LES
AVANCEES TECHNOLOGIQUES
La pellicule photo (George Eastman, 1889) :
Avant la pellicule photo en bobine, inventée en 1889 par l'Américain George Eastman, les supports photosensibles avaient été successivement :
La photographie en couleur (Maxwell, 1861 ; Ducos et Hauron, Cros, 1869 ; Vogel, 1873) :
Dès qu'il eu découvert le principe de la photographie, Niepce confia à son frère le regret de ne pas pouvoir capter les couleurs. On savait bien, depuis Newton, que la lumière blanche est composée des sept couleurs du spectre, mais on ne se doutait pas que les émulsions disponibles réagissaient seulement à certaines longueurs d'ondes des bandes du spectre, en particulier au bleu et au violet, ce qui explique les ciels curieusement plats et blancs des premières photos de paysages.
Le premier qui conçut
une technique photographique de reproduction de la couleur fut le célèbre
physicien anglais James Clerk Maxwell, en 1861. Maxwell eut en effet l'idée
de photographier successivement un objet multicolore à travers trois
filtres : une première fois à travers un filtre bleu, puis
à travers un filtre vert et enfin un rouge. Les négatifs
obtenus sur les trois plaques de verre était ensuite projetés
simultanément, mais en convergence, sur un écran, chacun
étant éclairé par une source lumineuse individuelle,
devant laquelle était placé un filtre de la couleur correspondant
à celui de la prise d'images.
Le procédé était laborieux,
mais il présentait le très grand intérêt
d'avoir réalisé pour la prmière fois la séparation
des couleurs d'un objet pour la reconstituer.
En 1869, les Français
Louis Ducos de Hauron et Charles Cros imaginèrent une même
solution sans se connaître :
Ducos de Hauron expliquait que l'on pouvait réaliser
des photos en couleur par le procédé soustractif.
Il proposait de prendre (comme Maxwell) trois négatifs différents,
à travers des filtres de couleurs primaires, rouge (ou magenta),
bleu-vert (ou cyan) et jaune. Les positifs
étaient
tirés indépendamment de chaque plaque et reportés,
toujours indépendamment, sur trois plaques de gélatine comportant
des pigments colorés, rouge pour la plaque prise à travers
le filtre magenta, bleu et jaune pour les deux autres. Il ne restait plus
qu'à surimposer les gélatines et on devait obtenir
une image en couleurs. Mais il était passé à côté
du problème chimique fondamental : les émulsions ne réagissent
pas comme on l'espérait (l' émulsion rouge est peu sensible
par rapport aux deux autres).
Cros, qui n'était jamais passé
à la pratique, décrivit toutefois le procédé
de façon exacte.
Ce n'est qu'en 1873 que l'Allemand Hermann Vogel améliora la sensibilité au vert des plaques de collodion en les trempant au préalable dans un bain d'une teinture à base d'aniline.
On améliora progressivement
les sensibilités des émulsion aux autres couleurs, la dernière
n'étant obtenue que dans les premières années du XX°
siècle.
L' objectif photo (Goddard et Sutton, Harrison et Schnitzer, Ross, Busch, 1860-1865 ; Steinheil, Dallmeyer, 1866 ; Abbe et Schott, 1888 ; Clark, 1889 ; Rudolph et von Hoëgh, 1893) :
Après 1850, l'introduction des plaques au collodion humide permit de prendre des photos d'intérieur et l'on avisa que toutes les lentilles existantes entraînaient des distorsions gênantes.
Les Anglais J.T.Goddard
et T. Sutton modifièrent ainsi la lentille de Petzval, mais ce sont
les Américains C.C. Harrison et J. Schnitzer ainsi que l'Anglais
T. Ross (et en 1865, l'ALLemand E. Busch) qui introduisirent l'amélioration
majeure en inventant une lentille
biconvexe
dont les sections avaient le même rayon de sphère.
La distortion disparaissait, mais non l'aberration
sphérique, ni le halo périphrique qui l'accompagnait.
En 1866, l'Allemand A. Steinheil
et l'Anglais J.H. Dallmeyer inventèrent séparément
un type d'objectif à lentilles
doubles
exactement symétriques au diaphragme, ce qui n'avait pas encore
été le cas, et qui présentait l'avantage d'éliminer
le halo.
Le profil de la lentille
externe
"applatissait" le champ et annulait l'aberration sphérique. On obtenait
donc à peu près une image sans distortion à des ouvertures
f/7 ou f/8, avec un demi angle de 25°. Cet objectif connu un succès
considérable jusqu'aux premières années du XX°
siècle.
Restait à perfectionner les verres eux-mêmes. En 1888, les Allemands E. Abbe et O. Schott mirent au point un verre au baryum qui avait un faible pouvoir de dispersion, mais un haut indice de réfraction. Cela permettait de fabriquer des lentilles positives ; convergentes et non divergentes, et donc achromatique.
Deux ans plus tard, l'Allemand
P. Rudolph redessina l'objectif Dallmeyer sur les bases suivantes :
il réalisa un double objectif dont une
lentille
était
divergente et concave au diaphragme, l'autre convergente et convexe au
diaphragme, et qui annulait complètement l'astigmatisme et l'abbération
sphérique.
En 1893 Rudolph et von Hoëgh inventent l'objectif à six lentilles , accolées trois par trois, et qui présentent des indices de réfraction croissants à partir du diaphragme (1.52 ; 1.57 et 1.61). Le champ est accru et la correction anastigmatique améliorée, mais seulement aux ouvertures f/6.3 et f/8.
En 1817, C.F. Gauss étudiant
les objectifs de téléscopes avait découvert qu'une
disposition et un dessin particuliers des lentilles
pouvaient
prêter la même abberation sphérique à toutes
les longueurs d'ondes lumineuses, éliminant de ce fait les aberrations
chromatiques (sphéro-chromatisme).
Appliquant cette découverte aux lentilles
photographiques,
l'Américain A Clarkdéposa en 1889 un brevet démontrant
qu'en variant l'espace entre deux lentilles de ce genre, de part et d'autre
du diaphragme, les surfaces concaves se faisant face, on pouvait modifier
à volonté la courbure du champ.
Rudolph constata qu'il était cependant
impossible d'éliminer ainsi le chromatisme. Il recourut à
une astuce, qui consistait à utiliser, pour l'interface adhésive
entre les lentilles (on collait les lentilles de profils différents
à l'aide d'adhésifs), un matériau à pouvoir
diffuseur maximal. Il réalisa ainsi un type d'objectif qui offrait
beaucoup plus de souplesse à l'utilisateur (1895).
En 1950, le verre de lanthane permit de fabriquer des objectifs comportant des marges de chromatisme minimales.
En 1960, la recherche de la
légèreté devait mener à la fabrication d'objectifs
en méthacrylate de polyméthyl pour les lentilles à
plusieurs éléments d'appareils photographiques de bas de
gamme, l'élément concave étant fabriqué dans
un plastique à haute dispersion comme le styrène.
Le Polaroïd (Land, 1947) :
La photo à développement
instantané, connu sous le nom de la firme Polaroïd, a été
annoncée le 27 février 1947. D'abord en noir et blanc, Land
n'aborda la photo couleur qu'en 1963, avec le Polacolor, suivi en
1972 par le film SX-70.
Le principe de ces films repose sur des couches
de produit chimiques très minces, les unes sensibles au bleu, au
vert et au rouge, les autres étant constituées de développeurs.
Le film est nanti sur un de ses bords de gousses de produits de développement,
contenant un réactif alcalin et un opacifiant à
base de dioxyde de titane, qui empêche la lumière de
pénétrer vers les couches sensibles durant le développement
et de les voiler. Ces gousses sont écrasées entre deux rouleaux
de caoutchouc de l'appareil à la sortie du film à la lumière.