| La Colombie : sa géographie |

Capitale :
Santa Fé de Bogota
Situation géographique : Territoire
situé au nord du continent sud-américain, partageant ses frontières avec le
Brésil, le Pérou, le Venezuela, l'Équateur et le Panama. Traversé par la
cordillère des Andes, le pays est pénétré par une multitude de cours d'eau,
dont les fleuves Magdalena et Cauca. Quant aux côtes, elles sont baignées à
l'est par la mer des Caraïbes et à l'ouest par le Pacifique.
Superficie : 1 141 748
km²
Population : 42 803 000
habitants
Langues : espagnol
Religions : catholicisme
Institutions politiques : république
Président : Alvaro
Uribe Vélez
Economie : Pétrole, or,
café, textile, charbon, agriculture, mines, culture, transformation et trafic
de drogue (économie parallèle)
| La Colombie : les guérillas et les paramilitaires |
L'un des
principaux problèmes de la Colombie depuis une cinquantaine d'années est
l'incapacité du gouvernement à assurer le contrôle de son territoire national
en raison des nombreuses guérillas, qui tentent depuis des décennies de le
renverser, et des paramilitaires, qui contrôlent de vastes zones de production
de drogue. Nombreux, bien armés et structurés, paramilitaires et guérillas
découpent le territoire colombien en une dentelle de petits duchés et de zones
d'influence où la terreur et la violence ont force de loi auprès des
habitants, qui n'ont généralement d'autres choix que de fuir, collaborer ou
mourir.
Les guérillas
Apparus au cours des années 50, dans une période
appelée Violencia, les premiers mouvements révolutionnaires colombiens
étaient surtout composés de paysans déplacés, de guérilleros et de
militants de gauche d'influence marxiste et castriste. Parmi ces groupes, dont
le but ultime est de renverser par la force le régime politique colombien, les
FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) sont l'une des plus
puissantes et anciennes armées révolutionnaires d'Amérique latine. La guerre
entre les FARC et le gouvernement colombien a entraîné jusqu'ici la mort
d'environ 200 000 personnes en 38 années de combats.
Une idéologie d'une autre époque
Affiche marquant l'entrée du territoire contrôlé par
les FARC.
Formées en Colombie en 1964, les FARC n'ont cessé d'étendre leur influence,
particulièrement dans le sud-ouest du pays. Parmi les guérillas marxistes
toujours actives en Colombie, on compte aussi l'ELN (Ejercito de Liberacion
Nacional), fondée en 1965 et également d'inspiration castriste. Bien que la
Colombie ait vu naître une foule de mouvements armés et de guérillas, la
grande majorité d'entre eux se sont dissous ou transformés en partis
politiques au fil des accords de paix et de la répression militaire.
Combattre son propre pays
Seuls les FARC et l'ELN, qui financent leurs
opérations à partir du trafic de drogue, représentent toujours une menace
sérieuse pour l'équilibre de l'État. Multipliant attentats, assassinats,
massacres et enlèvements pour déstabiliser l'ordre social et la paix en
Colombie, aucune paix durable n'est jamais intervenue entre ces groupes et le
gouvernement colombien.
Recrutant dans les classes paysannes, pauvres et sans travail, les guérillas
colombiennes ne manquent pas de combattants et sont même en expansion ces
dernières années. Fait à noter, la moitié des combattants actuels des FARC
sont des jeunes femmes.
Un dialogue fragile
En 1998, le président Andrès Pastrana, désireux
d'entreprendre des pourparlers de paix avec les FARC, leur propose une
reconnaissance politique et décrète la démilitarisation, dans le Caguan,
d'une zone de 42 000 kilomètres carrés (taille de la Suisse) dans le but
d'entamer avec eux un dialogue de paix. Mais sous la pression des militaires
colombiens, de Washington et des politiques de renforcement de l'armée
contenues dans le Plan Colombie, le processus de paix s'effondre en février
2002 et l'armée colombienne réoccupe la zone démilitarisée.
| QUELQUES GUÉRILLAS |
| Forces
armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP) Fondation : 1964 Idéologie : Marxiste et castriste Chefs : Pedro Antonio Marin alias Manuel Varulanda et Oscar Riano Effectifs : Entre 17 000 et 20 000 combattants Secteur : Sud de la Colombie, le long des frontières avec l'Équateur, le Pérou et le Brésil. Présente dans huit provinces du pays. Financement : Impôt sur la culture et le trafic de drogue, enlèvements contre rançon. Statut : Active Armée de libération nationale (ELN) Fondation : 1965 Idéologie : Castriste et révolution cubaine Chef : Nicolas Bautista Effectifs : 5000 combattants Secteur : Nord du pays, à l'est de Medellin Financement : Impôt de guerre aux compagnies pétrolières et enlèvements contre rançon. Statut : Active Armée populaire de libération (EPL) Fondation : 1967 Idéologie : Maoïste Effectifs : Quelques centaines de combattants Statut : Éliminée par les FARC Mouvement du 19 avril (M-19) Fondation : 1970 Idéologie : Réformiste nationaliste de gauche Statut : Démobilisée en 1990 Front « Quintin Lame » Fondation : 1983 Idéologie : Indigène, droits et luttes territoriales Statut : Démobilisée en 1991 |
Les
paramilitaires
Ennemis des FARC, les milices paramilitaires sont
rarement montrées du doigt par le gouvernement colombien et jouissent même
d'une certaine protection des autorités. Pourtant très violentes et
corrompues, ces milices sont responsables de nombreux massacres et violations
des droits de l'homme dans les zones qu'ils contrôlent.
Originaires des milices privées que certaines familles et trafiquants payaient
pour protéger leurs intérêts des attaques des guérillas et de leurs rivaux,
les milices paramilitaires contrôlent aujourd'hui une grande partie des
cultures et des laboratoires de transformation de drogue en Colombie.
Selon un article paru dans Le Monde du 29 mai 2002, 60 % de la production de
drogue colombienne se situerait dans des territoires contrôlés par les
paramilitaires.
Alliés des narcotrafiquants, les paramilitaires contrôlent également une
dizaine de ports à partir desquels est expédiée la drogue colombienne à
travers le monde. Organisée en une véritable petite armée, l'UAC (Unité
d'autodéfense de Colombie) est en fait une kyrielle de milices de droite
chargées de défendre et de veiller sur les intérêts de l'élite trafiquante
du pays. Se posant comme un rempart contre l'action des guérillas, les milices
paramilitaires, bizarrement très peu ennuyées par les autorités colombiennes
et américaines, ne reculent devant aucune violence pour asseoir leur domination
dans les zones qu'elles contrôlent.
| La Colombie : le narcotrafic et les cartels |
| Selon la CIA, on retrouvait en Colombie, en 1981, environ 25 000 hectares de culture de cannabis et de coca. En 2001, ces cultures occupent plus de 125 000 hectares en dépit des tentatives des Américains et de l'armée colombienne pour lutter contre la drogue. |
Considérant l'ampleur de la demande en provenance des sociétés occidentales, les producteurs et trafiquants colombiens ont uni leurs forces en formant des cartels. Assurant la sécurité de leurs installations et de leurs réseaux de distribution de façon agressive et brutale, les cartels, qui se combattaient également entre eux, ont érigé de véritables empires criminels agissant au-dessus des lois et même des États.
| DES CENTAINES DE MILLIARDS |
| Les trafics d'héroïne, de cocaïne et de cannabis généraient, en 1990, en Europe et aux États-Unis, plus de 122 milliards de dollars. Dans le monde entier, ce chiffre monte à près de 1000 milliards de dollars. Les trafics de cocaïne et d'héroïne constituent la moitié de cette somme. |
Corrompant
toutes les couches de la société, provoquant la criminalité partout et allant
même jusqu'à utiliser de grandes organisations financières pour blanchir
leurs gigantesques profits, les barons de la drogue sont vite devenus une menace
pour la paix et la stabilité sociale, notamment aux États-Unis où 80 % de la
cocaïne et environ 90 % de la marijuana consommées proviennent d'Amérique
latine.
| Les principaux cartels |
| Cartel
de Medellin Dans les années 70, une poignée d'hommes originaires de Medellin, dont Jose Gonzalo Rodriguez Gach, trafiquant d'émeraudes, les frères Ochoa, ranchers, et un criminel de rue du nom de Pablo Escobar, s'allient à un jeune trafiquant de marijuana, Carlos Ledher, et montent un réseau de transport de cocaïne vers les États-Unis dans de petits avions. Évitant ainsi les embarrassants transports par valises, le cartel de Medellin réalise très rapidement des profits monstres. Le cartel de Medellin s'achète même une île dans les Caraïbes pour que les avions puissent y faire le plein et voler encore plus loin vers le nord. Fort de son succès, le cartel de Medellin ambitionne de contrôler l'ensemble du trafic de drogue en Colombie. Mais le caractère extrêmement violent de Pablo Escobar conduit le cartel à un affrontement direct avec le gouvernement colombien. Escobar déclare même la guerre à son propre pays. Soupçonné d'être à l'origine de centaines de meurtres de fonctionnaires, juges, policiers, dignitaires et journalistes, Pablo Escobar est emprisonné. Il s'évade peu de temps après. Il sera abattu à Medellin, en 1993, par les forces de sécurité colombiennes et américaines. Le cartel de Cali Connu comme une organisation criminelle plus stratégique que violente, le cartel de Cali avait une approche bien différente de celle de son rival de Medellin. Plutôt que de s'imposer par la force et la violence, les dirigeants du cartel de Cali, les frères Rodriguez Orejuala, avaient plutôt opté pour la séduction et la corruption. Tentant de se rapprocher du gouvernement colombien plutôt que de le combattre, le cartel de Cali investissait ses profits dans des entreprises colombiennes et américaines. Surnommé « the gentlemen », le cartel de Cali tentait tout en douceur de placer ses propres représentants au gouvernement colombien. Le cartel aurait même financé les campagnes électorales de plusieurs sénateurs et d'un président au cours des années 80. Composé d'hommes d'affaires expérimentés et bénéficiant de technologies très avancées, le cartel de Cali exportait de la cocaïne jusqu'en Asie, en passant par l'Europe et l'Amérique. En 1995, les frères Rodriguez Orejuala sont arrêtés et emprisonnés en Colombie. Ils s'entendent avec le gouvernement pour ne pas être extradés aux États-Unis. La DEA pense qu'ils dirigent encore leur empire de leur prison. En novembre 2002, Gilberto Rodriguez Orejuala a été libéré de prison par les autorités colombiennes en raison de son comportement exemplaire derrière les barreaux. Il n'aura purgé environ que la moitié de sa peine. En 2003, il est toutefois remis en prison par les autorités colombiennes. |
LES
ROUTES DE LA DROGUE
Le principal marché de distribution de la drogue
produite en Amérique latine étant les États-Unis, c'est majoritairement par
le sud qu'entrent les cargaisons de drogue en Amérique du Nord. Comme
l'ensemble des avions et des bateaux en provenance de Colombie, de Bolivie et du
Pérou est particulièrement surveillé par les autorités américaines, les
trafiquants colombiens, qui constituent les principaux exportateurs d'Amérique
latine, utilisent nombre de petits ports et aérogares des Caraïbes et du
Mexique pour y faire transiter les cargaisons de drogue destinées aux États-Unis.
Les cargaisons passent ensuite aux États-Unis via la frontière terrestre É.-U./Mexique,
principal point d'entrée de la drogue en provenance de Colombie.
Les États-Unis comme meilleur client
On estime qu'environ 65 % de la cocaïne trafiquée aux
États-Unis transite par cette frontière particulièrement longue et difficile
à contrôler. Utilisant les voies terrestres, maritimes et aériennes, les
trafiquants ont construit une série de réseaux et de cellules de distribution
qui couvrent l'ensemble de l'Amérique du Nord.
Pour ce qui est de l'Europe, les trafiquants colombiens utilisent diverses
portes d'entrée pour leurs cargaisons à destination du vieux continent.
Faisant généralement transiter la drogue par les Antilles ou Cap-Vert, les
cargaisons entrent ensuite dans le continent via des pays comme l'Espagne, le
Portugal ou l'Italie. Certaines routes en provenance de Colombie passent également
par l'Europe de l'Est.
LA
NOUVELLE RÉALITÉ DU NARCOTRAFIC COLOMBIEN
Depuis trois décennies, la Colombie est un champ de
bataille où Bogota et Washington s'enlisent dans une guerre sale et laborieuse
contre le narcotrafic, une activité dont les immenses revenus financent les opérations
de groupes armés et d'organisations criminelles bien au-delà des frontières
colombiennes. Véritable usine de cocaïne, le pays, au bord de l'anarchie,
ploie sous le poids de la corruption, des guérillas et de l'ingérence étrangère.
La Colombie est aujourd'hui un État qui ne s'appartient plus.
Au coeur de cette guerre civile : le contrôle des
milliards de dollars de la cocaïne et de l'héroïne que le pays produit en
abondance. Une source de financement occulte où s'abreuvent politiciens,
militaires, milices de droite et guérillas. Tous se disputant le contrôle de régions
entières du pays où chacun possède son propre trafic et impose ses propres
lois.
Fort d'une aide militaire américaine de deux milliards de dollars, le nouveau
président du pays, Alvaro Uribe Vèlez, rejette l'approche pacifique de son prédécesseur
et entend bien se débarrasser une fois pour toutes des guérillas par la force.
Une approche musclée dont se félicite Washington, qui depuis 20 ans mène en
Colombie sa propre guerre contre la drogue. Une croisade de 70 milliards de
dollars par an menée à distance, et qui n'a jusqu'ici réussi qu'à faire
doubler la superficie des cultures de coca en Colombie.
Tout est sacrifié à la lutte contre la drogue
Pendant ce temps, c'est une tragédie humanitaire et
environnementale qui se joue dans les campagnes colombiennes où la population
s'enfonce dans la pauvreté. La famine, la violence et la misère se vivent au
quotidien. Au calvaire de ces populations éprouvées s'ajoute l'épandage aérien,
par les militaires, de millions de litres de pesticides et de défoliants destinés
à détruire les plantations de coca et de pavot sur de grandes superficies. Une
pratique dévastatrice pour tout ce qui vit dans ces zones (flore, faune et
populations humaines) et qu'on répète chaque année depuis vingt ans.
Une guerre qui rapporte trop
En fait, la déstabilisation de l'État colombien
rapporte beaucoup trop en narcodollars pour être endiguée aussi facilement. Véritable
gagne-pain de millions de Colombiens, la drogue est en Colombie plus qu'une
industrie, c'est une économie nationale parallèle. Que ce soit pour le compte
des guérillas, des narcotrafiquants, de la classe politique colombienne ou
encore pour la santé économique du complexe militaro-industriel américain, la
guerre civile semble rapporter actuellement beaucoup trop à ceux qui la font
pour qu'une paix durable soit envisagée. Reste maintenant à savoir comment le
nouveau président, Alvaro Uribe, s'y prendra pour livrer cette paix tant
promise aux millions de Colombiens qui sont, eux, les premières victimes de ce
conflit.
Le
parcours d'Ingrid
Mère de 2 enfants, élue députée, puis sénatrice, et
enfin candidate aux élections présidentielles dans son pays la Colombie,
Ingrid Bétancourt est retenue en otage depuis le 23 Février 2003 par les FARC,
une des guérillas colombiennes.
Le courage et l'obstination dont elle a fait preuve dans sa lutte contre la
corruption et le trafic de drogues dans son pays lui ont valu une renommée
internationale et ont suscité une grande admiration.
Fille d'un ancien Ministre de l'Education et d'une ancienne sénatrice, elle a vécu
la majeure partie de son enfance à l'étranger et surtout en France (son père
y était alors ambassadeur de Colombie à l'UNESCO), où elle a fait Sciences
Po.
En 1989, alors qu'elle vivait une vie tranquille de mère de famille, elle décide
soudain de tout laisser tomber pour rentrer dans son pays et agir : sa mère a
vu mourir sous ses yeux Luis Carlos Galàn, candidat à la présidence an 1989,
qui incarnait l'espoir d'un changement radical en appuyant le traité
d'extradition des narcotrafiquants vers les Etats-Unis.
Son pays, la Colombie, est au bord du gouffre, saigné par des années de
guerre. Pris entre la guérilla marxiste, les paramilitaires, les cartels de la
drogue et les politiciens impuissants ou corrompus, peu de gens osent se lever
pour offrir une autre vision au peuple Colombien. Ingrid Bétancourt décide de
le faire. Elle met de côté sa vie tranquille de mère de famille expatriée
pour revenir dans son pays et se battre pour en changer l'avenir.
| Elle travaille à l'élection de sa mère au Sénat, puis entre au Ministère des Finances. Après quelques années, frustrée du peu de résultats obtenus, elle décide de se lancer en politique avec son amie Clara Rojas. Elle est élue députée. Elle n'a de cesse de dénoncer la corruption des politiques et, en particulier, celle d'Ernesto Samper qu'elle a pourtant soutenu, tièdement, lors de la campagne présidentielle de 1994. |
Elle condamne la
corruption, la violence, se bat pour le développement régional, pour les plus
démunis. Elle est menacée de mort à plusieurs reprises, échappe à un
attentat. Elle est obligée d'expatrier ses enfants. Elle est régulièrement
prise à partie par les journaux, les accusations les plus odieuses sont portée
contre elle par ses pairs et relayées par des journalistes peu scrupuleux. Elle
doit défendre plusieurs fois son honneur en public et en sort toujours
blanchie.
Elle est d'abord élue députée en 1994, puis sénatrice en 1998. En 1998, elle
fonde son propre parti, "Oxygène", et se présenta au Sénat. Elle
est la candidate qui, contre toute attente, remporte le plus grand nombre de
voix au niveau national.
Elle est bientôt convaincue que la seule façon de changer le système est de
se faire élire à la présidence en mai 2002. Elle démissionne donc de son
poste de sénateur fin 2001, non sans lancer un retentissant "Lorsque je
serai Présidente, je vous démissionnerai tous!" avant de quitter l'hémicycle.
Le 23 Février, tout au début de la campagne électorale, Ingrid et sa
directrice de campagne, Clara Rojas, sont enlevées par les FARC (Force Armées
Révolutionnaires de Colombie) sur la route de San Vicente...
Son enlèvement par les FARC le 23 Février 2002
Ingrid et sa directrice de campagne Clara Rojas ont été
enlevées en se rendant à San Vicente del Caguan.
San Vicente est une
municipalité faisant partie de l'enclave concédées aux FARC dans le cadre des
négociations de paix. Son maire est un élu de Vert Oxygène, le parti fondé
par Ingrid.
Lors de la victoire électorale à la mairie en octobre dernier, Ingrid avait
promis à la population de San Vicente de revenir la voir. C'est ce elle tentait
de faire le 23 Février.
Le contexte n'était guère favorable. En effet, le gouvernement avait rompu les
négociations de paix le 20 et le jour de l'enlèvement, l'armée lançait une
offensive militaire pour reprendre le Caguan aux FARC. Ce samedi 23, Ingrid
croisa le chemin du Président Pastrana à l'aéroport de Florencia : celui-ci
se rendait aussi à San Vicente. Elle lui demanda alors, par intermédiaire d'un
de ces généraux, l'autorisation de monter à bord d'un de ses quatre hélicoptères
dans lequel prenaient place des journalistes. Devant son refus, elle décida
donc de se rendre en voiture à San Vicente avec le résultat que l'on connaît.
Martine SODAIGUI coordinatrice des comités d'Auvergne