Qu’est ce que l’UNI ?

 

I/ Les bases de l’UNI

 

A/ Aux origines, l’UNI descend du singe…

 

L’UNI proclame s’être créé au printemps 68, pour réagir aux désordres gauchistes. En fait, les statuts n’ont été déposés à la préfecture de police de Paris que le 12 février 69 par J.-F. Chauvel (journaliste du Figaro), R. Deheuvels, J. Rougeot et P. de Vernejoul (universitaires).

Dès 1970 est publié son journal, L’Action universitaire, qui s’accompagne bientôt d’une série de périodiques spécialisés : Fer de Lance (revue de réflexion, qui disparaît en 1977), Vie étudiante (revue grand public, autant culturelle que politique), La Voie Droite (lettre de liaison entre universitaires, parlementaires, et professionnels de l’éducation). Toute cette activité est géré par la maison d’édition le Centre d’Études et de Diffusion.

La première époque, marquée par l’éternel président Jacques Rougeot, est une réaction conservatrice radicale à mai 68. Le terrain d’existence est l’université, mais l’action est politique. Il s’agit de « lutter contre la subversion marxiste particulièrement dans l’université, la justice, la famille, l’armée »[1]. Toute évolution sociale (libération sexuelle, libération intellectuelle, réforme de l’éducation,…) est tout de suite qualifiée de « subversive ». L’anti-marxisme fonde toute la ligne de l’UNI. Il s’agit en fait de protester contre « cette chienlit ou antifrance, les mouvements de libérations féminins, les fronts homosexuels, les écologistes politisés, les alternatifs, les autonomes, les promoteurs d’immigrés, les anarchistes, en bref, toute cette avant-garde de chaudepisseux et de vérolés sans laquelle il n’est pas de véritable armée révolutionnaire »[2].

Les gens qui sont séduits par cette thématique viennent d’à peu près toute la droite (exceptés les Giscardiens) et empêche l’UNI de choisir un parti de rattachement. Elle se réclame d’une « bonne droite » qui « refuse les clivages partisans de la Droite pour défendre directement à la base la Nation et l’Identité Française »[3].

Les liens avec l’extrême droite sont donc évidents. On retrouve plusieurs marques de ces liens :

·        la devise « Mon honneur s’appelle fidélité », devise des Waffen SS, figure sur une brochure de l’UNI-Nanterre en 1985.

·        L’UNI Malakoff diffuse en 88 un tract contre la « politique d’immigration » de Mitterand le montre habillé en islamiste, entouré de minarets, de Corans, parlant en Arabe, avec le slogan : « Mitterand ou la France, il faut choisir ».

·        L’Université de Paris X remarque en 1988 que les militants de l’UNI qui diffuse des tracts sont armés et chantent des chants nazis[4].

·        L’UNI et le Parti des Forces Nouvelles (ou d’autres forces d’extrême droite) s’unissent à diverses occasions : Comité de soutien à l’armée (soutien au sergent Joël Dupuis, membre du GUD) en 75, Comité de lecteurs du Parisien libéré (contre une grève des employés du journal) en 75 et 77, Comité Budapest (avec le GUD) en 76, Comité contre le neutralisme et pour la paix (dirigé par Alain Robert, ex dirigeant du GUD, d’Ordre nouveau, du PFN et du CNIP) en 85.

 

Le domaine éducatif est moins traité. Sur toute l’année 78, les 5 numéros de l’Action universitaire ne consacre pas plus de 3 articles à l’éducation, soit une page sur 20. Il s’agit de dénonciation des réformes éducatives (Université libre de Vincennes, pédagogie « marxiste » qui nie « l’importance du facteur héréditaire chez l’individu » et « pénalise les enfants doués ou travailleurs »[5]).

 

B/ L’évolution vers la respectabilité.

 

La fin des années 80 et le début des années 90 marque une évolution progressive avec le renouvellement des cadres. Le FN commence à faire très peur à la droite et Pasqua, qui garde une certaine influence sur l’UNI, demande de procéder à des purges en 88-89, pour éliminer les membres du FN. L’UNI se recentre sur l’université et se rapproche de partis de droite « républicaine » qui peuvent lui offrir un certain soutien. L’UNI entre ainsi dans l’orbite du RPR qui tend à s’imposer dans une droite encore divisée. Les jeunes du RPR commencent à s’investire plus systématiquement dans l’UNI. Les thématiques de l’UNI se renouvellent autour du libéralisme économique et de l’entrée de l’éducation dans la sphère des activités économiques.

En 95, l’UNI fait le choix Chirac, et entre totalement dans la sphère du RPR, en tout cas publiquement. L’UNI gère toute la campagne envers les jeunes du candidat « sympa » et festif. La victoire de Chirac est aussi vue comme la victoire de l’UNI : elle a gagné la respectabilité en prouvant sa proximité avec des millions de jeunes qui ont votés Chirac.

Toutefois, les troupes de l’UNI sont toujours intéressée par des domaines d’intervention secondaires sur lesquels ils retrouvent l’extrême droite. C’est ce que l’on a vu en 98 et 99, avec le débat sur le PACS. Ce refus du PACS se base sur deux argumentaires :

·        l’homophobie classique (l’homosexualité est antinaturelle, pathologique, à condamner,…),

·        la défense de la famille. Ce deuxième argumentaire est privilégié par la direction de l’UNI. Il ne s’agit pas de s’en prendre aux homosexuels (leur liberté doit être assurée dans la vie privée), mais leur influence sur la société.

La défense de la famille a pour objectif de sauvegarder un type d’éducation, jugée normal (contre l’éducation marginale et déviante que peut donner un couple homosexuel à ses enfants). Cette éducation a un rôle primordial, celui de transmettre une identité : « héritage historique, culturel, religieux, qui est l’essence même de la France »[6]. Défendre la famille c’est donc défendre « l’âme même de la France »[7]. [cf. Maurras]

Malgré ces liens constant avec l’extrême droite (discours, militants,…), la respectabilité n’est pas remise en question. Les scores aux élections augmentent régulièrement (24% au CNOUS 94, contre 18,9% en 87 ; 17,1% au CNESER 94 contre 9,6% en 83).

 

C/ Fondements idéologiques.

 

Une constante de l’UNI, c’est sa volonté de défendre un ordre « naturel » basé sur l’Etat-nation (donc les institutions, l’armée,…), la famille (hétéro), le capitalisme (donc le libéralisme, les inégalités,…).

Dans l’éducation, cela débouche sur ce qu’ils appellent une « méritocratie », c’est à dire une forme d’élistisme. Il s’agit d’offrir les meilleurs conditions de travail, les meilleurs filières à ceux qui ont la capacité d’y réussir. Libre à chacun de démontrer ces capacités et donc de mériter ces filières (quelques soient leurs origines sociales, ethniques,…). Les autres devraient se contenter d’autres filières leur convenant mieux, moins prestigieuses, mais pas moins valorisantes (plaidoyer pour le développement de l’éducation professionnelle). L’éducation n’est donc qu’une œuvre d’intégration d’un individu (vu en dehors de son groupe social ou ethnique) à un système (Etat, nation, marché, valeurs,…) qu’il doit servir, et non un développement individuel (et donc libre et autonome) de chaque enfant.

L’UNI s’oppose donc à l’idée d’amener 80% d’une classe d’âge au Bac, ou l’idée de prolonger à 16 ans la scolarité obligatoire. Tout cela s’appui sur l’idée que les inégalités naturelles ne peuvent être combattues, mais doivent prendre leur place dans la société. Les enfants doivent donc avoir un parcours qui les prépare dès le collège à une place dans la société. Chaque enfant serait donc libre de démontrer ses capacités et donc de mériter sa place. Cette conception fait abstraction des différences sociales ou culturelles qui déterminent la réussite scolaire.

L’université est donc clairement le stade ultime, celui qui forme les élites de la nation. Il est donc primordiale pour l’UNI de lutter contre les idéologies égalitaristes à l’université. Elle développe une idée clairement identifiée à l’extrême droite : l’idée qu’il y aurait des forces « secrètes » qui feraient un travail souterrain au sein de l’université pour y créer du désordre, et donc de pervertir les futures élites. Ainsi les élites, une fois arrivées au pouvoir, n’auraient pas les armes nécessaires pour bien gérer le pays. Le but de cette « antifrance » serait de « casser l’appareil judiciaire, donner mauvaise conscience aux responsables, approuver implicitement les déviances […] ruiner les bases de la société française »[8]. On en arrive facilement à une paranoïa : « La science fiction est-elle subversive ? », « La subversion et les langues régionales », « UNESCO et subversion » (titres de livres du Centre d’Études et de Diffusion).

Cela débouche sur une autre thèse clairement identifier à l’extrême droite : la décadence venue de l’étranger. Cette décadence prend la forme du chômage, de la violence. La cause réside principalement dans la démographie (pas assez de naissances) et dans les « arrivées massives et progressives d’immigrée en France »[9].

 

II/ Les fondements « secrets » de l’UNI.

 

A/ Une pièce de l’échiquier politicien et policier.

 

Il faut se rappeler que l’UNI est une émanation du Service d’Action Civique, milice gaulliste dirigée par Charles Pasqua. Proche du pouvoir, rattaché uniquement au général De Gaulle, le SAC ne peut être contrôlé par personne d’autre que le général lui-même. Il devient une véritable police parallèle. Avec le retrait de De Gaulle, le SAC devient une organisation politique et militaire autonome. Il loue ses services à divers partis et à des patrons aux prises avec une grève qui dure (Citroën, Peugeot,…). Il collabore avec les mouvements fascistes (Ordre nouveau, PFN, GUD,…) dans la lutte contre les communistes. Dès le début, l’UNI n’est rien d’autre qu’une branche universitaire du SAC[10]. On retrouve souvent les moyens logistiques et « physiques » du SAC dans des actions et manifs de l’UNI : distributions de tracts, collage d’affiches, ventes de revues de l’UNI par des membres du SAC.

Le SAC va donc se servir de l’UNI pour faire de la collecte d’info et du fichage d’opposants sur les facs. Les jeunes de l’UNI servent aussi de mouchards pour les missions d’infiltrations du SAC, notamment dans les Comités de soldats en 74.

A la dissolution du SAC en 82, les mêmes rapports continuent entre l’UNI et le Mouvement Initiative Liberté. Ce MIL est créé en 81, par les anti-pasquaïens du SAC. Jacques Rougeot, remercié pour ses bons services, prend la tête du MIL, de 81 à 86. Il est remplacé par André Decocq. Les locaux des 2 organisations sont les mêmes (8 rue Musset, 75 016 Paris). Pour continuer son rôle d’espionnage des militants de gauche, l’UNI s’est doté d’une structure ultra-centralisée, qui privilégie un travail souterrain et physique sur l’action politique et syndicale. De ce fait, une hiérarchie s’établit entre les militants qui font l’action publique et ceux, moins nombreux, qui ont un double rôle.

 

B/ Un pion international.

 

L’UNI, pour des raisons idéologiques et de réseaux, s’est retrouvé liée à la CIA, sans doute dès sa campagne de soutien au Sud Vietnam entre 72 et 75. Ces liens deviennent officiels en 78 : l’UNI (représenté par Frédéric Deloffre et Gérard Daury, membre du BN du SAC) se rendent à Brighton à des conférences contre « la menace globale » organisé par l’Institut Études et Conflit (branche de la CIA en UK) et par l’Institut de recherche sur les Affaires Étrangères (Intelligent Service).

Le 7-11-85, Libé révèle que la Fondation pour la Démocratie, présidé par Carl Gershman (lié à la CIA) a versé 575 000 $ à l’UNI. L’UNI a adhéré à la Ligue Anticommuniste Mondiale (WACL), dirigée par Reagan depuis 83, d’où une certaines solidarité avec les Contras, milice antisandinistes d’extrême droite en Amérique latine[11]. A ce moment, la Ligue comprend aussi l’Union des intellectuels indépendants de Pierre Morel (dirigeant du Parti des Forces Nouvelles), connu pour son combat pour la libération de Rudolf Hess.

 

C/ Stratégie cachée à l’université.

 

Les universités sont des lieux privilégiés d’influence intellectuel. Il faut donc y être présent à tous les niveaux. Il y eut de nombreuses listes communes UNI-GUD (CROUS en 83, de façon cachée, par la présence de Philippe Serin du GUD sur la liste de l’UNI, Paris II Assas en 79, officiellement, sous le terme Union des Étudiants d’Assas). L’UNI veut ainsi compenser sa faiblesse chronique en nombre de militants (et surtout de militants violents) et le GUD espère attiré à lui un mouvement proche. Le FN va infiltré systématiquement l’UNI au début des années 90, avant de relancer le RE. Cela se fera plus sporadiquement ultérieurement (des élus FN de l’UNI à Brest, Strasbourg…).

Mais cela débouchera sur des problèmes, notamment lorsque des sections entière de l’UNI passe au RE (Nice, Sceaux…) ou que des membres de l’UNI utilisent la signature du RE pour diffuser des tracts racistes (Nancy en 92, un tract du RE rédigé par Renaud Bertin, un dirigeant de l’UNI, membre du FNJ en rupture avec le FN, qui veut se venger de ses amis en les discréditant). En 95, avec le triomphe du recentrage de l’UNI, les affrontements deviennent physiques avec l’extrême droite, notamment avec le GUD à Assas, le 8 mars 95 (2 blessés graves).

Dans un cadre plus intellectuel et para universitaire, l’UNI est impliqué à divers niveaux. François Mangin, dirigeant de l’UNI préside le forum de parrainage du GRECE. Des membres de l’UNI (André Decocq, notamment) participent aux initiatives du Club de l’Horloge (Université de printemps 87, Colloque « décentralisation et démocratie locale » à Lyon, 87).

En juin 85, la thèse négationniste d’Henri Roques est soutenue à l’université de Nantes, alors que le travail avait été commencé à Paris IV en 82, avec Jacques Rougeot comme directeur de recherche. Celui-ci abandonne Henri Roques en mars 85 car il peine à réunir un jury[12]. Son directeur de recherche à Nantes est Jean-Claude Rivière, ancien d’Europe Action (revue néo-nazie), membre du GRECE et de l’UNI. Il est l’auteur de la brochure « La subversion et les langues régionales ». A la soutenance, assiste Yves Durand, membre de l’UNI et responsable du Centre d’Études et de Diffusion. Ce même Durand est membre, avec Jean-Claude Rivière, du jury de la thèse aryaniste d’André Delaporte en 84. Ce Delaporte, membre du FN en 79, membre du groupe néo-nazi « Militant », est l’auteur de « La science fiction est-elle subversive ». Sa candidature à l’université de Nantes est soutenue par Durand en 87, qui a écarté celle d’Henri Croix, militant communiste.

 

III/ L’UNI à Strasbourg. Récapitulatif.

 

Janvier 2000 : le journal de l’UMB publie les déclarations des élus de chacune des 3 listes des élections. Pour l’UNI, Olivier Risch, étudiant en Histoire, « nous n’avons pas de programme », ce qui lui vaudrait son exclusion de l’UNI.

Les 3 et 4 septembre 2000: lors de la tenue traditionnelle des tables de prérentrée par les syndicats et les associations de la fac, le blaireau brun, membre du GUD est vu à la table de l'UNI. Ce dernier, la croix celtique en bandoulière, renversa notre table puis s'en fut. Ce coup d'éclat ne manqua pas de ne pas faire réagir les instances de la fac en la personne de son président, M. Payot, qui nous demanda simplement de ne plus provoquer (!).

4 décembre 2000: dans les couloirs de la fac, nous croisons monsieur Morel, élu de l'UNI à l'UMB, qui nous explique avec force gentillesse et prouesses que le blaireau brun n'est pas d'extrême droite...

En janvier 2001, dans son journal Action étudiante n°2, L’UNI fustige « l’absurdité du mythe égalitaire de la gauche ». Pour elle, la fac doit former les cadres des entreprises (d’où l’intérêt de faire entrer le patronat au sein de l’université) et de l’Etat, ce qui « éviterait à Alain Juppé de préconiser le recours à une main d’œuvre étrangère »[13].

Printemps 2001, l’UNI, repointe le bout de son nez à l’occasion des municipales avec une campagne d’autocollants contre le PS et le PCF. A l’annonce de la victoire de Keller à Strasbourg, les autocollants de l’UNI se recouvrent massivement de remarques au feutre du genre « humilié, martyrisé, mais Strasbourg libéré » ou « Trautmann à Cuba » voir « Trautmann au goulag ».

Février/mars 2001, La Lettre des étudiants alsaciens, « journal » de l’UNI, n°2 fait paraître, en pages centrales, un très long article, courageusement anonyme, sur l’idée de Nation (avec une majuscule svp). L’auteur déplore que l’ « on prône sans cesse ce mélange, la tolérance de tout, tous les comportements, les tendances, parce que l’on se doit d’être moderne, ouvert, progressiste ». C’est pour lui du politiquement correct. Il se plaint ensuite d’être forcé d’ « accepter voire promouvoir les déviances, toutes les immigrations ». Il poursuit son article avec un petit coup contre le « terrorisme même qui devient honorable ». Ce terrorisme c’est simplement : « Corse, homos, immigrés, cheminots, salariés » pratiquant un soit disant « terrorisme revendicatif ». Notre courageux auteur enchaîne en déplorant le discrédit pour « l’idée ô combien honorable de Nation ». Perdu dans son lyrisme, il décide de faire des grandes phrases sur « l’unité nationale, l’ordre public (tranquillité, sécurité, salubrité) et la fierté de la France,… ». Déterminé dans son combat, l’auteur se redresse et déclare fermement : « L’État se doit d’être le gardien de cette nation France pour la défense de laquelle tant de héros ont donnés leur Vie [avec majuscule bien sur] ». Après cette diatribe on comprend mieux pourquoi l’auteur se plaint dans son introduction d’être parfois traité de « réactionnaire » voir de « fasciste », terme qui selon lui ne veut plus rien dire.

Puis un autre article s’attaque à ces « intellectuels qui préfèrent « tambouiller » un mélange aigre-doux ou épicé ou tout ne se ferait que par origines, langue et convenances personnelles à grand renfort de rap et de techno. », et un autre sur l’éducation qui devrait avoir pour « objectif de former des êtres instruits et respectueux des lois, de la société, de l’Etat, mais d’en faire des libertaires indécrottables, imprégnés d’idéologie égalitariste, réfractaires à priori à toute règle… » et l’art pour finir : « Le désordre, rebaptisé « créativité », « indépendance », « autonomie », « art » ou bien encore « haine », car c’est par la haine que l’asocial détruit dégrade, pervertit et affronte l’autorité… ».

Printemps 2001, le RPR jeune confirme qu’il n’a plus rien à voir avec l’UNI, qu’il envoie perpétuellement des communiqué de presse pour se démarquer d’eux à chaque fois que l’UNI passe dans la presse.

Le samedi 20 octobre 2001, suite aux incidents de match France Algérie, le groupe Union-Droit de Mulhouse, qui n’est autre que les jeunes mégrétistes du MNJ, dénonce les « immigrés qui nous crachent à la gueule ». Selon eux les immigrés devraient être reconnaissants à la France pour les logements, allocations,… Les petits fachos de Mulhouse en rajoutent une couche sur les « 80 000 métèques » qui ont insulté la France dans la ville où repose nos rois et reines !!!

Cette dénonciation c’est faite sur le forum du site Internet de l’UNI Strasbourg. Et voilà que Philippe Morel, tête de liste de l’UNI pour les élections au Conseil d’Administration de l’UMB en décembre 2001, répond très amicalement : « Bravo, Union droit ! […] Rendez-nous l'argent indûment perçu par tous les agitateurs, ce sera déjà pas mal !!! »

La conversation continue et Union Droit s’insurge des condamnations soit disant faibles dont ont écopé les Arabes car les supporters du PSG, du fameux Kop Boulogne, ont été plus lourdement sanctionnés suite au match PSG-Galatasaray.

Février 2002, sur le même forum, en réponse au message « vive Chirac », l’UNI de Strasbourg, supporters de Chirac en 95, montre bien comment elle se place. « Quelle jeune de droite pourrait encore voter pour une personne qui s'est avéré être un homme de gauche, et qui a été le président le plus nul de toute la 5e république. Et il se représente! Non-merci, les militants de l'uni Strasbourg soutiendront Madelin, Boutin, Pasqua ou Megret, mais certainement pas Chirac ».

Le 7 mars 2002, un militant de l’UNI qui diffuse des tracts à l’UMB nous explique qu’il est chiraquien pur et dur et qu’il trouve ridicule de voter pour des « cons » comme Mégret ou Boutin. Apparemment, l’ambiance est quelque peu turbulente à l’UNI Strasbourg…

En avril 2002, au lendemain du premier tour des présidentielles, l’UNI se met à coller activement des affiches pour Chirac, histoire d’être en phase avec la jeunesse.

En avril 2002, Nicolas Bossart, étudiant en DEA de traduction, prend la parole pour les DNA au nom du RPR jeune. Il a été 3ème de la liste UNI au CEVU de l’UMB, le 11-12 décembre 2001, 2ème de la liste UNI au CA de l’UMB, le 11-12 décembre 2001 et 4ème de la liste UNI au CROUS en mars 2002. Il a été candidat de l’UNI à des époques où le RPR Jeune a affirmé s’être éloigné de l’UNI.

En avril et mai 2002, Anne Sophie Ritter, Vicky Streit et Mélchior Legin viennent nous voir suite à la parution de notre rapport sur l’extrême droite en Alsace. Ils ont été sur des listes de l’UNI mais disent être apolitiques et s’être fait arnaqué par l’UNI. Nous apprenons les méthodes de recrutement de Philippe Morel, qui se fait des amis, notamment au cercle d’anglais de l’UMB, puis leur demande de bien vouloir compléter sa liste apolitique pour les élections aux conseils de l’université.

Novembre 2002, Philippe Morel, toujours élu de l’UNI au CA de l’UMB, qui ne siège plus depuis plusieurs mois, fait une intervention au CA contre l’insécurité sur le campus la nuit, pour l’intervention de la police.

Novembre 2002, Bernard Vogler, professeur d’histoire moderne et régionale à l’UMB, est suppléant sur la liste commune UNI-CGC pour les élections du CNESER de novembre 2002.

 

Conclusion :

Le recentrage de l’UNI a été une victoire : ils revendiquent 600 élus d’UFR, 9 élus au CROUS (chiffres de 2000), 1 au CNOUS et 200 dans les conseils centraux, 90 sections. Mais nous avons vu dès la naissance du CUVED que les choses ne sont pas aussi claires.

Comment appeler l’UNI aujourd’hui ? « Droite dure », « Droite de la droite », « Extrême-droite », « Droite extrême »… Il serait plus juste de parler d’une organisation (et non un syndicat) universitaire (et non étudiante) réactionnaire et fascisante…

 

Sources principale : Chapitre UNI (pp. 109-134) de Bêtes et Méchant. Petite Histoire des jeunes fascistes français, Paris, Éditions Reflex 2002. [plus intéressant pour les faits, les dates et les noms que pour l’analyse du discours, de la ligne de l’UNI]

 

 

 

http://www.chez.com/cuved

 

 

 



[1] Jaques Rougeot, La contre offensive, Éditions de la pensée universelle, 1974.

[2] « Les alliés de Mitterrand », tract de l’UNI-Nanterre, 1988.

[3] Qu’est ce que l’UNI, brochure de 1988.

[4] Communiqué du Président de l’Université Paris X, 9 mars 1988.

[5] L’Action universitaire n°79, juin juillet 1978.

[6] Site internet de l’UNI-Lyon.

[7] Idem.

[8] Béatrice de Beaupuis, Alexandre Benmakhlouf, Vincent Gorini, Yves Rocca, Libertés et État de Droit, Paris, Centre d’Études et de Diffusion, 1985.

[9] Jean Mottin, Chômage et immigration, Paris, Centre d’Études et de Diffusion, 1990.

[10] Rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les activités du SAC », 1981.

[11] Qu’est ce que l’UNI, brochure de 1988.

[12] Le seul à avoir accepter d’être au jury est François Georges Dreyfus de Strasbourg, membre du club de l’horloge.

[13] Action étudiante, journal de l’UNI, n°2 janvier 2001.