Interview repris du fanzine 'Last Rites', réalisé sur la tournée US (1982).
CE N'EST PAS FINI !
Lorsque Cal est sorti et me dit qu'il n'avait rencontré aucun journaliste sur cette tournée,
je fus un peu vexé. Sur la dernière tournée, Cal et moi avions déjà discuté et quand, à l'époque, il
m'avait tendu un t-shirt marqué d'un logo 'Q: A:', j'étais prêt à rentrer chez moi, oubliant
leur seconde tournée.
Visiblement, Cal ne voulait pas parler aujourd'hui. Mais, finalement on s'est vu
ensuite dans les coulisses, pendant plus d'une heure. La discussion était
interessante et Cal est vraiment un chic type. C'est bien d'avoir une vrai conversation et
pas seulement un jeu de questions-réponses.
C'est avec Pooch, le guitariste, que j'ai fait l'interview. 'On a une attirance pour le punk, mais aussi autant pour le metal
US et Anglais' me dit-il en introduction. C'est vraiment un type sympa ce Pooch, et si vous n'acceptez pas le départ de
Bones, vous manquez vraiment un bon compositeur et un bon guitariste. Vous pouvez ne pas aimez Pooch,
mais il apporte beaucoup à un groupe en jouant avec lui. Même si tout le monde attend de lui qu'il joue comme Bones...
Voici donc ma discussion avec Pooch.
Last Rites : Comment avez-vous été impliqué dans Discharge ?
Pooch : Gary, le batteur, vit au même endroit que moi, à Lemington Sparmey. Je lui avais parlé
il y a quelque temps, lorsque Bones était encore dans le groupe. Et comme j'ai travaillé sur
le 45 tours 'Never Again' avec eux, je m'étais proposé dans le cas où Bones quitterait le
groupe. En plaisantant... Et puis, un soir, j'étais dans une boîte pour prendre un verre et Gary
m'aborda et me proposa d'auditionner. J'y suis donc allé et j'ai appris les morceaux 'State
Violence State Control', 'Doomsday' et 'Never Again' et ils m'on dit 'c'est bon t'as la place'.
LR : Dans quel groupe jouiez-vous avant ?
Pooch : J'étais dans un groupe de heavy-metal nommé Brute Force, mais nous n'avions pas de
chanteur. Et avant ça, j'étais dans un groupe de Rythm'n Blues, Mosquitos. Et encore avant, Shock TV
LR : Est-ce que Cal ou quelqu'un d'autre vous a vu jouer dans Brute Force avant ?
Pooch : Non.
LR : Guitariste dans Discharge doit être un sacré défi, non ?
Pooch : Oui, et j'adore ça, c'est bien.
LR : Comment s'est passé l'enregistrement du 45 tours ?
Pooch : Tout s'est bien passé. Il y avait beaucoup de pression, et on a eu du mal à choisir
les musiques. On voulait changer un peu mais pas trop. On voulait que Dove (producteur) nous fasse un
son plus lourd.
LR : Y-a-t-il une rupture consciente dans la musique de Discharge ?
Une évolution inconsciente vers le Black Metal ? Quelque chose de plus mélodique ?
Pooch : Je ne dirais pas plus mélodique. Je joue de cette façon, c'est tout. Du Rock'n'Roll.
Rainy utilise des effets un peu Black Metal.
LR : Etes-vous plus influencé par le Heavy-Metal que par le Punk ?
Pooch : Oui, mais il y a une sorte de mélange des deux dans notre musique. Il y a beaucoup de ressemblance
aussi dans notre musique.
LR : Quels sont vos groupes de metal préférés ?
Pooch : Van Halen, Dio, Ozzy... J'ai vraiment des goûts bizarres en musique. J'aime aussi Franck Sinatra.
LR : Aimez-vous les groupes dans lesquels le guitariste reste au devant de la
scène ?
Pooch : Non. Je n'aime pas les gens qui atteignent le sommet. Comme le groupe de Dio. Vivian Campbell
est un grand guitariste et il n'a que 21 ans, mais ses solos n'arrivent que de temps en temps. On n'a
pas besoin de 5 solos par titres pour prouver qu'on est bon.
La seule personne qui est vraiment
capable de faire plaisir à tes oreilles c'est Eddie Van Halen. Il est réellement interessant tout le temps.
LR : Vous aimeriez voir Discharge et Van Halen jouer ensemble ?
Pooch : Grand Dieu, j'adorerai ça !
LR : Comment ça se passe en Amérique ?
Pooch : Super, j'adore. Les concerts sont géants. La nuit dernière, à Minneapolis, on a joué
jusqu'à 6 heures du matin et la foule était là. C'était terrible.
LR : Comment était le public ?
Pooch : Au premier concert qu'on a fait à Cincinatti il n'y avait pas grand monde. Et ils étaient
là pour Circle Jerks et The Dickies.
LR : Comment le public et la presse anglaises vous a acceptez personnellement ?
Pooch : S'il y a quelque chose de mauvais à écrire sur nous, la presse l'écrira. Mais ils n'écriront pas
de bonnes choses.
Quand le 45 tours est sorti, Sound a écrit : 'Ces Punks essaie de sonner comme
Black Sabbath, et échouent lamentablement'. C'est vraiment de la merde. J'essais et j'arrive à ne pas en
tenir compte.
LR : Comment était le public en Angleterre ?
Pooch : Il est excellent. Il l'a toujours été. On a joué au '100 Club' juste avant d'arriver ici, aux USA,
et la salle était bondée. Un jeune, qui se trouvait devant, a eu la jambe brisée cette fois. La fosse
était totalement déchainé... Le chaos ! Le public anglais est le meilleure.
LR : Connaissez-vous tous les anciens titres ?
Pooch : Oui, mais j'ai besoin de les jouer plusieurs fois avant de bien les connaitre. En plus, les
titres changent tout le temps en concert.
On va se remettre au travail en rentrant, on sortira
bientôt un nouveau 45 tours. Mais, on n'est pas sur de sortir un album juste après. Ca dépend
combien de copie on en sortira. Sinon, ça sera des 45 tours. On a un mini-album qui sort au Japon
en ce moment.
LR : Etes-vous satisfait de la sortie du 45 tours (Warning) ?
Pooch : Oui, mais c'est toujours la même chose : vous entrez en studio, vous travaillez, et une
semaine après quand il est fini et en vente, vous vous dites que vous auriez pu faire mieux.
Il y a plein de chose que j'aimerai pouvoir changer.

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