LES AVANCEES TECHNOLOGIQUES

      La pellicule photo (George Eastman, 1889) :

    Avant la pellicule photo en bobine, inventée en 1889 par l'Américain George Eastman, les supports photosensibles avaient été successivement :

  • la plaque de verre albuminé inventée par Abel Niepce de Saint-Victor en 1847 : il mélangea de l'albumine (blanc d'oeuf) avec de l'iodure de potassium et l'étendit sur une plaque de verre qu'il trempa, après séchage, dans un bain de nitrate d'argent. L'emploi du verre comme support dimensionnellement stable venait d'être démontré.
  • le papier albuminé découvert par Evard-Blanquart en 1848
  • la plaque au collodion de Gustave Le Gray en 1849 : l'image enregistrée sur cette émulsion permit la production en nombre d'épreuve positives sur papier.
  • la plaque sèche au bromure sur gélatine inventée par Richard L. Maddox en 1871 : cette émulsion était conservable.
  • le papier négatif découvert par G. Eastman et W. H. Walker en 1884

  • Ce dernier était le premier qui se présentât sur bobine et il devait être monté sur verre pour produire des épreuves.
    Le dernier pas fut franchi avec la pellicule transparente, qui pouvait dès lors remplacer la plaque de verre et servir directement au tirage des épreuves.
     

          La photographie en couleur (Maxwell, 1861 ; Ducos et Hauron, Cros, 1869 ; Vogel, 1873) :

        Dès qu'il eu découvert le principe de la photographie, Niepce confia à son frère le regret de ne pas pouvoir capter les couleurs. On savait bien, depuis Newton, que la lumière blanche est composée des sept couleurs du spectre, mais on ne se doutait pas que les émulsions disponibles réagissaient seulement à certaines longueurs d'ondes des bandes du spectre, en particulier au bleu et au violet, ce qui explique les ciels curieusement plats et blancs des premières photos de paysages.

        Le premier qui conçut une technique photographique de reproduction de la couleur fut le célèbre physicien anglais James Clerk Maxwell, en 1861. Maxwell eut en effet l'idée de photographier successivement un objet multicolore à travers trois filtres : une première fois à travers un filtre bleu, puis à travers un filtre vert et enfin un rouge. Les négatifs obtenus sur les trois plaques de verre était ensuite projetés simultanément, mais en convergence, sur un écran, chacun étant éclairé par une source lumineuse individuelle, devant laquelle était placé un filtre de la couleur correspondant à celui de la prise d'images.
    Le procédé était laborieux, mais il présentait le très grand intérêt  d'avoir réalisé pour la prmière fois la séparation des couleurs d'un objet pour la reconstituer.

        En 1869, les Français Louis Ducos de Hauron et Charles Cros imaginèrent une même solution sans se connaître :
    Ducos de Hauron expliquait que l'on pouvait réaliser des photos en couleur par le procédé soustractif. Il proposait de prendre (comme Maxwell) trois négatifs différents, à travers des filtres de couleurs primaires, rouge (ou magenta), bleu-vert (ou cyan) et jaune. Les positifs étaient tirés indépendamment de chaque plaque et reportés, toujours indépendamment, sur trois plaques de gélatine comportant des pigments colorés, rouge pour la plaque prise à travers le filtre magenta, bleu et jaune pour les deux autres. Il ne restait plus qu'à surimposer les gélatines et on devait obtenir une image en couleurs. Mais il était passé à côté du problème chimique fondamental : les émulsions ne réagissent pas comme on l'espérait (l' émulsion rouge est peu sensible par rapport aux deux autres).
    Cros, qui n'était jamais passé à la pratique, décrivit toutefois le procédé de façon exacte.

        Ce n'est qu'en 1873 que l'Allemand Hermann Vogel améliora la sensibilité au vert des plaques de collodion en les trempant au préalable dans un bain d'une teinture à base d'aniline.

        On améliora progressivement les sensibilités des émulsion aux autres couleurs, la dernière n'étant obtenue que dans les premières années du XX° siècle.
     

            L' objectif photo (Goddard et Sutton, Harrison et Schnitzer, Ross, Busch, 1860-1865 ; Steinheil, Dallmeyer, 1866 ; Abbe et Schott, 1888 ; Clark, 1889 ; Rudolph et von Hoëgh, 1893) :

        Après 1850, l'introduction des plaques au collodion humide permit de prendre des photos d'intérieur et l'on avisa que toutes les lentilles existantes entraînaient des distorsions gênantes.

        Les Anglais J.T.Goddard et T. Sutton modifièrent ainsi la lentille de Petzval, mais ce sont les Américains C.C. Harrison et J. Schnitzer ainsi que l'Anglais T. Ross (et en 1865, l'ALLemand E. Busch) qui introduisirent l'amélioration majeure en inventant une lentille biconvexe dont les sections avaient le même rayon de sphère.
    La distortion disparaissait, mais non l'aberration sphérique, ni le halo périphrique qui l'accompagnait.

        En 1866, l'Allemand A. Steinheil et l'Anglais J.H. Dallmeyer inventèrent séparément un type d'objectif à lentilles doubles exactement symétriques au diaphragme, ce qui n'avait pas encore été le cas, et qui présentait l'avantage d'éliminer le halo.
    Le profil de la lentille externe "applatissait" le champ et annulait l'aberration sphérique. On obtenait donc à peu près une image sans distortion à des ouvertures f/7 ou f/8, avec un demi angle de 25°. Cet objectif connu un succès considérable jusqu'aux premières années du XX° siècle.

        Restait à perfectionner les verres eux-mêmes. En 1888, les Allemands E. Abbe et O. Schott mirent au point un verre au baryum qui avait un faible pouvoir de dispersion, mais un haut indice de réfraction. Cela permettait de fabriquer des lentilles positives ; convergentes et non divergentes, et donc achromatique.

        Deux ans plus tard, l'Allemand P. Rudolph redessina l'objectif Dallmeyer sur les bases suivantes :
    il réalisa un double objectif dont une lentille était divergente et concave au diaphragme, l'autre convergente et convexe au diaphragme, et qui annulait complètement l'astigmatisme et l'abbération sphérique.

        En 1893 Rudolph et von Hoëgh inventent l'objectif à six lentilles , accolées trois par trois, et qui présentent des indices de réfraction croissants à partir du diaphragme (1.52 ; 1.57 et 1.61). Le champ est accru et la correction anastigmatique améliorée, mais seulement aux ouvertures f/6.3 et f/8.

        En 1817, C.F. Gauss étudiant les objectifs de téléscopes avait découvert qu'une disposition et un dessin particuliers des lentilles pouvaient prêter la même abberation sphérique à toutes les longueurs d'ondes lumineuses, éliminant de ce fait les aberrations chromatiques (sphéro-chromatisme).
    Appliquant cette découverte aux lentilles photographiques, l'Américain A Clarkdéposa en 1889 un brevet démontrant qu'en variant l'espace entre deux lentilles de ce genre, de part et d'autre du diaphragme, les surfaces concaves se faisant face, on pouvait modifier à volonté la courbure du champ.
    Rudolph constata qu'il était cependant impossible d'éliminer ainsi le chromatisme. Il recourut à une astuce, qui consistait à utiliser, pour l'interface adhésive entre les lentilles (on collait les lentilles de profils différents à l'aide d'adhésifs), un matériau à pouvoir diffuseur maximal. Il réalisa ainsi un type d'objectif qui offrait beaucoup plus de souplesse à l'utilisateur (1895).

        En 1950, le verre de lanthane permit de fabriquer des objectifs comportant des marges de chromatisme minimales.

        En 1960, la recherche de la légèreté devait mener à la fabrication d'objectifs en méthacrylate de polyméthyl pour les lentilles à plusieurs éléments d'appareils photographiques de bas de gamme, l'élément concave étant fabriqué dans un plastique à haute dispersion comme le styrène.
     

            Le Polaroïd (Land, 1947) :

        La photo à développement instantané, connu sous le nom de la firme Polaroïd, a été annoncée le 27 février 1947. D'abord en noir et blanc, Land n'aborda la photo couleur qu'en 1963, avec le Polacolor, suivi en 1972 par le film SX-70.
    Le principe de ces films repose sur des couches de produit chimiques très minces, les unes sensibles au bleu, au vert et au rouge, les autres étant constituées de développeurs. Le film est nanti sur un de ses bords de gousses de produits de développement, contenant un réactif alcalin et un opacifiant à base de dioxyde de titane, qui empêche la lumière de pénétrer vers les couches sensibles durant le développement et de les voiler. Ces gousses sont écrasées entre deux rouleaux de caoutchouc de l'appareil à la sortie du film à la lumière.