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Geneviève FONTANEL
et Jacques DESTOOP

 

 

 

 

 

 

 

Geneviève FONTANEL - Jacques DESTOOP
THE STORY !
 

Fontanel, Destoop - Destoop, Fontanel. Ne cherchez pas d'interview de l'une ou de l'autre où ne soient cités ces deux noms. Il n'y en a pas. Ils sont indissociables depuis plus de 50 ans.

Née à Bordeaux le 27 juin 1936, Geneviève Fontanel quitte la France à l'âge de 4 mois pour Casablanca, au Maroc. Elle ne reviendra à Paris qu'à 18 ans pour entrer au Centre d'Art Dramatique de la Rue Blanche à Paris où elle rencontre Jacques Destoop. Geneviève remporte le Premier Prix de Comédie Classique et le 2d Prix de Comédie Moderne, Jacques le 1er Prix de Comédie Classique, 1er Prix de Comédie Moderne et 2ème Prix de Tragédie. Ils entrent ensemble à la Comédie Française.

Le coup de foudre a lieu lors d'une représentation d'"Electre" de Giraudoux, sur scène, lors d'un baiser qui a entraîné pour l'occasion un trou de mémoire... mémorable !

Geneviève reste 4 ans au Français. "Je n'y suis pas restée parce que je n'avais pas la mentalité maison !", dit-elle. Sa carrière va désormais ressembler à celle d'Anouk Ferjac ou de Catherine Rouvel : de trop rares propositions pour le cinéma, beaucoup de télévisions et de superbes rôles au théâtre.
"Que voulez-vous que j'y fasse ? Le cinéma ne m'emploie pas. Je ne vais tout de même pas me morfondre ! Pour être star, il faut le vouloir. Rien d'autre ne doit compter. Je ne suis pas assez égoïste pour y parvenir..."

Jacques est né à Paris mais il a passé son enfance à Chartres. Il est l'aîné de cinq enfants, un seul garçon suivi de quatre filles : l'une de ses soeurs cadette, Josée Destoop, fait aussi du cinéma et travaille aussi à la réédition de livres d'art. Sa grand-mère était dessinatrice de mode. C'est d'elle, probablement, que Jacques a hérité son sens artistique, son goût pour les pointes sèches, la gravure sur cuivre et la peinture. "Mles parents sont de simples ouvriers. Aussi, ma mère me voue une admiration sans bornes. Pensez donc : avoir un fils sociétairede la Comédie Française !". Lorsqu'elle vient voir son fils jouer à Paris dans la Maison de Molière et qu'elle entend les applaudisements crépiter, elle n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles ! "Mon meilleur public, c'est ma mère". Avant de trouver sa voie, Jacques Destoop a tenté plusieurs professions. Sorti de l'école très tôt, il a tissé du grillage, vendu des journaux, travaillé en usine, appris le dessin de lettres dans un atelier de décoration, puis un camarade l'a emmené dans un conservatoire municipal près du Sacré-Coeur où une ancienne actrice de l'Odéon, Mme Péry-Coulon, donnait des cours. Ce fut une révélation ! Vocation découverte. Inscription à un cours d'art dramatique puis Rue Blanche et Conservatoire où il rencontre Geneviève. Il remporte deux premiers prix de comédie (classique et moderne) et un deuxième prix de tragédie. Au lendemain de cette moisson de prix, le 3 juillet 1958, Jacques signait son engagement à la Comédie Française... en même temps que Geneviève Fontanel !

 

Jacques et Geneviève se marient en 1960. Jacques quitte la Comédie Française pour un an, covaincu par Maurice Escande qu'il reviendra ! Il file une année chez Barsacq à l'Atelier et revient en effet à la "grande Maison" pour y jouer tous les grands rôles. Isabelle naît en 1961.

Jacques ne fait que de rares apparitions au cinéma : "L'amour à la chaîne" (65-Claude de Givray), "Bye bye, Barbara" (69-Michel Deville), "La punition" (73-Pierre-Alain Jolivet) et "L'alpagueur" (75-Philippe Labro). Ses télévisions sont également relativement peu nombreuses. Il ne travaille quasiment que sur les planches.

Geneviève apparaît pour la première fois au cinéma dans "Quai Notre-Dame" (60-Jacques Berthier) et, pour son deuxième film, sera la servante de Suzanne Flon et Jean Gabin dans "Un singe en hiver" (62-Henri Verneuil). Ses magnifiques cheveux roux seront cachés par une perruque brune dans le niais mais néanmoins classique "Angélique, marquise des anges" (64-Bernard Borderie). Elle retrouve Jean Gabin dans "L'affaire Dominici" en 1972.

Elle croise la carrière d'Annie Girardot dès 1964 dans "Un monsieur de compagnie" de Philippe de Broca, puis en 1976 en irrésistible employée du Trésor Public jalouse dans "Cours après moi que je t'attrape" (de Robert Pouret) qui sera un succès public aussi inattendu que considérable, à nouveau en 1977 où elle doit organiser un face à face télévisé entre les époux Girardot-De Funès ("La zizanie" de Claude Zidi), et enfin en 1987 pour Jean Sagols dans le succès télévisé "Le vent des moissons".

Geneviève Fontanel incarne des personnages au rôle très bref pour des metteurs en scène reconnus : Michel Deville en 1972 (La femme en bleu), Truffaut en 1976 (L'homme qui aimait les femmes), Moshe Misrahi en 1977 (La vie devant soi - Mais pourquoi disparaît-elle du générique de fin ?) et en 1980 (Chère inconnue), Bertrand Blier en 1984 (Notre histoire), Pascal Kané en 1989 (Un jeu d'enfants), Jean-Loup Hubert en 1990 (La reine blanche) ou encore Yves Robert en 1993 (Montparnasse-Pondichéry).

Point adepte d'une certaine cour entourant Truffaut ou du cinéma intello de Pascal Kané, Geneviève aime retourner respirer dans des comédies sans prétention mais où elle s'amuse : "La rivale" de Sergio Gobbi (1974), "Dis-moi que tu m'aimes" de Michel Boisrond (1974) restent de bons moments de cinéma, et Geneviève garde un souvenir particulièrement agréable de cette parodie du Cid tournée dans la bonne humeur par Philippe Clair "Rodriguez au pays des merguez" (1979).

Parmi les trente longs métrages qu'a tournés Geneviève Fontanel en quarante ans, il nous plairait de pouvoir découvrir ses apparitions dans des films tombés dans les oubliettes tels "Les aventures de Salavin (ou la confession de minuit)" (64-Pierre Granier Deferre), "Trois hommes sur un cheval" (69-Marcel Moussy), "Le quinze août", "Femmes au soleil" (73-Liliane Dreyfus),...

Sur la centaine de films de télévision qu'il nous a été possible de recenser à ce jour dans la carrière de Geneviève, peu nombreux sont ceux dont se souviennent les programmateurs de nos chaînes-TV. Que de trésors pourtant à découvrir dans les tiroirs de l'I.N.A. en lieu et place des séries américaines qui ont envahi notre paysage audiovisuel ! Nous nous plaisons souvent à rappeler l'interprétation de Geneviève parmi celles que nous avons préférées : celle de Madame Petiot, la boulangère de "La maison des autres" (76-Jean-Pierre Marchand, d'après Bernard Clavel) aux côtés des regrettés Jacques Rispal et Philippe Marlaud.

Il faut également évoquer "Vidocq", la série originale de 1966 réalisée par Marcel Bluwal et Claude Loursais, avec l'ami Bernard Noël que Geneviève retrouvera la même année dans "Idylle villageoise" (66-Roger Iglésis) et, plus tard, dans "Cinq poissons pour un week-end" (69-Abder Isker).

Au milieu de ce parcours si riche et diversifié, quelques rôles ne laisseront pas de souvenir impérissable parmi lesquels "Marion", "Striptease", "Les pique-assiettes", "Marie Pervenche"... Qu'importe. La présence si belle, le visage, la force de jeu de Geneviève Fontanel dans "Un coeur sur mesure" (81-Claude de Givray) ou dans "Pitié pour les rats" (84-Jacques Ertaud) nous réconcilient ausitôt avec une comédienne d'exception.

La carrière de Geneviève Fontanel et celle de Jacques Destoop se croisent régulièrement depuis les planches du Conservatoire, jusqu'à aujourd'hui, au théâtre et à la télévision : Giraudoux et "Electre" (le coup de foudre !) ou encore "La duchesse de Langeais", Pirandello et "Ce soir on improvise", André Roussin et "L'amour fou ou la première surprise", Octave Mirbeau et "Le journal d'une femme de chambre" salué unanimement, et puis Daniel Boulanger et "Le chandelier" magnifiquement mis en scène par Jacques.

Aujourd'hui, Geneviève et Jacques partagent leur temps entre leur appartement parisien près du Parc Montsouris, leur maison de l'Oise achetée en 1980, et les tournées théâtrales. Jacques n'a quitté la Comédie Française qu'en 1987, après 26 ans de bons et loyaux services, tandis que Geneviève retrouve de temps à autres l'atelier de comédie d'Andreas Voutsinas. Jacques poursuit sa carrière de metteur en scène et d'auteur. Quand ils se retrouvent dans leur maison, Jacques peint et... fait la cuisine, Geneviève s'occupe de ses plantations et de ses animaux (les chiens Sam et Bébert, les quatre chats : Téo trouvé par Yves Rénier, Aziz, rapporté du Maroc où il traînait cadavérique dans un caniveau, Lola, la chatte blanche angora, et le rouquin Roux-Bibi recueilli au Parc Montsouris). Le couple part régulièrement au Maroc passer des vacances là où Geneviève a laissé toute sa famille.

 

En 1992, Jacques expose dans une galerie de la rue des Tournelles à Paris, une suite de personnages de théâtre qui avancent vers le public.

Aujourd'hui, Isabelle, leur fille, habite la Belgique où son mari est correspondant de l'AFP. Geneviève et Jacques sont grands-parents et retrouvent aussi souvent que possible leurs petits-enfants dans leur maison de l'Oise : Mathieu, Guillaume et Laeticia.

Destoop-Fontanel. Une vie pleine, menée à cent à l'heure, tous fruits cueillis à pleins dents, arrachés à pleines mains. Tous feux brûlés au hasard des rencontres et des passions. Et la campagne pour se ressourcer, Isabelle et les enfants pour se retrouver, le théâtre pour reprendre la mesure de l'essentiel. Un bilan dont il peut être légitime d'être fier. Nul doute que cette collaboration nous réserve encore bien des productions de qualité. C'est là tout ce que nous leur souhaitons. Tout ce que nous nous souhaitons.

Alan O'Dinam.

 

 

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