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Romain DURIS

2004 - De battre mon coeur s'est arrêté
Réalisation Jacques Audiard

 

2004 - De battre mon coeur s'est arrêté - Réalisation Jacques Audiard

Tournage à compter du 15-03-2004 - Scénario Jacques Audiard, Tonino Benacquista - Directrice photo Stéphane Fontaine - Ingénieur du son Pascal Villard, Cyril Holtz, Philippe Amouroux - Décor François Emmanuelli - Musique Alexandre Desplat - Montage Juliette Welfling - Production Why Not Productions, Sédif Productions, France 3 Cinéma, Canal + - Distribution France UGC - Distribution internationale Celluloïd Dreams - Sortie 16-03-2005 - 1h 47

Avec Romain Duris (Tom), Aure Atika (Aline), Emmanuelle Devos (Chris), Niels Arestrup (Robert, le père de Tom), Jonathan Zaccaï (Fabrice), Linh-Dan Pham (Miao-Lin), Mélanie Laurent (la petite amie de Minskov)

Le sujet : A 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père dans l'immobilier véreux. Mais une rencontre fortuite le pousse à croire qu'il pourrait être le pianiste concertiste de talent qu'il rêvait de devenir, à l'image de sa mère. Sans cesser ses activités, il tente de préparer une audition.

Romain Duris nommé aux César 2006 dans la catégorie Meilleur acteur.

 

Notes :

* Pour incarner Tom, Jacques Audiard avait "envie d'un acteur qui soit à un moment charnière, autant dans sa vie d'homme que dans sa vie professionnelle. Et que cela fasse partie intégrante du sujet du film. Par ailleurs j'avais besoin d'une figure assez juvénile, crédible dans le rôle du marchand de biens comme dans celui d'un 'music-addict'. Je vois Romain Duris bouger dans le paysage depuis une dizaine d'années, depuis Le Péril jeune où il n'avait que vingt ans. Je l'ai vu évoluer, changer, s'affirmer... (...) Romain crée un appétit. On a envie de tourner autour de lui, de le voir bouger".

* Le titre du film reprend un passage de la célèbre chanson composée par Jacques Lanzmann et Jacques Dutronc, et interprétée par ce dernier, La fille du père Noël.

* La costumière Virginie Montel a commencé par habiller Tom comme ses collègues. "Mais cela ne fonctionnait pas. Tom était transparent. (...) On ne percevait rien de son univers intérieur. Le monde de Tom s'est concrétisé lorsque Jacques a proposé le casque, un vrai 'truc' de musicien". Pour ce qui est de la façon dont le personnage campé par Romain Duris devait être chaussé, il fallut également tatônner un peu au début : "on a du essayer quinze paires de boots. Elles sont très importantes car elles donnent une démarche, une assise à Tom. Il faut déjà avoir une forme de confiance en soi pour pouvoir mettre des pompes pareilles ! (...) Tom est comme un coq, il a quelque chose de très latin. C'est le toréador, à la fois gracieux et viril. A la fin du film il ne porte plus ses boots à talons parce qu'il a changé".

Quant à la veste jaune du père de Tom, elle fait référence à Melodie pour un tueur. "Un clin d'oeil auquel Jacques Audiard tenait. Le jaune, dans les années 70, c'est assez justifié. Aujourd'hui, nettement moins. Il fallait assumer ce parti pris sans rendre le personnage du père ridicule ou hors époque. C'est d'ailleurs pour cela qu'il ne porte que la veste du costume. La veste jaune de Robert, c'est un peu comme les boots de Tom. Ils ont un point commun dans ce truc de personnalité très assumée, ce qui les différencie de Fabrice ( Jonathan Zaccaï) et de Sami (Gilles Cohen) qui, eux, à l'inverse, glissent vers des codes sociaux plus conformistes".

* Pour Tonino Benacquista, De battre mon coeur s'est arrêté "n'est pas un film noir, même s'il y a de la violence, des revolvers, de la mafia, etc... Jacques et moi sommes empreints de série noire, mais ici cette imagerie ne nous intéressait pas. Il s'agit simplement de l'histoire d'un type qui passe à l'âge d'homme. De battre mon coeur s'est arrêté ne s'inscrit dans aucun genre. D'ailleurs, avec Jacques Audiard, on n'est jamais dans aucun genre en particulier".

* De battre mon coeur s'est arrêté est le remake d'un film de 1978, Melodie pour un tueur, de James Toback. "C'est Pascal Caucheteux, alors qu'il venait de finir de produire le remake d'Assaut de Carpenter, réalisé par Jean-Francois Richet, qui m'a demandé si la réalisation d'un remake pourrait m'intéresser, et si oui, lequel", explique Jacques Audiard. "La réponse m'a semblé évidente : c'était Fingers de James Toback. Pourquoi ? Bien sûr parce que le film m'avait marqué lorsque je l'avais vu à sa sortie. Mais sans doute aussi parce que c'était un film qu'on avait du mal à revoir, qui repassait peu et qui, à force, avait créé autour de lui un mystère supplémentaire".

* Ce film, selon le réalisateur, "c'est un peu la queue de la comète du cinéma indépendant américain des années 70. (...) Quand j'ai revu le film avec Tonino Benacquista, je me suis demandé si je ne lui avais pas survendu ! Il y avait des trous énormes dans l'histoire, des hauts formidables mais aussi des bas redoutables. Et puis beaucoup de poses cinématographiques très datées". Ce que confirme le coscénariste du film : "Quand je l'ai vu, je n'ai pas été séduit, trop décousu, trop underground qui se cherche. J'avais des réserves sur la narration, j'y voyais les pièges d'une transposition aujourd'hui et en France. Partant de l'enthousiasme de Jacques et de mes réserves, nous nous sommes dit qu'en travaillant, nous allions trouver un objet commun".

* Si Melodie pour un tueur prenait pour cadre le milieu de la mafia italo-new-yorkaise, l'intrigue de De battre mon coeur s'est arrêté se situe pour sa part dans le monde de l'immobilier. "En réflechissant avec Tonino", explique Jacques Audiard, "on s'est assez vite fixé sur le milieu de l'immobilier (...) et plus précisément celui des petits marchands de biens dont les agissements sont parfois immoraux et à la limite de la légalité. De plus, il y a, je trouve, un rapport analogique entre le voyou qui accapare des vies, et le marchand de biens qui accapare du terrain, de la terre avec des gens dessus. Dans les deux cas ils accaparent de l'inaliénable".

* Autre différence marquante, "dans le film de James Toback, le personnage d'Harvey Keitel est ultra-camé, à la limite du pathologique. Je n'avais pas envie de ça, c'était trop simple. Trop explicatif. En revanche, j'avais envie d'un film qui aille vite, pas trop apprêté, pas 'formel' (même si je ne sais pas trop ce que cela veut dire), un film 'modeste' (idem). Je voulais que ça aille vite et en même temps que l'on soit suffisamment sur le personnage pour saisir l'émotion, la sensation".

De plus, comme le souligne Tonino Benacquista, si les deux coscénaristes ont "respecté la proposition de départ du film de Toback", c'était pour mieux "[s']en éloigner radicalement". Ils ont ainsi rajouté des personnages féminins, et supprimé le personnage de la mère, qui n'est plus ici vivante que dans le souvenir d'un fils qui espère embrasser la même carrière qu'elle. "Je crois", ajoute l'écrivain, "que le personnage qui ressemble le plus au film original est celui du père, joué par Niels Arestrup".

A ce sujet, pour la monteuse Juliette Welfling, qui a officié sur tous les films de Jacques Audiard, "De battre mon coeur s'est arrêté, c'est plus l'histoire des rapports d'un père à son fils. Le piano, pour Tom, c'est aussi un moyen. Ca lui permet de changer, de s'éloigner de son père et finalement de passer à l'âge adulte. De battre... raconte davantage l'histoire de ce fils et de ce père que l'histoire d'un malfrat qui veut réussir une audition".

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Photos du film

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Romain Duris et la presse :

Cinéastes - Stéphane Beaujean - Réalisation sous forme d'électrocardiographie, Audiard étrangle le cadre autour de son héros et laisse le monde hors champs. Tout est concentré sur le visage et le corps d'un Romain Duris écrasé et écrasant.

Le Monde - Thomas Sotinel - De battre mon coeur s'est arrêté, de Jacques Audiard. Inspirée du polar américain "Fingers", la quête d'un pourri qui se souvient qu'il a été pianiste. Une performance étonnante de Romain Duris.

Positif - Jean-Christophe Ferrari - Un beau, un magnifique jeune homme, donc, porté par un acteur dont l'interprétation exceptionnelle égale ici parfois celles du jeune De Niro.

Télé 7 Jours - Gérard Lenne - Cinéaste efficace [...], Audiard s'y entend pour créer une atmosphère, brosser des portraits... Voir l'émouvant personnage féminin formidablement joué par Aure Atika et , bien sûr, le plus beau rôle jamais tenu par un Romain Duris métamorphosé, dirigé, convaincu et convaincant.

Première - Sophie Grassin - Jacques Audiard filme son histoire en plans-séquences, caméra à l'épaule, dans le mouvement, la fluidité, la liberté. "De battre mon coeur s'est arrêté" vaut aussi par et pour Romain Duris, d'une densité totale, éblouissant, dont la profondeur de l'engagement sidère.

 

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