Au cours des siècles passés, aux effets des famines et des guerres,
les épidémies venaient ajouter leur cortège de souffrance et de mort
et elles ont de tout temps été redoutées et combattues. Elles étaient
souvent attribuées à un châtiment divin et leurs origines restaient
mystérieuses. Cependant, quelques observations éparses contribuèrent à
en préciser les conditions d'apparition.
Déjà au 16ème siècle, Fracastore, un médecin de Vérone qui s'intéressait
à la syphilis et à la peste, écrivait :"
la contagion se fait par des particules qui ne tombent pas sous le sens ".
Certaines maladies sont contagieuses, c'est-à-dire qu'elles peuvent être contractées au
contact d'un sujet malade par la transmission de l'agent infectieux.
Le fait qu'une première atteinte par l'une de ces maladies protège les patients contre
une seconde attaque est une idée un peu vague, à contour philosophique ou même
magique : le danger surmonté apporte la sécurité, comme une épreuve qui a été dépassée.
Déjà, Mithridate, roi du Pont (petit pays au nord de la Turquie), qui conquit la Grèce
quatre cents ans avant J.C,
craignait d'être empoisonné par ses généraux et il s'accoutuma, dit-on, en absorbant
des doses croissantes de poisons, habituant ainsi son organisme aux substances toxiques.
En effet, on ne parvint pas à l'empoisonner (il mourut néanmoins assassiné !).
Il apparut rapidement aux premiers hommes que les maladies ne frappaient qu'une fois :
si la première atteinte était bien surmontée, il n'y avait plus de risque de la
contracter à nouveau. Cependant le phénomène restait plein d'incertitude, puisque l'on
observe des récidives, comme le rhume et la grippe.