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Escalade émotionnelle

Pour beaucoup d'entre-nous, le simple fait d'apprendre que quelque chose ne va pas chez notre enfant est catastrophique et tous nos rêves et attentes sont soudainement remis en question.
 

Nos émotions trépignent tous bords tous côtés au fond de nous. C'est comme si nous devenions un petit bagage émotionnel. Faire face à un enfant souffrant de tics et de tout troubles associés est généralement frustrant et parfois même très épuisant.

Dans le monde d'aujourd'hui, il est déjà difficile d'être simplement parent alors imaginez si on y ajoute des invalidités. Lorsqu'un diagnostic est posé, nous avons tendance à faire une escalade émotionnelle telle que: La dénégation, blâme, peur, colère, culpabilité, isolement et fuite.

 
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Les étapes

Au début on est un peu bouleversé mais en peu de temps nous refusons de croire notre enfant ou tout simplement un tel diagnostique. Lorsque les comportements ou les tics sont moins manifestent ou on disparaissent temporairement, nous pouvons facilement nous convaincre que le syndrome est éliminé ou simplement que le diagnostic était faussé.


Imaginez l'impact de notre dénégation face à l'enfant qui pense qu'il doit être fou ou méchant parce qu'il fait et pense des choses étranges et que nous ne lui disons pas qu'il y a une raison et que ce n'est pas de sa faute, simplement parce que nous refusons d'y croire nous même?


Enchaînant la dénégation, la fuite devient plus présente. On cherche des excuses aux comportements, on voit plusieurs spécialistes afin d'avoir plusieurs avis, et ce bien souvent jusqu'à ce que quelqu'un nous dise ce que nous voulons bien entendre. 

Puis viens le blâme. Tous nous incombe génétiquement parlant. Alors on cherche à qui la faute. Moi? Son père? Ma famille? La sienne? Il devient alors très important de reconnaître cette étape et de ne pas s'y enliser.

Le blâme fini par faire face à la peur.  Nous craignons principalement l'inconnu.  La Tourette étant un syndrome, aucune progression ou prévision n'est établie.  Alors on se met à voir loin, s'interroger à savoir si l'enfant finira par souffrir de coprolalie, quelles seront ses chances d'emploi plus tard?  Jusqu'où se rendra-t-il au niveau scolaire?  Pourra-t-il vivre en couple?  Ses comportements finiront-t-ils par l'impliquer au niveau judiciaire?  La peur peut nous paralyser et nous empêcher d'envisager la situation de façon positive.  C'est peut-être à se moment qu'il devient impératif de participer à un groupe de soutien afin de se sentir réconforté, appuyé mais surtout écouté.  Avoir un bon ami(e) peut parfois aussi s'avérer essentiel.  Peut-être même essayer de rencontrer un adulte atteint du Syndrome afin d'y trouver des côtés plus positifs en l'avenir de notre enfant.

Je crois qu'en acceptant , en relevant directement les défis et en réalisant qu'il n'y a pas de solutions rapides ou de mesures que nous pouvons prendre qui changeraient la situation , cela nous aide à continuer.

La colère est une émotion puissante qui peut parfois finir par nous détruire ou tout simplement soulever des montagnes.  La question typique: "Pourquoi moi?".  Nous finissons par décharger nos sentiments sur la famille, les amis, l'école et voir même sur la personne atteinte du Syndrome.  Combien de fois me suis-je dit: "S'il refait ceci une fois de plus je l'étripe".  La colère peut malheureusement parfois conduire à l'abus...    On se fâche souvent dû à la perte d'amis et des sorties en famille qui sont gâchées en raison des comportements reliés au Syndrome.  On peut parfois devenir des parents frustrés et parfois l'inévitable arrive si prestement.  On fini alors par reconnaître le besoin d'appui au sein de la société, y compris des associations de parents ayant des enfants atteints du même syndrome.

Et combien de culpabilité vivons nous intérieurement lorsque nous apprenons que ce Syndrome est héréditaire.  Moi je ne me suis pas interrogée longtemps, j'ai passé à la ligature.  Un deuxième et je crois que j'y laisse ma peau.  Je ne sens tellement pas mon fils bien dans sa peau que je préférerais  mourir que de redonner la vie à un enfant qui pourrait aussi à son tour éprouver les mêmes difficultés.  Et pourtant, j'adore les enfants.  On se sens malgré nous coupable d'avoir causé d'une certaine façon ce qui arrive. 

Il devient alors plus facile de s'isoler.  Nous croyons que personne d'autre sait ou se préoccupe de se que nous vivons intérieurement.  Comme si on avait le sentiment que personne ne nous comprend.  C'est moi et mon fils contre la planète entière.  La proportion de cas diagnostiqués dans la population en général est tellement minime que souvent les gens nous disent:"Je n'ai jamais entendu parlé de ça auparavant".  Ben souvent l'enfant sera l'un des seuls élèves atteint du Syndrome à son école et vous serez seule à l'éduquer et le défendre.  Pour ça qu'il faut trouver le plus d'information possible, d'adhérer à des groupes de supports, partager, afin de réaliser que nous ne sommes pas seuls et que des gens dans le monde entier font face à la même situation que nous.

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