- Les mouvements des planètes du système
solaire ont semblé pendant longtemps remarquables par
leur stabilité et leur régularité.
- Mais cette stabilité n’a jamais
été prouvée rigoureusement.
- Le modèle des orbites des planètes
donné par Kepler en 1609 est rendu caduque par les lois
de la gravitation universelle de Newton.
- Et ce sont surtout les travaux de Henri
Poincaré portant sur l’évolution des trajectoires
des planètes qui ont modifié la vision de la mécanique
céleste.
- Aujourd’hui on pense qu’un grand
nombre de corps du système solaire ont un mouvement
chaotique :
Les
comètes
Les
astéroïdes
Les
planètes
- Les prédictions possibles sur
l’avenir du système solaire sont donc limitées.
- En première partie, nous allons nous
intéresser à un problème majeur dans l’étude du
système solaire : le problème à N corps.
- Puis nous examinerons les différentes
méthodes d’études utilisées par les
astrophysiciens pour rendre compte de l’instabilité
du système solaire.
- Enfin, nous verrons les limites des
prévisions actuelles.
Le problème à N corps :
Définition :
- Le système solaire peut être considéré
comme un système dynamique composé de 10 corps en
négligeant les satellites et les astéroïdes.
- Le problème des N corps est l’étude
du mouvement de N masses ponctuelles qui s’attirent
conformément à la loi de Newton.
- On sait résoudre le cas de deux corps (
soleil + une planète ). On est conduit au mouvement
Képlérien : la trajectoire de la planète est une
ellipse dont le soleil occupe l’un des foyers.
- Si la loi de Newton permet de déterminer
les orbites des planètes théoriquement, il est
cependant plus compliqué, en pratique, de déterminer
celles de deux planètes au moins autour du soleil.
Non intégrabilité :
- Un système est dit non intégrable
lorsque l’on ne trouve pas de solutions
analytiques exactes.
- Le problème est de tenir compte des
influences des planètes les unes sur les autres.
- Poincaré étudie les équations
différentielles de ce système dynamique qui ont
longtemps résistées aux efforts des scientifiques.
Méthodes d’étude :
Par approximations
successives :
- Puisqu’il n’est pas possible de
résoudre les équations qui régissent le système
solaire, les mécaniciens célestes procèdent par
approximations successives.
- C’est ce qu’on fait Laplace et
Lagrange. Ils mirent au point des méthodes permettant de
trouver des solutions approchées qui consistent à
rechercher la solution sous forme de séries.
- Ils se ramènent alors à un système
intégrable en négligeant une partie des équations qui
possède en facteur une puissance de plus en plus
élevée d’un petit paramètre e .
- Mais les solutions obtenues en tronquant
ces séries ne peuvent donner une bonne approximation du
mouvement des planètes que pour un temps fini, petit à
l’échelle du système solaire, et ne permettent pas
de conclure sur la stabilité du système solaire.
- De plus, Poincaré à montré que ces
séries sont généralement divergentes.
L’étude qualitative de
Poincaré :
- Vers 1890, Poincaré envisage le problème
d’un point de vue qualitatif.
- La méthode d’étude consiste à
étudier la succession des points qui sont à
l’intersection de la trajectoire avec un plan
perpendiculaire à celle-ci. Cette section de la
trajectoire par un plan normal est appelée une section
de Poincaré.
- Et c’est l’étude de cette
succession de points qui permet de prévoir l’avenir
de la trajectoire.
- Il commence par étudier les flots du
premier ordre. Les courbes solutions ou courbes
intégrales permettent de définir des points singuliers.
Les
nœuds : par lesquels
passent une infinité de courbes
intégrales.
Les
cols : par lesquels passent deux
courbes intégrales.
Les
centres : qui sont entourés de
courbes intégrales fermées qui
s’emboîtent mutuellement.
Les
foyers : autour desquels les
courbes intégrales s’approchent
sans cesse, à la manière d’une
spirale.
- Mais cette étude ne suffit pas pour
résoudre les problèmes non intégrables.
- Poincaré a alors l’idée de partir
de solutions périodiques et il étudie ce qui se passe
au voisinage d’une trajectoire comme pour les points
singuliers.
- Si une trajectoire est
régulière, son intersection avec le
plan de section est contenue dans une
courbe régulière.
- Si, au contraire, la
trajectoire est chaotique, les points
successifs remplieront toute une région
du plan de manière aléatoire.
Le problème de la stabilité à long
terme :
La dépendance sensible
aux conditions initiales :
- Les résultats actuels obtenus ne
permettent pas de prévoir les orbitales planétaires
au-delà de 100 millions d’années.
- En effet, la distance de deux orbites
initialement proches est multipliée par 3 tous les 5
millions d’années.
- Ainsi une erreur relative de 10-10
sur les conditions initiales implique une erreur de
seulement 10-9 au bout de 10 millions
d’années (temps caractéristique du système
solaire) mais atteint 100% au bout de 100 millions
d’années.
- On ne peut donc pas prévoir la position
d’une planète sur son orbite à longue
échéance ; ce qui est la marque du chaos.
La stabilité de Poisson :
- Malgré l’impossibilité de résoudre
rigoureusement et complètement le problème de la
stabilité du système solaire, Poincaré a cependant
réussi à démontrer des résultats partiels.
- En effet il a en effet prouvé que
" le système repassera une infinité de fois
aussi près que l’on voudra de sa position
initiale ". Ce qui induit une certaine
stabilité pour les planètes.
- Mais ce résultat n’est que partiel
car il ne s’applique qu’au problème restreint
des 3 corps ; le corps troublé étant de masse
négligeable.
Conclusion :
- En conclusion, on peut dire que :
- Le caractère chaotique du système
solaire nous empêche de prévoir le futur de manière
précise au-delà de 100 millions d’années.
- A titre d’exemple, on ne peut pas à
l’heure actuelle préciser quelles ont pu être les
variations maximales de l’excentricité de la terre
au cours de son histoire.
- Or ceci représente un grand intérêt
dans l’étude des paléoclimats.
- On pourra sûrement répondre à cette
question dans le futur, mais cela demandera encore
beaucoup d’années de recherches.