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L'esclavage et ses consequences sur la plus grande communauté mauritanienne
Sklaverei
Slavery

Special Esclavage:
Interview de Boubacar Ould Messaoud Président de SOS-Esclaves
à la revue Allemande DIE WELT

A la suite d'une enquete menée par des amis journalistes allemands en Mars/Avril, avec l'aide du FAAS, sur l'esclavage en Mauritanie, nous vous proposons cette interview :

Mauritanie, la face cachée...

TRADUCTION DE L'INTERVIEW AVEC BOUBACAR OULD MERSAOUD

(DIE WELT du 8. DECEMBRE 1999)

Nouakchott -

Il etait lui-meme esclave, maintenant il conseille ceux qui ont fuis leurs maitres en Mauritanie, des hommes sans droits:Boubacar Ould Mersaoud. Bernard Level s'est entretenu avec le chef de l'organisation "SOS Esclaves".

DIE WELT: Est ce-que il y a des esclaves en Mauritanie?

Mersaoud: Nous preferons les appeler "captifs". Un esclave est un homme qui a ete prive de sa liberte. Il sait encore qu'une fois il etait libre. Chez nous, ce sont les enfants et les enfants d'enfants d'esclaves. La Liberte, ils ne la connaissent meme pas de memoire.

DIE WELT: Mais L'esclavage est interdit.

Mersaoud: Non. Il a ete declare "aboli" par le gouvernement en 1980, sous la pression de l'ONU. Parceque le gouvernement depend massivement d'aide financiere il a promulgue un autre decret en 1981, avec trois articles.

Premierement:L'esclavage est aboli.

Deuxiemement: Les proprietaires d'esclaves seront dedommages par l'etat.

Troisiemement: Une commission fixera le montant des dedommagements.

DIE WELT: Les esclavagistes sont dedommages, pas leurs victimes?

Mersaoud: Exactement. Mais il n'en est jamais rien advenu. La consequence: L'esclavage n'est nullepart legalement defini, demeure donc legalement inprouvable et certainement pas punissable. Il ne peut donc aucunement etre question d'une interdiction de l'esclavage.

DIE WELT: Comment le captif voit-il son maitre?

Mersaoud: L'esclave mauritanien, c'est l'esclave parfait, l'esclave de reve. Il prie pour son maitre, il l'adore, il comprend le monde et sa propre place dans ce monde par son appartenance au maitre. Il se voit comme membre de sa famille. C'est cela qui rend le phenomene si difficile a reconnaitre pour des etrangers. Car apres tout les maitres ne disent pas: Voici mon esclave. Ils disent:Voila mon neveu.

DIE WELT: Comment ca, l'esclave se voit comme membre dela famille?

Mersaoud: La Mauretanie est une societe de tribus. Ici, chacun deduit son identite par l'appartenance a une tribu. Celui qui n'appartient a aucune tribu est un paria. Pour l'esclave, le maitre est la liaison avec la tribu. En dehors de cela il y a un deuxieme niveau, plus humain: Le Maures sont nomades, et la vie nomade rapproche les hommes. Les rituels des la vie quotidienne sont les memes pour maitre et esclave, ils vivent avec la meme nature. De cette maniere des liens profonds peuvent naitre.

DIE WELT: L'esclave peut il etre privilegie, tout en demeurant esclave?

Mersaoud: Biensur. Certains sont adoptes par leur maitres, administrent ses affaires,deviennent memes riches. Des femmes esclaves peuvent atteindre beaucoup d'influence en tant que nourrices des enfants du maitre, ou etre epousees par lui. Mais d'autres sont battus, maltraites, violes.

DIE WELT: Vous-memes provenez d'une famille d'esclaves. Comment vous vous en etes rendus compte?

Mersaoud: A l'ecole. Je dois preciser que nous ne travaillions pas pour le maitre, il avait assez d'autres esclaves. Nous menions donc une vie de village tout a fait normale.

Mais a l'ecole les filles bidanes commencerent a me taquiner. Elles m'appellaient "Abd",serviteur. Mes oncles m'ont alors dits que c'etait comme ca, et que c'etait l'ordre divin de choses. Je n'ai jamais pu accepter cela. C'est alors que j'ai decide que je me battrai contre cette injustice.

DIE WELT: Ca veut dire quoi, "ordre divin"? Que dit le Coran sur l'esclavage?

Mersaoud: Autre-chose que nos savants de l'ecriture. Le Coran permet seulement de reduire en esclavage des infideles, et seulement dans le cadre d'une guerre sainte, et seulement apres une triple demande de se convertir a l'islam. Mais nous sommes tous des musulmans. Malgre cela les imams racontent aux esclaves que Dieu veut qu'ils servent leurs maitres.

DIE WELT: Combien d'esclaves existent encore?

Mersaoud: Difficile a dire. Pres de la moitie de la population sont des Haratin, des maures noirs. Cela comprend des descendants d'esclaves, des affranchis, des fugitifs. En incluant les vrais esclaves, ont peut estimer que plus de la moitie de ses gens travaillent comme esclaves, donc sans remuneration. A peu pres 15 a 25 pour cent de la population.

DIE WELT: Peut-on vendre et acheter des esclaves?

Mersaoud: Rarement. Des esclaves sont pretees contre de l'argent, ou mariees, un peu comme dans l'elevage bovin.

Mais il n'y a pas de marches d'esclaves, si c'est cela que vous voulez dire.

DIE WELT: Vous menez une Organisation nomme "SOS esclaves". Que voulez-vous atteindre?

Mersaoud: Malheureusement nous sommes illegal, moi-meme j'ai ete en prison. L'esclavage n'est pas interdit, mais il est punissable d'en parler. Cela s'appelle "atteinte a la reputation de la Mauritanie". Nous conseillons des eclaves enfuis, comment il peuvent trouver un travail ou des papiers d'identite. Nous poursuivons trois buts:

Definition legale de l'esclavage;

il faut que l'esclavage devienne punissable;

dedommagement des victimes.

Nous avons besoin d'une revolution dans les tetes. Le probleme de cette societe est que nous avons les arriere-petit fils d'esclaves, et les arriere-petit fils de maitres, et tous jouent comment si les regles du jeux etaient encore en vigeur.

FIN

Voila; beaucoup de propos fascinants ont du etre omis par manque de place, ce qui explique aussi les phrases parfois tres courtes et coupees, pas du tout le style de Boubacar.

Mais j'espere que l'essentiel y est.

Mauretaniens "Traumsklaven" vergöttern ihre Herren

In dem westafrikanischen Land herrscht die Tradition

Nouakchott - Er war selbst Sklave, jetzt berät er entflohene und entrechtete Menschen in Mauretanien: Boubacar Ould Mersaoud. Mit dem Chef der Organisation "SOS Sklaven" sprach Bernard Level.

DIE WELT: Gibt es in Mauretanien Sklaven?

Boubacar Ould Mersaoud: Wir nennen sie lieber "Gefangene". Ein Sklave ist ein Mensch, der seiner Freiheit beraubt wurde. Er weiß noch, dass er einmal frei war. Bei uns geht es um die Kinder und Kindeskinder von Sklaven. Freiheit kennen sie nicht einmal aus der Erinnerung.

DIE WELT: Aber Sklaverei ist verboten.

Mersaoud: Nein. Sie wurde 1980 von der Regierung für "abgeschafft" erklärt - unter dem Druck der UNO. Da unsere Regierung massiv von Hilfsgeldern abhängig ist, gab es 1981 ein Dekret mit drei Artikeln. Erstens: Sklaverei ist abgeschafft. Zweitens: Sklavenhalter werden vom Staat entschädigt. Drittens: Eine Kommission wird die Entschädigungen festlegen.

DIE WELT: Nicht die Opfer werden entschädigt, sondern die Täter?

Mersaoud: Genau. Aber dazu kam es nie. Die Folge: Sklaverei ist nirgends legal definiert, also rechtlich nicht nachweisbar und schon gar nicht strafbar. Von einem Verbot kann also keine Rede sein.

DIE WELT: Wie sieht der Gefangene seinen Herren?

Mersaoud: Der mauretanische Sklave ist der Traumsklave schlechthin. Er betet für seinen Herrn, er vergöttert ihn, er definiert die Welt und seinen Platz darin über die Zugehörigkeit zum Herren. Er sieht sich als Teil seiner Familie. Das macht es für Außenstehende so schwer, das Phänomen zu erkennen. Denn die Herren sagen ja nicht: Das ist mein Sklave. Sie sagen: Dies ist mein Neffe.

DIE WELT: Was heißt, der Sklave sieht sich als Teil der Familie?

Mersaoud: Mauretanien ist eine Stammesgesellschaft. Hier leitet jeder seine Identität über die Zugehörigkeit zu einem Stamm ab. Wer keinem Stamm angehört, ist ein Paria. Für den Sklaven ist der Herr die Verbindung zum Stamm. Zusätzlich gibt es eine zweite, menschliche Ebene. Die Mauren sind Nomaden, und das Nomadenleben verbindet. Die Rituale des täglichen Lebens sind für Sklaven und Herren dieselben, sie leben mit derselben Natur. So können tiefe Bande entstehen.

DIE WELT: Können Sklaven sozial aufsteigen, auch wenn sie Sklaven bleiben?

Mersaoud: Natürlich. Manche werden von ihren Herren an Sohnes statt angenommen, verwalten die Geschäfte des Herrn, werden gar reich. Sklavinnen können als Ziehmütter der Herrenkinder viel Einfluss erlangen oder geheiratet werden. Andere werden geschlagen, missbraucht, vergewaltigt.

DIE WELT: Sie selbst stammen aus einer Sklavenfamilie. Wie wurden Sie sich dessen bewusst?

Mersaoud: In der Schule. Ich muss dazu sagen, dass wir nicht für den Herrn arbeiteten, er hatte genug andere Sklaven. Wir lebten ein ganz normales Dorfleben. Aber in der Schule begannen mich die Mädchen der Herrenfamilien zu hänseln. Sie nannten mich "Abd" (Diener). Meine Onkel erklärten mir, dass dies die gottgewollte Ordnung der Dinge sei. Ich konnte das nicht akzeptieren. Schon damals beschloss ich, dass ich gegen dieses Unrecht kämpfen werde.

DIE WELT: Was heißt "von Gott gewollt"? Was sagt der Koran über Sklaverei?

Mersaoud: Etwas anderes als unsere Gelehrten. Der Koran erlaubt nur, Ungläubige zu versklaven. Und nur im Rahmen eines Heiligen Krieges, nach dreimaliger Aufforderung, zum Islam zu konvertieren. Aber wir sind alle Moslems. Dennoch erzählen die Imame den Sklaven, dass Gott von ihnen will, den Herren zu dienen.

DIE WELT: Wie viele Sklaven gibt es denn noch?

Mersaoud: Das ist schwer zu sagen. Fast die Hälfte der Bevölkerung sind "Haratins", schwarze Mauren. Dazu gehören Nachkommen von Sklaven, Freigelassene, Entflohene. Zusammen mit den tatsächlichen Sklaven kann man schätzen, dass mehr als die Hälfte dieser Menschen als Sklaven arbeiten, also ohne Lohn. Rund 15 bis 25 Prozent der Bevölkerung.

DIE WELT: Werden Sklaven noch verkauft und gekauft?

Mersaoud: Selten. Sklaven werden gegen Geld ausgeliehen, in der Erntezeit, oder gegen Geld verkuppelt, ein wenig wie in der Viehzucht. Aber es gibt keine Sklavenmärkte, wenn Sie das meinen.

DIE WELT: Sie leiten eine Organisation namens "SOS Sklaven". Was wollen Sie erreichen?

Mersaoud: Wir sind leider illegal, ich selbst war im Gefängnis. Sklaverei ist nicht verboten, aber es ist strafbar, darüber zu sprechen. Das nennt sich "Beschädigung des Rufes Mauretaniens". Wir beraten entflohene Sklaven, wie sie Arbeit oder einen Personalausweis bekommen können. Wir verfolgen drei Ziele: Legale Definierung der Sklaverei; Sklaverei muss unter Strafe gestellt werden; Entschädigung der Opfer. Wir brauchen eine Revolution in den Köpfen. Das Problem dieser Gesellschaft ist, dass wir die Urenkel von Sklaven haben und die Urenkel von Herren, und beide spielen nach den alten Regeln weiter.

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