La vache
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Il faut préciser que le lien entre la maladie animale et sa
manifestation chez l'homme n'a toujours pas été établi avec certitude. Le premier cas de maladie Creutzfeldt-Jakob
est ap paru en 1890, mais n' a été finalement identifié qu'en 1920.
Cette maladie se divise en différentes variations. Les
types 1, 2 et 3 de la maladie de CreutzfeldtJakob n’auraient pas une origine
animale directe. Celui qui nous intéresse ici est le type 4 qui a été décrit
pour la première fois au Royaume-Uni en 1996, et qui est " associé " à la présence d’une protéine déréglée appelée prion.
On trouve la même signature biochimique dans le cerveau des victimes humaines
et bovines. Mais " associée " ne veut pas dire " causée ",
comme l'avance Alan Ebringer, un spécialiste en immunologie du King’s College
de Londres. C'est en mai 1999 qu'il déclare que l’encéphalopathie
spongiforme bovine n’est pas causée par des prions, mais par des bactéries
ordinaires, fréquentes dans le sol et dans l’eau, qui ressemblent beaucoup
aux cellules du cerveau. |
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C'est
cette ressemblance qui serait fatale à la vache,
étant donné que les anticorps produits par les bovidés détruiraient indifféremment
les cellules cérébrales et les bactéries infectieuses.
En ce qui concerne les levures, des mutations intempestives des gènes ont été mises à jour par une étude de Susan Lindquist, de l’Université de Chicago, publiée dans Nature. La présence de prions dans la levure lui permettrait d’accumuler des mutations silencieuses avant de les exprimer toutes d’un coup. Dans son état normal, une certaine protéine indique à la cellule à quel moment elle doit cesser de lire ses gènes et, une fois la transformation effectuée, à quelle moment elle peut se remettre à les lire. Ce mécanisme permet à l’espèce d'exploiter au maximum la variabilité de son génome afin de s’adapter rapidement à tous les environnements qu’elle rencontre. Elle peut, par exemple, s'organiser de telle façon à instaurer une résistance accrue aux antibiotiques, ou à se nourrir dans un nouvel environnement. On ignore pour le moment si un mécanisme semblable existe chez d’autres espèces et si ce mécanisme ne serait pas la cause de la dégénérescence qui nous intéresse. Dans l'édition du 11 avril 1996 de la revue Nature, le Pour Alan Ebringer, il ne fait pas de doute que c'est le cas et que la maladie de la vache folle est une maladie auto-immune, où l’organisme se détruit par lui-même. Ce chercheur appuie sa théorie sur le fait qu'une des victimes de cette maladie dégénérative du cerveau était végétarienne, ce qui tendrait à prouver que ceux qui ont mangé de la viande de bœuf contaminée n’auraient donc rien à craindre. A contrario, d'autres chercheurs ont constaté que le fait de manger de la viande crue et de la cervelle augmentait sensiblement les risques de contracter la maladie, tout comme celui de travailler dans l’industrie du cuir ou d’entrer en contact avec des fertilisants contenant des cornes et des os d’animaux. Mais a t'on pensé à rechercher les bactéries mises en causes par Alan Ebringer dans ces milieux ?
Une alimentation chimique : Une étude rendue publique par un organisme environnemental britannique en 1999
révèle que le lait maternel contient jusqu’à 350 produits chimiques différents,
dont plusieurs fortement toxiques, dépassant pour certains jusqu'à 40 fois les
doses de polluants autorisées par l’Organisation Mondiale de la Santé. Il faut préciser que, en élevage, l'utilisation des antibiotiques à des fins thérapeutiques ou zootechnique est courante. Cette dernière permet une amélioration du gain de poids de l'animal que l’on peut estimer entre 2 à 5%, et est basée sur une législation datant de 1974. Toute utilisation d’antibiotique dans une optique thérapeutique conduit tôt ou tard à la sélection de bactéries qui se voient, de plus, résister à plusieurs antibiotiques de familles différentes. Les soins sont alors inefficaces, mais les molécules, elles, perdurent dans la bête, et poursuivent leur routes dans la chaîne alimentaire. Malgré que la législation actuelle a obligé depuis le 1er janvier 1997, à la définition des Limites Maximales de Résidus, Elisabeth Chaslus-Dancla de l'INRA déclare : « Le risque dû au transfert de bactéries pathogènes zoonotiques de l’animal à l’homme existe. Les transferts sont possibles mais il est difficile de les mettre en évidence, de les quantifier et d’en mesurer les conséquences. De plus, lorsque les mêmes molécules sont utilisées chez l’homme et l’animal, il est difficile de faire la part de la sélection de bactéries et de mécanismes de résistance qui relève d’une utilisation à l’hôpital, en médecine de ville ou en élevage. » Le rapport de la Commission de l’agriculture et du développement rural du Conseil de l'Europe daté du 1er décembre 1999 indique que : « Aucun garde-fou n'empêche un éleveur de donner à ses bêtes des antibiotiques qui n'offrent peut-être pas toutes les garanties médicales. De plus, comme il est souvent difficile de traiter seulement quelques animaux dans un troupeau, l'éleveur peut décider de traiter l'ensemble du troupeau alors que seulement quelques animaux sont malades. Le traitement du troupeau entier augmente fortement le nombre des animaux exposés à l'antibiotique et donc les risques d'apparition de bactéries résistantes à celui-ci. » De plus « Une autre utilisation des antibiotiques en agriculture consiste à pulvériser des antibiotiques sur les récoltes pour empêcher et traiter des maladies. » Mais ce rapport est resté lettre morte et aucune décision n'a été prise à ma connaissance en ce qui concerne l'utilisation des antibiotiques dans la filière agricole. |
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Il
est étonnant que la voie bactériologique n'ait pas été
reprise en cœur par les producteurs de bétail, de farines animales, ou par le
gouvernement français qui sait pourtant faire le black-out sur les statistiques
des personnes touchées par la maladie de CreutzfeldtJacob. Bien que depuis le
19 septembre 1996, la maladie de Creutzfeldt-Jakob et les autres encéphalopathies
subaiguës spongiformes transmissibles humaines, quelle que soit leur cause,
soient inscrites sur la liste des maladies à déclaration obligatoire, les
statistiques s'arrêtent à la fin de l'année 1997. En Angleterre,
durant les 15 années de la crise, les autorités politiques faisaient
également tout ce qui était en leur pouvoir pour museler les scientifiques. Le
microbiologiste Stephen Dealler, a résumé la situation ainsi : « On
a empêché
beaucoup de recherche de se faire, on a empêché beaucoup de publication et
beaucoup de recherche ont été menées à l’interne par le ministère de
l’Agriculture. Mais il était très, très difficile de porter ces données à
la connaissance du public. Les chercheurs qui essayaient de sonner l’alarme
n’ont tout simplement pas été écoutés. » |
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L'aide-mémoire de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en
date du mois d'août 1998 nous sensibilise sur les maladies infectieuses
émergentes ou ré émergentes. Le virus Ebola et le Sida font partie des
premières, alors que le Choléra et la méningite sont à ranger dans les
secondes. L'augmentation du nombre des personnes qui vivent et se déplacent
dans le monde et la dégradation des infrastructures de santé publique
incapables de faire face aux besoins de la population sont les causes
principales de ce constat. Mais l'OMS souligne dans le même document qu'un
autre problème émergent de santé publique est l'augmentation rapide du nombre
de bactéries qui deviennent résistantes à une gamme de plus en plus étendue
d'antibiotiques, qu'ils soient utilisés pour le traitement des maladies ou dans
la production d'aliments d'origine animale. Du fait de leur exploitation
intensive, les antibiotiques actuels auront perdu toute efficacité d’ici de
10 à 20 ans. Il serait temps de s'alarmer de la situation, quand on sait que la
mise au point d’un médicament prend de 15 à 20 ans !
Derrière la vache, l'apocalypse : | ||||
Selon les résultats d'une étude des chercheurs du Tokyo Institute of Technology rendue publique en 1997, la vache, l'hippopotame et la baleine se partageraient un élément génétique qui ne varierait pas au cours de l'évolution. Cela permettrait de déduire qu'ils proviennent donc d'un même ancêtre commun qui serait un herbivore terrestre vieux de 60 millions d'années. La barrière entre les espèces se voit singulièrement abaissée, et le risque de contamination s'en voit augmenté. L'élevage et l'abattage industriels ont été à l'origine d'une agriculture contre nature, transformant des herbivores en carnivores sous antibiotiques. La loi du marché et l'impératif de produire à un coût toujours plus bas l'ont emporté sur les règles élémentaires de sécurité en matière d'alimentation animale. Qu'avons-nous fait de l'anima, l'âme, qui anime la bête ? Le choix d'aliments additionnels visant à augmenter et accélérer la croissance du bétail ou sa productivité laitière (pour arriver
à produire 10 000 litres de lait par tête et par an ce qui correspond au
sevrage de 12 veaux...) n'est pas pléthorique. Il existe les farines de poisson mais
leur coût est prohibitif, comme l'est celui du tourteau de soja qui provient en
grande partie du Brésil et des USA, et sous une forme génétiquement
modifiée. Il ne reste plus que les
farines de viandes, les autres aliments comme les tourteaux de colza et de
tournesol ou les protéagineux ayant des niveaux de protéines nettement
plus faibles. |
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Mais
le branle-bas de combat actuel autour des farines animales
paraît ridicule quand on porte un regard froid et statistique sur le nombre de décès
humains induits relativement, par exemple, au nombre de morts causé par les
accident de la route. Par contre il prend toute sa dimension si l'on réalise
que la maladie de CreutzfeldtJacob n'est qu'un prétexte pour couvrir le vrai
problème qui est la possibilité d'une épidémie qui passeraient la barrière
des espèces, mettant ainsi à mal tout être en possession d'un cerveau.
L'arbre des farines animales cache la forêt des conglomérats de l'industrie
chimique et pharmaceutique qui se doivent de développer de nouveaux agents
antimicrobiens et de nouvelles méthodes de lutte contre les maladies
contagieuses. Cette fuite en avant ne fait que reculer l'échéance de la
décrépitude de toute forme de vie sur cette terre, étant arrivé au bout de
ce qu'il était possible de faire dans cette lutte où la bactérie, l'un des
premiers êtres vivant sur cette planète, risque bien d'être le dernier.
A qui profite le crime ? Dés 1954, on a commencé "à forcer" le
bétail avec des antibiotiques et à conserver les aliments dans des solutions
qui en contiennent. De plus les antibiotiques sont utilisés
pour traiter les maladies des animaux. Certains ne sont disponibles en médecine
humaine que sur ordonnance. Par contre, ces médicaments sont en vente libre
pour les éleveurs. Il y a
donc un risque qu'aucun vétérinaire ne contrôle le traitement des maladies
des animaux. Les traitements peuvent être donnés sans contrôle à l'animal
prétendument malade, et de façon préventive au reste du troupeau. Le nombre
des animaux exposés à l'antibiotique est ainsi multiplié, ainsi que les
risques d'apparition de bactéries résistantes au remède. |
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Une
autre utilisation des antibiotiques en agriculture consiste à pulvériser
des antibiotiques sur les récoltes pour empêcher et traiter des maladies. Les
espèces bactériennes responsables de maladies des plantes sont différentes de
celles responsables des maladies humaines, mais elles peuvent appartenir aux mêmes
familles. Elles ont pour point communs de développer des résistances toujours
plus efficaces aux traitements qu'on leur inflige. |
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Le problème intervient si le gène de résistance est transféré aux bactéries qui infectent les humains. Cette mutation bactérienne rend alors les infections qu'elle produit plus difficile à traiter. C'est justement ce que Thomas O'Brien, chercheur à la faculté de médecine d'Harvard et plusieurs de ses collègues ont démontré au milieu des années 80. Ils ont publié une étude montrant que des gènes résistant aux antibiotiques trouvés dans des bactéries infectant des humains étaient identiques à ceux trouvés dans des bactéries infectant des animaux. Le docteur Louis De Brouwer écrit : « A l'évidence, il s'opère une sélection de bactéries génétiquement modifiées par une mutation, ce qui explique que ces bactéries deviennent résistantes. Si ces bactéries sont modifiées génétiquement, pourquoi pas les cellules normales ? ». Ce dont on est sûr, c'est que les antibiotiques ont des effets secondaires sur les organismes humains, et à fortiori animaux. On note des effets toxiques sur les reins, le foie, la moelle osseuse, le système nerveux , des réactions allergiques, des réactions d'intolérance digestive, une diminution de la résistance naturelle aux infections et tout ce qui peut s'en suivre. Il faut aussi préciser que nombre d'antibiotiques passent dans le lait et dans le placenta. Vous vous souvenez que au début de ce texte nous avons croisé un chercheur qui porte le nom de Alan Ebringer. Pour ce dernier l'ESB n’est pas causée par des prions, mais par des bactéries ordinaires. Et d'après ce que nous venons de voir, émettre l'hypothèse que ce dérèglement bactérien pourrait être provoqué par des antibiotiques, sous quelque forme que ce soit, n'est pas plus aberrant que d'émettre " l'hypothèse d'une contamination croisée par les farines de viande d'os ", comme ne se gène pas de faire l'AFFSA. Mais il est vrai qu'il est plus facile de s'attaquer à des fabricants de farines animales qu'à l'industrie pharmaceutique, qui est souvent inextricablement liée à l'agrochimie et à la chimie, c'est-à-dire à l'élaboration d'organismes génétiquement modifiés, à la fabrication des pesticides et des herbicides par l'entremise de groupes internationaux tentaculaires. Bien que les remous autour des OGM tendent à brouiller les cartes, les uns pariant plus sur la chimie et la pharmacie, les autres sur les OGM de deuxièmes génération sur les quelles nous reviendront, ces laboratoires garantissent un facteur de prospérité économique et de maintien de l'emploi dans chaque pays qui les abritent. Les quatre premier groupes agrochimistess mondiaux que sont Syngenta (issu de la fusion du groupe suisse Novartis et du britannique AstraZeneca), Aventis (franco-allemand), BASF/Cyanamid (allemand-américain) et Monsanto (américain) détiennent 61 % de parts de marché pour l'année 1999. Le groupe Syngenta emploi 23 800 salariés et réalisera plus de 7 milliards de dollars de chiffres d'affaires cette année, et celui-ci ne détient que 24 % des parts de marché d'un secteur dont le chiffre d'affaires dépasse les 25 milliards de dollars. Si jamais on supputait une quelconque responsabilité du côté de ces multinationales, quel État prendrait le risque de voir disparaître les laboratoires, les industries agroalimentaires, les entreprises agricoles et d'élevage ? En effet, ces dernières sont maintenant obligées de recourir aux services des industries chimiques, de par les conditions de productivités imposées et les infections de bactéries renforcées par les anciens remèdes de ces mêmes conglomérats. Mais
quitte à faire des hypothèses, on peut s'interroger sur le
sens de la déclaration d'un responsable de BASF cité dans Les Échos : « Les
OGM vont se développer, cela paraît indiscutable, mais il faudra probablement
attendre quatre ou cinq ans, le temps de convaincre les consommateurs européens
notamment ». L'essor de plantes transgéniques résistant aux herbicides
et aux pesticides, d'autres OGM de deuxième génération enrichis en vitamines
ou à haute teneur en protéines, devrait assurer à l'agrochimie un niveau
de rentabilité proche de celui de la pharmacie à plus ou moins long
terme. La maladie de la vache folle arrive à point nommé pour accélérer les échéances et modifier les états d'esprit.
Bien sûr, je n'ose imaginer que cette épidémie qui ne touche que les pays européens, c'est-à-dire les plus réticents aux OGM, ne soit pas le fruit du hasard. Il serait vraiment totalement déplacé de ma part de penser que le seul mode d'alimentation substituable aux OGM, en l'occurrence les farines animales, ait été supprimé à cause d'une maladie inoculée par une main animée de vils intérêts. Ce serait souffrir d'une profonde paranoïa que de supposer que cette main travaille en collaboration avec les plus hautes instances internationales pour uniformiser au niveau mondial ce que nous produirons et ce que nous mangerons demain. Je conclurai cet article en citant une dernière fois le Dr Louis De Brouwer : « Nous assistons depuis quelques années à une manipulation de l'opinion publique par le jeu de quelques journalistes et de quelques scientifiques grassement rétribués, qui sont chargés de nous faire croire que la couche d'ozone disparaît peu à peu au fil des ans et que cette disparition va provoquer un véritable désastre au niveau planétaire.(...). En réalité, un groupe industriel américain et non des moindres, le groupe Dupont de Nemours, pousse à la suppression des C.F.C. pour les remplacer par des produits plus coûteux dont il détiendra les brevets. Pour ce faire, Dupont de Nemours favorise les actions et les revendications d'extrémistes écologistes. Ainsi, durant les 20 prochaines années, cette entreprise réalisera des milliards de dollars de bénéfices grâce aux licences obtenues pour l'exploitation et la vente des substituts aux C.F.C. » Toute ressemblance
de la méthode évoquée par cet extrait avec
le sujet qui le précède ne serait que pure coïncidence.
Sources : Bulletin épidémiologique hebdomadaire Les antibiotiques en élevage : état des lieux et problèmes posés par Elisabeth Chaslus-Dancla Rapport de l'AFFSA sur l'alimentation animale (27/09/00) La Mafia Pharmaceutique & Agro-Alimentaire, Dr Louis De Brouwer, Louise Courteau Éditrice Inc. Les Échos, n°1113, Lundi 13 novembre 2000. Vous êtes sur le site
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