Sophie ADAM – exposé de licence, 2001, université de Rouen :

Adam de la Halle, jeu-parti XIV, éd. P.-Y. Badel (Lettres Gothiques, 1995).

 

 

Jeu-parti XIV: Adan, liquels doit miex trouver merchi

 

 

Introduction :           Le jeu-parti, né au XIIe siècle, connaît un franc succès dans le nord, notamment dans un des plus importants foyers littéraires, le puy d'Arras, ville natale d'Adam de la Halle. Ce jeu de société s'organise autour d'une casuistique amoureuse dilemmatique posée par un des deux partenaires dans la première strophe. L'interlocuteur soutient alors une des deux propositions, le demandeur défendant celle restée disponible. Ils exposent alors successivement leur point de vue tout au long des quatre strophes suivantes ; dans les deux envois qui concluent le débat, les deux adversaires s'en remettent à un juge de leur choix.

Le jeu-parti XIV, qui fait l'objet de notre étude, répond à l'esthétique du genre. La question amoureuse posée par Jean Bretel est simple : lequel de l'amant hardi et de l'amant discret, la Dame doit-elle récompenser ? Alors que dans les jeux-partis XIII et XV Adam défendait la courtoisie, il la discrédite dans le jeu XIV : il défend volontiers l'amant discourtois.

Aussi nous nous intéresserons aux motifs courtois qui introduisent la casuistique amoureuse, puis nous analyserons les différents procédés argumentatifs déployés par les deux adversaires pour défendre leur cause, enfin nous verrons que ce débat s'organise dans un dessein de didactisme, d'enseignement pour la collectivité arrageoise ou du puy.

 

 

1. La topique courtoise aux sources du débat dilemmatique du jeu-parti XIV.

 

         1.1. La présence des motifs de l’amour courtois.

 

         Le jeu-parti est un des modes de la chanson courtoise dite canso ; Gally M. prétend à ce propos que le jeu-parti reproduit « le micro-univers sémantique » de la chanson courtoise. Aussi n'est-il pas surprenant de relever les topoï courtois relatifs au grand chant courtois :

        

         F le champ lexical du service courtois à travers les occurrences du verbe « servir » v. 20 et 33 ou le verbe « desert » au v. 21 qui font allusion à la soumission de l'amant à sa Dame, de même l'adverbe « loiaument » v. 46 et l'adjectif « loial » v. 39 et 40. Egalement le verbe « devoir » aux v. 31, 39, 42, tous trois employés par Jean Bretel qui défend dans ce jeu la courtoisie et qui insiste sur le fait que le service courtois est un devoir pour le véritable amant.

        

         F Le champ lexical de la mesure qui renvoie à la conduite de l'amant : « mesure » v. 44, et le motif de la discrétion à travers le « lieu coi et seri » (v. 35) et la dénomination de l'amant au v. 39 « honteus ». En effet l'amour entre amants doit rester secret et caché. Ces qualités courtoises sont celles du « fin ami » évoqué au v. 11.

        

         F Au motif du vrai ami, s'oppose la thématique des losengiers. Ceux-ci sont évoqués dans l'incise Ja tant n'i ara de gent au v. 5 : ils représentent une menace pour l' « onneur » de la Dame v. 24 et 52. Ceux-ci sont flatteurs, trompeurs, jaloux et le fin amant doit se méfier d'eux. D'ailleurs Jean Bretel met en garde Adam au v. 52 « Chascuns doit/ [...] mesdisans cremir ».

        

         F Enfin le motif du guerredon explicité aux v.1 « merchi » et v. 40 « merir » qui renvoient au don de la Dame à l'amant. Cette thématique est renforcée par le substantif « confort » au v. 13 qui implicite le don de merci ou don sexuel.

 

Transition: La reprise de ces topoï de l’amour courtois révèle la volonté du poète de reproduire un discours connu, voire stéréotypé [il n’y a pas d’existence du genre en dehors de ce type de discours]. Toutefois le grand chant courtois défend les traditions courtoises même si Adam de la Halle va à l'encontre même de celles-ci dans ses chansons. Or le jeu-parti cherche à « justifier les multiples figures » (Gally M.) du jeu amoureux de sorte qu'il construit un discours réflexif sur ce qu'est l'amour ou encore sur la conduite à tenir en amour : c'est la casuistique amoureuse qui est à l'origine du débat dilemmatique du jeu-parti.

 

        

         1.2. La casuistique amoureuse à l'origine du débat dilemmatique.

 

         La tradition amoureuse courtoise motive la proposition initiale exposée dès la première strophe. Le demandeur du jeu-parti XIV est Jean Bretel. Il désire obtenir une connaissance certaine qui lui permette d'agir dans les règles de l'art courtois.

 

F L'alternative est explicitée par la conjonction de coordination anaphorique « ou » des vers 3 et 7 et la reprise du pronom démonstratif « chieus qui » qui introduit la double interrogation des vers 6 et 8.

 

F Notons que Jean appelle implicitement Adam de la Halle à défendre le cas de l'amant hardi. En effet nous observons que le substantif « voir » rime avec le verbe « veoir » de sorte qu'une relation se crée entre ces deux mots. Si Adam doit dire la vérité celle-ci ne serait-elle pas celle de l'amant trop entreprenant ?

Cette impression de dessine plus nettement dans l'incise Ja tant n'i ara de gent au v. 5. La locution adverbiale « si tant » implicite la condamnation de la discourtoisie par Jean, condamnation qui est notable aux v. 23 et 36 où Jean emploie à deux reprise l'adverbe de quantité « trop » qui souligne le comportement excessif du losengier. Aussi après la lecture du jeu-parti, nous nous rendons compte que cette incise est proleptique de la position défendue par Jean. Autrement dit ce dernier défend la courtoisie.

 

 

 

Transition: Ainsi les topoï courtois sont repris dans les jeux-partis au service d'une discussion dilemmatique qui interroge les différentes figures de la courtoisie. Contrairement à la chanson qui justifie le jeu amoureux, le jeu-parti XIV justifie la multiplicité des figures courtoises. Ce qui explique que Jean défend la courtoisie et Adam la position adverse qui est celle de la discourtoisie. Le débat ainsi établi, les adversaires doivent avancer des arguments pour légitimer ce qu'ils avancent. Le jeu-parti XIV est représentatif à cet égard de l'art argumentatif du genre.

 

 

 

 

2. L'agencement du débat dilemmatique: comment les parties adverses – Jean et Adam – justifient leur position ?

 

         2.1. L'expérience personnelle et le savoir au service de l'argumentation.

 

         F L'individu acquiert de l'expérience en agissant. Aussi Adam, qui défend l'amant entreprenant, autrement dit celui qui agit, va-t-il mettre en avant son expérience personnelle qui l'amène a énoncer des préceptes discourtois. Aussi nous observons une tendance à la généralisation avec l'emploi d'un substantif sans son déterminant : ainsi du v. 48 Et pereche fait maint home apovrir qui sous-entend que parce qu'Adam connaît la richesse en amour, il sait que celui qui n'agit pas ne peut obtenir que pauvreté en amour.

En outre Adam a recours à ce qu'il a vécu de façon implicite ; ceci est notable au v. 10 lorsqu' Adam s'adresse à Jean « Sachiés ». L'emploi de ce verbe sous-entend que le poète aurait pu avoir vécu cette situation et que récompensé, il persiste dans cette voie.

D'ailleurs les rimes des vers 10 et 12 « devoir » : « avoir » soulignent combien Adam est sûr de ce qu'il avance : pour Adam le fin amant remplit son devoir en restant auprès de sa Dame. Ce devoir justifie les marques de reconnaissance de la Dame à son amant.

 

De même au v. 26 Par chou le puet on voir: Adam prétend que Jean ignore ce qui caractérise celui qui aime véritablement. En insistant sur l'ignorance de son adversaire, Adam révèle son expérience personnelle.

D'ailleurs il explicite son propos en faisant rimer « senti [d'amours] » avec l'adjectif du v. 27 « hardi » : c'est parce que Jean n'est pas hardi, qu'il n'a pas vraiment aimé.

 

F Quant à Jean, parce qu'il se place du côté de la courtoisie, de l'amant patient et passif, il ne semble avoir recours à aucun moment à son expérience, si ce n'est au travers de la généralisation des vers 18-21 où l'expression « chieus qui » et le verbe « merite » au présent de vérité générale : cette toile de fond serait-elle une expérience de Jean ? Nous avancerons cette hypothèse avec prudence dans la mesure où Adam de la Halle inscrit sa poésie dans une extériorisation du moi mais celle-ci n'est pas explicitement définie et représentée dans les jeux-partis.

 

 

Transition: L'argument qui fait force dans ce débat semble être celui de l'expérience d'Adam qui pourrait à cet égard dominer la discussion. Toutefois parce que Jean défend l'amant courtois, il a recours à des images significatives qui en appellent d'autres. Un jeu métaphorique s'instaure entre les opposants qui sont alors à armes égales.

 

 

         2.2. Les métaphores : une discussion à armes égales.

 

         Généralement les métaphores sont utilisées pour illustrer voire concrétiser une affirmation. Aussi pour rendre leurs propos plus convaincants, Jean Bretel et Adam de la Halle vont utiliser tour à tour différentes métaphores. Nous relevons quatre métaphores :

- strophe 4 : la métaphore du feu

- strophe 5 : la métaphore religieuse

- strophe 6 : la métaphore financière

- strophe 7 : la métaphore nourricière.

 

F La métaphore du feu et la métaphore financière : les arguments d'Adam de la Halle.

L'emploi de la métaphore financière n'est pas surprenant dans le jeu-parti qui s'inspire de la lyrique courtoise, donc de ses images. Elle est amorcée –donc motivée- dans la strophe précédente par Jean qui évoque la récompense de l'amant loyal (« enrichir »). Ainsi dans la strophe 6 nous notons le substantif « mesure » v. 44 et le verbe « apovrir » v. 48. Remarquons que le substantif est mis au début du v. 44 et le verbe en fin du v. 48 de sorte que les deux éléments métaphoriques encadrent l'image et explicitent que la mesure et la pauvreté ne sont pas, selon Adam, les qualités du fin amant, tout du moins la pauvreté est inférieure à la richesse – par définition - : on reconnaît le véritable amant à celui qui est riche en amour, qui est récompensé, qui obtient l'amour de sa Dame.

L'isotopie financière se poursuit dans l'envoi ultime dans lequel nous relevons le participe passé « espargnié » qui suggère que la Dame est le bien de l'amant, bien qu'il doit protéger des losengiers.

 

        

La métaphore du feu: beaucoup plus complexe. Lors d'une première lecture, nous pourrions interpréter la figure comme le désir ardent de l'amant entreprenant auprès de sa Dame. Décomposons la métaphore :

 

Puet on l'amour aperchevoir ;

Car au grant fu qui esprent

Couvient il espurgement :

Parole doit pour le cuer esclarchir,

En liu de fermeril, par bouche issir.

 

Les éléments similaires : sonorité quasi identique pour « amour » et « fu », donc l'amour est le feu qui va produire de la fumée. Or le « parole [...] / [...] doit par bouche issir » à l'image de la fumée qui sort par le trou d'une cheminée. En résumé la fumée est le produit du feu, donc la parole est le produit de l'amour.

En somme, Adam s'est approprié la métaphore courante du désir amoureux pour la valoriser en une parole active : la parole est une preuve que l'amant aime sa Dame ; cette métaphore se fait l'écho du v. 16 et développe l'idée avec beaucoup plus de pertinence.

 

F Les arguments de Jean Bretel.

Adam réussit à valoriser ces deux métaphores . A ces deux figures répondent les métaphores religieuse et nourricière qui justifient l'opinion adverse et qui contrastent avec les arguments avancés par Adam.

 

Constat :    métaphore du feu motive la métaphore religieuse

                   de même que la métaphore financière engendre la métaphore nourricière.

 

En effet cet appel métaphorique prend son origine dans la sémantique des comparants :

         - métaphore du feu valorise la parole active. Elle s'oppose en ce sens à la métaphore religieuse qui est un topos de la lyrique courtoise qui apparente Dieu à la Dame et le moine à l'amant. La métaphore désigne à ce titre « la situation de l'amant et de l'amour considéré comme une sorte de loi religieuse » (Gally M.).

Jean démontre ainsi que l'amant doit observer la même attitude que le moine qui prie Dieu : si les adjectifs « coi et seri » au v. 35 qualifie le moine, ils sont aussi les qualités courtoises du fin amant qui s'oppose alors à la hardiesse de l'amant entreprenant. D'ailleurs la reprise de la rime en « i » « hardi » : « seri » souligne ce contraste ; on pourrait même ajouter que c'est Jean qui aurait le dernier mot puisqu'il est le dernier à le discuter.

         - Cette observation est valable pour la métaphore nourricière qui répond à la métaphore financière avec pour point commun entre ces deux figures l'image du vide/plein exprimé dans l'adjectif « lufres » au v. 51 : « lufres » explicite l'idée que l'amant veut toujours plus d'amour alors qu'il en est riche. Alors se dessine un motif nouveau au croisement de ces deux métaphores : l'image prosaïque, trivial de l'amour-faim (l'amant ne se rassasie jamais).

 

 

Transition : Au regard de ce jeu métaphorique qui met en évidence la structure argumentative du jeu-parti XIV, nous pouvons observer que ces métaphores illustrent une assertion. Mais la subtilité même du choix argumentatif réside en la quasi autonomie qu'acquièrent ces métaphores qui deviennent les arguments de Jean et d'Adam.

Aussi ce discours métaphorique amène de façon logique des proverbes qui font de ce « duel » poétique un enjeu didactique pour la collectivité.

 

 

 

3. La finalité du Jeu-parti XIV: un débat au profit de la collectivité ?

 

        3.1. Les proverbes en présence dans le jeu-parti.

 

         En effet dans le Jeu-parti XIV Adam et Jean Bretel manifestent un désir d'enseigner l'amour courtois. Ceci est notamment visible à travers les nombreux proverbes qui rythment le jeu-parti. Ceux-ci sont généralement introduits par la conjonction de coordination « car » qui justifie voire argumente l'assertion précédemment énoncée.

 

F Ainsi du vers 16 Car de petit d'amour vienent taisir : les dentales « d » et « t » martèlent le verbe de sorte que « petit d'amour » et « taisir » soient implicitement mis en relation et suggèrent que l'un est la conséquence de l'autre. Ce décasyllabique renferme un proverbe court, concis, et qui est en quelque sorte la chute de la strophe c'est à dire le résumé de ce qu'Adam tentait de démontrer.

 

F De même Jean a recours à une expression proverbiale v. 22-24 qu'il introduit également par « car », à cette différence près que le proverbe s'étend sur 3 vers (1 octosyllabique qui l'introduit  et 2 décasyllabiques qui le développent). Ce développement didactique veut alors mettre en évidence deux termes essentiels qui résument la pensée de Jean : « tolir » et « acomplir » qui mettent en relief les mauvaises intentions de l'amant entreprenant.

 

F Enfin relevons une troisième sentence(v. 38-40) qui n'est pas introduite par une conjonction de coordination, sinon une comparaison « ensement » qui découle de la métaphore religieuse. Jean étale volontairement la démonstration  sur trois vers pour établir l'opposition entre l'amant discret qui doit être récompensé « enrichir » au détriment de l'amant hardi « sans merir ».

 

 

Transition : Enoncés de façon abrupte ou bien introduits par des liens logiques ou comparatifs, les proverbes « brisent et répètent, reformulent, le discours lyrique » (Gally M.). A valeur didactique ils prennent la forme de sentences, de préceptes qui traduisent la volonté des deux adversaires de vouloir transmettre un message. Toutefois nous sommes amenés à nous interroger sur la portée de ce message, du moins sur sa réception; autrement dit quelle est l'issue de ce dilemme ?

 

        

         3.2. Une issue tautologique[1] ?

 

         Rappel : le jeu-parti est motivé par un demandeur qui veut à l'aide de son interlocuteur « mettre à jour la vérité de l'amour » (Gally M.) cf. « au dire voir ». Or nous avons pu constater que dans notre jeu-parti Jean et Adam défendent leur position, l'un la discrétion nécessaire de l'amant dans le jeu amoureux, l'autre la hardiesse indispensable pour obtenir le don de merci. Aussi ils ont des points de vue divergents qu'ils ne veulent pas concéder à l'adversaire.  Ils affermissent leur position au fur et à mesure du débat comme nous l'indiquent les premiers vers de chaque strophe.

La franchise de l'un appelle celle de l'autre...

 
- strophe 2, Adam : « je responc chi ».                                      

- strophe 3, Jean : Adan, de chou largement vous desdie

- strophe 4, Adam : Sire, d'amours avés mout point senti

- strophe 6, Adam : (...) a chou que j'ai oï / Faites vo sens peu paroir

         ð attaque personnelle d'Adam, le ton se fait plus violent...

 

... de sorte qu'elle crée une tension entre Jean et Adam qui s'accroît au fil du débat et annonce que les protagonistes maintiendront leur position respective.

 

A tel point qu'ils en appellent à deux tierces personnes, Ferri et Dragon. Ils montrent de l'empressement : ceci est notable dans les deux dernières strophes. Ces quatrains, dans la fiction littéraire dans laquelle ils s'inscrivent, révèlent la tension qui se dégage de ce débat comme si chacun des deux partis représentaient un groupe mué par un code qui serait celui qu'il défend dans le jeu-parti. Ainsi ce duel à deux serait celui de deux courants de pensée opposés.

 

La répétition des proverbes reformulés dans les deux dernières strophes (Jean v. 51-52 ; Adam v.54-56) reprennent les idées de chacun des adversaires, une sorte de résumé du débat :

- notion de "devoir" v.51 et 54

- motif du respect de l'honneur de la Dame

- des médisants.

Aussi sommes-nous dans un débat redondant, tautologique qui n'offre pas de véritable réponse à la casuistique amoureuse.

 

 

 

Conclusion:             Nous pouvons donc constater que ce jeu-parti XIV s'inscrit dans la tradition du genre : d'une part en reprenant les motifs courtois motivés par la casuistique amoureuse qui introduit l'alternative ; d'autre part en énonçant des proverbes qui servent les procédés d'argumentation et qui révèlent la tonalité didactique du jeu-parti.

En somme, le jeu-parti XIV n'offre pas de motifs particuliers du genre sinon il confirme la quasi certitude que le jeu-parti n'est pas une improvisation des deux partenaires. En témoignent le travail des vers et l'utilisation des images métaphoriques...

Toutefois comme l'évoque Gally M. : « le jeu-parti ne se libère pas (...) d'une reprise infinie des mêmes questions et des mêmes thèmes. Ce sont là les limites logiques et esthétiques du genre susceptible de peu d'évolution et dont la veine s'épuisa vite ».

 

 

 

 

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[1] Définition du Robert : "qui n'apporte aucune information".