Histoire


Chansons


Images


Mythe

Tarzan est son 29ème long métrage en dessin animé. Il sort en 1999 sur les écrans. 
Des chansons écrites par Phil COLLINS et la musique signée par Eric SERRA ( le musicien de la BOF "Le Grand Bleu") les très célèbres "Deux mondes, une famille" .

Premier long-métrage animé de Disney à se situer dans la jungle depuis Le Livre de la Jungle, Tarzan a permis d'apprécier la transformation des moyens de l'animation intervenue durant les années trente et quelques années qui s'étaient entretemps écoulées.
Dans Tarzan, l'animateur Glen Keane a conçu un personnage aux attributs physiques stupéfiants, reflets à la fois de sa physiologie et de son enfance auprès des gorilles. Si ce récit a inspiré de nombreux films à acteurs, seul un film d'animation pouvait permettre au héros de réaliser ses impressionnantes prouesses.

Disney doit faire face à la concurrence. DreamWorks a cartooné en 98, et désormais le Royaume de la souris se voit envahit sur son terrain. Les dessins animés qu'ils soient américains (The King and I), japonais (Princesse Mononoke), ou européens (Kirikou, Chicken's run) sont à la mode.
Alors Disney multiplie les projets pour 99: Toy Story 2, Fantasia 2000 (Imax), et donc Tarzan. Disney continue d'adapter les classiques de la littérature européenne (Le livre de la jungle), et surtout fait appel aux même recettes que Le Roi Lion: un chanteur pop pour les musiques (Elton John est remplacé par Phil Collins), paysages d'Afrique, quelques voix célèbres...
Parmi elles, Glenn Close, qui a du trouver amusant, 14 ans après avoir doublé Jane (Andie MacDowell) dans Greystoke, de faire celle de Kala. Autant greystoke était la plus fidèle adaptation, autant là il faudra s'attendre à de la trahison artistique. Rosie O'Donnell fera une gueunon, comme Goldberg a joué les hyènes.
Nul doute que la popularité du héros, la renommée des romans, et la touche Disney en feront un succès assuré. Si le Tarzan n'est pas très sexy (machoire un peu trop prognate), il est souple et agile. La réalisation ressemble furieusement (curieusement?) à celle d'un jeu vidéo. Le passage de lianes en lianes, montré dans la bande annonce (agressive, comme si on devait avoir peur de l'homme singe), pourrait nous faire croire que nous sommes dans une attraction de Disneyland. Alors dessin animé noir et fin de siècle, techno-jungle ou cartoon divertissant, rempli d'action, et un peu trop samba?

Tarzan est le premier dessin animé parmi les 47 films dont il est le héros. L'Homme Singe créé par Edgar Rice Burroughs a nécéssité une pré-production digne du Prince d'Egypte, avec notamment une équipe de dessinateurs envoyés en Afrique. Même le réalisateur Chris Buck est allé y vivre quelques temps, dans un sanctuaire du Kenya.
La jungle, les gorilles, la savane et la faune... cet univers particulier incite à l'aventure et inspire des lumières spécifiques.
Tarzan est un film sur la famille, d'un enfant perdu dans la jungle, élevé par des gorilles, et découvert par des scientifiques. On est entre Le Livre de la Jungle et Le Roi Lion.
Tarzan, playboy de notre temps, avec des muscles en béton et des cheveux longs, connaît une véritable crise d'identité. On est loin de Johnny Weissmuller, l'acteur-nageur qui donna corps au premier des tarzan hollywoodiens.
En fait ce cartoon est un portrait psychologique, spirituel d'un héros écolo (c'est à la mode), avec des effets visuels dignes des jeux vidéos, une sorte de "jungle ride", où les problèmes existentiels de la génération X servent d'étapes à atteindre.
Disney a voulu adopter une authenticité esthétique, psychologique et même linguistique (sans trop américanié les personnages, leurs noms, etc..). Reste que les scénaristes précisent: le dessin animé est en partie seulement adapté du roman original. Toujours révis(it)er les classiques.
Tarzan, ici, cherche la compréhension et l'approbation de son père adoptif (en tant qu'héritier), ressent la douleur de sa mère adoptive, et essaye de trouver sa voie en tant qu'humain dans un monde animal.
Interactif avec sa famille-gorille et introspectif. Ce sont les mots du scénariste de Tarzan. Il fallait le rendre contemporain, tout en s'approchant de la vision de Burrough, qu'un seul film a approché en 47 versions, Greystoke.
Comme dans le livre, le dessin animé démarre avec l'arrivée de Tarzan et de ses parents en Afrique. Le léopard Sabor tue un jeune gorille et les parents du bébé Tarzan. Tarzan remplacera le bébé gorille... Pour la mère gorille (Kala, avec la voix de Glenn Close), il s'agit d'apaiser sa douleur. Mais Kerchak, le père, tout en l'acceptant dans sa famille, ne le reconnait pas comme son fils. Le film traite bien des valeurs familiales, et tente même de définir ce que peut-être une famille aujourd'hui...
Ce qui rend différent ce Tarzan, c'est bien cette analyse du mot famille, avec le danger d'une vision américano-idéalisée...
C'est un peu simpliste parfois: Tarzan comparant ses mains avec celles de sa mère puis celles de Jane (vocalisée par Minnie Driver). Bref Tarzan se sent gorille mais se voit humain.
Evidemment, Tarzan se voit partager entre le dilemme freudien: l'amour pour sa mère et l'amour de Jane. Ca ne fachera, éventuellement, que les gorilles. Dans la lignée des sitcoms du soir ou de récents films comme Stepmom, Disney a surfé sur la vague des mères courage, celles qui influencent la vie de leurs enfants, qui en sont le phare.
Dans Le Roi Lion, la mère est absente - alors que c'est la lionne qui a une véritable importance dans l'éducation des lionceaux.
En fait Disney a une vision un peu spéciale de la mère: on tue celle de Bambi, les 7 nains adoptent une inconnue, Mulan pense surtout à son père, et on ne parle pas de tous ces orphelins qui ont peuplé ses cartoons.
Ici, le personnage reprend son célèbre cri qui déchire la jungle, avec une dimension émotive et un tempérament plus complexe que dans les films. Son passage de lianes en lianes est plus gracieux, et plus invraisemblables, que ceux de Weissmuller. Tarzan ressemble à un surfeur... c'est certainement plus cool. Le dessin, comme les mouvements du personnage, sont une vision purement californienne du héros branché et chlorophyllique. Il ne manque plus que le pétard...
C'est toute la limite de ce genre d'adaptation. Si dans le ton, ils se rapprochent du livre original, le style est totalement moderne. Tarzan est un héros déclinable: produits bio, jeux vidéos, cartoons TV, CD, ... une marque à lui tout seul que l'empire Disney s'est approprié.
 

SOMMAIRE        CLASSIQUES        LIVRE D'OR