Mon cigare et moi

Comment constituer sa cave

Avec quels cigares garnir sa cave? Les meilleurs, naturellement. Mais que signifie "le meilleur Habano"? En outre, le cigare ne se contente pas de procurer du plaisir. Il forme aussi le palais de l'amateur. Au fur et à mesure de son apprentissage, son goût va évoluer. Choisir les vitoles que l'on conserve dans son humidor, ou sa cave, demeure donc un acte très personnel et en perpétuelle évolution.

Premier conseil: ne pas acheter n'importe où, mais s'approvisionner auprès de débits spécialisés, équipés d'armoires humidificatrices. De tels lieux sont, en outre, dirigés par un homme (ou une femme) que les cigares intéressent, sinon passionnent. Il (ou elle) se révèlera de bons conseils. Autre précaution: acheter ses vitoles par deux. La seconde pour confirmer (ou infirmer) les sensations ressenties en fumant la première. Ne pas hésiter à noter sur un carnet ses impressions. Deuxième conseil (impératif): jouer avec les modules. Nous insistons: il existe un cigare pour chaque moment. L'amateur profitera de cette richesse et possédera en réserve des vitoles de tailles différentes. Une bonne cave devrait en comporter d'au moins trois types: des petits (style N° 3, Panetelas, ou Minutos), des moyens (Marevas ou Coronas) et des "cigares du dimanche": Cervantes, Julieta 2 ou Prominentes. Troisième conseil: rester volage. Ne pas se limiter à une seule marque mais, sans cesse, multiplier les expériences afin de découvrir de nouvelles saveurs. Un soi-disant amateur fumeur exclusif de la même vitole nous paraît des plus suspects. Quatrième conseil: ne pas brûler les étapes. Aller à son rythme. Sans trop écouter le voisin dont le goût n'est pas le vôtre. Il n'est pas forcément judicieux pour un tout débutant de commencer avec les plus prestigieuses vitoles. Se glisse-t-on au volant d'une Ferrari au lendemain de l'obtention de son permis de conduire? Se méfier des trop petits modules. Surtout les minces vers lesquels le néophyte a, instinctivement, tendance à aller. À cause de leur taille, il les croit inoffensifs. Ils donnent rarement une image juste des autres vitoles de la marque.

Une marche à suivre. Partir d'une base de habanos connus et appréciés. Puis, à l'intérieur d'une marque, tester des vitoles de modules différents. Ensuite, à partir d'un modèle de base (corona par exemple), essayer des vitoles de même taille mais de marques différentes. En fonction de ses lectures, de discussions avec d'autres amateurs, élargir encore encore ses explorations. Dans sa quête, le néophyte choisira d'aller du plus léger au plus puissant. Nous ne saurions trop lui recommander ces "nouvelles marques" (Cuaba, Vegas Robaina, Trinidad, San Cristóbal de La Habana) précisément mises au point pour "nouveaux fumeurs". El Rey del Mundo, Sancho Panza, Romeo y Julieta, Quai d'Orsay et Cohiba l'aideront, plus tard, à faire la transition avec les ultra classiques H. Upmann, Bolivar, Ramon Allones et Partagas. Et nous n'oublions pas les "tripe courte" qui, par leur légèreté, décomplexeront le tout débutant que la réputation de puissance des Habanos pourrait impressionner.

Parce que l'amateur devient vite un passionné qui aime partager son afición, il placera dans son humidor – outre ses préférées – quelques vitoles pour ses hôtes. Plus légères (si son goût s'est fixé sur le corsé) ou plus puissantes que celles auxquelles il est habitué. Comment transporter ses cigares Le Habano reste fragile. Les étuis cartonnés que proposent certains débitants constituent un moyen efficace, simple (et bon marché puisque offerts) de le transporter. Penser cependant à retirer les vitoles de ces étuis au moment de les ranger dans l'humidor: le carton, au contact de l'air humide qui y règne, risque de donner un goût aux cigares. Une solution maligne? Conserver les tubes qui protègent certaines vitoles et y glisser, plus tard, des vitoles de même module ou de module légèrement inférieur. Plus élégants, ces étuis en cuir ou en bois, voire en crocodile. Une fois vérifiées et leur rigidité et, surtout, leur neutralité odorante.

Pour résumer, ces derniers sont de trois types: alvéolés, semi-alvéolés ou lisses. Certains sont prévus pour accueillir une seule vitole, d'autres deux, trois voire quatre. D'aucuns sont conçus pour un module bien défini. La plupart se composent de deux parties coulissantes, ce qui permet d'accueillir, dans de bonnes conditions de protection, des vitoles de différentes longueurs. Autant d'éléments dont tiendra compte l'amateur au moment du choix. Un étui pour robustos protégera mal des panetelas! Les étuis lisses – légèrement plus rigides, offrent plus de possibilités. Bien qu'un peu plus chers, ils paraîtront préférables à ceux qui aiment jouer avec divers modules.