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Les réactions : octobre 2000


 
De la vignette au droit à polluer
 

Début septembre Fabius, le ministre français de l'Economie et des Finances en profite pour annoncer son lot de mesures fiscales pour la rentrée. On apprend entre autre parmi les mesures prises la suppression de la vignette automobile. Merde ! Le gouvernement, "dit de gauche" (pas par moi en tout cas !), supprime cette vignette permettant de faire payer plus à ceux et celles qui possèdent de grosses cylindrées ! Eh oui, ceux et celles qui ont une bagnole le savent bien :  la vignette automobile était calculée sur le nombre de chevaux et sur la date de mise en circulation des véhicules. Ainsi un mec avec une 4x4 payait plus qu'un mec avec sa 4L. L'argent récupéré qui devait servir au début à financer les retraites, était reversé dernièrement aux régions qui perdent à cette occasion un peu plus de pouvoir par ce manque à gagner. Bon c'est vrai, la vignette n'empêchait pas les gens d'acheter une voiture mais les grosses bagnoles qui consomment beaucoup et polluent énormément était plus taxées que les autres et l'argent aurait pu financer les transports en commun, le fer routage... Avec la suppression de la vignette vous pouvez vous attendre à voir pulluler les 4x4 et autres BMW. Les constructeurs remercient le gouvernement pour ce petit coup de pouce !

Mais cela n'est pas tout car la rentrée est chargée en événement sociaux. Après  l'annonce par Fabius des mesures fiscales voici que les pêcheurs se mettent à râler contre la hausse des prix du pétrole et donc du gazole. Ne pouvant pas réclamer une baisse des taxes sur le gazole (ils bénéficient d'une exonération des taxes) ils demandent et obtiennent l'allégement des charges des entreprises pour compenser cette hausse de carburant. Petit aparté : on voit donc que les pêcheurs sont complètement tributaires de l'aide publique pour leur survie, car libéralisme oblige, ils sont condamnés à disparaître à terme au profit d'autres pêcheurs plus compétitifs. Bon revenons à notre hausse des carburants car le feuilleton n'est pas terminé. 
Suite aux revendications (obtenues) des pêcheurs d'autres catégories de travailleurs se sont engouffrés dans la brèche : transporteurs routiers, agriculteurs (notamment de la FNSEA -évidemment- ), ambulanciers, taxis... il ne manquait plus que les automobilistes, (à de rares exceptions) qui ont boudé les barrages des pollueurs transporteurs  !
Quand on sait que le transport routier est déjà massivement subventionné par l'Etat, que l'on privilégie la route à d'autres moyens de transports (85 % des marchandises sont acheminées par la route pour ne citer qu'un exemple), que les transporteurs routiers sont de plus en plus gros et que  face à la concurrence ils doivent réduire leurs coûts et que bien sûr  les conséquences sont désastreuses sur l'environnement et les hommes il y'a de quoi frémir ! Ce qu'ont fait les verts tout en ne faisant rien contre !
Car cette fumeuse réclamation occulte d'autres problèmes plus importants et graves que des aides : 
- d'une part la libéralisation accrue et la démocratisation de l'accès aux biens de consommation, les aides à la production de masse (etc...) ont entraîné une surproduction et une consommation industrielle des biens qui ont laissé et laisseront des gens sur le carreau  : agriculture à hauts rendements, pêcheurs pas assez gros qui doivent laisser la place aux chalutiers mastodontes qui finissent de ramasser le peu de poissons qui restent, développement énorme du transport routier... Tant que cet ordre des choses ne sera pas modifié il ne faudra pas espérer d'améliorations, seulement des pis-aller !
- d'autre part cette hausse soulève un problème qui va se poser avec de plus en plus de réalité au fil des ans : l'épuisement des réserves de pétrole et d'autre part l'augmentation du prix du pétrole avec l'explosion de la demande par des pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil (Libération, 6 septembre 2000) va entraîner un prix encore plus élevé. Les aides ne pourront être alors d'aucune utilité et il faudra s'attendre à de sérieux problèmes. Il est cependant encore temps de développer une autre politique des transports, voire une autre politique tout court. Il faudra pas venir pleurer si ça arrive ;  je vous aurais prévenu ! 

L'OS
 
 

Jeux olympiques : l'important c'est de gagner !
 

Détournant la célèbre phrase de Pierre de Coubertin "l'important c'est de participer" quelques petites réflexions à propos de ces jeux ne seront pas de trop à l'heure des héros.
 

- l'inégalité entre pays du nord et du sud

Et oui bien peu de gens le remarque mais les jeux olympiques ne sont pas accessibles à tout le monde. Remis au goût du jour par Pierre de Coubertin (un français) les premiers jeux se déroulent à Athènes et regroupent les pays industrialisés du nord. Les années suivantes, les jeux seront tous organisés dans des pays riches pouvant assumer le coût d'une telle organisation. Bon c'est vrai un pays "pauvre" ne pourrait pas assumer tout seul l'organisation des jeux mais les autres pays pourraient l'aider. Il n'y a pas besoin de stades surdimensionnés et autres califichets dispendieux pour des jeux ! C'est une idée qui me vient là en passant. En tout cas si on s'intéresse aux sports pratiqués,  la différence entre nord et sud est flagrante. Un "sportif du nord" dispose à priori des meilleurs équipements sur le marché et des infrastructures nécessaires à la pratique de son sport (psite cyclable, piscine, salle de musculation...). Il sera donc bien entraîné voire dopé pour affronter ses adversaires tandis qu'un sportif du sud (par exemple Zambien) aura du mal à trouver une piscine, du matériel (trop cher) et se contentera donc de quelques sports ne nécessitant pas beaucoup de moyens. Impossible de faire du saut à la perche par exemple ou encore de pratiquer l'aviron, le cyclisme, l'équitation, l'escrime, la gymnastique et j'en passe, sports nécessisant de grosses structures et un matériel très cher. Les sponsors ne courent pas les rues des pays pauvres... Les sportifs du sud ont donc peu de chance d'accéder au podium par rapport aux sportifs du "nord". Il suffit pour s'en rendre compte de regarder par exemple le tableau récapitulatif que l'on trouve dans le Quid pour que cela saute aux yeux. Par exemple entre 1896 et 1992 (tous jeux confondus) les Philippines ont remporté 7 médailles !, la tunisie 5, le Cameroun 2.... contre 1989 médailles pour les USA, 543 pour la France.
 

- la course au spectaculaire et au fric

Autre volet comme on dit de cette réaction, le sport comme instrument de marketing. Il faut le dire : les jeux olympiques sont avant tout un grand marché. Tout d'abord pour le pays organisateur qui va "booster" l'économie de son pays par la construction des équipements nécessaires aux jeux mais surtout à court et moyen terme promouvoir le tourisme ("mon pays est un pays merveilleux") chez lui. Quel fomidable coup de pub et quelle manne pour le pays et les organisateurs : le prix demandé pour la retransmission télévisée avoisine ainsi le tiers des recettes ! Les télévisions ont donc intérêt ensuite à nous inonder avec les JO !
Ensuite les jeux vont permettre la vente de produits dits dérivés des jeux en plus des billets pour voir les épreuves (chers je pense)  : cassettes vidéos, t-shirts, casquettes, chaussures, médailles en chocolat, livres,  effigies etc etc.... Un marché lucratif notamment pour les boites qui sponsorisent des sportifs : une médaille sera tout bénef pour une entreprise qui vend des chaussures de sport portés par le fameux gagnant lors du fameux triathlon qui va  faire gagner des millions. Je m'emporte mais c'est ainsi. Le sportif sponsorisé doit gagner dans l'intérêt du sponsor et du sportif qui pourra compléter ses revenus par quelques pubs bien rémunérées.
 

- le pain et les jeux

On a beau le rabacher cent fois et le mettre à tous les sauces : on en revient toujours à cette constatation. Pour gouverner il faut proposer au peuple du pain (une baisse des impôts pour acheter plus de pain...) et des jeux. Car qui dit bouffe et amusements dit homme content et repu ! Le pire est bien sûr dans le pays organisateur où tout est centré sur les jeux (avec quelques couacs pour ceux de Sydney avec les aborigènes) : on doit vivre avec les jeux et pour les jeux. Pour les autres pays les médias font ce qu'ils peuvent pour nous intéresser à cette débauche de sports. Quel bel événement que les JO ma p'tite dame...

- les valeurs du sport : il faut gagner !

Ca n'arrête plus ! Aux JO de Sydney les sportifs contrôlés positifs sont légions. Pourtant le dopage est logique au Jeux : "plus vite, plus haut, plus fort" clame la devise des Jeux Olympiques. Sans dopage cela serait impossible et si je ne me dope pas les autres le font et je perds donc mes chances de gagner ! Et puis il faut du spectacle : si c'est pour faire 30 secondes aux 100 mètres et ne pas pulvériser le record du monde, à quoi ça sert ? Il faut aller de plus en plus vite, de plus en plus haut, bref se dépasser par tous les moyens. Car l'important n'est ce pas, c'est de gagner  !

L'OS 

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