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Requiem en ré mineur, K626 : Il s'agit porbablement de l'un de mes morceaux préférés
de la musique classique !
Les circonstances qui entourèrent la commande du Requiem furent bien mystérieuses. Au XIXème siècle, il a donné lieu à toute une littérature qui fut enjolivée par un certain romantisme alors que les circonstances réelles furent bientôt parfaitement connues. Le commanditaire est en
fait le Comte von Walsegg-Stuppach qui habite alors en basse Autriche.
C’est un personnage assez bizarre et pitoyable qui ne sortait jamais
de son château éloigné. Il a la singulière habitude de donner en audition
des œuvres commandées auprès de musiciens étrangers et de les faire passer
pour siennes. Il donne à ses domestiques l’ordre de recopier les
partitions achetées, ou parfois les recopie lui-même. Il demande ensuite à
ses hôtes et amis de deviner « qui est l’auteur de l’œuvre
jouée ». Chacun fait alors mine de croire que c’est le comte Walsegg,
comme en témoigne Anton
Herzog, chef de chœur et directeur de l’école principale : " Comme monsieur le comte ne
voulait pas d’œuvre gravée, il les faisait joliment recopier sur du papier
à musique de dix portées, mais sans jamais en donner l’auteur. Il
recopiait lui-même les partitions qu’il donnait, de sa propre main en
gardant toujours le nom de l’auteur secret. Nous n’avons jamais vu de
partitions originales. Les quatuors étaient alors joués devant nous et
nous devions deviner l’auteur. Nous avancions alors le nom de monsieur le
comte lui-même, habitués à l’entendre composer de petites choses. Il
souriait et se réjouissait alors de nous avoir mystifiés dans son
esprit ; mais nous riions de ce qu’il nous prêtât une telle
naïveté ! Nous étions jeunes gens et tenions cela pour un plaisir que
nous faisions à notre seigneur. C’est ainsi que la mystification se
prolongea entre nous durant quelques années. " Le comte Walsegg commanda
en fait ce requiem pour la mort de sa femme en février 1791. Bien sûr, il
conserva son anonymat. Il transmit la commande par un intermédiaire ;
il s’agissait du fils du
maire de Vienne. Ce dernier apparaîtra plus tard dans la littérature comme
"le messager en gris". L’intermédiaire bien sur refusa de donner son nom à
Mozart et lui déconseilla même de chercher à découvrir son identité. Il
offrit immédiatement une rétribution de 50 ducats. Mozart qui a cette
période manquait d’argent accepta évidemment. La somme de 3000 Florins
était tout de même promise à la fin de l’œuvre. Mozart décéda sans
terminer le Requiem, ni même toucher le solde de son salaire. A la mort de ce dernier,
seul le " Requiem æternam "et le " Kyrie" étaient totalement achevés.
Les basses et les parties vocales du " Dies Irae " jusqu’à la
huitième mesure du " Lacrimosa "étaient aussi écrites à quoi
s’ajoutent quelques indications d’orchestrations. Le " domine Jesu "
et L’ " Hostias " se présentaient de la même manière.. Le
reste, c’est à dire le "Sanctus", le "Benedictus" et "Lux aeterna",
manquaient totalement. La femme de Mozart,
Constanze demanda à l’élève de Mozart, Franz-Süssmayer qui avait reçu les
dernières indications du maître, de terminer le chef-d'œuvre. D’une part,
afin de toucher la somme promise en fin de travail et d’autre part, pour
honorer les derniers souhaits de son défunt mari. On chercha alors qui
pourrait bien continuer du « Mozart » sans se ridiculiser.
L’affaire était compliquée, car personne n’était à la hauteur. Seul
Süssmayer détenait quelques éléments susceptibles de l’aider dans cette
lourde tâche. Süsmayer commença alors
par recopier les paritions de Mozart et continua l’œuvre. Il réalisa
l'instrumentation de la séquence et de l'Offertoire d'après les
indications de Mozart, compléta le Lacrimosa à partir de la neuvième
mesure et recomposa les quatre dernières parties pour lesquelles il
disposait des esquisses de Mozart. Enfin pour la communion, il se rapporta
au Requiem et au Kyrie. Soucieux de faire cette œuvre aussi homogène que
possible, il recopia intégralement les deux premiers mouvements. Le comte Walsegg reçut
donc une œuvre dont aucune page n’était de la main de Mozart. Constanze
avait gardé les originaux de son époux. On ignore si elle pût percevoir le
solde de ce travail, mais la vitesse à laquelle elle remboursa ses dettes
après le décès de son époux laisse penser que oui, elle toucha bien la
somme prévue. Cependant le comte paya au prix fort une œuvre qui n’était
pas conforme aux accords conclu avec Mozart, et pour cause. Le comte
aurait pu prendre de sérieuses mesures à l’encontre de la veuve Mozart,
mais il n’en fit rien et paya vraisemblablement par bonté de cœur autant
que par amour de la musique. Le comte recopia cependant
cette partition. La première audition eu donc lieu le 14 décembre 1793 à
WienerNeustadt. La partition originale est désormais en
lieu sûr, car Constanze la rendit publique. Les pages comportent trois
écritures différentes et leur lecture est très émouvante. Les parties vocales (portées 8-11) et la
basse continue (ligne du bas avec basse chiffrée pour l’orgue) sont de la
main de Mozart. L’écouter, mais l’écouter vraiment,
comme Mozart disait " entendre", est une invitation au
voyage ; un voyage au fond de soi. L’écouter et l’entendre, est, pour un mélomane
croyant, une prière assurément portée jusqu’aux cieux. L’écouter et l’entendre, lorsque l’on n’est pas
croyant, est un instant qui porte vers le doute et le désir d’admettre…que
Mozart pourrait être à lui seul, la preuve, le plus bel argument de la foi
en Dieu. Mais chacun porte ses sentiments et ses convictions là où la vie le mène. Restons libres de nos pensées. Il est cependant heureux que des Hommes
justifient leur passage par la beauté et nous laissent la jubilation
d’entendre " des notes qui
s’aiment ".
" Son dernier souffle fut comme s'il voulait avec la bouche, imiter les timbales de son requiem, je l'entends encore. " Sophie Haibel, belle-sœur de Mozart
extraits: - écouter le requiem : introtus
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