03: Harry Kellar (1849-1922)

Harry Kellar

Harry Kellar (1849-1922), fut certainement le chef de file des illusionnistes américains du début du siècle. Kellar commença sa carrière comme assistant du "fakir d'Ava", puis dans une troupe de spiritualistes qui était très populaire à cette époque : "Melville Fay et les Frères Davenport". Cette troupe avait eu beaucoup de succès en Europe et aux États-Unis, en communiquant avec les morts et en invoquant les esprits. Ils se tenaient pieds et poings liés dans un cabinet, tandis que des objets tournoyaient dans les airs et que des cloches sonnaient. Harry Kellar se fit connaître en présentant un nouveau tour, la cage à oiseau qui disparaît. Cette cage fut inventée par Buatier de Kolta et grâce à son style, Kellar en fit un numéro si spectaculaire que pendant la tournée suivante, un amoureux des bêtes, s'imaginant qu'un serin était tué chaque soir, fit un scandale qui amena Kellar à faire une représentation spéciale pour la Société Protectrice des Animaux... Cela lui valut une publicité qu'il n'aurait jamais pu s'offrir !

Kellar se concentra sur ses facultés de comédien et présenta la magie comme si le public assistait à des miracles véritables. On rapporte que lorsqu'il faisait pousser des fleurs, s'éteindre une lampe, apparaître des esprits ou lorsqu'il présentait sa version de la lévitation de Maskelyne, toutes ces expériences théâtrales transportaient dans un monde étrange tous ceux qui y assistaient, un monde dans lequel la magie devenait réalité. Nombre de ses numéros et de ses tours s'inspiraient, au début, des spectacles de Maskelyne. Il reprit et améliora considérablement ce qui était considéré comme la meilleure illusion de scène, la femme volante. Faire flotter quelqu'un dans les airs est une des illusions les plus anciennes et elle fit presque obligatoirement partie de tous les grands spectacles de magie du XIXe siècle. Kellar dépensa des milliers de dollars à perfectionner cette illusion.

En dehors de ses prouesses d'artiste, Kellar fut l'un de ceux qui firent le plus de publicité et on compte nombre de lithographies splendides qui étaient destinées à promouvoir son spectacle. Dans presque toutes ses affiches, on retrouvait le portrait du magicien entouré de petits diables rouges, perchés sur ses épaules, murmurant à son oreille ou dansant autour de lui. Thurston, Blackstone, Carter et la majorité des magiciens de ces années-là ont utilisé ce genre d'affiche. Ce fut cependant Kellar le premier. A la fin du XIXe siècle, le spiritualisme était à la fois une croyance et un passe-temps populaire et Kellar se servit de cette mode avec habileté, se servait de diables dans sa publicité, sur ses en-têtes de lettres et même sur ses cartes de Noël ! Jusqu'à sa mort il passa son temps à trouver de nouveaux numéros, gardant toujours un vif intérêt pour la magie et continuant à correspondre avec plusieurs de ses contemporains. Il se retira au plus haut de sa gloire dans une retraite confortable, car il avait su faire de bons investissements...

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