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La vraie conspiration Si l’on évacue
les explications nécessaires aux néophytes pour justifier l’idée qu’une
conspiration mondiale visant l’humanité est en marche depuis des lustres, on
tombe inévitablement sur l’hypothèse qui tient le haut du pavé depuis les
années 90. Il s’agit de la théorie du Nouvel Ordre Mondial (New World Order
– NWO) qui nous annonce l’avènement d’un gouvernement mondial unique.
Nous verrons que si la globalisation peut alimenter cette idée que partage la
majorité des férus de complot, elle ne la certifie pas réellement. L’objet
de la conspiration se retrouve donc une nouvelle fois face à une incertitude
que je vais tenter de dissiper par mon analyse, mais que seul votre choix pourra
finalement révéler. La caractéristique d’une
conspiration réussie tient dans le fait que l’on ne peut ni en déceler
l’objet, ni remonter à ses commanditaires. Un observateur lambda peut juste
en constater les effets, sous un angle trompeur qui ne lui permettra pas de
mettre à jour le complot puisque il ne sait même pas que ces manifestations
sont le résultat d’une manigance. Il rapportera les évènements à sa grille
de lecture, biaisée par son manque de recul sur sa vision de l’histoire du
monde. Les pièces du puzzle conspirationniste ne seront jamais réunies
puisqu’elles seront laissées au simple rang de faits d’actualités, ou à
celui d’une évolution résultant d’un processus inéluctable. Les éléments
séparés de l’ensemble par une vision étriquée ne composeront jamais autre
chose qu’une histoire, qui peut être exacte, mais qui demeure illisible pour
celui qui se pose des questions sur le sens général. Les analystes considèrent les
théories de conspiration comme des chroniques ayant pour but de remplacer les
mythes ou les religions éculées. Les sceptiques affirment qu’elles ont pour
seul rôle de donner un schéma de compréhension du monde en adéquation avec
la modernité. Le monde devenant global, la conspiration en fait autant. Le
monde étant angoissant et incertain quand à son avenir, l’envergure et
l’objet de la conspiration se doit d’être à la hauteur des peurs
populaires. Les systèmes de communication permettant de couvrir toute la planète,
la conspiration se devra d’être assez large pour fédérer tous les
mouvements alternatif et toutes les cultures. Voir dans la globalisation l’étape
ultime avant la mise en place du gouvernement mondial est une explication qui
semble tomber sous le sens, mais qui ne sera plus valable dans quelques dizaines
d’années. Beaucoup de théoriciens de la conspiration aurons décrédibilisé
leurs travaux en adhérant à cette solution de facilité qui en fait ne répond
à aucune question fondamentale. La théorie du NWO n’explique sa volonté de
domination du monde que par… sa
volonté de domination du monde, ce qui est un peu court. Elle ne donne aucun
éclaircissement sur le sens de notre vie ou sur les mystères de notre évolution.
Les légendes et les dieux ont tenus lieux d’uniques explications pendant
longtemps, et posent encore aujourd’hui des difficultés à une rationalité
scientifique qui, dans un étonnant processus mimétique, s’enferme elle aussi
dans ses certitudes et son dogmatisme, vénérant ses pairs tout en maudissant
les chercheurs qui trouvent[1]. On
pourrait penser que cette uniformisation est souhaitée par les acteurs économiques
pour des raisons de rentabilité immédiate. Mais il se trouve que, à long
terme, cette stratégie est mortifère. Les systèmes
industriels et intensifiés (…) conduisent à des choix destructeurs pour des
millions d’animaux mais également pour les millions d’êtres humains que
nous sommes et qui voient chaque jour davantage les effets dégradants de ces
systèmes sur notre environnement mais également sur notre rapport collectif à
la vie. Jocelyne Porcher, La mort n’est pas notre métier, éditions de l’aube, 2003. Mais avant de s’interroger sur la nature de la
conspiration, il serait intéressant de se demander pourquoi l’on est amené
à se poser ce genre de question. L’intérêt que l’on porte à l’étude
de la conspiration peut, par exemple, naître d’une constatation. C’est
ainsi que les nombreux témoins d’OVNI ne trouvant aucune réponse définitive
à leurs interrogations et constatant le black-out officiel devant le phénomène
en viennent à s’interroger sur les forces occultes qui gouvernent notre
monde. Mais cet intérêt peut aussi prendre son origine dans un questionnement
qui dépasse la métaphysique, puisqu’il s’agit justement de savoir pourquoi
nous sommes doté d’une aptitude à priori inutile. Les abeilles n’ont guère
besoin de basculer dans l’ontologie pour vivre dans leur société organisée.
L’être humain, à la différence des animaux, a la capacité de
s’interroger sur lui-même, et pourtant il se comporte le plus souvent comme
un primate. Cela ne le dérange en rien d’avoir la possibilité de
s’analyser, alors que cette particularité n’a pourtant en soi aucune utilité
pour sa survie. Si tel n’avait pas été le cas, la race humaine se serait éteinte
avant qu’elle ait eu le temps de développer ses facultés intellectuelles ! La conscience de la mort est ce qui caractérise l’homme par rapport aux animaux d’après une majorité de philosophe. Mais il semblerait que la définition de la mort ne fut pas la même dans le passé et de nos jours. La durée de vie de nos ancêtres se comptait non pas en dizaines, mais en centaines, voir en milliers d’années. Il faut étudier les textes sumériens, les premiers textes où il est question d’immortalité, c’est-à-dire d’une extrême longévité[6]. Ces textes présentent les humains comme une race esclave, issue d’un clonage par génie génétique entre l’Homo erectus et un Dieu, créée pour soulager le labeur de ces derniers. « Selon les Sumériens, l’immortalité était réservée aux dieux ; elle n’était point accordée à l’homme » nous apprend Alan Alford[7]. Non seulement les caractéristiques de longévité des Dieux ne furent donc pas intégralement retransmises à leur création, mais en plus elles subirent des altérations génétiques d’une génération à une autre qui réduisirent la longévité de la race humaine au fil du temps. Mais aujourd’hui l’histoire
s’inverse : « Il n’existe aucune raison pour que nous ne
puissions pas prolonger la durée de vie maximale d’un être humain. Nous
sommes sur le point d’acquérir la technologie nécessaire ; les pièces
du puzzle vont trouver leurs places très vite »[8].
Nous ne pouvons qu’espérer que les structures qui se mettent en place fassent
en sorte qu’il en soit un jour ainsi pour nos descendants[9]. Si l’homme décide de
transcender la mort, il devra se détacher du temporel par l’intermédiaire de
toutes les grandes philosophies et spiritualités. Il aura le choix entre
l’hindouisme, le zen ou le bouddhisme, mais sera peut-être déjà dés sa
naissance sous l’influence du judaïsme, de l’islam ou du christianisme.
C’est ainsi que se sont développées des religions qui sont rentrées en
concurrence et qui ont été causes ou prétextes à des exactions qui perdurent
encore aujourd’hui. Néanmoins, tout ce petit monde
se doit de vivre sur la même planète tout en ayant progressivement un accès
à toutes les connaissances techniques et intellectuelles qui lui démontrent,
par la multitude des religions et des philosophies, qu’il n’y a pas de vérité
universelle, mais un doute persistant sur le sens de notre vie. Tant que ces
interrogations ne seront pas assouvies, elles ne pourront se traduire que par
une radicalisation de l’intégrisme et une dangereuse volonté de régression,
ou par un désir de possession de plus en plus féroce au fur et à mesure que
se développe la société moderne. Le dévoiement engendré par la
façon dont se développe l’économie et la finance s’inscrit dans une démarche
qui peut nous permettre d’expliquer de la même façon le développement
personnel ou politique. C’est une approche de court terme qui est privilégiée
et non une projection sur le long terme. De part le court laps de temps qui nous
est imparti, nous devons agir de façon à tirer un profit maximum de notre état
de vivant. L’attitude du sujet peut se révéler différente si elle est
conditionnée par une pratique religieuse, voir plus préjudiciable envers la
société si cette pratique verse dans l’intégrisme. En dehors de toute
croyance, si l’on écarte les NDE (Near Death Experience – Expérience
proche de la mort) et la réincarnation, la mort ne nous incite pas à nous
projeter dans un avenir trop lointain puisque de toute façon il ne sera pas le
nôtre, laissant ainsi à ceux qui savent le soin de décider pour nous de la
destinée de la planète. La durée de vie de notre corps physique et notre amnésie au sujet de nos vies antérieures ne sont qu’un leurre aidant à l’accomplissement d’un projet. Ces éléments nous empêchent de saisir l’ampleur ancestrale de la conspiration parce qu’ils sont voilés par cette impression d’éternité qui nous amène à vivre comme si la mort était une chose qui n’arrive qu’aux autres. La mort est un handicap qui limite de manière biologique toute personne qui serait tentée de consacrer le peu de temps de vie qui lui est accordé à effectuer des recherches sur le sujet, et une issue inéluctable qui encourage tout à chacun à profiter de la vie à travers l’accès à des plaisirs immédiats. Seuls quelques uns prennent plaisir à se poser des questions sur le sens de notre vie car ils savent que les réponses, mêmes partielles, qui peuvent survenir lors de cette études sont de celles qui nous rapprochent un peu plus de la vérité au sujet de notre existence. C’est alors que l’on peut comprendre que la mort puisse aussi servir les intérêts des conspirateurs en devenant une solution à laquelle il est possible de recourir envers tous ceux qui seraient tentés de déjouer leurs plans… C’est pour ces raisons que je
pense que la mort, et plus précisément la brièveté de notre durée de vie
telle que nous la subissons depuis plusieurs millénaires, joue le rôle d’un
rideau de fumée aveuglant l’humanité. A peine
a-t-on su que je serais le rapporteur d’un texte sur la réforme des
statistiques qu’un lobby agricole me proposait d’écrire le rapport à ma
place. Hans-Peter Martin, eurodéputé autrichien, L’Express, 4 mai 2006. Cependant on pourrait également s’étonner que le peuple puisse laisser faire une telle chose et que sa résignation dépasse ainsi son mécontentement. Nos démocraties qui sont les fers de lance du monde moderne mettent à disposition nombre d’outils nous permettant de contrecarrer de tels projets sans pour autant sombrer dans le nationalisme et l’extrémisme[12]. Nous nous devons d’exiger des interlocuteurs aux responsabilités, ou de ceux qui seraient amenés à le devenir, que l’appréhension du réel ne se fasse pas à travers la simple lecture de moyennes statistiques et qu’ils se réapproprient le pouvoir d’influence que nous leur déléguons dans le but de défendre l’intérêt général. Ce revirement de la « lobbycratie »[13] à la démocratie semble d’autant plus nécessaire que la période d’incertitude que nous traversons se trouve être le résultat d’une mutation vers un système d’économie néo-libérale qui non seulement s’est contenté de transformer la pauvreté en précarité, mais en plus a accentué la fracture sociale à cause d’une redistribution inégale des richesses[14]. Le consumérisme consacre
l’individualisme et l’instantanéité, et place la santé ainsi que le souci
de longévité au second plan. L’homme, de par sa condition, adopte un
comportement qui a tendance à accentuer ses handicaps. Les exutoires à la
mort, ainsi que la globalisation et ses dérives, ont pour effet de limiter les
potentialités d’expansion de l’humanité. Pour tous ceux qui viendraient à
bout de ces épreuves, la mort se chargerait de les rappeler à plus d’humilité,
tôt ou tard. Une corrélation entre une des causes et un des effets se dégage alors : la limitation de notre durée de vie modère nos progrès scientifiques, et nous interdit par la même une expansion extraterrestre digne de ce nom. Il nous reste maintenant à tenter de savoir pourquoi nous avons été bridés dans nos prérogatives. Le meilleur moyen de le savoir est encore de provoquer le destin en faisant des choix éclairés qui inverseront ce processus.
[1] Savants maudits, chercheurs exclus, Pierre Lance, Editions Presses de Valmy, 2001. [2]
Vers la société du contrôle total... et la surveillance permanente, http://www.onnouscachetout.com/themes/nom/vers-la-societe-du-controle-total.php
. [3] Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits - Observatoire des transferts d'armements, http://www.obsarm.org/main/obsarm_ventes.htm . [4] Qui va endosser le coût de la grippe aviaire ?, Peter Singer, Les Echos, jeudi 20 avril 2006. [5]
G.C. Williams, Evolution, 11, 398, 1957. [6]
Ni Dieu, ni Darwin : L'EXOGENESE DU VIVANT, NEXUS de mars/avril 2006,
http://lifeorigin.free.fr/index.php?pg=298
[7] Auteur notamment de Gods of the New Millenium. [8]
François SCHÄCHTER, chercheur à l'université Léonard-de-Vinci, à
Suresnes, Facteur X, n° 41 ou Daily Mail, 29 janvier 1996. [9]
SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) http://www.sens.org/index-fr.htm
[10]
L'Équilibre de la nature, textes écrits ou dirigés par Carl Linné
entre 1744 et 1760, introduction et notes de Camille Limoges, Vrin, 1972. [11]
« A l'origine chant de guerre révolutionnaire et hymne à la
liberté, la Marseillaise s'est imposée progressivement comme un hymne
national. » - Source : http://www.elysee.fr/elysee/francais/les_symboles_de_la_republique/la_marseillaise/la_marseillaise.21106.html
[12] Rendez-vous notamment sur http://apii.info pour préparer 2007 ! [13] Voir Les Lobbys en Europe. [14]
Les 500 personnes les plus riches du monde ont un revenu combiné plus
important que celui des 416 millions les plus pauvres – Rapport mondial
sur le développement humain 2005 publié pour le Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD), http://hdr.undp.org/reports/global/2005/francais/
. [15] Zecharia Sitchin a situé l’arrivé de ceux qui seraient responsable de ces actes à l’an 443 000 av. J.-C. et la création de l’homme proprement dit à l’an 299 000 av. J.-C.
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