À prime à bords, Mon fils semble un enfant tout aussi identique à tout autre enfant de son âge.  Née d'une grossesse à terme sans particularité.  La marche est acquise vers l'âge de 9 mois et demi, l'apprentissage de la propreté à l'âge de deux ans et demi et il parle couramment à l'âge de trois ans.  Quant aux autres paramètres développementaux, seul un léger retard concernant l'acquisition des habiletés en motricité fine est observé.  Celui-ci parvient à lacer ses souliers et se boutonner vers l'âge de sept ans et demi. 

Il a été vu pour la première fois en pédopsychiatrie vers l'âge d'un ans et demi avec un diagnostic de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité.  À l'âge de 4 ans, nous dûmes commencer le Rithalin pour que celui-ci puisse conserver sa place en garderie.

Février 1999, mon fils est revu en pédopsychiatrie pour un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité associé à un trouble de l'opposition.  Malgré plusieurs ajustements médicamenteux et le soutien thérapeutique, les comportements de mon fils témoignent toujours d'une forte opposition et de beaucoup d'immaturité. 

Octobre 2001, une augmentation de l'agitation et de l'agressivité associée à l'émergence d'une situation de crise, en raison d'une désorganisation de ses comportements à l'école et à la maison, conduit le pédopsychiatre à demander le placement de mon fils dans un centre de réadaptation jusqu'en septembre 2002. 

Février 2002, compte tenu de l'évolution de l'enfant, le pédopsychiatre précise le diagnostic et indique un syndrome de Gilles de la Tourette.  À se moment, mon fils recevait comme traitement pharmacologique du Rithalin, Risperdal, Clonidine et Desyrel. 

Mai 2002, une plainte a été déposée à la Direction de la Protection de la Jeunesse concernant une agression commise par mon fils envers un professeur qui tentait d'arrêter une bataille entre lui et un autre jeune.  Mon fils fut suspendu de l'école jusqu'à la fin de l'année et fut scolarisé au centre de réadaptation.  Une augmentation de la médication (Risperdale & Clonidine) a du être effectuée.

Sur le plan scolaire, mon fils a du reprendre sa première année en raison de difficultés comportementales.  Aujourd'hui celui-ci est en 6ieme année.  Depuis 1996 que mon fils fréquente le type de classe pour troubles de comportement.  Celui-ci relate un goût pour la lecture et la présence d'habilités grammaticales.  Par contre, la rédaction de textes est plus précaire en raison de difficultés à structurer et organiser ses idées en plus d'une pauvre calligraphie.  Il présente également plusieurs lacunes lors de la résolution de problèmes mathématiques, de même qu'en géométrie.  Au niveau comportemental, il devient turbulent lorsque confronté à ses difficultés, pouvant même s'impatienter ou se décourager.  Il nécessite de plus un encadrement et un suivi serré et est régulièrement brouillon dans ses travaux.

Mon fils a toujours été un enfant agité et agressif, manifestant fréquemment des crises de colère.  Il a présenté plusieurs tics moteurs par le passé, avant l'amorce de la médication, tel que se racler la gorge, renifler, passer sa main au-dessus de sa tête, mâchouiller ses vêtements, etc.  De même, sans se médication, il dormais peu et se réveillait fréquemment.  Il fait aussi plusieurs collections, se cache de la nourriture dans sa chambre et présente des peurs particulières au sujet des hauteurs, des ponts et de la vitesse en voiture.  En outre, ses relations avec les camarades sont  difficiles.  Il joue davantage avec les plus jeunes et n'entretient pas de relations d'amitié stables.

Mon fils est un jeune adolescent qui souvent est impatient et impulsif.  Il teste constamment les limites en adoptant parfois une attitude légèrement provocatrice.  On doit toujours le recentrer et le motiver pour qu'il offre son plein rendement.  En générale, il demeure soucieux de bien faire malgré des apparences d'intransigeance et d'insouciance.  Il est très sensible à la critique et aborde ses difficultés avec réticence.  C'est un enfant qui démontre très peu d'empathie envers ses pairs. Il dit ne pas toujours sentir venir ses colères et tente généralement de détourner l'attention ou de banaliser la situation avec l'humour.  Il démontre beaucoup d'anxiété.

Des perturbations sont également remarquées quand au raisonnement social déductif.  En effet, il ne semble pas toujours saisir toute les subtilité des situations sociales complexes.  De plus, il fonctionne par essaie et erreur, utilisant peu de stratégies d'organisation et de planification. 

Mon fils possède des habiletés d'analyse perceptive légèrement inférieurs à la moyennes.  D'ailleurs, bien qu'il apprécie beaucoup le dessin, ses productions graphiques indiquent une baisse du contrôle moteur, une forte impulsivité et manquent également d'organisation/planification.  En outre, une lenteur en dextérité manuelle est observée avec sa main gauche (dominante) ainsi qu'en situation bimanuelle, de même qu'une pauvre calligraphie.

Suite a une évaluation neuropsychologique il a été démontré qu'en dépit de la médication, la présence de difficultés majoritairement d'origine préfrontale, notamment au niveau des mécanismes d'inhibition/attention, de l'impulsivité, des capacités d'adaptation, d'organisation et de planification, un manque de flexibilité cognitive, un pauvre jugement social, un faible seuil de tolérance à la frustration ainsi qu'une pauvre calligraphie.  Ces perturbations des mécanismes d'inhibition/attention et exécutifs contaminent également ses habilités mnésique.

Au plan comportemental, mon fils est relativement conscient de son manque d'autorégulation sur lequel, il a toutefois peu de contrôle.  Par contre, il fait en sorte de montrer une attitude plutôt provocatrice et indifférente dans le but de sauver les apparences.  Malgré la médication, ses difficultés d'inhibition se traduisent par la présence de comportements empreints d'irritabilité, d'impulsivité et par l'apparition de crises explosives.  Incapable de répondre aux exigences de l'environnement, en raison de son manque de contrôle qui engendre des comportements inadéquats, il devient rapidement dépassé et développe une faible estime de lui-même.

Bref, il semble que le profil neuropsychologique et les symptômes cliniques de mon fils confirme le diagnostic de syndrome de Gilles de la Tourette.  En effet, mon  fils a présenté plusieurs tics moteurs et vocaux par le passé avant l'amorce de son traitement pharmacologique.  Les troubles d'inhibition, d'intensité modéré à sévère, sont en lien avec un manque d'autorégulation et de modulation des émotions; des perturbations de nature neurologique en quelque sorte, à la merci des situations contraignantes ou requérant un délai dans l'émission de comportements adéquats.  De plus, les phénomènes de rages explosives qui domine le tableau laisse suggérer un léger dysfonctionnement au niveau des régions préfrontales, elles-mêmes reliées aux structures limbiques, impliquées notamment dans la régulation de l'humeur et des émotions.

 

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