les éléments historiques essentiels pour comprendre la naissance de la JC. Depuis plusieurs années, des militants de la CGT s'activaient à dénoncer la guerre et les directions ouvrières faillies. Actuellement, très peu de militants savent que la Vie Ouvrière, avant d'être un organe de la CGT, rassemblait les militants minoritaires de la gauche de la CGT. En 1922, quand Monmousseau prend la direction du journal pour la CGT-U, son titre lui confère une audience fiée à ses prises de positions antérieures. De même, l'Avant-Garde, avant d'être le journal de la j C, il est celui des minoritaires des jeunesses Socialistes qui se battent pour l'adhésion au communisme.
Ce mouvement d'adhésion ne se produit pas " gentiment " avec de simples votes de congrès. En fait, à y a eu toute une bataille organisée pour gagner la majorité des adhérents au communisme. Les militants pro-bolcheviques des JS se constituent en comités locaux et national, éditent des cartes d'adhésion, font paraître leur journal (L'Avant-Garde) pour faire connaître leurs positions. Ils ont en face d'eux la direction des JS et de la SFIO. Il existe aux marges des organisations socialistes des regroupements qui vont faire infléchir le cours politiques de ces organisations. Nous sommes loin d'une lecture " institutionnelle " où les luttes sont cadrées par les instances de la SFIO ou de la JS. L'histoire du mouvement ouvrier est donc bien plus complexe que ce qu'on imagine. Celui-ci est le lieu d'un bouillonnement où l'on n'enferme pas les regroupements qui existent librement, malgré et à cause des actes anti-démocratiques des principales organisations.
Au sein de ces regroupements, nous retrouvons en effet les militants révolutionnaires, ceux qui ont combattus tôt l'Union Sacrée. Ceux sont Monatte, directeur de la Vie Ouvrière, Rosmer, syndicalistes révolutionnaires qui évoluent vers des positions marxistes et non dogmatiques. D'autres militants animent ce comité : Rapport, théoricien de la SFIO, Souvarine, qui se sont rapprochés vers la fin 1919.
Il ne s'agit plus, alors, pour les JC de mener des luttes à la manière socialdémocrate. La SFIO avait fixé aux JS en 1912 leurs moyens d'actions : 10 des conférences ; 2° profusion de brochures ; 3° participation aux manifestations et aux meetings du Parti. Désormais se sera dans les faits que l'on jugera les organisations et non dans les discours.
La JC se frotte rapidement à l' action révolutionnaire. L'antimilitarisme, l'anticolonialisme, l'anticapitalisme forgent l'identité de la nouvelle organisation. Elle sera la plus entreprenante dans les combats avec l'impérialisme français, lors de l'occupation de la Ruhr. Elle appelle à la fraternalisation entre la classe ouvrière française et allemande. Elle refuse l'annexion de la Ruhr par les troupes françaises.
Dans la guerre du Rif (1924), la JC occupe une place importante et organise la campagne, diffuse des brochures anti-impérialiste, appelle au retrait des troupes françaises du Maroc.
Les textes de Lénine, Liebknecht et Trotski sont répandues par la librairie de l'Avant-Garde.
La JC reconnaît le droit des minorités qui existent en son sein.
Les JC poussent les militants du PC trop enclins à conserver les pratiques anciennes, précédant le congrès de Tours. Mais la jeunesse politique des nouveaux dirigeants ne facilite pas une clairvoyance quant -aux évolutions de l'URSS. Après avoir adulé les principaux révolutionnaires, dont Trotski, la JC s'aligne sur la campagne anti-trotskiste.
L'histoire de la JC ressemble bien à celle du PCF. Du bon et du mauvais ont émaillé toutes les décennies de luttes impulsées par les communistes. Il faut saluer avec toute son importance la naissance de la JC. Elle permit de montrer qu'une organisation se réclamant de la révolution pouvait avoir une existence de masse.