|
|
|
|
|
|
Poème
Où sont ces mots que l'on s'est dit avant Tous ces sujets perdus sans complément ces rêves à l'infinitif, à l'imparfait du présent Tous ces impératifs lâchés dans le vent
Ou sont ces mots accordés aux temps passés Tous ces sorts conjugués au plus que parfait Ces amours subjonctifs et ces liaisons ratées Et futurs antérieurs, passés composées
Je t'avais rencontrée dans un poème de Baudelaire La folie du sujet, ce verbe qui éclaire Le style était parfait, tes yeux coulaient en vers Et le nombre de pieds et la manière
Je t'ai relue un soir dans une phrase de Rimbaud J'étais noyé dans ce regard au bord des mots et je cherche un miroir, le papier de ta peau pour écrire une histoire où nous serons beau
Où sont nos cœurs accordés aux verbes d'antan Ces participes passés, ces contretemps Ces sentiments appris par cœur quand nous étions enfants Cet effort singulier de devenir grand
Où sont ces adjectifs gâchés trop souvent Ces pronoms possessifs mis en avant Ces majuscules hâtives dans nos moindres serments L'ombre interrogative de nos penchants
Je t'avais devinée dans une stance de Ronsard Cette rime gravée dans le marbre de ta tour d'ivoire La rose bien déclinée de ton regard et pour que tu sois l'être et moi l'avoir
Tu m'avais entraîné dans une pensée de Pascal Ton cœur avait des raisons qui m'ont font si mal Tu as brûlé mes maux de tes lèvres si pâles Ma cendre est monté haut, je t'aime de ces voiles
|
|
|
|
|
|