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LES CINQ POINTS DU CALVINISME communément appelé T.U.L.I.P. la fleur du Christianisme «Parce que tu as gardé la Parole de ma patience, moi-même je te garderai de l’heure de la tentation qui doit venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. (Apoc. 3:10; Version Ostervald)»
Le mot T.U.L.I.P. est un acronyme anglais développé par les Réformés de la Hollande pour représenter les doctrines essentielles de la Grâce, telles que décrites dans les Écritures et les Canons de Dordrecht.
Les Cinq Points du Calvinisme par Herman Hanko, Homer Hoeksema, et Gise J. Van Baren, traduit de l’anglais et mis en page par Jean leDuc, 2003.
AVERTISSEMENT
Chers frères en Jésus-Christ,
Voici une description du contenu des Cinq Points du Calvinisme formulés d’après les Canons de Dordrecht d’où est issu T.U.L.I.P. la fleur du christianisme. Ce document historique de la Réforme, est marquant, crucial, et très important. Il est chargé d'autorité et demeure toujours d'actualité. Nous vous exhortons à le lire et l'étudier très attentivement, en vous référant aux Saintes Écritures et à l'Esprit de Dieu, et même à le relire plusieurs fois, car il est très profond et exige une méditation et une étude approfondies.
Tout en faisant cela, comparez votre propre expérience de la grâce de Dieu en Jésus-Christ à ce qui y est écrit, et prenez bien soin d'y comparer tout ce qu'on entend dans les milieux évangéliques modernes, et vous verrez combien ce document est d'actualité et que la controverse et la guerre à ce sujet n'est pas finie, et ce, jusqu'à l'Avènement de Jésus-Christ. Certes, de tous temps les vrais Chrétiens n'ont pas méprisé cette controverse, mais ont été illuminés pour voir qu'il valait bien la peine d'élever le flambeau et de combattre pour la foi qui a été donnée une fois pour toute aux saints. Martin Luther, lui qui a remis de l'avant la JUSTIFICATION PAR LA FOI SEULE, dans son ouvrage intitulé "Le Serf-Arbitre", qui s'opposait au libre-arbitre prôné par beaucoup d'humanistes chrétiens dont Érasme de Rotterdam qui avait écrit à ce sujet, dit y considérer que là réside l'essentiel de la guerre, et que le reste n'est que pacotille comparée à ça. C'est, selon Luther lui-même, son ouvrage le plus important. Car qu'est-ce que cette controverse ou guerre doctrinale et spirituelle, sinon la même bonne vieille controverse de tous les temps: la controverse entre le salut par la foi ou le salut par les oeuvres! C'est important à ce point-là, car c'est cette même controverse, excepté à un niveau plus subtil et dans le détail.
Et encore, qu'est-ce que cette controverse exceptée la controverse entre l'esprit de la chair et l'Esprit de Dieu? Les doctrines arminiennes et de salut et sanctification par les oeuvres plaisent à la chair de l'homme, et séduisent les ignorants, les enfants dans la foi et les charnels, tandis que la grâce qui ne vient de Dieu seul par prédestination selon son Évangile de la Souveraineté de Dieu et à sa plus grande gloire ne peuvent être appréciées que par l'Esprit de Dieu et rende libre de toute oeuvre ou esclavage. Et ainsi, de nos jours, beaucoup de supposés Chrétiens ont rejeté LA JUSTIFICATION PAR LA FOI par l'élection de la grâce au profit de LA JUSTIFICATION PAR LE CHOIX, ce qui est abominable. Ainsi, même pour ceux qui connaissent la vérité, tolérer ces doctrines ou fausses mentalités et s'accommoder fort bien sans les combattre par les armes de l'Esprit et de la Parole de Dieu est un crime grave contre Dieu et contre les hommes, crime contre l'Évangile, la vérité, a la gloire et le chemin étroit du Premier, crime contre le salut, la liberté, la sanctification et la conscience du second. (Alexandre Grondin)
AVANT-PROPOS Les cinq doctrines essentielles exposées dans les chapitres de ce livre sont connues par plusieurs comme les Cinq Points du Calvinisme, et par d'autres comme "doctrines de la grâce" ou « T.U.L.I.P. ». Quoique ces doctrines ne proviennent point de Jean Calvin, elles furent soulignées et enseignées de nouveau par lui au temps de la Réforme. Ce fut au synode de Dordrecht, 1618-19, qui a été assemblé pour résoudre la contestation Arminienne dans les églises Réformées de la Hollande, que fut formulé ces vérités avec une grande clarté et dans des détails soigneux. Cette formulation officielle a été rédigée dans une confession qui a représenté le consensus de toutes les églises Réformées de ce jour, et qui se nomme LES CANONS DE DORDRECHT. De cette confession est sortie l’odeur exquise de la fleur du christianisme connue sous le nom de T.U.L.I.P. qui représente les Cinq Points du Calvinisme.
À ce jour, ces déclarations doctrinales sont demeurées inchangées et inébranlables; et elles continuent à être un rempart puissant contre l’hérésie rampante de l'Arminianisme avec son libre-choix, dont le danger est encore plus grand que dans les jours de Jacobus Arminius lui-même.
Le format de ces chapitres est représenté dans le contexte des cinq lectures originales de la conférences populaires, données en 1966-67 à Grand Rapids au Michigan, sous le patronage des églises Réformées protestantes de ce secteur.
Les trois auteurs sont des ministres dans les églises Réformées protestantes en Amérique. Herman C. Hanko est professeur du Nouveau Testament et de l’Histoire de l'Église à l'école de Théologie des églises Réformées protestantes; il écrivit les chapitres 1 et 2 de cet exposé. Homer C. Hoeksema est professeur de Dogmatiques et de l’Ancien Testament à la même école de Théologie, et est l'auteur du chapitre 3. Gise J. Van Baren est pasteur de la première église Réformée protestante de Grand Rapids au Michigan; et il est l'auteur des chapitres 4 et 5.
Les notes du traducteur, qui ne font pas partie du texte original, furent ajoutées en caractère bleu.
Que le Seigneur notre Dieu utilise ces chapitres pour l'instruction et l'éclaircissement de plusieurs !
TABLE DES MATIÈRES
· CHAPITRE I – (TOTAL DEPRAVITY) LA DÉPRAVATION OU CORRUPTION TOTALE ET ABSOLUE, par le professeur Herman Hanko
· CHAPITRE II – (UNCONDITIONAL ELECTION) L’ÉLECTION INCONDITIONNELLE OU LA DOUBLE PRÉDESTINATION, par le professeur Herman Hanko a) Que signifions-nous par l’Élection Inconditionnelle ? b) Quels sont les démentis de cette vérité ? c) Quelle est son importance pour l’Église ?
A VENIR S.v.p. armez-vous de patience, le travail de traduction et de reconstruction se poursuit pour la gloire de Christ, les chapitres qui manquent seront ajouté à mesure qu'ils seront terminés. Jean leDuc
LA RÉDEMPTION PARTICULIÈRE OU LE RACHAT LIMITÉ, par le professeur Homer C. Hoeksema
LA GRÂCE IRRÉSISTIBLE OU L’APPEL EFFICACE, par le Révérend Gise J. Van Baren
LA PERSÉVÉRANCE DES SAINTS OU L’ASSURANCE DU SALUT, par le Révérend Gise J. Van Baren
LES CINQ POINTS DU CALVINISME
a) Qu’est ce que la Dépravation ? b) Que signifie la Dépravation Totale ?
c) Quelle est l’importance de cette doctrine ?
Avant que nous entamions un exposé sur la signification de la dépravation telle qu’elle est déterminée dans l’Écriture, il est important d’examiner brièvement l’histoire de cette doctrine à partir d’Augustin jusqu’à la période du synode de Dordt. Cette histoire peut très bien nous réserver quelques surprises.
L’occasion qui donna à Augustin la motivation pour formuler la vérité de la dépravation totale était l’enseignement d’un certain Pélage qui apparut à Rome dans la première partie du cinquième siècle. Ce dernier commença à enseigner des vues qui étaient totalement en désaccord avec l’Écriture. Il enseignait que chaque enfant né en ce monde est bon de nature et sans péché. En fait il insistait sur le fait que chaque enfant était aussi bon qu’Adam quand il fut créé des mains de son Créateur avant la chute. Si vous aviez demandé à Pélage : « Pourquoi donc le péché se trouve-t-il en ce monde? » Il aurait répondu : « Ceci est déterminé par le choix qu’un homme fait d’entre ce qui est bien et ce qui est mauvais. » Sa nature, selon Pélage, est inclinée au bien. En fait, selon lui, il a existé dans l’histoire des hommes de ce monde qui ont vécu leurs vies entières sans commettre aucun péché. Mais certains tombent dans le péché. La raison de ce fait est qu’ils reprennent les mauvaises habitudes de leurs compagnons. Le péché donc, selon l’opinion de Pélage, n’est une habitude. Et, comme il est vrai de toutes habitudes, le plus souvent qu’un péché est commis le plus fort également devient l’habitude. Plus un homme est coupable d’un péché particulier, plus cette habitude devient enraciné plus profondément en sa nature. Néanmoins, le péché demeure toujours qu’une habitude. Et puisque le péché est seulement une habitude, la solution au problème du péché se situe donc dans la rupture de l’habitude. C’est la conséquence logique. Dans ce contexte Pélage insiste qu’il n’existe aucun besoin de salut. Il n’existe aucun besoin de grâce, et encore moins d’une grâce souveraine. Tout ce qu’un homme doit faire s’il veut briser l’habitude du péché est d’avoir une ferme résolution. Par un choix de sa propre volonté il réussira actuellement à ne plus péché.
Augustin a soulevé une longue et forte protestation contre ces vues anti-scripturaire. Augustin lui-même savait mieux. Et il savait mieux, d’une part, parce qu’il a dans sa propre vie éprouvée quelque chose de tout à fait différent. Tôt dans sa vie Augustin était immoral et également très mauvais. Il avait commis beaucoup de péchés sérieux et graves. Il avait appris de sa propre expérience personnelle que le péché était beaucoup plus qu’une simple habitude. C’était une force méchante, destructive et très puissante dans nature de l’homme. Et il avait aussi appris, par la grâce et la miséricorde de Dieu, qu’il n’a jamais cessé d’exalter, que la seule possibilité d’affranchissement du péché était par la puissance de la grâce souveraine.
Et ainsi, d’autre part, il avait trouvé ces vérités établit solidement dans les Écritures. Il insista sur le fait que Adam avait été créé par Dieu dans un état parfait de droiture, néanmoins la chute apporta de telles conséquences sur Adam et sur sa postérité que l’homme est devenu totalement incapable de faire n’importe quel bien du tout – de quelle sorte que ce soit. Augustin était si insistant sur ce point qu’il a inclus dans sa condamnation les bonnes ouvres apparentes des païens – des philosophes païens tels que Socrate, Platon, et Cicero. Il a réclamé que ces œuvres n’étaient pas bonnes dans aucun sens du mot, qu’elles étaient une perversion et une corruption de ce qui est bon, et que la seule puissance de faire le bien se trouvait dans la puissance de la grâce souveraine.
Maintenant les vues d’Augustin n’ont pas régné dans l’église institutionnalisée de son temps, excepté parmi quelques-uns. Nous pouvons inclure dans ces « quelques-uns » certains des élus qui se tenaient à l’écart de l’église institutionnalisée dans le but de servir Dieu en esprit et en vérité. Mais là a surgi à la place dans l’église institutionnalisée une vue qui est devenue notoirement connue comme le Semi-pélagianisme. Les hommes qui ont tenu ces vues n’ont pas voulu aller aux extrémités ridicules et absurdes de Pélage lui-même. Mais, en même temps, ils n’ont pas voulu le système d’Augustin. Ils ont essayé un compromis. Et de même qu’il vrai de tous les compromis, ils ont simplement inventé une nouvelle hérésie. Ils ont enseigné, comme il est vrai en effet, qu’un homme né en ce monde n’e peut être bon. Il ne se tient pas dans l’état dans lequel Adam s’est tenu dans le paradis avant la chute. Mais tandis qu’ils insistaient sur ceci, ils insistèrent également sur l’idée que l’homme n’est pas totalement dépravé. Ils affirmèrent plutôt qu’il était malade. Et en effet, alors que le genre de maladie qu’il a eu était une maladie mortelle, de sorte que si cette maladie n’était pas traitée, actuellement elle avait comme conséquence la mort. Néanmoins, dans cette période de maladie, l’homme était capable d’accomplir beaucoup de bien. En particulier, il était capable, par un exercice de sa propre volonté, d’appeler à son aide le Grand Médecin à venir avec le baume de la grâce curative pour le sauver de sa maladie mortelle. Quant à Dieu, dit le Semi-pélagianisme, il a préparé le salut pour tous les hommes. Il a préparé le traitement pour cette maladie qui afflige l’humanité. Et Dieu est également disposé à donner ce baume curatif à tous les hommes. En fait, Dieu mise même une étape plus loin que ceci, et offre ce baume à tous les hommes pour être accepté ou être rejetés par eux. Mais Dieu ne dépassera pas les limites de ceci, affirme le Semi-pélagianisme. Ce baume curatif sera finalement appliqué à l’homme pour traiter sa maladie si l’homme lui-même la veut. Donc, le problème dans l’ensemble de son traitement, de son salut, dépend du choix de sa propre volonté.
Si cette position du Semi-pélagianisme vous semble familière et démontre les caractéristiques de plusieurs prédicateurs modernes, soyez assuré du fait que c’est en effet et sans aucun doute une ancienne hérésie subversive conçue dans le but de tenter d’égarer les élus.
Le système entier du Semi-pélagianisme est devenu la base pour la doctrine catholique romaine du salut par les œuvres. La structure imposante du salut par les œuvres du Catholicisme a été solidement fondée sur cette modification du Pélagianisme.
Ce fut seulement au temps de la Réforme Protestante que les vérités décrites par Augustin étaient une fois de plus des vérités publiquement proclamées dans l’église. Martin Luther a débuté ceci en 1517. En s’opposant à la doctrine de la justification par les œuvres de l’église catholique romaine, il s’aperçut que la structure entière du Semi-pélagianisme devait être défaite et que la ferme fondation de la dépravation totale devait être établit une fois de plus. Il insista fortement que cette dépravation est si complète que même la volonté de l’homme est elle-même complètement esclave du péché. Il a écrit un livre sur ce sujet qui est encore disponible de nos jours et dont le titre est : « l’esclavage de la volonté » (The Bondage of the Will).
Mais ce fut Jean Calvin qui établit ouvertement cette vérité en liaison avec toute la vérité de la Parole de Dieu, et formula cette vérité telle qu’elle fut exprimée au temps du Synode de Dordrecht. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans le détail concernant l’enseignement de Calvin. N’importe qui de ceux qui connaissent les écrits de Calvin (particulièrement dans son « Institue ») sait que cette vérité de la dépravation totale est enseignée ou présupposée sur presque chaque page. Une citation suffira pour notre but. Dans elle il démontre sa dépendance sur Augustin. En discutant l’utilisation du terme « concupiscence » par Augustin, il écrit :
Ce fut cette vérité que Calvin a établit en rendant hommage à Augustin. Ce fut cette vérité qui fut formulé par les anciens du Synode tenu à Dordrecht.
Que signifie-t-on par dépravation? Que voulaient dire les anciens de Dordrecht ? Qu’enseigne les Écritures sur ce sujet ?
Premièrement, la dépravation se rapporte naturellement au péché. Ceci semble évident; mais c’est seulement au degré que nous mettons l’emphase sur la réalité et le caractère grave du péché que nous pourrons également maintenir la vérité de la dépravation totale.
Historiquement et même aujourd’hui, ceux qui nient la vérité de la dépravation totale sont également ceux qui amoindrissent les réalités rudes et déplaisantes du péché. C’est pourquoi, par exemple, que le péché n’est pas pris sérieusement aujourd’hui. Pélage le considérait seulement comme une habitude. Quant au Semi-pélagianisme, il le considère seulement comme une maladie. Aujourd’hui également il est facilement écarté, et très peu considéré. L’horreur du péché, telle que décrit dans les Écritures, est complètement rejetée ou niée. À l’autre extrême du monde ecclésiastique sont les théologiens libéraux qui enseignent que le péché est seulement une affliction sociale ou une déficience mentale. Le remède pour le péché doit donc être trouvé dans la réhabilitation sociale, dans le bénévolat social, dans la réforme sociale, et dans la réforme extérieure de caractère. Ceci est le remède moderne pour le péché, car le péché est regardé comme étant seulement un reste de notre ascendance animale que nous avons gardé dans la montée du processus de notre évolution.
Mais plus près de nous, dans la mesure où le péché est considéré comme étant seulement une habitude ou une maladie, le caractère horrible du péché a été nié et la vérité de la dépravation totale a été prouvée impossible à maintenir.
Mais l’Écriture nous donne une opinion tout à fait différente du péché. L’Écriture nous informe emphatiquement que le péché est toujours commis dans le rapport avec Dieu. Ceci est fondamental. Dieu est le Seigneur Saint et Souverain du ciel et de la terre. Il est infiniment parfait. Sa sainteté est si grande et la gloire de l’éclat de ses perfections si brillantes que devant lui les anges couvrent leurs visages et chantent continuellement : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu Tout-Puissant. » C’est contre lui que tous péchés sont commis. Ceci ne doit jamais être oublié. Le péché est une contradiction de sa sainteté. C’est une rébellion contre lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre. Chaque péché, n’importe quel, qu’il soit considéré mineur ou insignifiant, est toujours commis par rapport à notre relation avec Dieu. Dieu créa l’homme le plaça dans un paradis. Et le but unique de la création de l’homme, comme chef-d’œuvre de la création de Dieu, était que l’homme puisse glorifier son Créateur. Il n’y avait aucun autre but pourquoi l’homme fut placé par Dieu dans le paradis. Avec toute sa vie, avec tout ce qu’il était, avec toute la création sur laquelle il devait dominer, il n’y avait aucun autre appel qui lui fut donner sauf celui de glorifier Dieu, qui seul est digne de toute la louange et de toute la gloire.
Le péché d’Adam de manger de l’arbre interdit, était donc un péché qu’il a commis contre Dieu. C’était le péché de la désobéissance contre la commande exprès de Dieu. Et puisque c’était un péché de désobéissance contre Dieu, c’était une détermination délibérée, consciente, obstinée à cesser d’exécuter le but pour lequel Adam avait été créé. Il ne voulait rien de Dieu et de sa gloire. Il a choisi de mettre son sort avec Satan qui l’a tenté. Il a choisi de représenter Satan et de l’aider dans son plan néfaste de voler ce monde à son Créateur. Il a délibérément tourné le dos au Dieu du ciel et à la terre avec cet acte de désobéissance. C’est cela qui a rendu son péché si horrible. Il a été commis contre Dieu.
À ce jour, dans toute l’histoire de ce triste monde, il n’y a jamais eu un péché d’une différente sorte. Ceci nous devons le comprendre. Il est inutile de parler du péché en termes de relations sociales, d’un déréglage social. Le péché est contre le Dieu du ciel et de la terre. C’est pour cette raison pour laquelle la punition pour le péché est tellement grande.
La punition est donc que Dieu fit mourir Adam. Vous pouvez comprendre pourquoi cela était nécessaire. Dieu avait formé Adam pour qu’il représente sa cause dans le monde et qu’il puisse glorifier son Créateur. Il n’avait aucun autre but pour son existence que cela. Mais il a refusé de le faire de son propre choix, de sa propre volonté. Il choisit de glorifier le diable. Tel fut le désir d’Adam. Or, à cause de cela, il n’y avait plus de place pour lui dans le monde de Dieu. Ainsi Dieu fit mourir Adam : « le jour que tu en mangeras, tu mouras sûrement. »
Qu’est ce que cela signifie que Dieu fit mourir Adam ? Il est évident qu’il n’est pas tombé mort au pied de l’arbre, comme nous savons très bien. Premièrement cela signifie que Dieu a versé sur Adam la fureur de sa colère et de sa haine. Dieu a détesté Adam. Cela ne pouvait être autrement puisque Dieu devait maintenir sa propre sainteté comme il l’a toujours fait et doit le faire dans l’intérêt de son propre nom. Il ne pouvait pas aimer ceux qui ont péché et qui ne furent point saint comme Lui est Saint. Vous comprenez que cela est maintenant indépendamment de Christ. Nous savons en effet que Adam a été sauvé en Christ. Mais en ce qui concerne cette mort qui est venue sur Adam, Dieu versa sur lui sa colère. Ce fut dans la nature de Dieu même d’agir ainsi. Adam a été aliéné de Dieu. Comme il fut chassé du jardin d’Éden, ainsi il fut chassé de la face de Dieu. Là où une fois sa vie était remplie du soleil de la faveur de Dieu, il était maintenant rempli des nuages menaçants de la colère de Dieu. Là où une fois il avait la paix, la joie, le bonheur et la vie dans la communion avec son Créateur, maintenant tout ce qu’il avait était malaise, aliénation, colère, ennui, affliction, détresse, et mort.
Deuxièmement, le fait que Dieu fit mourir Adam signifie qu’il rendit Adam entièrement dépravé par la condamnation de sa rébellion. La dépravation est exactement ce qu’est la mort, les deux sont identique, car le mot dépravation signifie corruption. La mort et la dépravation totale sont synonymes. L’apôtre Paul l’exprime ainsi dans Éphésiens 2 :1,5 (Bible Martin, 1744)? « Et lorsque vous étiez morts en vos fautes et en vos péchés… Lors, dis-je, que nous étions morts en [nos] fautes, il nous a vivifiés ensemble avec Christ, par la grâce [duquel] vous êtes sauvés. » La punition terrible qu’Adam subit pour sa transgression fut que Dieu apporta sur Adam l’horreur de la dépravation totale. Il le rendit esclave du péché dans la totalité de son être et de sa nature. Telle est ainsi la punition pour le péché. Et c’est en termes de punition pour le péché que nous devons considérer la vérité de la dépravation totale. Puisque le péché est si terrible, il mérite une telle punition terrible. Cette punition implique toute la dépravation de la nature de l’homme. Ainsi, tous depuis Adam, hommes, femmes et enfants, sont donc totalement dépravés dès leur naissance.
Comment est-il donc possible que tous les hommes soient entièrement dépravés ? Nous devons brièvement mentionner deux raisons.
En premier lieu, tous les hommes sont en Adam responsable du péché qu’Adam a commis car nous descendons tous de lui. Cette vérité est de plus évidente lorsque nous considérons que Adam fut la tête ou le chef de la race humaine entière, de même que Christ est la Tête ou le Chef de son peuple élu. L’apôtre Paul exprime cela en ces mots : « Car comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés en Christ. « I Corinthiens 15 :22. Adam était le chef de tous les hommes, et tous les hommes sont ainsi responsables avec Adam de sa transgression car nous étions tous en lui.
Deuxièmement, Adam était le père de toute la race humaine de sorte qu’est descendue de lui une race humaine aussi corrompue et dépravée que lui. Ce fut David qui, il y a bien longtemps, chantait cette plainte dans le Psaume 51 :5 (Bible de l’Épée, 2003) : « Voilà, j’ai été formé dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché. »
Et ainsi la dépravation est venue sur tous les hommes.
b) Que signifie la Dépravation totale et absolue ?
L’Écriture et nos Confessions (les Canons de Dordrecht) nous disent que la dépravation de la nature humaine est totale, qu’aucune partie de l’homme en fut exempté.
Avant que nous entamions une description plus détaillée de cela, je dois attirer votre attention sur quelques distinctions qui ont été faites et qui sont devenu de plus en plus populaire. Ces distinctions furent évidemment conçues pour amoindrir la vérité de la dépravation totale. Il y a, par exemple, la distinction qui est parfois faite entre la dépravation totale et la dépravation absolue. Cette distinction est prévue pour signifier que tandis que l’homme est totalement dépravé, il n’est pas absolument dépravé. La citation suivante, qui cherche à renverser la vérité, servira à élucider ce qui est signifié par cette distinction. (elle est prise du périodique La Bannière et est trouvée dans un article qui explique et tord le sens des Canons de Dordt, particulièrement le Canons III et IV, l’article 4.)
Nous pourrions répondre à cette objection subtile en disant que le sacrifice de Caïn, malgré les bonnes intentions de celui-ci, fut rejeté de Dieu et qu’en fait il fut disgracié et chassé de Sa présence (Gen. 4 : 5-14). Il est impossible à l’homme pécheur de plaire à Dieu; dire autrement serait de la pure hypocrisie. Même l’apôtre Paul dit « qu’il n’y a rien de bien dans sa chair » et quoiqu’il reconnaisse le bien qu’il doive faire, il fait le mal qu’il ne veut point faire (Rom. 7 :18,19). Il n’y a aucun doute selon les Écritures que la dépravation de l’homme est totale et absolue. Nous citerions aussi l’exemple de Lazare, l’ami de Jésus, qui mourut et que le Seigneur ressuscita. Comme analogie, l’histoire de la mort et de la résurrection de Lazare nous indique que l’homme, étant mort spirituellement, n’a aucun moyen de faire ce qui est bien pour la gloire de Dieu, ni d’exercer sa capacité de choisir, car il est mort et un mort n’a point la vie en lui. En d’autres mots, si nous pouvons nous exprimer ainsi, la vie de l’homme en ce monde est une vie de mort et non une vie d’entre les morts. Même aucun chrétien réel ne peut prétendre plaire à Dieu, car quoique nous sommes sauvé en esprit, notre corps demeure toujours sous l’influence du péché (Rom. 8 :10) et en subit les conséquences tout le temps de notre existence.
Dans cette citation subtile et subversive que nous avons vu plus haut dans l’article du périodique La Bannière, la distinction est faite entre la dépravation totale et la dépravation absolue. La dépravation totale signifie que l’homme est dépravé dans chaque partie de son être. Mais tandis qu’il est dépravé dans chaque partie son être, là restent en même temps des restes de bon. Il est encore capable de faire le bien pour plaire à Dieu. Mais la dépravation absolue signifie que chaque partie de son être est complètement mauvais, entièrement corrompue. Cette distinction fut donc conçue précisément pour laisser place à ce que l’homme peut exécuter de bien de lui-même. Et ce bien est relié particulièrement avec l’acceptation de l’Évangile de sa propre volonté. Ceci est exactement le contraire de ce que nos Canons de Dordrecht enseignent avec précision sur la dépravation totale de la nature humaine.
Une autre distinction qui est souvent faite est la distinction entre le motif intérieur du cœur et son évidence extérieure. Certains maintiennent que l’homme, quoiqu’il soit dépravé en ce qui concerne ses œuvres extérieures, qu’il détient encore néanmoins une capacité considérable de faire le bien. Il peut effectuer des œuvres qui sont extérieurement en harmonie avec la loi de Dieu. Il ne vit pas une vie totalement adultère. Il ne tue pas tous ceux qu’il rencontre sur la rue. Il est capable de conformer sa vie et sa conduite d’une façon externe à la loi de Dieu et de faire de grands biens, quoique intérieurement il soit corrompu. Les humanistes sont pleins de tels exemples, et dans ce contexte ils sont fiers de citer la vie de personnes notables comme Gandhi, Martin Luther King, sœur Thérèsa, et plusieurs autres qui ont contribué à glorifier la nature humaine plutôt que Dieu.
Ceci est une chose que les anciens de Dordrecht n’ont jamais voulu dire. Ils ont parlé d’une dépravation totale et absolue. Ils indiquèrent par cela que la nature de l’homme est autant malsaine et pernicieuse qu’elle le fut depuis la chute. Et c’est exactement ce que l’Écriture enseigne.
Une autre distinction est faite entre ce qui est nommé spirituellement bien et ce qui est naturellement bien. La citation ci-dessus suggère également cette même distinction. Par ce qui est spirituellement bien, ils établissent une base qui serait possible au salut. Ceci est une tentative de l’homme à s’élever vers le ciel. N’est-ce pas la même tentative que fit Lucifer (Esaie 14 : 12-14). Ceux-ci insistent sur le fait que, alors que l’homme est en effet incapable d’un tel bien spirituel, néanmoins il est certainement capable de bien naturel. Par bien naturel ils signifient quelque chose comme une bonté externe qui est conforme à la loi de Dieu. Ceux qui maintiennent ceci nous indiqueront que dans le monde dans lequel nous vivons, il se trouve amplement de tels biens qui sont fait par plusieurs. Ainsi, voulant obstinément se justifier par leurs œuvres, ils sont rejetés de la grâce de Dieu (Gal. 5 :4).
Toutes ces distinctions furent conçues, dans un sens ou un autre, pour amoindrir la dureté de la doctrine de la dépravation totale.
Quand Calvin et les anciens de Dordt insistèrent sur le fait que la dépravation était totale, ils connaissaient très bien la signification des mots. Ils signifiaient par l’expression « dépravation totale » ce que l’Écriture appelle la mort. Le pécheur est mort, c’est à dire « spirituellement mort ». Du moment de sa naissance en ce monde, il un être dépourvu et entièrement ruiné spirituellement. Il n’est pas malade. Il n’est pas affligé avec une maladie ou une malformation du code génétique quelconque qui serait mortelle à son existence. Il est mort du moment de sa naissance, un point c’est tout. Cet enseignement est souligné fortement à travers les Écritures qui insistent sur la vérité immuable que le pécheur est définitivement et complètement mort. Rien ne peut changer cela, ni la science de l’homme, ni sa religion, ni sa capacité de choisir; un mort est mort et ne peut se relever d’entre les morts de lui-même, il ne peut croire de lui-même ni être sauvé de par sa propre volonté (Jean 1 :13). Bref, il ne peut choisir de croire en Christ ni de l’accepter comme Sauveur personnel, car il est mort et toutes ses dispositions et ses aspirations ne sont que corruption. Toutes prétentions contraires viennent de l’esprit de rébellion et d’indépendance en l’homme, et l’esprit de rébellion et d’indépendance est un esprit de mort. Ainsi nous arrivons inévitablement à la question que les disciples posèrent à Jésus : « Qui donc peut-être sauvé ? Et Jésus, les regardant, leur dit : Quant aux hommes, cela est impossible; mais quant à Dieu, toutes choses sont possibles (Matt. 19 :25,26) »
c) Qu’est-ce que tout cela signifie ?
Ceci signifie que la nature humaine est tellement et complètement corrompue par le péché qu’elle est incapable de produire quoique ce soit de bon. Il n’y a rien que le pécheur peut faire qui est agréable dans à la vue de Dieu. Son cœur est complètement mort. Salomon ne dit-il pas : « hors du cœur procèdent les sources de la vie ? » (Prov.4 :23). Pourtant le cœur, qui est la source de la vie de tout l’homme, est mort; et tout ce qui en procède n’est que l’odeur de la mort. L’esprit de l’homme est mort, son raisonnement est stagnant. Il est tellement obscurci par le péché que l’homme ne peut pas avec son esprit savoir ce qui est bon spirituellement. Dans un sens formel, il peut comprendre naturellement la vérité, mais il en saisit seulement que le sens externe et non interne. Quand un homme mauvais lit les Écritures, il peut comprendre la signification grammaticale des mots, mais non le sens spirituel. Il peut comprendre les pensées dans ces mots et les raisonner avec son esprit. Ce n’est pas le point. N’oublions pas qu’à l’origine le péché de l’homme consistait à déclarer son indépendance en choisissant de lui-même de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est à dire qu’il avait déterminé de prendre sa vie en main, d’être le maître de son destin en choisissant ce qui est bien ou ce qui est mal pour lui-même dans sa vie au détriment de Dieu. Cette capacité de sélectionner lui est demeurer, et il vit sa vie de tous les jours en exerçant cette faculté, car telle fut sa condamnation : « …le sol sera maudit à cause de toi; tu en mangeras les fruits avec peines tous les jours de ta vie (Gen. 3 :17) ». Tous les choix et les raisonnements de l’homme sont ainsi esclave de la chair et de la corruption. Son esprit est tellement et complètement obscurcit que chaque fois qu’il voit la vérité au sujet de Dieu il la déteste et se tourne contre elle. Il se rebelle contre son enseignement clair et précis. Il le pousse loin de lui. Ceci est tellement vrai que Jésus dit à Nicodème : « …si un homme ne naît de nouveau (n’est régénéré d’en haut, selon l’original), il ne peut pas voir le royaume de Dieu. » (Jean 33). Son esprit est tellement rempli des ténèbres du mensonge qu’il ne s’y trouve aucune place la vérité.
Le même est vrai de la volonté de l’homme. L’esclavage de sa volonté décrit clairement l’état de l’homme avec précision : il est lié par le péché et en est son esclave. Il ne peut même pas avoir la capacité de faire le bien (Rom. 7 :14-21). Le pécheur ne peut même pas ce qui est bien, ni le veut-il. C’est sa nature. Il est mort. Un homme mort peut-il penser ? Un homme mort peut-il vouloir ? Un homme mort peut-il démontrer de la vie ? L’homme est spirituellement mort est incapable de bien spirituel.
C’est ce qui est exprimé dans les Canons de Dordrecht III et IV, Article 1 :
« L’homme a été créé au commencement à l’image de Dieu. Il était orné dans son entendement de la vraie et salutaire connaissance de son Créateur et des choses spirituelles; de justice dans sa volonté et son cœur; de pureté dans toutes ses affections. Il a donc été entièrement saint. Mais, s’étant détourné de Dieu sous l’inspiration du diable, et cela de sa libre volonté, il s’est privé lui-même de ces dons excellents. A leur place et à l’opposé, il a attiré sur lui l’aveuglement, d’horribles ténèbres, la vanité et la perversité de son entendement, la méchanceté, la rébellion et la dureté dans sa volonté et dans son cœur, de même que l’impureté dans toutes ses affections. »
Je ne peux penser à une description plus précise de la corruption de l’homme que celle-ci. Vous objectez peut-être et direz : « Oui, mais les canons parlent également d’une faible lueur de la lumière normale qui demeure en l’homme. » Ceci est vrai. Ils parlent d’une faible lueur de la lumière normale par laquelle l’homme maintient quelques connaissances de Dieu, des choses normales, et des différences entre le bien et le mal. Ces faibles lueurs donnent à homme du respect pour la vertu, pour le bon ordre dans la société, et pour maintenir une conduite externe ordonnée.
Mais deux remarques doivent être faites à cet égard.
En premier lieu, quand Dieu a apporté la mort sur l’homme comme punition pour le péché, Dieu n’a pas fait de l’homme un diable ni un animal. L’homme est resté homme. Et c’est ce que signifient nos Canons. Il a été totalement dépravé, il fut emphatiquement un homme totalement corrompu. On objecte parfois que si Dieu n’avait pas préservé quelques restes de bon chez l’homme, l’homme serait devenu un démon ou une bête. C’est absurde. L’homme ne serait pas devenu un démon ou une bête si quelques éléments de qualités n’étaient pas préservés dans lui. Il a été créé un homme. Comme un homme Dieu le punit. Comme un homme Dieu le chassa hors de son monde. Comme un homme Dieu l’envoie dans l’enfer. Mais il reste toujours un homme. C’est ce que signifient les Canons. D’ailleurs, nous ne voudrions pas insulter les animaux qui se comportent plus sagement et moins sauvagement que l’homme dans bien des cas; ils s’opposeraient eux-même à une telle comparaison car ils demeurent tel qu’ils ont été créés depuis la fondation du monde. Quoiqu’ils aient été soumis involontairement aux effets du péché (Rom. 8 : 19,20), il en advient qu’aucun animal n’abuse de son existence.
Deuxièmement, les Canons expliquent en quoi consistent ces faibles lueurs de lumière normale qui demeurent en l’homme; et les Canons dans le même article (III et IV, 4) montrent clairement qu’ils ne signifient pas là que l’homme est encore bon.
Mais cette lumière naturelle est entièrement insuffisante pour apporter l’homme à une connaissance du salut de Dieu et à une vraie conversion, et il est incapable de l’utiliser droitement même dans les choses normales et civiles de ce monde. Même encore plus, cette lumière est telle, que l’homme la rend polluée dans diverses manières par son comportement au point qu’il devient inexcusable devant Dieu.
Ceci est la triste image de l’homme que nos Canons font dans leur défense de la vérité sur la dépravation totale. Le point crucial est alors que si la nature de l’homme est morte, on ne peut pas s’attendre cette nature morte produise des bonnes œuvres. Comment cela serait-il possible ? Un homme mort peut-il faire le bien, que ce bien soit naturel ou externe et qu’il soit nommé par quelque nom qu’on puisse le nommer ? Est-ce qu’un arbre pourri produit de bons fruits ? Une fontaine polluée donne-t-elle de l’eau douce ? Un cadavre mort produit-il la vie ? Si la nature de l’homme est dépravée, non simplement en tout de ses parties, mais d’une telle manière que chaque partie est entièrement corrompue, alors il n’y a aucun bien que l’homme puisse faire en aucun sens du mot qui est agréable dans la vue de Dieu : il ne peut faire le bien naturel, il ne peut faire le bien spirituel, il ne peut faire le bien civil. Il ne peut conformer sa nature à la loi de Dieu. Il ne peut vouloir son salut. Il ne peut choisir de croire. Il ne peut prendre la décision d’accepter Christ comme son Sauveur personnel. Il est lié désespérément dans les chaînes du péché. Mais il peut prétendre être chrétien, il peut s’imaginer sauvé, il peut se penser dans la vérité; car l’esprit de corruption est un esprit de rébellion et de duplicité, un esprit de séduction qui donne qu’une illusion de la foi réelle et qui fraude les voies de Dieu. Ceci est de plus en plus évident, lorsque nous regardons aux mouvements dits évangéliques de nos jours, où nous trouvons le poison de l’Arminianisme infecter un grand nombre de gens qui se pensent chrétien à cause qu’ils disent avoir accepté Jésus comme leur Sauveur personnel. Des techniques de manipulations psychologiques et textuelles sont souvent employées dans ces milieux, où les gens subissent inconsciemment un lavage de cerveau qui les porte à défendre l’existence fétide et inutile de leurs dénominations avec leurs fausses doctrines. Mais aveuglé par la dépravation de leur nature, ils n’ont aucun discernement de ce qu’est la vérité et s’enfoncent de plus en plus dans le gouffre infernal de l’œcuménisme d’une utopie fictive. Se couvrant d’une gloire chimérique, ils ne réalisent point qu’ils sont destinés aux flammes du feu éternel d’un enfer réel.
Or rien de bien ne peut-être trouvé parmi les chrétiens nominaux, parmi les apostasiés et les réprouvés, et surtout parmi les païens. Il est souvent dit de nos jours que les païens cherchent sincèrement à être délivrés de leurs idoles; qu’ils désirent ardemment et sincèrement d’échapper aux chaînes de ténèbres qui les tiennent captifs. Et ainsi il nous est dit qu’ils serviraient en effet le vrai Dieu si seulement ils savaient qui il était. Ils attendent seulement dans l’anticipation que quelqu’un vienne leur parler du vrai Dieu, de Christ, parce que tous leurs désirs sont dans la direction de la vraie religion. Ainsi en est-il que lorsque l’Évangile leur est prêché, il leur apporte les paroles qu’ils ont longtemps désiré entendre et qu’ils embrassent avec empressement.
Rien n’est plus faux, ceci ne peut jamais être. Nous ne devons pas amoindrir la rudesse des explications de l’Écriture. L’homme est totalement dépravé. En lui ne se trouve rien de bien.
Je suppose qu’il y en a qui objecterait de tout ceci et insisterait : « Oui, mais quand je sors et j’observe la conduite de gens de mon entourage, je m’aperçois que les choses sont tout à fait contraire à ce que vous dites. Je vois beaucoup d’amour dans le monde – l’amour entre l’homme et sa femme; l’amour entre les parents et les enfants; l’amour de l’homme pour l’homme. Il y a de beaucoup de compassion, de philanthropie, de désir de s’aider l’un et l’autre dans ce monde mauvais. Il y a des accomplissements merveilleux qui épatent l’imagination dans les frontières de la science, de la technologie, et de l’industrie. Il y a des merveilles qui se produisent dans les guérisons au niveau de la médecine. Quelles œuvres puissantes et fantastiques l’homme peut produire ! De quelles grandes choses il est capable ! N’êtes-vous pas dur à l’excès ? Votre explication n’est-elle pas injuste ? Ne fermez-vous pas vos yeux aux réalités évidentes qui vous entourent ? Allez dans le monde et vous constaterez que votre jugement de l’homme est trop sévère. »
Que devons-nous dire de ceci ?
Nous devons faire ici trois remarques.
Pouvez-vous appeler « bonnes » ces choses que l’homme fait ? Pouvez-vous appeler cela bon quand un homme renonce aux plaisirs de l’adultère afin d’accumuler pour lui-même de plus grandes richesses ? Est-ce que cela est bon aux yeux de Dieu ? Certainement que non. Le même est vrai de la prétendue philanthropie apparente des hommes et de leurs œuvres de pitié. La force principale qui dirige l’homme dans sa vie est sa convoitise pour l’honneur et la reconnaissance. Le péché est l’orgueil, et l’homme essaye toujours de s’exalter devant les yeux de ses contemporains. Dans cette force motrice de convoitise pour l’honneur et la renommée, il est disposé à répandre ses largesses à l’étranger. Il est très consentant à partager ses richesses pourvu qu’il soit loué et félicité, et qu’il puisse entendre de ses oreilles les acclamations de ceux avec qui il vit. Cela serait-il bon ? Comment cela pourrait-il l’être ? La convoitise a-t-elle cessé d’être péché ? Le fait que les bonnes œuvres de l’homme soient motivées par la convoitise nous indique clairement la profondeur de sa dépravation.
Dans le sens plus large du mot, ceci est vrai aussi de toute la triste histoire de ce monde dépravé. Quand Dieu créa Adam dans le paradis, il le plaça au milieu de ce monde merveilleux pour qu’il puisse aimer Dieu de tout son cœur, de tout son âme, de tout son esprit, et de toute sa force. Il fut donné le monde dans le but de glorifier son Créateur. C’était la raison unique de son existence. Mais Adam refusa et écouta le diable. Il écouta les sifflements du tentateur : « Vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal. » Adam pris le côté du diable. Or le but constant de l’adversaire fut toujours de chercher à renverser Dieu, de supplanter son trône et de voler ce monde à Dieu. Il a enrôlé l’aide de l’homme pour accomplir ceci. Le péché signifie donc (de ce point de vue), que l’homme se tient du côté du diable, qu’il est motivé dans tout ce qu’il fait à rechercher le mal dans le but de faire de ce monde le royaume de Satan. Ceci détermine toute la signification du péché. C’est la haine de Dieu. C’est la rébellion contre le Très-Haut. Et ainsi c’est une tentative désespérée de la part de l’homme de saisir pour lui-même ce monde en lequel il a été placé; de chasser Dieu hors de son monde; de déposer Christ de son trône; d’assujettir l’univers entier au péché. Et pour accomplir ce but, il est disposé à utiliser tous les moyens à sa disposition. Et s’il doit, dans la poursuite de ce but, renoncer pour un certain temps à quelques autres plaisirs afin d’accomplir ceci, il est bien consentant à le faire. Il sait alors que si le gouvernement n’est pas institué pour faire des lois et pour les imposer, l’anarchie règnerait; et il sait que l’anarchie l’empêcherait d’atteindre ses buts. Et ainsi il fait non seulement des lois, mais conforme également sa vie à elles. C’est-à-dire, il fera ceci aussi longtemps qu’il est nécessaire pour chassé Dieu hors de Son monde. Aussitôt qu’il croît pouvoir échapper à la colère de Dieu et aux conséquences du péché, il fera ce qui lui plaît. Il s’assiéra dans son orgueil et dira : « le monde est à moi. Dieu est parti. Je peux faire comme je plais, péché comme je veux. Il n’existe plus aucun besoin de porter la conséquence du péché, d’être culpabilisé. Dieu est banni de son trône. » Ainsi, tout ce que l’homme accomplit, (tout ce bien apparent) est déterminé par ce désir dominant. Il peut se tenir sur les frontières de l’espace. Il peut faire des inventions merveilleuses dans les domaines de la science. Mais c’est parce qu’il est engagé dans une lutte désespérée d’arracher ce monde des mains de son Créateur. Il ne se reposera pas jusqu’à ce que ce but soit atteint. C’est le principe le plus profond de sa vie. C’est pourquoi tout le péché de la race humaine culmine enfin en cet homme de péché, le fils de la perdition, l’Antichrist. Dans l’Antichrist il pense atteindre son but.
Sans aucun doute la dépravation de l’homme est totale.
f) Quelle est l’Importance de cette Doctrine ?
Pour conclure ce sujet, nous devons faire deux remarques.
En premier lieu, l’importance de cette doctrine est théologique.
Ceci signifie deux choses.
Tout d’abord, la vérité de la dépravation totale n’est pas une doctrine isolée. Elle est étroitement reliée et entrelacée avec les quatre autres points du Calvinisme. Et parce que ceci est vrai, cette doctrine est étroitement reliée à toute la vérité de l’Écriture. C’est avec raison que notre Confession débute cette discussion de la vérité entière par rapport à la signification de la dépravation totale :
Sommes-nous tellement si corrompus que nous sommes complètement incapables de faire le bien quel qu’il soit, et que nous sommes inclinés à faire le mal en toutes choses ?
Nous le sommes en effet, à moins que nous soyons régénérés par l’Esprit de Dieu.
C’est sur cette base que son instruction érige la structure entière de la vérité. La vérité de la dépravation totale fait partie de toute la vérité de l’Écriture. Si cette vérité est niée, amoindrie, pervertie à quelque égard, il devient impossible de préserver la moindre partie de la Parole de Dieu. Ceci a été prouvé vrai historiquement. Et ceci repose en la nature du cas que nous avons spécifié. Et ceci est également vrai pour les Cinq Points de Calvinisme. Un démenti de la dépravation totale mène à un démenti de la grâce souveraine. Inévitablement, ceci mène aussi à un démenti du rachat limité et de l’élection inconditionnelle. De même la préservation des saints tombe nécessairement de côté. Ceci ne peut être démontré en détail dans ce chapitre, mais le sujet sera élaboré davantage dans les chapitres qui suivent. Mais il doit être clair que si l’homme n’est pas totalement dépravé, donc la grâce ne peut être souveraine. Dans la mesure où il n’est pas totalement dépravé, l’homme serait capable de faire le bien. Et à ce degré il serait capable aussi de participer à l’œuvre du salut. Donc à ce point la grâce n’est plus souveraine du tout. Or les deux vérités se tiennent ou tombent ensemble. Et ainsi elle est-il de toute la vérité.
Deuxièmement, tout ceci signifie (et c’est ici le plus sérieux) que la vérité de la dépravation totale est la seule vérité qui préserve intact la gloire de Dieu. Dans la mesure où le bien est attribué à l’homme, la gloire est enlevée à Dieu. Dans la mesure où l’homme est dit être autre que ce que l’Écriture dit de lui, Dieu n’est plus le glorieux Souverain ni le Dieu saint du ciel et de la terre.
Et ceci nous apporte au dernier point. Cette vérité est également importante en ce qui concerne la vie de l’enfant de Dieu.
La doctrine de la dépravation totale n’est pas un dogme froid et abstrait. C’est la confession vivante du peuple de Dieu. Mais même cette confession n’est pas quelque chose qu’ils font d’eux-mêmes. Elle est le fruit de la grâce. Car le caractéristique du pécheur est qu’il s’exalte dans son orgueil, sa dignité et son arrogance. Dans sa vanité atroce il refuse d’admettre sa dépravation totale et se vante de sa propre bonté devant la face du Très-Haut. Mais quand la lumière brillante de la sainteté et de la puissance souveraine de la grâce de Dieu pénètre dans le cœur de celui que Dieu à élu, il se voit nu et exposé devant la face de Celui qui sonde les cœurs, et il entend le tonnerre terrible de la condamnation de l’Écriture. Il se voit comme sans valeur, corrompu, dépravé, incapable de faire quelque bien que ce soit. Et les paroles des saints de tous les temps résonnent en son propre cœur déchiré de douleurs : « Voici, j’ai été formé dans l’iniquité, et ma mère m’a conçue dans le péché. » « Que Dieu soit compatissant envers moi qui suis qu’un pécheur. » Misérable que je suis. Qui me délivrera du corps de cette mort? »
C’est ici la confession vivante d’un enfant de Dieu. Et quand cette confession saisit son âme et il se voit comme il est vraiment, comme la Parole de Dieu le décrit, alors il aperçoit la croix à travers ses yeux remplis de larmes. Seulement à ce moment, quand il obtient la conscience du péché, qu’il peut voir la merveille et la puissance de la croix, le pardon et la grâce qui s’y trouvent révélé, la splendeur de l’amour infini de Dieu manifesté dans celui qui a répandu son sang sur l’arbre. Et voyant ceci, il aperçoit la merveille de la grâce souveraine, et de son cœur s’élève une doxologie d’éloges et de louanges à la gloire de Dieu – le Dieu de son salut : le Seigneur Jésus-Christ.
(UNCONDITIONAL ELECTION : Herman Hanko) L’ÉLECTION INCONDITIONNELLE OU LA DOUBLE PRÉDESTINATION
Ce qui suit est un rapport sur la doctrine de la divine Prédestination :
Il pourrait être d’intérêt considérable de demander à nos lecteurs s’ils considèrent cette description particulière de la prédestination comme étant une définition acceptable de la doctrine. En effet, même si certains d’entre eux trouveraient cette définition acceptable et précise selon les Écritures, il seraient seulement un témoignage éloquent du fait que la doctrine de l’Élection est rendue presque étrangère aux gens de l’Église Réformée d’aujourd’hui. Le fait de la matière est que cette citation est le premier point composé par les Arminiens dans la première partie du 17ème siècle, qui avec quatre autres points de doctrine, ils soumirent aux églises reformées des pays bas pour leur considération et approbation. Et quand les anciens de Dordt considérèrent ce rapport au sujet de la doctrine de l’élection, ils le rejetèrent emphatiquement comme étant une hérésie, et composèrent comme réponse à cette fausse présentation de la doctrine le premier chapitre de nos Canons de Dordrecht.
Certains pourraient poser la question : Qui a-t-il de si mauvais dans ce rapport ? Ne pouvons-nous pas concevoir la possibilité que nos pères de Dordt et les églises reformées, qui ont rejeté ce rapport, furent trop rigide au sujet d’eux-mêmes et des détails mineurs et insignifiants ? N’est-ce pas après tout, une définition acceptable de la doctrine de l’élection, sur la base de laquelle nous pouvons tous nous tenir ? Or la réponse de nos pères, les anciens de Dordt, fut « un non emphatique et véhément! » Ce qui doit être notre réponse aussi bien.
Si nous citons de nouveau le rapport principal de cette définition, peut-être que l’erreur qu’il contient sera clarifiée :
C’est en particulier cette définition à laquelle nos pères se sont opposés. L’objection était que, bien que ce rapport des Arminiens soit enveloppé en termes Réformés et apparemment scripturaires, néanmoins il est une introduction dans la foi des églises reformées de la doctrine de l’élection conditionnelle : élection basée sur la prévoyance de la foi et de la persévérance dans la foi. Et nos pères ont exigé, contre ce rapport, que la vérité de l’Écriture, des Confessions Réformées et des églises Réformées depuis la période de la réforme protestante, était la vérité de l’ÉLECTION INCONDITIONNELLE.
Cette vérité est le sujet de ce chapitre.
Il est évident que tous les Cinq Points du Calvinisme, desquels ce livret élabore, sont d’une importance capitale. En effet, si n’importe quels des Cinq Points de Calvinisme étaient niés, l’héritage Réformé serait complètement perdu. Or il est certain que la vérité de l’Élection Inconditionnelle est la solide fondation de chacun d’eux. Cette vérité est la pierre angulaire de la foi Réformée. C’est la base de la vérité de Dieu au sujet de notre salut. C’est le cœur et le noyau mêmes de l’Évangile de la Souveraineté de Dieu. C’est la base de toute la consolation et de l’assurance du peuple de Dieu au milieu du monde. Elle seule inspire dans les cœurs des fidèles l’espoir brûlant de la vie éternelle. Il n’y a aucun doute que c’est précisément pour cette raison, qu’aucune autre vérité dans toute l’histoire de l’église, ne fut attaqué si vicieusement avec consistance que la vérité de l’Élection Inconditionnelle. Mais aucun homme ne peut jamais prétendre être Calviniste ou Réformé sans qu’il tienne fermement son engagement envers cette vérité précieuse.
Nous discuterons de cette vérité sous les trois questions suivantes que nous poserons et répondrons nous-mêmes :
Avant que nous procédions à définir ce qui est signifié par l’Élection Inconditionnelle, il est important de retracer brièvement l’historique de cette vérité dans l’église. Nous sommes généralement portés à retracer cette vérité de l’Élection Inconditionnelle au temps de la Réforme de Calvin. Mais ce n’était pas Calvin qui était le premier pour développer cette vérité. Or, tout comme avec la vérité de la Dépravation Totale, il en est ainsi avec cette vérité. St. Augustin, qui vivait plus d’un millénium passé, au cinquième siècle, fut le première à parler d’elle. Si nous considérons ceci momentanément, cela n’est pas surprenant. Augustin a pris la position que l’homme est totalement dépravé. Par ceci il signifiait que l’homme est incapable de faire le bien quoiqu’il soit. Et plus spécifiquement, que l’homme est incapable de faire quelque chose qui contribuerait à son salut. Dans la réponse, donc, à la question sur la façon dont des hommes sont sauvés, Augustin a répondu que la puissance du salut doit être trouvée seulement dans la puissance de la grâce souveraine imméritée. Il n’y a aucune autre puissance de salut que celle-ci. Mais immédiatement la question se pose : Si la puissance du salut est la puissance de la grâce souveraine imméritée, indépendamment de l’homme en tout égard, comment ce fait-il donc que certains hommes sont sauvés et d’autres ne le sont pas ? Augustin trouva la réponse à cette question dans le décret de l’élection et de la réprobation. Il développa cette vérité comme un des éléments dans sa réponse à l’erreur du Pélagianisme.
Triste de dire, cette vérité ne fut jamais officiellement acceptée par l’église Catholique sous la forme qu’Augustin lui donna. Quoique Rome honore Augustin en tant que père de l’Église, ses doctrines ont été bientôt perdues. Cela n’est pas surprenant puisque l’église Catholique Romaine n’est point une église chrétienne mais le culte solaire du dieu Mithra déguisé sous une forme chrétienne. C’est en effet dans cette Jézabel romaine que nous trouvons cet homme du péché qui est reconnu comme l’Antichrist. Dans les âges sinistres entre Augustin et Jean Calvin, nous trouvons que très peu ont maintenu cette vérité avec l’accent qu’Augustin y avait placé. Quoique la doctrine de la Double Prédestination avait pénétré chez les Vaudois, ces vaillants soldats de Christ ne l’élaborèrent point théologiquement et elle demeura très peu connue du reste du monde. Mais certains défenseurs de la foi comme le Bohémien Jean Hus la supportèrent au prix de leur vie. Un tel homme aussi était Gottschalk, un théologien allemand, qui, ayant lu Augustin, fut convaincu de la vérité de la prédestination souveraine. Mais il fut emprisonné pour l’enseigner et paya le prix final de la mort d’un martyre, pourrissant dans un cachot fétide en Œuvre, condamnée là par l’église Catholique Romaine, ennemie de la vérité et de Christ.
Ce ne fut point avant la période de la Réforme Protestante que la vérité de la prédestination souveraine fut amenée d’avant. Le Réformateur Martin Luther l’a cru, l’a maintenu, et l’a enseigné avec emphase. Mais Luther ne la fit jamais une partie intégrale de sa théologie. Le souci d’importance capitale pour Luther était la vérité de la Justification par la Foi, et il n’élabora point la vérité de la prédestination souveraine dans toutes ses spécifications scripturaires.
Ce travail a été effectué par Jean Calvin. Et, en effet, s’il y avait une raison pour laquelle Calvin fut détesté, c’est parce qu’il maintenait fortement la vérité de l’Élection Inconditionnelle sans broncher.
Cette vérité est donc devenue une partie importante de la Confession de toutes les églises qui suivent la théologie du Réformateur de Genève. La vérité de l’Élection Inconditionnelle est incorporée aux Confessions de toutes les églises Réformées et Calvinistes non seulement en Europe, mais également en ce pays et dans le monde entier. Ce qui est notable, est que cette doctrine glorieuse de la Double Prédestination trouve un nouvel essor parmi les chrétiens de foi Calviniste Marginale au Québec, à Bruxelles et à Paris. Ces soldats de la Réforme de derniers temps maintiennent fortement les Cinq Points du Calvinisme devant une opposition farouche des mouvements dits évangéliques qui enseignent le faux évangile du libre-choix. Ce qui est encore plus remarquable est que plusieurs de ces guerriers de la vérité, qui se sont détachés d’un christianisme institutionnalisé apostasié, reçoivent une instruction théologique solide sans aucun recours aux académies théologiques renommées. Il faut croire que Dieu est Dieu, qu’il est Souverain et qu’il n’a besoin de la permission de personne pour instruire ses élus lui-même dans la vérité.
Ce fut dans la dernière partie du temps de la Réformation et au début du 17ème siècle que cette vérité fut attaquée par Arminius. Professeur de théologie à l’université Réformée de Leyde, il avait étudié à l’Académie de Genève; mais néanmoins il répudia ouvertement la vérité de la prédestination. Or, comme il arrive souvent quand une hérésie est introduite dans l’Église de Christ, ainsi en est-il dans ce cas-ci, Arminius et ceux qui l’ont soutenu ont essayé d’introduire leur enseignement dans l’Église sous la bannière de la foi Réformée. Ils ont tenté de passer leur hérésie comme un enseignement qui provenait de l’Écriture, réclamant que leur doctrine devienne la Confession des Églises Réformées officielle. Mais nos pères, les anciens de Dordt, n’en voulurent rien et précisèrent en aucun terme incertain que l’élection conditionnelle des Arminiens n’était pas la vérité de l’Écriture ni de l’héritage du Calvinisme et de la Réformation Réformée.
Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les Arminiens enseignent l’élection conditionnelle. Ils ne croyaient point en la doctrine de la Dépravation Totale pour commencer. Ils ont voulu préserver chez l’homme la liberté de sa volonté – la puissance de la volonté de l’homme de choisir le bien, d’accepter librement l’offre de l’Évangile selon son propre choix. Ce fut leur prétention que Dieu, de sa part, aimait tous les hommes, et que la haine et la colère furent étrangère à la nature de Dieu, et que c’était l’intention et le désir de Dieu de sauver tous les hommes, et que ainsi, Dieu rendit le salut disponible et accessible à tous les hommes par le rachat universel – une croix universelle sur laquelle le Christ est mort pour les péchés de tous les hommes. Mais il est clair que dans un système tel que celui proposé par les Arminiens, qu’il n’y a aucune place pour l’Élection Inconditionnelle. Tandis que les Arminiens cherchaient à maintenir le langage Réformé et scripturaire en parlant de l’élection, ils tranchèrent le cœur de cette vérité importante et merveilleuse en insistant sur le fait que l’élection est conditionnelle. Dieu choisit ceux qu’il sait d’avance vont croire, disent les Arminiens. Dieu a élu ceux qu’il sait accepteront de leur propre choix l’Évangile qui leur est offert. Dieu a élu ceux qu’il sait accepteront l’Évangile par un acte de leur propre volonté et qui persévéreront également de cette manière dans l’Évangile et garderont cette foi qu’ils ont exercée. L’élection devient ainsi basée sur l’œuvre de l’homme et non sur la souveraineté de Dieu. Ainsi, faisant de la foi une faculté intellectuelle et du salut une décision personnelle, l’homme demeure le maître de son destin et la dignité de l’homme est préservée au détriment de la vérité. La JUSTIFICATION PAR LE CHOIX et non LA JUSTIFICATION PAR LA FOI devient ainsi l’essence de l’élection conditionnelle de l’Arminianisme. N’est-ce pas une répétition des évènements qui se produisirent dans le jardin d’Eden quand la femme fut tentée par Satan d’utiliser son libre choix afin de déclarer son indépendance pour qu’elle et son mari deviennent comme des dieux ? Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, nous dit l’Ecclésiaste.
Or ce fut précisément cette description subversive de la vérité de l’élection à laquelle nos pères, les anciens de Dordt, s’opposèrent si énergiquement. Ils l’ont vu, non comme un point mineur, non comme une explication insignifiante de la vérité pour laquelle il y avait place dans les églises Réformées. Ils l’ont vu comme une menace à la vérité, comme un enseignement qui arrache le cœur de toute la vérité de la Parole de Dieu. Ils ont vu qu’elle détruisait la vérité de l’œuvre de Dieu dans le salut comme elle est enseignée dans l’Écriture. Et ils insistèrent ainsi que l’élection est sans conditions, qu’elle est entièrement selon le bon plaisir de Dieu et pour sa plus haute gloire.
Qu’est signifié par l’élection ?
Il y a plusieurs mots employés dans l’Écriture pour définir cette vérité. Le mot « élection » lui-même est employé dans Romans 9 :11,12 :
Les deux autres mots – « préconnus » et « prédestinés » sont tous les deux utilisés dans Romans 8 :29,30 :
Quand les Écritures parlent de l’élection il est évident que ceci se réfère au conseils de Dieu (le dessein, selon certaines versions). Dans le chapitre de Eph. 1 l’apôtre Paul décrit l’élection dans ces mots :
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