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Cinéma - 1968 -
Mister
freedom - Scénario et
réalisation William KLEIN - Tournage février /
avril 68 - Durée 1h.50 - Avant-première le
12-8-68 au Festival d'Avignon - Sortie Paris 8-1-69 - Film
sorti en DVD chez Arte vidéo le 23-11-2005 Avec : Delphine SEYRIG
(Marie-Madeleine), John ABBEY (Mister freedom), Yves MONTAND
(Le capitaine Formidable), Philippe NOIRET (Moujik man),
Catherine ROUVEL (La
Marie-rouge), Sami FREY
(Christ man), Donald PLEASANCE (Doctor Freedom), Jean-Claude
DROUOT (Dick Sensass), Serge GAINSBOURG (Mr Drugstore),
Monique CHAUMETTE, Simone SIGNORET, Rita MAIDEN, Sabine SUN,
RUFUS, Yves LEFEBVRE, Pierre BAILLOT, Henri PILLSBURG,
Michel CRETON, Colin DRAKE, Daniel
COHN-BENDIT.
L'histoire : Mister Freedom est un "superman
américain, justicier moralisateur national et
international qui impose de gré ou de force les
bienfaits de Freedom partout, et surtout là où
on n'en a pas besoin". Mister Freedom est une sorte de
cow-boy néo-colonisateur, il part à l'assaut
de ce petit pays sous-développé qu'est la
France, visant sa libération de la menace rouge et du
péril jaune. Il doit découvrir le meurtrier du
Capitaine Formidable, autre défenseur de "l'ordre",
lâchement assassiné... Mais le mouvement de
résistance anti-freedom veille et va réagir
!
Notes : Ce film est de
William KLEIN, considéré comme un artiste
d'avant-garde. Peintre, photographe et cinéaste,
William KLEIN, New-Yorkais âgé de 40 ans
lorsqu'il réalise "Mister Freedom", est arrivé
à Paris en 1948 pour découvrir les grands
artistes. Sa peinture est abstraite,
géométrique. Il rencontre Fernand LEGER chez
qui il va travailler. Mais il ne voit que bien peu de choses
bouger en France. C'est donc en Allemagne que son regard est
arrêté par le Bauhaus auquel il va
s'intéresser. Il se découvrira
également une passion pour la photographie et
exercera principalement ses dons dans les rues de New-York
-son livre "New York" en témoigne admirablement.
Avant "Mister Freedom", il a déjà
réalisé deux longs métrages : "Cassius
le Grand" (Grand Prix au Festival de Tours) et "Qui
êtes-vous Polly Magoo ?" (Prix Jean Vigo 1967),
participé à la réalisation de "Loin du
Vietnam", réalisé plusieurs courts
métrages et documentaires pour la
télévision française parmi lesquels
"Broadway by light", "Comment tuer une Cadillac", "Le grand
magasin" ou "Le business et la mode".
Christian ZIMER parle de "Mister
Freedom" dans "Les Temps Modernes" comme d' "une cure de
psychologie collective, une entreprise d'exorcisme
destiné à dissiper cette espèce de
terreur sacrée qu'inspirent à la foule les
jeux mystérieux de la politique. C'est donc en soi un
acte politique...". Alain JOUFFROY évoque
également cette dimension plitique de "Mister
Freedom" dans "Opus" : "Mister Freedom est non seulement une
déclaration de guerre à l'impérialisme
de Superman, mais une déclaration de guerre à
notre propre conception de la liberté... Nous ne
devons pas sous-estimer la portée politique de Mister
Freedom".
Dans "L'Humanité", Samuel
LACHIZE prévient le spectateur de ce qui l'attend :
"Ce n'est pas un film tranquille pour spectateurs
béats, mais une oeuvre-choc, une
révélation de ce que pourrait être le
cinéma...". Raymond LEFEVRE estime, dans
"Cinéma 69", que William KLEIN a manqué de
nuances dans sa "transposition de l'impopulaire guerre du
Vietnam". Il parle d' "univers de gadgets en folie" dans
lequel "les surprises visuelles abondent. Du meilleur au
moins bon (...). Toutes ces trouvailles réjouissantes
ne font pas oublier des longueurs pénibles, lorsque
l'action s'efface devant un dialogue d'évidences ou
lorsqu'elle se dissout dans une situation que Klein prolonge
jusqu'à l'usure". Delphine SEYRIG remporte
l'adhésion de Raymond LEFEVRE : "Elle est
extraordinaire de fantaisie, d'entrain, de finesse, de
beauté et d'émotion. Quelle actrice
!".
Yvonne BABY dans "Le Monde"
parle de "farce ubuesque, tragédie violemment
anti-impérialiste et dont il paraît presque
faible de dire qu'elle met en cause notre
société". "L'Express" parle de "bande
dessinées", de "farce pamphlet, dégoulinant de
farde, d'hémoglobine et de ketchup", de même
que dans "Le Monde", Claude JULIEN parle d'
"allégorie" et y voit "un chef d'oeuvre". Si dans
"France-Soir", Robert CHAZAL estime que "la farce est si
grosse qu'il paraît impossible de s'en effrayer",
Michel CAPDENAC considère dans "Les Lettres
Françaises" "ce guignol de William Klein" comme "un
foisonnement de trouvailles et une bourrasque tonifiante et
rafraîchissante". Pour Michel MARDORE, dans "Le Nouvel
Observateur", "c'est gros, c'est "hénaurme", et d'une
réjouissante insolence (...). Bande dessinée
violente, bariolée, ne ressemblant à aucun
film connu". Jean DE BARONCELLI est
partagé dans "Le Monde". Il apprécie
l'efficacité des trouvailles du réalisateur
mais regrette que "le désir visuel que veut nous
imposer l'auteur devient un magma confus où la satire
n'explose plus que sous forme de grossiers pétards
(...). La provocation elle-même a ses règles et
ses limites".
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