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Les réactions : février 2001


 
La "prime de pouvoir d'achat" du gouvernement : consommez citoyens !
 

Souriez camarades consommateurs et réjouissons nous. Jospin et son gouvernement de gaaauuuche viennent de nous pondre une superbe mesure pour les "bas salariés". La CSG (Contribution Sociale Généralisée) mise en place pour financer la sécu sera normalement remboursée à la fin de l'année pour tous les salariés touchant jusqu'à un 1,4 fois le Smic. Un smicard toucherait ainsi un chèque de 2000 balles environ du Trésor public. Cette "prime de pouvoir d'achat" fait suite à l'annulation par le Conseil constitutionnel de l'allègement de la CSG en décembre 2000. 9 millions de personnes (ça fait pas mal de "bas salariés" non ?) y aurait droit. Tout cela pour augmenter le "pouvoir" d'achat des plus bas salaires. 
Au lieu d'augmenter le Smic et les minimas sociaux comme le réclamait une partie de la gauche (Verts, PCF...) Jospin préfère utiliser ce que l'on appele le crédit d'impôt ou encore impôt négatif, un terme que l'on risque bien de retrouver un peu sur toutes les langues des libéraux et autres assermentés soucieux de notre bonheur. Le journal Libération (en date du 9 janvier) nous explique ce qu'est le crédit d'impôt pour ce cas précis : " le contribuable qui retrouverait un emploi faiblement rémunéré serait remboursé d'une partie de son impôt sur le revenu, ou s'il n'en paie pas, recevrait un chèque correspondant au remboursement de la CSG acquittée sur son salaire." Ah ah ! on en rigole... Les patrons sont contents : ils vont pouvoir continuer à payer les ex-chômeurs au Smic sans avoir besoin d'augmenter les salaires. L'Etat se charge d'aider le "bas salarié" avec une petite ristourne qui doit le remettre dans le droit chemin de l'emploi sain et merveilleux pour la santé. Si en plus il est vraiment trop pauvre il aurait même droit à un chèque ! C'est t'il pas beau tout ça ? Comme le dit Libération ce crédit d'impôt permet " à la fois d'inciter les chômeurs à chercher un emploi et (...) aux entreprises d'embaucher à des niveaux de salaires compatibles avec les exigences de la concurrence internationale" (Libération du 11 janvier). Voilà une mesure qui devrait plaire au Medef ! Et bien même pas. Pour le patronat cet impôt négatif est juste préférable à la hausse du Smic, hausse vécue comme un cauchemar par le patronat : il faudrait augmenter les salaires !!! vous n'y pensez pas !!
Reste que l'une ou l'autre solution n'apporte pas grand chose au moulin. Les 9 millions de personnes touchant un bas salaire n'ont pas l'air d'inquiéter les hommes politiques. Que les conditions de travail sont de plus en plus mauvaises, que la précarité est de plus en plus présente, que l'on produise n'importe quoi n'importe comment, que l'on "productivise" à tout va, cela n'a que peu d'importance. Ce qui compte avant tout c'est que le brave couillon de salarié puisse consommer ce qu'on lui fait miroiter toute l'année et qu'il ne se révolte pas ou pire remette en question le travail, son travail salarié. Mais ça c'est une autre histoire. 
 

L'OS
 
 
 

Pinochet, Papon, Kabila et les autres...
 
 

Dictateurs, tortionnaires et autres criminels contre l'humanité : méfiez vous ! Finie la retraite dorée dans une belle propriété, avec un beau compte en banque et un pouvoir sans merci. C'en est fini de cette belle tranquillité dont vous aspiriez. Les ordres de déportation, de massacres... que vous avez donné pour le "bien-être" de votre pays et du maintien d'un pouvoir fort se retournent maintenant contre vous. Des défenseurs des droits de l'homme fouillent dans votre passé, ils en extirpent les détritus que vous aviez caché et qui remontent à la mémoire, comme si on vous faisait vomir en vous enfonçant deux doigts dans la bouche. Tout cela n'est pas beau à voir mais méfiez vous de l'épée de Damoclès qui trône sur vos têtes : car on finit toujours par payer son ou ses crimes.

Commençons donc par le dictateur Pinochet. Dictateur au Chili de 1973 à 1990 il serait responsable (avec d'autres bien sûr) de la mort et de la disparition de plus de 3 000 personnes. Il est notamment impliqué "dans les crimes de la Caravane de la mort, commnando militaire ayant exécuté 75 prisonniers politiques en octobre 1973". (source : AFP). Détenu à Londres pendant 503 jours il est rentré au Chili début mars. Fin août son immunité parlementaire est suspendue et il peut être enfin jugé. Inculpé le 1er décembre pour la caravane de la mort, puis relaché pour vice de forme, il a été interrogé le 23 janvier par le juge en charge de l'affaire. Les ennuis se rapprochent pour Pinochet qui essaie vainement de garder sa peau. Tous les moyens sont bons : appuis politiques (merci Tatcher !!), pressions diverses, malade imaginaire en fauteuil roulant qui une fois rentré au Chili s'empresse de s'en extirper et de montrer qu'il a encore la forme... Dernièrement 
Pinochet souffrirait d'une "démence  légère à modérée" selon les experts médicaux qui l'on examiné. Coup de bluff pour éviter une condamnation ? Pour ma part je ne pense pas qu'il ait eu besoin de feindre. En tout cas notre bienfaiteur a été très fatigué par l'interrogatoire du juge Guzman. Il est vrai qu'un interrogatoire a le don de vous fatiguer, c'est fou non ? 

En France pour sa part papy Papon nous la joue aussi remake. Le "pauvre vieux" demande par l'intermédiaire de son avocat sa remise en liberté, ses rhumatismes le faisant trop souffrir. Enfin je pense car tout ce que l'on nous a dit c'est que Papon souffre vu son âge (90 balais) et qu'une remise en liberté lui redonnerait cet air guilleret qu'il avait lorsqu'il déportait les juifs à la préfecture de Bordeaux (plus de 1500 personnes !). Papon copierait 'il Pinochet ? Entre criminels de l'humanité il est bon de se refiler les tuyaux. Pour l'avocat de Papon la prison n'est pas un lieu adéquat pour lui, ce qui fait dire aux Verts que ''si le traitement de Papon est inhumain et dégradant, alors il l'est pour tous les prisonniers'' (Associated Press, 23 janiver). Pourquoi la prison serait-elle plus dure pour Papon que pour les autres ? Pourquoi la Cour européenne des droits de l'homme va t'elle examiner en urgence le cas Papon alors que d'autres cas moins médiatiques devront attendre 3 ans environ avant que l'on veuille bien se pencher sur leurs cas ? Si on avait jugé Papon plus tôt on n'en serait pas là.

Enfin pour finir une bonne nouvelle. Comme je l'avais annoncé l'épée de Damoclès a encore frappé. Kabila, dictateur chef président bien-aimé de la RDC (République Démocratique du Congo) s'est fait assassiner par un de ses gardes du corps. Arrivé au pouvoir en 1997 comme un libérateur grâce à l'appui politique notamment des USA, il retourne très vite sa veste, "monopolisant par décret l'ensemble des pouvoirs législatifs, executifs et militaires, Kabila commence par interdire l'activité des partis politiques. Et place en résidence surveillée Etienne Tshisekedi, l'opposant historique à la dictature mobutiste".(Libération, 17 janvier 2001). Résultat : un pouvoir dictatorial, une inflation qui a atteint 520 % en 2000 et où le PIB chutait de 11 %, mais surtout une guerre avec les anciens alliés de Kabila, l'Ouganda et le Rwanda. Rien de bien donc pour le successeur de Mobutu. Le fiston, Joseph Kabila, remplace naturellement son père en deux coups de cuillère à pots, secondé et encadré par un directoire. Rien de bien neuf donc. Ce n'est pas encore pour demain la démocratie en RDC mais cet assassinat montre aux prétendants dictateurs que rien n'est jamais acquis et qu'un jour tout peut changer. Gare à vos fesses !

L'OS

 

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